La campagne électorale endeuillée par un tueur fou.

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Inqualifiable tuerie. Irrecevable si celle-ci devait émaner d'un fou
solitaire qui pourtant semblerait tout avoir prémédité. Des
militaires maghrébins à Montauban dans un premier temps, puis
retour ensuite à Toulouse d'où il était parti pour frapper à nouveau
dans une école juive cette fois-ci ; sûr que le démentiel flinguer
s'en prend à des symboles forts de la République qui sont autant
devenus des terrains de l'extrême droite, qu'une problématique de
la place qu'on accorde aux étrangers dans nos sociétés
développées et jusqu'où la stigmatisation qu'opèrent, sur les
étrangers, certaines stratégies politiciennes liées à une très forte
droitisation de certaines mouvances, peuvent-elles déteindre sur
les cervelles les plus fragiles ? Extrême droitisation des esprits,
hyper-droitisation des discours ? De Brice Hortefeux à Claude
Guéant, en passant par Nicolas Sarkozy lui-même, chacun son
tour, à son moment choisi, a tenu à marquer son passage aux
fonctions les plus hautes de l'État de sa petite phrase assassine
qui, si elle était destinée à faire rire noir l'ensemble de la majorité,
n'en reste pas pour autant dans les mémoires comme des
commentaires destinés à être vite rangés dans les poubelles de la
République… De "casse-toi, pauv' con" à "quand il y en a un ça
va, mais quand il y en a plusieurs" aux devenus trop classiques
"nous ne pouvons plus accueillir tous les étrangers en France"
nous interpellent quant aux raisonnements de nos politiques dont
le contenu nous font parfois nous demander si ils n'ont pas perdu
la raison, si un chromosome d'épuration ne les aurait pas
contaminé ou si tout simplement, ils ne cherchent pas à définir
une population plus française qu'une autre, des gens qui
travaillent et d'autres pas, de ceux qui se lèvent tôt pour travailler
plus mais dont on n'est pas certain qu'ils gagneront plus… Ce
"parler vrai" qui prétend dire la vérité s'avère pourtant être un
tremplin bien savonneux où s'engouffrent les émulations
xénophobes de tous les acabits… Populisme nationaliste qui s'y
donne à coeur joie, cela donne à la politique la capacité de nourrir
les divisions, de développer la culture du bouc émissaire jusqu'à
voire scander "bleu, blanc, rouge la France aux Français" par
des nationalistes hystériques.
Publié le : mardi 20 mars 2012
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La campagne électorale endeuillée par un tueur fou.
Inqualifiable tuerie. Irrecevable si celle-ci devait émaner d'un fou solitaire qui pourtant semblerait tout avoir prémédité. Des militaires maghrébins à Montauban dans un premier temps, puis retour ensuite à Toulouse d'où il était parti pour frapper à nouveau dans une école juive cette fois-ci ; sûr que le démentiel flinguer s'en prend à des symboles forts de la République qui sont autant devenus des terrains de l'extrême droite, qu'une problématique de la place qu'on accorde aux étrangers dans nos sociétés développées et jusqu'où la stigmatisation qu'opèrent, sur les étrangers, certaines stratégies politiciennes liées à une très forte droitisation de certaines mouvances, peuvent-elles déteindre sur les cervelles les plus fragiles ? Extrême droitisation des esprits, hyper-droitisation des discours ? De Brice Hortefeux à Claude Guéant, en passant par Nicolas Sarkozy lui-même, chacun son tour, à son moment choisi, a tenu à marquer son passage aux fonctions les plus hautes de l'État de sa petite phrase assassine qui, si elle était destinée à faire rire noir l'ensemble de la majorité, n'en reste pas pour autant dans les mémoires comme des commentaires destinés à être vite rangés dans les poubelles de la République… De"casse-toi, pauv' con"à"quand il y en a un ça va, mais quand il y en a plusieurs"devenus trop classiques aux "nous ne pouvons plus accueillir tous les étrangers en France"nous interpellent quant aux raisonnements de nos politiques dont le contenu nous font parfois nous demander si ils n'ont pas perdu la raison, si un chromosome d'épuration ne les aurait pas contaminé ou si tout simplement, ils ne cherchent pas à définir une population plus française qu'une autre, des gens qui travaillent et d'autres pas, de ceux qui se lèvent tôt pour travailler plus mais dont on n'est pas certain qu'ils gagneront plus… Ce "parler vrai" qui prétenddire la vérité s'avèrepourtant être un tremplin bien savonneux où s'engouffrent les émulations xénophobes de tous les acabits… Populisme nationaliste qui s'y donne à cœur joie, cela donne à la politique la capacité de nourrir les divisions, de développer la culture du bouc émissaire jusqu'à voire scander"bleu, blanc, rouge la France aux Français" par
des nationalistes hystériques.
