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A quoi joue-t-on avec l'éducation ?

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92 -Contribution au débat d’actualité N°4 Par Jonas le 09/05/2015 A quoi joue-t-on avec l'éducation ? La réforme du "collège 2016", une énième erreur ? Chaque ministre y va de sa réforme(tte) pour s'inscrire dans l'histoire : X. Darcos, C. Allègre, J. Lang, etc. Des réformes qui durent parfois quelques mois, quelques années... La nouvelle réforme "collège 2016," de Najat Vallaud-Belkacem, dont les programmes restent à finaliser, provoque déjà des remous. Quel est, en effet, l'intérêt de couper des heures d'histoire, de français ou de 1 mathématiques alors que les inégalités du savoir acquis augmentent ? Non, la réforme "collège 2016" "ne s'attaque pas aux fondamentaux."C'est ainsi que la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a tenté d'éteindre un début d'incendie dans un tweet daté du 3 mai. Pourtant lorsque l'on regarde de près, à quoi pourrait ressembler le futur emploi du temps d'un collégien, les matières fondamentales sont bel et bien attaquées. Prenons l'exemple d'un élève de 2 5e : Un peu moins de français et de mathématiques pour faire place aux EPI. Voilà l'innovation : les EPI, Enseignements Pratiques Interdisciplinaires ! Il s'agit là de croiser plusieurs matières dans l'une et de proposer à l'élève un projet collectif. Vague... D'autant plus que cet hybride ressemble fortement aux heures de projets en lycée professionnel ou aux célèbres TPE (travaux personnels encadrés) pour les 1res des séries générales.
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92 -Contribution au débat d’actualité N°4 Par Jonas le 09/05/2015 A quoi joue-t-on avec l'éducation ? La réforme du "collège 2016", une énième erreur ? Chaque ministre y va de sa réforme(tte) pour s'inscrire dans l'histoire : X. Darcos, C. Allègre, J. Lang, etc. Des réformes qui durent parfois quelques mois, quelques années... La nouvelle réforme "collège 2016," de Najat Vallaud-Belkacem, dont les programmes restent à finaliser, provoque déjà des remous. Quel est, en effet, l'intérêt de couper des heures d'histoire, de français ou de 1 mathématiques alors que les inégalités du savoir acquis augmentent ? Non, la réforme "collège 2016" "ne s'attaque pas aux fondamentaux."C'est ainsi que la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a tenté d'éteindre un début d'incendie dans un tweet daté du 3 mai. Pourtant lorsque l'on regarde de près, à quoi pourrait ressembler le futur emploi du temps d'un collégien, les matières fondamentales sont bel et bien attaquées. Prenons l'exemple d'un élève de 2 5e : Un peu moins de français et de mathématiques pour faire place aux EPI. Voilà l'innovation : les EPI, Enseignements Pratiques Interdisciplinaires ! Il s'agit là de croiser plusieurs matières dans l'une et de proposer à l'élève un projet collectif. Vague... D'autant plus que cet hybride ressemble fortement aux heures de projets en lycée professionnel ou aux célèbres TPE (travaux personnels encadrés) pour les 1res des séries générales. Ces deux dernières matières ont une utilité critiquable dans le système éducatif tant d'un point de vue des élèves que des professeurs... les EPI, une mauvaise recette qui existe donc déjà, sous une autre forme en lycée, et qu'on tente de lancer au collège. C'est bien la nouvelle évolution de notre éducation qui est donc à repenser. Que veut-on faire de l'école ? Privilégier certaines classes sociales par rapport à d'autres ? Car si le savoir fondamental (histoire, français, mathématiques) n'est pas appris à l'école, ceux qui auront un capital culturel -comme le disait Pierre Bourdieu - auront évidemment un certain avantage par rapport aux autres. Alors quelle école pour demain ? La réforme "collège 2016" semble être la continuité d'une déchéance éducative. 3 4 Actuellement, il y a une remise en cause du redoublement , de la notation , de l'autorité professorale (cela mérite d'ailleurs un chapitre entier), etc. 1 Outre la mauvaise position de la France par rapport aux autres pays, les rapports PISA dénoncent régulièrement l'écart social de notre système d'éducation. 2 Bien illustré par un article du "Parisien" : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-nouvelle-journee-des-collegiens-en-2016-10-04-2015-4679689.php 3 «Cela fait des années qu'il est avéré que le redoublement est assez inefficace pédagogiquement parlant, qu'il est démotivant pour les élèves et par ailleurs qu'il est coûteux», Najat Vallaud-Belkacem, le 23 septembre 2014. 4 Proposition du jury mené par Benoît Hamon à la Conférence nationale sur l'éducation. Najat Vallaud-Belkacem a eu le courage de renoncer à cette mesure.
Dans certains lycées, le plus souvent professionnel, des élèves arrivent (le plus souvent des adolescents issus des classes sociales les plus faibles) sans comprendre une question simple et sans rédiger une réponse sans faute d'orthographe. Il ne s'agit pas là de démagogie. Il suffit de rencontrer des professeurs de banlieue parisienne (et certainement d'autres villes) et de voir les copies des élèves. Que fait-on pour enrayer cette spirale ? Les EPI, la baisse des heures des matières fondamentales, favoriser le passage des élèves en classe supérieure, augmenter le taux de réussite 5 du bac , etc. Avant de créer une école devenue "branchouille" où le sport et les EPI ont pratiquement plus d'importance que l'histoire ou les mathématiques, l'Éducation ne doit-elle pas s'attaquer à quelques points évidents ? - Les sureffectifs dans les classes - Maintenir et renforcer les matières fondamentales, comme l'histoire, permettant l'acquisition d'un savoir républicain. - Dédoublement de ces disciplines : faciliter l'apprentissage à travers des effectifs réduits. Tout le monde s'accorde de gauche à droite de l'échiquier politique, en passant par les rapports PISA : l'École française est en crise. Malheureusement la réponse donnée est un nivellement par le bas, pour des raisons qui semblent plus idéologiques que réfléchies. Les Français ne demandent pas aux ministres de ne pas agir mais d'agir avec discernement.
5 Pour le bac général : en 1960, le taux de réussite était de 69%, il était de 90.9% en 2014. Pis, en bac technologique, en 1960, le taux de réussite était de 57.7%, en 2014, il était de 90.6%