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bellaciao.orgDate de lecture de la page : 07/02/2008 FICHED'IDENTITE93gyp Réf : 27025  Classement :RESTAURANT5385  ELEMENTS DE RECHERCHE : CHEQUE DEJEUNER : appellation citée, toutes citations  SITE :Bella ciao en francais(bellaciao.org)  Référence de la page :http://bellaciao.org/fr/spip.php?article60806  EXTRAITDE CITATIONmercredi 6 février 200809h12 : Patrick Viveret: un coud'état sur la monnaie2 commentaires
Patrick Viveret: un coup d'état sur la monnaie
4 février 2008
Patrick Viveret répond aux questions de Reporterre, novembre 2007
Le capitalisme étend sans cesse l'échange marchand, le règne de la marchandise. Où en est l'échange au ourd'hui, estilossible d'échaer à la marchandise, à cette extension infinie du raort monétaire et de cet échange marchand ?
D'abord, le paradoxe que nous vivions, c'est que ce que Stiglitz appelle le fondamentalisme marchand, l'extension démesurée de la shère de la marchandise à tous les asects de la vie sociale, affective,oliti ue, culturelle et même spirituelle, a comme effet de limiter, voire de détruire les possibilités d'échanges.
La fonction normale de la monnaie, c'est d'être un fluideui facilite l'échane et la création de richesse. Mais ui vivent avecuand on a d'un coté une rareté artificielle de la monnaie, avec 3 milliards d'êtres humais moins de 1 ou 2 dollars par jour, c'est l'équivalent d'une sous monétarisation qui bloque l'échange. Et quand on a à l'autre bout les 200 etuel uesersonnes uiont un revenu cumulé éal à celui de milliards d'êtres umains, c'est le problème inverse. C'est une surmonétarisation, qui fait que cet argent en excès ne se recycle lus dans l'économie réelle.
Les deux cas de fiure, sousmonétarisation à unôle surmonétarisation à l'autre, éuivalant si l'on fait une analogie hydraulique à une inondation et une désertification, forment au contraire un facteur bloquant de l'échange.
L'une des raisons pour lesquelles les êtres humains survivent, alors que normalement ils devraient être morts de uislon tem ssi les échanes n'étaientue marchands, c'est heureusementarce u'ila une vitalité d'échan esnon marchands des sociétés humainesui se manifeste sous d'autres formes. C'est l'émerence de ce que l'on a appelé les réseaux d'échanges de savoir, de temps, les monnaies parallèles ou les monnaies com lémentaires.Les ensréinventent des caacités d'échane là où très souvent le sstème marchand devient un facteur de blocage de l'échange.
Estce que cela n'est pas très marginal, ces expériences ?
Cela reste marinal en reard de ceue brasse le caitalisme financier, mais ce marinal làoue un rôle de rototype qui est très important, parce que nous sommes rentrés dans une phase de crise financière aiguë, qui
est devant nous,ui n'estas du tout derrière nous. Lerand roblème uiva venir dans les mois et les années uiviennent, c'est: comment emêcher uecette crise financière dans l'économie séculative débouche dans une récession dans l'économie réelle ?
ce moment là, on sera bien content d'avoir des moens d'échanes uiexistent à te exérimental, mais qu'il faudra utiliser sur une base beaucoup plus large, de façon à éviter cette transmission de la crise financière à l'économie réelle.
C'est ourcela uedes roets exérimentaux comme ceu'on aelle lero et SOL,ui ne viseas seulement comme les SEL à intervenir...
SOL, cela veut dire quoi ?
SOL ce n'est pas un sigle. C'est un moyen d'échange d'utilité écologique et sociale, et c'est une monnaie solidaire. C'est SOL comme solidaire, c'est SOL comme soleil et terre,our sa dimension écoloi ue.C'est SOL comme l'ancien sou pour une réappropriation démocratique de la monnaie.
ous sommes dans l'équivalent d'un formidable coup d'état sur la monnaie. Sans aucun débat public, dans l'o acitéla lustotale, àartir des années 1970, et aravée ensuitear l'alication de l'article 104 du Traité de Maastricht, qui est très peu connu, on a transféré le droit de création monétaire pour l'essentiel aux banques commerciales. Ceci s'est fait sans aucun débatublic. Donc l'en eu d'une réaro riationdémocrati uede la monnaie est décisif.
Et puis SOL, c'est aussi la référence à l'harmonie de la clé de Sol.
