Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

L'information fait sa révolution

De
164 pages
Notre économie est dominée par des courants de pensée qui peuvent apparaître obsolète à l'aune de la mutation profonde orchestrée par le numérique. En revisitant les rôles et les finalités des principaux acteurs économiques, le livre « l'information fait sa révolution » nous permet de les replacer dans leur contexte historique pour mieux mesurer l'influence du numérique sur leurs comportements.
Une plongée ludique et agréable au cœur de l'information nous permet d'en comprendre la genèse, la mécanique et, in fine, les enjeux. Cette information est au centre d'un nouveau modèle de prospective économique qui transforme nos organisations en faisant émerger une économie basée sur la création de richesse à l'échelle humaine : l'économie collaborative.
En bousculant nos règles macro-économique et ses conséquences à terme sur l'économie réelle, l'auteur nous rappelle que l'innovation n'est pas réservé à certain secteurs. Au contraire, en innovant sur les organisations humaines, les interactions entre les acteurs à différentes échelles et la gestion des contraintes inhérentes à tous système l'auteur nous ouvre de nouvelles pistes de réflexions quant au devenir de notre économie et à de la capacité d'action de chacun d'entre nous.
L'auteur nous rappel comment et pourquoi le pouvoir personnel que nous offre le numérique est à la base de notre mutation économique. A travers des exemples concrets, l'auteur nous propose des leviers d'action pour agir sur notre destin individuel et collectif.
Si notre économie de marché était un logiciel, alors « l'information fait sa révolution » en serait une mise à jour en version 2.
Voir plus Voir moins
information et nous en musiciens.
Cette expérience m'a permis de mieux comprendre l'information et notre rapport avec elle. Plus elle est libre et standardisée, plus notre interaction avec elle prend du sens. Nous pouvons la créer, la manipulée ou la malaxée comme nous le désirons. Elle émane de nous. Elle nous ressemble. Elle porte notre intelligence collective.
Parfois, nous présumons qu'elle est animée par une main invisible dotée de sa propre mécanique, pourtant c'est celle que produit chacun d'entre nous. Comme si, le fait d'être devenue globale, la rendait transcendante et risquerait de construire un monde qui gommerait nos individualités.
C'est à partir de ce point de vu que je propose une grille de lecture sur la profonde mutation économique que nous vivons. A travers la fenêtre de l'information, nous ferons un décryptage visant à éclairer les pistes possibles de notre futur individuel et collectif. Nous nous arrêterons sur notre environnement économique d'aujourd'hui, sur son devenir prévisible et sur les leviers concrets et pragmatiques pour accompagner cette mutation. La masse d'information à laquelle nous sommes confrontés chaque jour nous transforme en scanneur et en zappeur. Cependant, il est parfois nécessaire de faire une pause pour comprendre le dessous des cartes, mieux percevoir le monde qui nous entoure pour mieux anticiper son devenir.
Pour les lecteurs désireux d'élargir leurs réflexions économiques en analysant l'impact du numérique sur nos sociétés, je propose de partager mon expérience, mon questionnement et quelques idées pour l'avenir.
2L'économie
L'économie est la première organisation humaine à subir les coups de boutoirs du numérique. En décrivant les principaux acteurs économiques à travers leur rapport à l'information, nous analyserons leurs champs d'action et leurs limites. En isolant certains de leurs comportements, nous essayerons de saisir l’origine de leurs contraintes. Un système simple est une chose qui ne demande aucun effort pour l’appréhender. Un système compliqué nécessite du calcul pour le comprendre. Un système complexe contient un tel nombre d'entités et une telle quantité d’interactions qu'il échappe à l'entendement humain et aux calculs.
Par exemple, pour l'univers, la biologie ou notre cerveau il est difficile de prévoir leurs comportements et leurs évolutions. Certes, nos experts utilisent des modèles qui permettent d'isoler une partie du système et d'en comprendre le sens au niveau de la granularité choisie. Néanmoins, à l'échelle globale, toutes les conséquences des interactions et des rétroactions restent difficiles à percevoir.
L'économie est un système complexe. Les hommes, les ressources naturelles, les entreprises et les pouvoirs publics interagissent. Certaines de ces interactions ont des conséquences strictement locales, limitées à un nombre restreint d'acteurs. D'autres ont des conséquences globales et contraignent fortement tout le système. Elles sont d'ordre systémique en nous imposant une compréhension du système dans son ensemble.
