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Guillaume Apollinaire, un poète moderne à la recherche du passé L ...

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Guillaume Apollinaire, un poète moderne à la recherche du passé L ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Guillaume Apollinaire, un poète moderne à la recherche du passé L’œuvre de Guillaume Apollinaire pourrait plutôt paraître éloignée du thème de notre université. En effet, la présentation du poète comme étant un personnage résolument moderne est le passage obligé de toute étude sur son œuvre, passage auquel nous n’échapperons pas. Mais force est de constater que cette présentation d’un poète rompant avec le passé est devenue quelque peu un cliché sur lequel nous reviendrons : Apollinaire « passerait-il » pour avancer dans son art « sur ce qu’il [aurait] détruit », à savoir ses prédécesseurs telle la caravane de Lamartine, métaphore de l’humanité ? S’il est vrai qu’Apollinaire demeure un avant-gardiste, il reste néanmoins très attaché au passé, ce que nous allons tenter d’exposer ici en insistant sur l’approche originale qu’il nous en propose. Certes, Apollinaire est un homme et un poète moderne. Homme moderne tout d’abord par son goût pour la ville nouvelle, pour l’architecture nouvelle. Rappelons-nous ses calligrammes sur la Tour Eiffel, et même sa critique inattendue de la campagne dansPoèmes retrouvés. Il manifeste également un profond intérêt pour la peinture cubiste. Dans son ouvrageLes Peintres cubistes – Méditations esthétiques(1913), il développe notamment l’idée de cette quatrième dimension figurant selon ses propres mots, l’ « immensité de l’espace s’éternisant dans toutes les directions à un moment déterminé ». N’est-il pas aussi l’auteur de cette fameuse formule humoristique : « Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre » ? Et puis l’on sait que leManifeste de l’antitradition futuristefera passer pour le(1915) le destructeur des valeurs anciennes. Participant à des cercles artistiques d’avant-garde, il crée lui-même sa propre revue,Le Festin d’Esope(1904), où il traite notamment de Picasso, Jacob, Derain. Il est également l’inventeur, bien sûr, du mot « surréalisme » qu’il met en œuvre dans Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste en deux actes. Par ce terme, l’auteur cherche à s’opposer à une « esthétique du trompe-l’œil », à l’ « imitation photographique du réel ». Autre formule célèbre qu’il nous propose : « Quand l’homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue. Il a fait ainsi du surréalisme sans le savoir ». Sa vie est en outre affranchie de la morale traditionnelle. Ses multiples aventures sentimentales lui inspireront l’écriture de romans érotiques qui contribueront à assurer son existence matérielle : la « faim » justifie peut-être les moyens… Mais Apollinaire est aussi un auteur moderne en quête d’un « lyrisme neuf et humaniste en même temps » (« Lettre à Toussaint-Luca », 11 mai 1908). Effectivement, ses goûts artistiques ne sont pas sans conséquences sur son œuvre écrite. Le cubisme a fortement influencé l’écriture d’Alcools notamment car le poète cherche à transformer le lecteur qu’il trouve plutôt passif habituellement en créateur actif. Sa pensée procède par association d’idées. Refusant une perspective unique, il prône une structure caractérisée par la multiplicité des points de vue dont il faut, nous dit-il, « découvrir les lois avant d’en établir le sens ». Pour ce faire, il recourt, comme on le sait, à l’absence de ponctuation, à l’usage répété d’une forme située à la frontière entre l’écriture et la peinture, le « calligramme » qu’il qualifie
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