Le SOL cherche à rerendre des élémentsui sont dé à existants,com risdans les sstèmes marchandslus classiques. Par exemple tout le monde a l'expérience des cartes de fidélité. La technique des cartes de fidélités 'est utiliséeue dans la loi uelucrative. Là on réutilise le cadreuridi ueet la techniue des cartes de fidélité pour développer des stratégies de coopération au service de l'économie sociale et solidaire.
Concrètement, pouvezvous donner un exemple précis ?
Par exemle, vous êtes dans une ville comme Lille, où le réseau SOL commence à s'imlanter, vous allez dans une boutique de commerce équitable qui accepte le SOL. Vous allez régler une partie de vos achats en SOL. Vous allezrendre une assurance à une mutuelle de l'économie sociale et solidaire comme la MACIF, la MAIF. Vous allez, si vousrenez un contrat, recevoirar exemle des SOL ou alors uneartie de votre contrat pourra être payée en SOL.
Vous êtes dans une municialité, un territoire,ui est entré dans la loi ueSOL. Par exemle une des opérations qui se développe, c'est dans le troisième arrondissement de Paris. Il n'y a aucune raison de réserver le bio aux bobos. Donc c'est une oération où la municialité démocratise, enuel uesorte, l'alimentation bio en permettant à des catéories défavorisées d'avoir accès, par le biais du SOL, qui est attribué à une réie de quartier.
On utilise des sstèmes uiexistent, comme lerinci ede la carte de fidélité, comme lerinci ede la monnaie affectée. Lorsque vous avez un billet de train, unchèquedéjeuner, cela veut dire qu'avec ce type de aiement vous allezouvoir faire telle catéorie d'achats. Donc c'est un outil idéalour favoriserar exemle de l'utilité écologique et sociale.
Comment gagneton des SOLs ? Autrement dit comment estce que l'on transforme des euros en SOL ?
De deux façons. Ila un autre usae de l'euro classiue, dans ce cas là ce sont des euros reconvertis en SOL. On a une équivalence assez simple qui est un SOL égale dix centimes d'euros, c'est une convention. A chaque fois u'onveut avoir un autre usae de la monnaie officielle,our des activités d'économie sociale et solidaire de développement local, d'utilité écoloique et sociale, on transforme des euros en SOL. C'est une première
méthode. L'autre, c'est la mêmeue celle des SELs, des réseaux d'échane de tems. Là, la référence de l'échane, c'est ne base à la minute. Là on organise des systèmes d'échange de temps avec une carte à puce. Le grand avanta ede lauce, c'estu'on eutmettre lusieurss stèmesd'échan esà l'intérieur d'une mêmeuce. Quelqu'un qui est porteur de la carte SOL, on l'appelle un Soliste, aura à la fois un autre usage de l'argent, et en même tems, aura laossibilité, à travers le raort au tems, de dire: le coeur de la richesse c'est le temps de vie. C'est un aspect qui pour nous est essentiel. A travers ce projet SOL, c'est une façon de reprendre du pouvoir sur nosro resvies. En définitive, la richesse est liée à la richesse humaine, à la richesse écoloi ueet à ce qu'on en fait, donc à la qualité de temps de vie que l'on est prêt à utiliser et à échanger.
Qu'arrivetil dans ce cas làour lesens uiont beaucoude tems, les chômeurs, maisui n'ontas de evenus ? Commenteuventils rentrer dans un sstème SOL et mettre àrofit  ce n'estas le bon terme  valoriser ce temps disponible pour eux mais qui dans le système actuel est un temps mort socialement ?
C'est làue l'exérimentation uenous conduisons dans un certain nombre de territoires, avec l'aui de Conseils Régionaux, y compris dans le cadre du programme Ecole européen, qui est un programme qui vise à lutter contre l'exclusion etour l'éalité sociale,oue un rôle. Le rôle des collectivités territoriales c'est de dire :nous reconnaissons la valeur du bénévolat, la valeur du tems aorté ardes ens ui arailleurs 'ont asd'ar ent.Par conséuent, uisue nous reconnaissons cette valeur, ila un certain nombre de biens et de servicesui vont êtrearantis ou offertsar la collectivité territoriale,ui vaermettre u'avecdes SOLs acquis sur la base de la valorisation du bénévolat en temps, on va pouvoir avoir accès en même temps à des services culturels, à des biens, à des éléments de base, qui eux, classiquement seraient exprimés en euros.