A cette échelle, nous ne disposons que d'un seul type d'outil pour analyser et comprendre un système complexe, ce sont des programmes informatiques. Ils sont à l’infiniment complexe ce que le télescope est à l'infiniment grand ou le microscope à l'infiniment petit. Ils nous permettent de voir l'invisible.
De plus, ces programmes ne sont pas partisans. Ils ne sont pas assujettis à des émotions. Ils ne font pas de politique, ni de social. Ils
nous permettent juste de voir et de projeter des comportements et leurs évolutions en fonction des contraintes que nous leur avons nous-mêmes données. Ils sont notre extension.
Pour s'exécuter, ces programmes baignent dans une soupe technologique, faite d'électronique, de réseaux, de télécommunication, de données, d'interfaces adaptées aux individus pour en faciliter le pilotage, d'interfaces dédiées aux autres machines pour faciliter la diffusion d'information. Cette soupe est entrée dans le vocabulaire courant, elle se nomme : le numérique.
Il est à chacun d'entre nous ce que les mathématiques sont au physicien, la pâte à modeler pour étendre et transposer nos idées.
Lorsque cette soupe technologique est associée à un acteur économique, elle se nomme : le système d'information de l'entreprise. Lorsqu'elle nous est associée à titre individuel, elle se nomme : le système d'information personnel. Il existe un rapport entre la complexité et l'information, un peu comme si elles étaient les faces d'une même pièce.
En suivant l'information comme un fil d’Ariane, nous ferons en sorte qu'elle éclaire les points clés qui accélèrent les mouvements de l'économie, son impermanence. Nous nous fabriquerons une vision simplifiée à travers l'information. Ainsi, notre paradigme nous offrira un champ stable d'investigations.
Les principes
1 Dans sa dimension économique, le philosophe grecque Aristotefait de la famille le premier périmètre économique en caractérisant la nature des interactions entre ses membres. Il est le premier à donner un sens à la valeur d'usage en l'opposant à l'appropriation et à l'accumulation de richesse.
L'économie est avant tout une affaire d'échanges entre les Hommes.
Une interaction basée sur notre capacité à créer de la valeur aux yeux des autres avec pour première finalité, l'augmentation de la qualité de notre lien social. C'est avant tout, une activité humaine basée sur la confiance.
La création de valeur est une réalité subjective. Elle dépend strictement de l'appréciation des autres. Elle se définit en fonction d'une conjecture, d'une époque et d'une culture. Toutefois, nous pouvons simplifier et isoler un mécanisme commun et systématique à la base de toute chaîne de création de valeur : la transformation des ressources naturelles à l'aide d'énergie à laquelle se juxtapose une chaîne de transformation de l'information. En effet, cette dernière porte à la fois les savoir-faire, la connaissance, l'organisation et les règles métier nécessaires à la fabrication d'un bien ou d'un service.
A l'échelle de notre économie, la création de valeur est constituée de deux moteurs principaux, l'agriculture et l'industrie, et d'un moteur auxiliaire, les services. Ces forces motrices créent de la valeur : l'offre, à destination des autres, la demande. Autrement dit, l'économie de marché.
C'est le philosophe et économiste écossais, Adam Smithqui pose les bases du principe du libre échange, lui même en opposition avec 2 l'écrivain néerlandais Bernard Mandeville. Nous pouvons solliciter 3 l'Encyclopédie de l'Agorapour nous proposer un éclairage : "La pensée libérale s'est nourrie d'une représentation de l'homme plutôt sombre. Ce dernier n'obéirait qu'à ses intérêts particuliers. La théorie de l'économie de marché se fonde sur la fameuse Fable des abeilles, publiée en 1705 par le philosophe anglais Bernard Mandeville. Cette fable prenait l'exemple d'une ruche pour montrer que l'égoïsme de chacun pouvait travailler au bonheur de tous. En s'affairant, chaque abeille obéit à son intérêt particulier, mais la combinaison de ces égoïsmes assure la prospérité de la ruche. Une société humaine serait comparable à une ruche : plus l'homme sera « mauvais » (au sens d'égoïste), mieux l'économie de cette société fonctionnera.
4 On attribue à Adam Smith, fondateur du libéralisme, la théorisation de cette idée. Dans son « enquête sur la nature et les causes de la
Richesse des nations » (1776), il propose la métaphore de la main invisible pour évoquer cette capacité magique du marché qui, en combinant les intérêts égoïstes de chacun, aboutit au bien être de tous. Grâce à elle le « vice » de l'égoïsme devient une « vertu ». Or, on se rend compte aujourd'hui que cette interprétation de Smith était mensongère. Il avait publié auparavant une « Théorie des sentiments moraux », dans laquelle il insistait sur la notion de sympathie qui, seule, nous permet de « faire société ». Il condamnait par ailleurs le pessimisme abusif de Mandeville."