Ces sociétés du développement et de l'émancipation présentées comme telles, n'empêchaient pourtant pas, pendant de longues années, des groupes d'activistes national-fasciste de développer l'exposition de croisades ethniques, de haine envers les gauchistes et de toutes autres formes de xénophobie donnant lieu aux racismes le plus abjecte. De la Norvège l'été dernier qui a jeté le dévolu sur un rassemblement de mouvements travaillistes ouvertement affichés comme étant de gauche, aux actes raciaux commis sur des symboles dogmatiques comme l'armée et l'école ; jamais les passages à l'acte de tueurs fous isolés ne prirent autant une tournure politique qu'actuellement en France et jamais non plus, l'hypothèse raciale, ne fut autant au centre des motivations d'un meurtrier pris maintenant sous l'étau d'une enquête qui révèlera sans doute la psychologie ignominieuse d'un détraqué, déséquilibré qui échappe aux codes des conduites civiques, illuminé par le besoin de faire parler de soi par des moyens que la morale réprouve, aussi sanguinaires et meurtriers soient-ils. Mais une fois passée des motivations toutes aussi absurdes que pourraient être celles d'un drame sentimental comme ce fut le cas au Québec à Polytechnique de Montréal* en décembre 1989 où un déséquilibré prétendantcombattre le féminismeouvrit le feu sur un groupe de femmes, se pose dès lors la question de la raison politique qui pousse un vengeur frustré assoiffé de sang à chercher à frapper sur une symbolique importante autrement que pour le simple fait d'être ainsi obligatoirement médiatisé.
Étonnante question aussi que celle posée par la possibilité ou non de pouvoir se procurer des armes à feu** qui, malgré toutes les interdictions envisageables, n'enlèveraient en rien la possibilité d'en trouver sur des marchés clandestins. Mais,ce qui est certain, c'est qu'à continuer de jouer au chat et à la souris vis-à-vis d'un électorat convoité en s'appropriant les champs d'investigation des extrêmes, on fini par se tailler une démocratie nationale populiste - un peu comme s'en vantait Raffarin lors de la création du Ppe (Parti populaire européen) devenu une arme de droite pour
gouverner l'Europe - où cela ne dérange personne qu'on parle de chasse aux sans papiers, de reconduites aux frontières et de centre de rétention qui voient arriver menottés des enfants et des mères de famille punies d'être humiliées pour le simple fait d'être en infraction avec les lois de l'immigration en vigueur sur le territoire… Ces images là et ces politiques développées tout récemment sont toutes autant traumatisantes que la forme paroxystique que prennent, dans leurs actes, les tueurs fous pris en décision d'appliquer à la lettre les bêtises politiques transformées en lois (comme ça tout le monde s'en lave les mains) venant s'incruster dans des combats racistes qu'on croyait appartenir à d'autres temps. Et de ce tueur du Sud-Ouest de prouver que l'un ne va pas sans l'autre et qu'en soufflant sur la braise… on ne recule pas les limites de ce qui est possible mais on contribue à les faire se rapprocher d'actes incompréhensibles, traduisant en armes des paroles énoncées en filigrane dans des discours vides de sens… Croyaient-ils abreuver de sang leur sillon qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement ? Pensaient-ils dissuader les migrants à venir s'installer chez-nous, qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement non plus sous couvert que la plus simple des défenses du détraqué sera probablement l'apologie des discours politiques préalablement établis qui servent de perches tendues à des actes criminels qui peuvent dépasser l'entendement ; le tout sous couvert d'inimaginables déviances sujettes aux utilisations abominables qu'il nous est donné de connaître sans que jamais personne politique ne soit mise en cause. Il n'y a rien à récupérer de cet acte odieux survenant en pleine campagne électorale et au-delà de l'entente sacrée, resteront l'abomination et la consternation face aux questions qui restent posées dont la réponse la plus immédiate reste la chasse à l'homme poursuivie pour retrouver le meurtrier qui va occuper l'actualité jusqu'à ce que la traque prenne fin… Aux politiques de ne rien changer à l'architecture de leur langage (surtout à droite) ni à l'attitude de leur choix dès lors qu'ils s'aventurent sur des terrains minés comme le sont ceux de la nationalité, du protectionnisme bien à même d'attiser des prolongements en actes racistes dépassant la limite suffisamment outrancière que serait le
simple langage.
* h t t p : / / f r . w i k i p e d i a . o r g / w i k i / Tuerie_de_l'École_polytechnique_de_Montréal **http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/justice-et-faits-divers/201203/11/01-4504543-le-registre-des-armes-a-feu-n a u r a i t - p a s - e m p e c h e - p o l y t e c h n i q u e - s e l o n - l e - s e n a t e u r-dagenais.php
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