Biographie universelle des musiciens, et bibliographie générale de la musique

De
;e un succès qu'on aurait quidans la réalisation des espérances de l'artiste pu envier pour de pius grandes coranositions. Ce entre dans le monde; autre chose est de donner petit opéra pour la premièrefut joué fois en avec succès un petit opéra dans sa ville de pro- 1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a- Famille suisse, jolie partition où règne un style vait pas douté qu'on n'accueillit son ouvrage à simple et naïf, d'ime élogance charmante; puis, ropéra-Comique; mais, malgré les préventions en ri donna Mombreuil1797, et Merville, pièce lafavorables des actrices sociétaires en faveur delà froide et peu favorable à musique, qui ne belle tête et de la tournure distinguée du jeune réussit pas. Dans la même année, il improvisa compositeur, la société ne se soucia pas de jouer un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de l'œuvre d'un poëte et d'im musicien inconnus. Il Campo-Formio cet ouvrage fut représenté au ; fallut chercher d'autres poèmes; en attendant théâtre Feydeau sous le titre de VHeureuse nou- (ju'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de velle. En 1798, Boieldieu prit une position plus donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il élevée parmi les compositeurs par le succès de fallut se faire accordeurde pianos.
Publié le : samedi 29 septembre 2012
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\BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
TOME DEUXIÈMETYPOGRAPHIE —DE [I. FIRMIN DIDOT, HESNIL (eURE).BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
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BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE
ÉDITIONDEUXIÈME
ENTIÈKEMKNT BF.FONDUE ET AUGMENTÉE DE PLUS DE MOITIÉ
PAR F. J. FETIS
IHÀITRB DB CHAPELLE DU ROI DES BELGES
ETC.DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE ROYAL DE MUSIQUE DE BRUXELLES,
TOME DEUXIÈME
PARIS
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C
IMPRIMEURS DE l'iNSTITUT, RUE JACOB, 56
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L^BIOGRAPHIE
UNIVERSELLE
DES MUSICIENS
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François-Adrien), composi- versBOIELDIEU lent la musique dramatique,( se faisait sentir
teur dramatique, naquit à Rouen le 15 décembre en lui danstoute son énergie. Ses petites épargnes
Fils d'un secrétaire de l'archevêché, il étaient employées à lui1775(1). procurer les moyens
comme enfantdechœur, l'église d'aller au spoctaclefut placé par lui, à s'enivrer du plaisir d'entendre
les productionsmétropolitaine , où les premiers éléments de la de Grétry, de Dalayrac et de
musique lui furent enseignés puis il passa sous MChul : souvent, à défaut d'argent, il avait re-;
cours à la ruse pour s'introduirela direction de Broche, organiste de la cathédrale dans la salle, s'y
cachantartiste de quelque mérite. Dur envers ses élè- quelquefois dès le matin , et attendantet
avec impatience le moment où devaitves, comme l'étaient autrefois presque tous les commencer
son bonheur. Entendre lesmaîtres demusique d'église, Broche montrait plus ouvrages d'autrui ne
pouvaitsévérité pour le petit Boiel c'est ainsi qu'on cependant suffire longtemps à un hommede (
né pour produire lui-même. Tourmentéappelait Boieldieu dans sa jeunesse) que pour de ce be-
soin,autre, peut-être à cause de ses heureuses qui est celui de tout artiste bien organisé,tout
hommes il lui semblait que le comble du bonheur étaitdispositions, car les de la trempe de cet
de composerorganiste se persuadaient alors qu'une bonne un opéra; mais pour en écrire un,
éducation musicale est inséparable des mauvais il faut un librettOy ou, comme on dit en France,
