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Les pays en voie de développement et l - 1 Les pays en voie de ...

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Les pays en voie de développement et l - 1 Les pays en voie de ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Les pays en voie de développement et l'OMC: le Liban y trouvera-t-il son intérêt ?
par
Irma MAJDALANI HABIB
S’il faut dépasser l’aspect superficiel des contestations de la Mondialisation et sonder ses conséquences
réelles sur les pays en voie de développement (PVD), il serait sage de commencer par dissiper le
brouillage idéologique. Ce brouillage consiste à prendre une position a priori pour ou contre la
mondialisation.
Au-delà des préjugés idéologiques, sur quoi se fonde l’argumentation qui conteste la mondialisation
surtout dans les PVD ? Celle qui nous intéresse examine deux ensembles d’éléments. Le premier
concerne des débats, un peu moins passionnés mais aussi subjectifs que l’idéologie, portant par exemple,
sur l’environnement, la démocratie ou la souveraineté nationale, les droits de l’Homme et la diversité
culturelle. Ces préoccupations, qui se situent hors du champ économique feront l’objet d’un exposé rapide
dans la première partie. Le deuxième ensemble d’éléments, de nature essentiellement économique,
examine les effets de la mondialisation sur le niveau de vie des populations des pays concernés afin de
dégager une grille de lecture qui faciliterait la réflexion sur le cas libanais. Ce volet de l’étude bien que
plus objectif et rationnel est quand même soumis aux limites usuelles de toute analyse. Il constituera
l’essentiel de la deuxième partie, laquelle sera subdivisée en 3 sous-parties :
-
Mondialisation, croissance et inégalités entre les nations,
-
Mondialisation et inégalités au sein des PVD,
-
Les leçons à tirer pour le Liban.
Les préoccupations de nature extra-économique citées dans l’introduction prennent pour critère, dans
certains cas, les valeurs particulières de l’individu, et dans d’autres cas, se prêtent à des interprétations
très nuancées qui rendent le verdict difficile à prononcer. Néanmoins, nous pouvons tenter un effort de
réflexion.
Considérons en premier lieu le problème de l’environnement. L’inquiétude est formulée en ces termes :
les multinationales profitent de l’absence de réglementations concernant l’environnement dans les PVD et
y détruisent les ressources naturelles. Cela est discutable pour deux raisons au moins. En premier lieu,
certaines agressions n’attendent pas les multinationales. Les entreprises locales sont parfois plus
prédatrices. Il faut dire que la protection de l’environnement est considérée comme un bien de luxe, elle
n’agite les esprits que lorsque le pays en question atteint un certain niveau de revenu et de croissance.
L’exemple des carrières qui mutilent les flancs de la montagne libanaise est assez parlant. En second lieu,
il est
peu probable qu’une multinationale investisse dans un pays par simple défaut de réglementation
environnementale, d’autres facteurs plus déterminants sont pris en considération.
Une dernière remarque s’impose. Une réglementation qui préserve l’environnement, au niveau mondial, a
plus de chance de voir le jour au sein d’un ensemble organisé d’états –tel que l’OMC- que lorsque les
efforts sont isolés.
Le problème des droits de l’Homme, notamment le travail des enfants, est le second point chaud du débat.
Au Liban, comme ailleurs dans les PVD, les conditions de travail des enfants sont intolérables, mais il est
clair que ce n’est pas en raison de la mondialisation. Par contre, lorsque les enfants sont employés dans la
production à l’exportation dans les pays les plus pauvres, on constate une amélioration dans leurs
Vice-Doyen de la Faculté de sciences économiques – Université Saint-Joseph de Beyrouth.