Cet éclairage nous permet de mettre en perspective les confusions qui ont alimenté les dérives des principales écoles de pensée économique. Quels sont les événements qui nous ont conduits à l'économie de marché ? Qui étaient les protagonistes ? Pourquoi est-elle devenue dominante ? Quelle est son histoire ? La révolution industrielle est le fruit du progrès technologique, de l'industrialisation et d'une énergie fossile peu coûteuse. Parmi les inventions les plus représentatives, nous trouvons la machine à vapeur, l'électricité, l'automobile ou le téléphone. L'industrialisation a consisté à centraliser la production pour pouvoir la rationaliser et faire des économies d'échelle. Nous inventions l'usine.
La rationalisation consiste à découper le travail en fonctions, ensuite en processus, enfin en tâches et en procédures pour permettre de réduire la quantité de connaissances nécessaires à l'opérateur pour effectuer un travail donné. Nous inventions l'ouvrier, puis l'employé. Pour piloter ces derniers, les cadres ont fait leur apparition. Nous inventions la hiérarchie.
La mutualisation des moyens permettait la mise en commun des ressources humaines, des outils de production ou des équipements. Nous inventions la centralisation.
Ensuite, Les économies d'échelle permettaient d'augmenter la production pour réduire le coût unitaire du produit. La finalité étant d'augmenter le rapport qualité/prix en gagnant du temps. Notre économie devenait dense, hiérarchique, centralisée et complexe. Nous inventions l'économie de marché. Les hommes ont accompagné ces évolutions. Autrefois, nous étions dans les campagnes, nous vivions d'agriculture et d'artisanat. Lorsque les premières propositions d'embauches arrivèrent, nous y répondions favorablement. Nous inventions l'exode rural.
Nous nous retrouvions dans des villages qui entouraient nos usines que nous transformions en ville. En habitant les villes, nous changions nos modes de vie. Nous habitions dans des appartements. Nous nous sommes éloignés de nos sources habituelles de nourriture. Nos besoins de nous déplacer augmentaient et de plus en plus rapidement. L’économique s’agençait pour répondre à toutes nos nouvelles demandes.
Cette évolution porte un nom, c'est l'urbanisation. Le changement de notre mode de vie fut le principal facteur de notre croissance.
De plus, l’État a rendu la chose possible, en investissent massivement sur les infrastructures comme les voies ferrées, les routes ou le téléphone. Il a crédibilisé l'approche en drainant l'épargne publique, ensuite en drainant les capitaux privés. Les bourses on fait leur apparition. Le capitalisme était né.
Autrefois, l'information était inscrite sur des parchemins et véhiculée à dos de cheval. Nonobstant des cas avérés de dopage, les temps de communications étaient longs. Lorsque l'homme ou le cheval n’étaient pas en forme, c'était pire.
Pour y remédier, nous nous sommes organisés en centralisant nos décisions politiques et économiques. La capitale était née.
Depuis, les organisations hiérarchiques et centralisées n'ont cessé d'investir nos sociétés.
Notre culture collective associe le progrès comme un moteur économique, la finance comme un outil pour drainer le capital et la croissance comme une conséquence.
Le taux de croissance est une unité de mesure économique très utilisée dans le domaine public. A l'échelle d'un pays, la quantité de valeur économique produite s'appelle le produit intérieur brut (PIB). A l'échelle d'une entreprise, cette quantité s'appelle le chiffre d'affaire (CA). Le ratio de ces quantités, d'une année sur l'autre, s'appelle le taux de croissance.
Le PIB peut également s'entendre à travers la totalité des revenus distribués ou la totalité des valeurs achetées, c'est-à-dire du prix de la valeur ramené à la monnaie du pays. Lorsque la valeur de la monnaie baisse, les prix montent pour compenser. C'est l'inflation.
Pour nos décideurs politiques et économiques, le taux de croissance et l'inflation sont les principaux indicateurs de la santé de notre économie. L'augmentation de la création de valeur d'une année sur l'autre est synonyme d'augmentation du chiffre d'affaire des entreprises et par conséquent, l'augmentation du nombre d'emplois, l'augmentation des revenus pour les actionnaires et l’augmentation des impôts et des taxes pour l’État.
Ce qui revient à faire un pari implicite. Nous misons tous sur le fait que la croissance économique doit systématiquement croître.