un poème,traitements. On dit que Boieldieu était obligé de et n'en a pas qui veut. Par hasard,
impitoyable maître il se trouva qu'à Rouen un poëte avait besoinremplir auprès de son l'of-
d'un musicienfice de valet de chambre,comme autrefoisHaydn comme le musicien d'un pocio; ils
avec le vieux Porpora. dit aussi que telle était s'entendirent bientôt, et le fruitf de leur associa-On
tion fut un opéra-comiquel'épouvante que lui inspirait ce pédagogue fa- qui obtint du succès
au théâtre derouche qu'un jour, frappé de terreur à la vue Rouen. De dire quel était le titre
,
d'une et le sujet de cet ouvrage, c'est ce quetaclie d'encre qu'il avait faite sur un livre je ne
puis: Boieldieu ne s'en souvenait pas.du mait're, il ne crut pouvoir se soustraire au Cependant
ce premier essaidangerqui le menaçait que par la fuile qu'il partit ne fut pas d'une médiocre im-
;
seui, portance dans la vie de l'artiste, car les applau-à pied, et qu'il alla à Paris. Rendu à sa
dissements qui lui furent pro'liguôs décidèrentfamille, il reprit le coursde ses études, et Broche
le jeune compositeur à retourner àconsentit à mettre moins de sévérité Paris, oùdans ses
leçons. peut-être il ne se serait jamais fixé sans cet heu-
reux début.Un talent agréable d'exécution sur le piano,
Aller ded'heureuses idées mélodiques, et Rouen à Paris n'était pourtant pasquelques légères
chosenotions d'harmonie, voilà facile pour quelqu'un qui n'avait pas d'ar-ce que Boieldieu possé-
dait gent; car le voyage était cher dansà l'âgedeseizeans. Déjà la passion duthéâtre, ce temps où
la diligence employait deuxqui, depuis, a décidé de la direction de son jours à faire leta-
trajet. l'égard de laA dilficulté de vivre dans la
(1) Le 16 décembre, Indiqué dans le Supplément de la grande ville, Boieldieu ne s'en infpiiétait pas.
Biographie Universelle de MM. Mlchaud comme le Jour
N'avait-il pas dix-neuf ans, sa partilionde et desnaissance de Boieldieu est celui où il a été
, inscrit
dans le registre de baptême. idées dans la tôle? C'était toute une fortune que
BIOCR. UN!V. DES MUSICIENS.— T. II., .
EOIKLDIEU
éfail chose qui coup d'argentdecela. Le voyage donc la seule bagatelles. Aujourd'hui l'homme
: dispa-Tembarrassât il résolut la difficulté en à la mode reçoit d'un marchand de musique
raissant un jour de la maison paternelle, empor- quelques centaines de francs pour une seule ro-
tant sa partition sons le bras, trente francs dans mance; mais Cochet, éditeur de celles de Boiel-
sa poche, et l'espérance dans le cœur. Jeune et dieu, m'a ditsouvent qu'il n'ena payé aucunepius
vite la n'étaitfort, il marchait ; première journée de douzefrancs
pas écoulée, et déjà il était à quinze lieues de La confiance qu'eut dans le talent de Boieldieu
Rouen le lendemain il entrait à Paris , crotté un homme d'espritacheva
; de le mettre en vogue :
l'échiné et se soutenant tantjusqu'à à peine, il Fiévée tira pour lui de son joli roman La Dot
était accablé de fatigue; mais il était à Paris, de Suzetle un petit opéra en un acte, du même
et si le présent était sombre, l'avenir était nom. La grâce du la fraîcheursujet, delà musi-
souriant. que, et le jeu fin et spirituel de M""" Saint-Aubin,
Cependant, il a toujours beaucoup à rabattrey procurèrent à cet ouvra>;e un succès qu'on aurait
quidans la réalisation des espérances de l'artiste pu envier pour de pius grandes coranositions. Ce
entre dans le monde; autre chose est de donner petit opéra pour la premièrefut joué fois en
avec succès un petit opéra dans sa ville de pro- 1795 (1). L'année suivante Boieldieu écrivit La
vince ou de le faire jouer à Paris. Boieldieu n'a- Famille suisse, jolie partition où règne un style
