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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Christiane Esposito
“MON AMANT C’EST MON PAPA“ ou l’éloge de l’adultère ?  Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères. » (J.J.Rousseau -Discours sur l’inégalité)  «   MAIS QU’EST -CE QUE L’ADULTÈRE ?  Pour le commun des mortels : “C’est la distraction des femmes mariées ‚ (F.Parturier)  Pour le dictionnaire : Violation de la loi conjugale.   Don c l’amour se doit d’être monogame ; et vivre en couple est synonyme d’exclusivité sexuelle.  Dans ce cas, l’engagement marital est -il synonyme d’aliénation personnelle ?   On peut se poser des questions : la fidélité est-elle une vertu ou un besoin de sécurité, de propriété ; ou bien une facilité, une lâcheté ? À l’inverse l’infidélité est -elle une faiblesse, une trahison ; ou bien un courage, une audace, une affirmation de soi ?  Allons plus loin : l’infidélité serait -elle une ‚perversion‚ typiquement fém inine, et celle, masculine relèverait-elle de l’humanité  ? L’homme serait -il par essence polygame et la femme monogame ?  « Alors que les hommes, de façon générale, se méfient de la passion, les femmes, elles, sont fascinées par un modèle certes pathologique, mais dans lequel elles se retrouvent et se complaisent, cultivant ainsi leurs potentialités masochistes , » dit Piera Aulagnier. J’ai pu constater pour ma part, que les ouvrages traitant de l’adultère en parlaient effectivement en majorité au féminin ; c’est pourquoi je me suis penchée plus particulièrement sur celui -ci, découvrant au fur et à mesure de mon exploration des éléments de plus en plus complexes.  Quoi qu’il en soit, je pense qu’il n’est sans doute pas nécessaire de passer à l’acte sexuellem ent pour être dans linfidélité ; celle-ci pouvant être implicite à partir du moment où il y a désir partagé et où les raisons pour ne pas sauter le pas se présentent multiples. C’est le cas dans certaines amitiés où l’on peut apercevoir une composante am oureuse que même les intéressés ne se cachent pas ; mais ils ont décidé de ne pas passer à l’acte sexuel parce qu’ils sont mariés et tiennent à le rester. De cette façon, ils ont l’impression de protéger leurs couples respectifs............. mais jusqu’à quand ?  Une des raisons principales pour ne pas sauter le pas est sans doute la peur : peur des conséquences, de perdre l’autre, de tout faire exploser, d’y laisser un certain confort, une certaine sécurité...  Cela peut également correspondre à des principes, des valeurs morales ou religieuses.  Je me souviens d’un ami qui, revenant d’un voyage au Yémen, me racontait qu’il avait été littéralement ‚violé‚ par une femme de là-bas ; pourtant, elle était voilée de la tête aux pieds et seuls ses yeux étaient visibles. Mais justement, elle avait appris à s’en servir de façon tellement ‚torride‚ qu’elle ‚faisait l’amour‚ tout en restant dans les limites imposées par sa culture.  On se rend compte à quel point dans notre société, l’infidélité est considérée uniquement d’un point de vue purement extérieur et non intérieur. Or, par sa définition même, l’infidélité relève plus de l’habituel que du normal  ; lorsqu’on en parle, c’est plutôt sur un ton léger, amusé, ou carrément outré, moralisateur. Elle fait partie du qu otidien, même si ça n’est pas de façon personnelle. Dans les journaux ‚people‚, dans les magazines, elle est là. Mais ce qui me surprend le plus, c’est qu’il est extrêmement rare d’évoquer toute la souffrance contenue derrière, de part et d’autre.   « L’adultère ne consiste au fond qu’en la violation d’un serment. Il impose l’intermittence qui avive le désir  ; il offre l’émotion
de la clandestinité... » (M.Dupuy-La source et le feu) Et oui, la notion d’interdit dans l’infidélité est primordiale. Elle est com me le sel dans un plat : sans, on a l’impression qu’il est sans goût et pourtant tous les ingrédients le composant ont leur propre saveur.   Mais « chez les femmes la petite fleur bleue a des racines de chêne » (F.Parturier)  Pourtant, en dépit de l’idée de faute liée à l’adultère, qui n’a pas versé une larme en s’identifiant à cette femme amoureuse de ‚Sur la route de Madison‚?   Qui n’a pas été touchée par cette passion fulgurante que vit Brigitte Rouan dans ‚Post coïtum animal triste‚ ?  Et qui n’a pas r êvé un jour dans sa vie de vivre des émotions aussi intenses que bien des héroïnes de la littérature, classique ou de gare ? Madame Bovary, la princesse de Clèves ou Iseut, qui, jusque dans la mort rejoint son amant par un rosier qui relie les deux tombes : comme si même la nature bénissait les amants fabuleux.... Et tant d’autres encore....   Car ces amours secrètes constituent un réservoir inépuisable où la littérature et le cinéma trouvent leurs scénarios d’amours intenses mais impossibles. Impossibles p arce que cet amour fort et passionnel ne peut se contenter du quotidien, de la routine et du conventionnel.  Je ne sais plus dans quel film Catherine Deneuve, vivant une telle passion avec un jeune homme, disait à son amie :‚Je me fais des souvenirs pour m es vieux jours !‚  Oui, ces ‚ Belles parenthèses ‚ (comme le chante si bien Anne Sylvestre) peuvent rester de merveilleux souvenirs pour certains et alimenter en rêves le restant d’une vie  : pour d’autres elles resteront l’objet de lourds secrets de famille non sans conséquences.  Car, de la rupture tragique et immédiate pour les uns, au stimulant joyeux de la vie de couple pour les autres, les réactions, les manières de la vivre sont infinies. Et par les émotions qu’elle suscite, les changements personnels qu ’elle entraîne, l’infidélité reste un chamboulement qui peut causer autant de bonheur que de ravages.   Ainsi, aujourd’hui comme autrefois l’amant proposé par la plume des écrivains ou des scénaristes ne peut pas être un mari. Et même s’il ne remet plus en cause les conditions du mariage et les rapports entre les sexes, il révèle toujours du côté des femmes certains besoins.  Mais ne nous trompons pas ; dans l’adultère, chacun, homme ou femme, est à la recherche de la même chose...    ......ET QU’EST -CE QUE LA FIDÉLITÉ ?  « Il ne suffit pas d’être fidèle mais encore faut -il savoir à quoi l’on est fidèle  ? Si on l’est à une bêtise, c’est une bêtise de plus » (Jankélévitch)  La fidélité est-elle un comportement naturel ?  On peut dire que, d’une façon générale, d ans le monde animal, dont nous faisons presque partie, la pratique de l’amour libre est majoritaire car c’est le passage obligé pour augmenter les chances de reproduction et la survie de l’espèce.  Toutefois, on peut observer chez certains animaux une monogamie et une fidélité absolues : ainsi les loups s’accouplent pour la vie. Les manchots empereurs sont résolument monogames. Mais le champion de la fidélité reste le castor : si le mâle est stérile, sa compagne n’aura jamais de petit.   Selon Gérard Leleu ( La fidélité et le couple), il existe chez l’homme des bases biologiques de la fidélité liées à ‚l’instinct d’attachement‚ dans l’enfance.  Celles-ci seraient dues au besoin d’être relié l’un à l’autre, et à ‚la pulsion d’agrippement‚.   Quant à l’adulte, son  besoin irrésistible de contact, que ce soit au niveau de la peau, affectif, sexuel, psychique, aboutit au ‚ rêve d’un grand amour, l’amour qui peut conduire à la spiritualité qui inspire la fidélité“.  
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