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Ğ Entre racisme, sexisme et féminisme, la question de la femme ...

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Ğ Entre racisme, sexisme et féminisme, la question de la femme ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Racisme, idéologie post - coloniale?*Et les femmes dans tout cela Par Malika Hamidi, Bruxelles, mars 2008 En Belgique, comme dans d’autres pays d’Europe, nous assistons actuellement à un discours dominant qui semble se normaliser : une partie de la population «issue de l’immigration» et/ou étrangère, menacerait «l’intégrité culturelle» de la Belgique. Ces derniers adhéreraient à des valeurs passéistes, contraires aux «droits des femmes» puisque les hommes seraient culturellement machistes, sexistes et violents. Quant à «leurs »femmes, elles n’auraientd’autres choix que de se soumettre. Aussi,il faut reconnaître et dénoncer avec force, que ces pratiques d’un autre âge, souvent justifiéesau nom d’une certaine lecture de l’Islam ou de traditions culturelles, ne sont pas uniquement l’apanage des communautés issues de l’immigration. Il s’agit d’un problème de société qui traverse les classes sociales. Aujourd’hui, lesdébats politiques font régulièrement références à ces traits spécifiques de leur culture pour justifier telle loi ou mesures disciplinaires, et cette approche de la question des femmes «issues de l’immigration» et/ou musulmanes produit inévitablement une certaine forme d’incompréhension etdessert la cause de ces femmes, alors que la société belge doit leur garantir une citoyenneté égalitaire et une reconnaissance totale. «Le sexisme de l’Autre» Dans l’imaginaire collectif, l’homme arabo musulmanferait preuve d’un sexisme spécifique, propre à sa culture au point de parler d’un «sexisme extraordinaire» aux étrangers (C.Delphy, féministe et intellectuelle française, 2006), et qui serait différent de celui de l’homme».occidental, belge «de soucheCet enfermement de l’homme d’origine étrangère dans cette différence relève du racisme, et au-delà, en attribuant ce sexisme à une culture particulière, ce processus rend invisible les rapports sociaux de sexe inégalitaires dans la société belge à travers ses citoyens et ses institutions (les violences domestiques, les inégalités de salaire entre femmes ethommes…). Nous aurions un sexisme ordinaire socialement « accepté » et un sexisme « extraordinaire» et culturel de l’Autre.Or cette égalité des sexes, valeur essentielle du modèle occidental pour laquelle nous luttons, est aujourd’hui instrumentalisée à des fins racistes et sexistes. Les groupes « racisés » seraient plus sexistes que les autres. Ainsi, tout le combat, les politiques et les discours menés au nom des « droits des femmes » peuvent favoriser voir « légitimer » un sentiment raciste car il stigmatise les femmes « issues de l’immigration». Mais nous parlerons ici d’un racisme dit subtil (Devine, 1984), moderne (Wieviorka, 1998) et respectable (Bouamama 2004) qui évoque les différences culturelles voir cultuelles pour «légitimer »un traitement spécifique et qui produit inévitablement des discriminations. Il s’agit bien d’une forme de racisme qui enferme les «dominé-e-s »dans leurs différences par rapport au dominant. Aussi, des personnes qui se battent dans des mouvements antiracistes peuvent être porteurs de ce «racisme différentialiste»sans même s’en rendre compte car le sentiment de supériorité voir l’idée de penserque la culture peut être un obstacle à l’émancipation et l’intégration deces femmes, relève bien de cette forme de racisme. Cette approche fausse toute tentative de lutte pour leur libération et leur reconnaissance de la société actuelle.
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