Il faut bien voirue tout cela c'est une exérimentation, uiest extraordinairement transformatrice dans son rincipe, et par conséquent qui est très surveillée. On ne peut pas faire avec le SOL... on n'a pas la même liberté d'actionu'avec les SELs. Les SELs sont tolérés, ils ne menacentas fondamentalement le sstème. Quand vous avez des Conseils Régionaux ou des entreprises aussi importantes que le Crédit Coopératif, la MACIF, tout cela est surveillé de près.
Il aussitoute une dimension dero etoliti ue.Il fautue lauestion de la monnaie soit remise au centre du débat public, que les citoyens refusent cette confiscation du rapport à la monnaie qui a été faite. Les débats ue nous menons à chaue foisue nous lançons une exérimentation sur le SOL, sont aussi une façon de ouvrir le débat sur la question monétaire plus générale, de rouvrir un débat sur: qui à le droit de créer la monnaie, quel en est l'usage, et également sur la question des crises du capitalisme financier actuellement.
On voit bien l'idée, et on la partae, mais on a l'impression que c'est un fétu de paille contre une immense construction. uandon voitue dans la crise financièreui a démarré cet été, la Banue Centrale Euro éenne,a déversé enuel ues ours,en uelues semaines,lus de 500 milliards d'euros [1], on se dit: que représentent les SOLs, qui en euros vaudraient quelques millions ?
Il aévidemment une disro ortiontotale uiest de l'ordre duot de terre contre leot de fer. Mais ila deux éléments à prendre en compte. Un, le pot de fer est sérieusement en train de se fissurer de l'intérieur. Ce ue Jean Perrelevade a aelé le caitalisme total, est un caitalisme insoutenable. Vous neouvez asavoir durablement 95% des flux financiersui n'ontlus aucun raort avec l'économie réelle. Nous en sommes aujourd'hui à 4 000 milliards de dollars par jour qui s'échangent sur les places financières. La partie de ces 4 000 milliardsui corresondent à des biens et des services effectifs est de l'ordre de moins de 5%. Donc ce système est insoutenable, et si aujourd'hui la crise démarre dans l'immobilier, elle continuera demain sur d'autres points parce que c'est la même crise que celle qui est arrivée à l'empire soviétique.
Quand vous avez une distance trorande entre une idéoloie et la réalité, ila un moment où cela finitar s'effondrer. De la même façon qu'avant l'effondrement de l'empire soviétique on ne pouvait pas dire récisément cela va seasser à tel moment, de telle façon, mais bien avant la chute du mur de Berlin des éseaux euroéens avaientrédit :ce sstème est devenu insoutenable, oneut dire au ourd'huiue le
capitalisme total, le fondamentalisme marchand est devenu insoutenable.
Ce ne sont évidemmentas desro ets comme le SOLui vont le faire s'effondrer, mais il va entrer en crise de lui même. L'intérêt d'un projet comme le SOL c'est de dire: quand cette crise se produira, outre les effets énéfi uesue desro ets comme le SOLroduisent dès maintenant, c'estu'ils est aussi destiné àro oser des alternatives à un niveau beaucoup plus important lorsque ce type de crise financière se produira.
Il adonc cetteremière uestion uiest essentielle, et deuxièmement, l'aroche internationale de ceue l'on aelle les monnaies comlémentaires, les sstèmes d'échanes comlémentaires, doit être articulée au lan des stratégies avec les batailles plus globales sur les régulations du système financier international. Ce 'est asun moen uniue, mais c'est un des moens, dans la boîte à outils,ui doitar ailleurs se comléter, s'organiser avec la lutte de tous les mouvements de l'altermondialisme sur le problème de la régulation du système financier international.
Le réseau Sol est dirié notammentar Claude Alhandér ,ancien résistant français, banuier, économiste, résident du Conseil national de l'insertion par l'activité économique et Patrick Viveret, magistrat à la Cour des Comtes, uiavait rédié à la demande duouvernement Josin le raort Reconsidérer la Richesse (pdf), visant à redéfinir les indicateurs de richesse. [1] ndlr: rappelons que les opérations d'injections de la BCE sontrinci alementdes rêtsà très court terme: unour, une semaine. Additionner sanslus de récaution ces montants donne l'imression fausseue des sommes énormes ont été fournies aux banues, ce qui n'est pas le cas.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1649
De : Patrick Viveret mercredi 6 février 2008
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