vait pas douté qu'on n'accueillit son ouvrage à simple et naïf, d'ime élogance charmante; puis,
ropéra-Comique; mais, malgré les préventions en ri donna Mombreuil1797, et Merville, pièce
lafavorables des actrices sociétaires en faveur delà froide et peu favorable à musique, qui ne
belle tête et de la tournure distinguée du jeune réussit pas. Dans la même année, il improvisa
compositeur, la société ne se soucia pas de jouer un opéra de circonstance, à l'occasion du traité de
l'œuvre d'un poëte et d'im musicien inconnus. Il Campo-Formio cet ouvrage fut représenté au
;
fallut chercher d'autres poèmes; en attendant théâtre Feydeau sous le titre de VHeureuse nou-
(ju'on eût trouvé ceux-ci, il fallut essayer de velle. En 1798, Boieldieu prit une position plus
donner des leçons, puis, à défaut d'écoliers, il élevée parmi les compositeurs par le succès de
fallut se faire accordeurde pianos. C'était, comme Zoraime et Zulnare, drameen trois actes, dont
on le voit, d'une manière assez détournée que la composition avait précédé celle des deux der-
commençait la réalisation des espérances de Boiel- ouvrages qui viennent d'êtres cités,niers mais
dieu mais sa constance; n'en était point ébranlée, qui avait dû attendre longtemps son tour de re-
car il avait foi en lui-même. La maison Érard et<|ui nel'auraitprésentation, pointencoreobtenu,
célèbre dans toute l'Europe pour la facture des s'il n'avait fallu faire des changements à un opéra
instruments, était alors {en 1794) le rendez-vous de Méhul qui était en répétition On comptait peu
de tous les artistes. Boieldieu lut accueilli, le succèsy et au théâtre sur de Zoraïme-, l'étonne-
les chefs de cette maison lui aplanirent , autant ment fut grand, lorsqu'on vit l'enthousiasme du
qu'il fut en leur pouvoir, les difficultés de la car- public pour cette élégante et dramatique produc-
rière qu'il avait à parcourir. Rode, Garât, caractère particulierMéhul, tion. Le du génie de Boiel-
se réunissaient dessiné danssouvent chez eux la fréquentation dieu s'était Zoraime, et dès ce mo-;
de ces artistes perfectionna son goût et lui ment il fut permisde voir ce qu'il devait être dansfit
comprendre la nécessité de finir des ses ouvrages à venir. Des mélodies faciles, gra-études qu'il
spirituelles, unen'avait qu'ébauchées.Trop cieuses et instrumentation rem-préoccupé du désir de
produire, plie dejolisdétails, unsentiment juste de la scène,il ne put jamais se livrer à ces études
telles sont les qualités par où se distingued'une manière sérieuse et suivie; mais cetsa rare
opéra, qu'on peut considérer commeaptitude lui faisait saisir à demi-mot le premierle sens des
titre de Boieldieu à la renomméeobservations qui lui qu'il eut plusétaient faites par Méhul ou
Urd.parCherubini et ces observations laissaient dans;
Boieldieu n'obtint pas seulementdessa mémoire des souvenirs qui ne s'effaçaient succès depas.
Sa réputation commença dans les théâtre à cette époque; quelques productionssalons. Des ro- de
mances musique instrumentale lui en procurèrentcharmantes, chantées par Garât avec un d'un
autre genre. ouvragestalent inimitable, l'avaient fait connaître, Ces consistaient en unet tous
les amateurs chantaient son Ménestrel concerto pour le piano, des sonates pour le mômeS'il estj
vrai que d'être deux, toi que aime, et vingt instrument (œuvres 1, 3, 4, 6, 7 et quatreduosy 8),
autres aussi jolies; mais la vogue qu'obtenaient
toutes (1) L'auteur de la notice sur Boicldica qui se trodreces gracieuses productions ne tournait
dans le Supplément de la Biographie universelle de
guère au profit de la fortune du compositeur, car
M. Michaud est dans Terreur en plaçant cet opéra à ia date
on n'avait point encore ap[>ris l'art de tirer beau- de 1798.

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