La complexité économique n'a cessé d'augmenter avec des conséquences d'ordre sociales et environnementales majeures. Pour répondre à ces problèmes, nous inventions un concept : l'autorégulation. En d'autres termes, nous décidions que ce système complexe était intelligent. Nous pariions sur le fait qu'il possède, en lui-même, la propriété de trouver un équilibre stable, capable de répondre équitablement aux aspirations de chacune de ses composantes.
L'autorégulation nous vient d'une école de pensée, majoritaire au sein de nos sociétés et enseignée par nos universités. En substance : «cette approche défend l'idée que l'économie est une science stricte au même titre que la physique, avec les mathématiques comme outil impartial pour prédire le devenir d'acteurs économiques rationnels».
Notre économie s'est ensuite financiarisée. À l'échelle macroéconomique, elle a transformé la création de valeur en argent, puis l'argent en finalité. Elle est devenue un système à bulle spéculative. En d'autres termes, c'est la création d'un différentiel d'argent, pour une période de temps donnée, qui permet de faire des paris financiers. Cela consiste à positionner une valeur à la hausse ou à la baisse et, le moment venu, de vendre ou d'acheter pour empocher la différence. C'est le cas, par exemple, pour les matières premières, l'immobilier, la monnaie, les actions des entreprises ou les obligations d’État.
À notre échelle, c'est ce que nous faisons lorsque nous achetons un appartement ou une maison. Nous parions sur le fait que notre bien prendra forcément de la valeur dans plusieurs années. Nous spéculons sur l'immobilier.
À l'échelle de la finance, c'est le numérique qui assure de façon autonome plus de la moitié des transactions financières dans le monde. Les spécialistes le nomment « algotrading ». Ces programmes sont paramétrés à l'aide de valeurs sur des titres pour les vendre ou les acheter automatiquement et le plus rapidement possible. L'unité temporelle des transactions à caractère spéculatif est devenue de l'ordre de la microseconde.
5 Au sujet de la crise de septembre 2008, Alan Greenspan, le Président de la Banque centrale américaine de 1987 à 2006, déclarait en substance, « Je n'ai pas compris les conséquences du risque systémique de la spéculation immobilière ». Nous pouvons rendre hommage à son honnêteté intellectuelle. Cependant nous pouvons en tirer une vérité objective. Le risque systémique n'était pas maîtrisé et il est à craindre qu'il ne le soit toujours pas. Quelles sont les limites à la croissance économique ? Quel rôle joue le numérique ?
Tout d'abord, le fait de qualifier l'urbanisation, comme l'indicateur sous-jacent du taux de croissance, nous permet de constater que, pour notre mode de vie actuel et pour les pays développés, le maximum est en passe d'être atteint.
De ce point de vue, l'équation devient plus simple. Si nous ne bouleversons pas nos modes de vie, la croissance restera faible avec la performance économique en guise de pilote. Par conséquent, la logique des économies d'échelle et de la mutualisation des moyens draineront toujours moins d'entreprises, toujours moins d'emplois et toujours moins d’impôts et de taxes.
Par ailleurs, le coût de l'énergie est un facteur déterminant. L'ouvrage 6 de Jérémy Rifkin, « La troisième révolution industrielle », nous dit en substance, « lorsque le prix du baril de pétrole atteint les 150$, notre économie s’arrête. La crise de 2008 en est la conséquence directe. »
Il est vrai qu'en 2008, le prix du baril dépassait les 145$.
En effet, l'énergie est indispensable à la transformation des matières première. Son coût vient directement impacter le prix à la consommation. Si ce dernier devient trop important, le marché est incapable de le digérer provoquant ainsi un ralentissement.
Si nous acceptons cette hypothèse et que nous la conjuguons à la limite géologique de cette ressource naturelle, nous comprenons mieux la volonté affichée des pouvoirs publics concernant la transition énergétique. Le coût de l'énergie est stratégique puisque c'est un obstacle majeur à notre croissance.
D'un coté, nous ne pouvons qu'encourager les efforts faits par les nations pour les énergies alternatives. Notamment l’Islande, qui est devenue un laboratoire opérationnel concernant l'hydrogène et ses applications concrètes grâce à la pile à combustible. Nous pouvons également encourager la recherche sur le solaire, l'éolien, la biomasse ainsi que les initiatives concernant les bactéries ou l'électronique au service de la création d'énergie propre.
Néanmoins, à l'heure actuelle, ces possibilités ne représentent pas
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin