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Rapport 1er Sécularisation 2009 exposé J - 1er Rapport ...

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Rapport 1er Sécularisation 2009 exposé J - 1er Rapport ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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Sécularisation - modernité - post-modernité Exposé de Jean-Claude BRAU Rencontre du 17 janvier 2009 dans le cadre des journées "Citoyens critiques et croyants!"  
   Comment vivre dans le contexte qui est le nôtre? Cette question nous amène à mesurer les phénomènes de la réalité d'aujourd'hui d'une façon positive et critique:   - positive: nous n'allons pas entretenir la nostalgie que c'était mieux en 1950 ou au Moyen-âge ou dans l'Antiquité, pas de nostalgie, c'est aujourd'hui que nous vivons et c'est aujourd'hui que nous avons à bien vivre. - critique: nous devons évaluer en permanence ce qu'il nous est donné de vivre aujourd'hui, tout en estimant si cela donne une vie humaine ou bien si cela détruit l'humain.   Ce n'est jamais tout à fait d'un côté ou tout à fait de l'autre, mais l'essai est de toujours évaluer les choses.  Quel sens donner à la vie  aujourd'hui?  et quel est le sens de cette vie?   Dans nos pays de l'Europe occidentale, le sens a été pendant des siècles offert par les traditions catholiques et par l'Eglise catholique à tel point que c'était un monopole. Et de plus en plus, déjà au XXe siècle et peut être encore avant, nous avons vu que d'autres formes de sens ont été proposées. La réaction des milieux catholiques a été une réaction de méfiance et de combat contre ces nouvelles sources de sens, c'est-à-dire la laïcité, la concurrence entre catholiques et protestants et à d'autres formes de sens sur lesquelles nous reviendrons.  Aujourd'hui un homme, une femme, même chrétien, même catholique se trouve nourri de beaucoup de courants qui passent sans pouvoir toujours bien les identifier et chacun est amené à chercher son chemin au croisement de beaucoup de propositions. Si on pouvait dire qu'autrefois le sens de la vie était établi d'avance et proposé par l'autorité de l'Eglise catholique, aujourd'hui chacun est mis au défit de trouver son chemin.   Sécularisation Le mot "sécularisation" est un mot typique de la langue française, il a été beaucoup utilisé notamment au moment de la Révolution française quand on a sécularisé les biens du clergé. Des biens qui appartenaient aux couvents, aux évêchés, à des gens d'Eglise ont été pris par les révolutionnaires et dans certains cas attribués à l'état, dans d'autres cas vendus et l'argent donné à l'état. Les chrétiens ont dit que c'était du vol, pour les révolutionnaires par contre, c'était une restitution à la collectivité de ce que l'Eglise sous toutes ses formes avait accaparé au cours de l'histoire. En dessous du mot "sécularisation", il y a donc une querelle de propriétaires.  Les biens et les idées appartiennent-ils de droit à l'Eglise ou bien est-ce que les biens et les idées appartiennent à tout le monde? Le processus de sécularisation est l'histoire du conflit qu'il y a eu pour enlever à l'Eglise ses énormes richesses et son monopole dans le monde des idées. La construction d'une société moderne est le résultat de cette tension. Du point de vue de ceux qui ne sont pas catholiques, c'est une chance que ce
 ________________________________________________________________________________________________________________ Jean-Claude BRAU / Rencontre du 17 janvier 2009 dans le cadre des journées: "Citoyens critiques et croyants".  
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combat ait eu lieu. Pour les catholiques et pour l'Eglise c'est une perte. Je pense le contraire, c'est quand l'Eglise a perdu son monopole qu'elle a pu jouer le rôle qui est le sien.  Autrefois / transition / aujourd'hui La transition de ce qui était autrefois le monopole de l'Eglise catholique s'est faite pour la plupart des domaines au moment de la Renaissance, au XVIe - XVIIe siècle et les temps modernes ont amenés autre chose. Je vais vous parler de domaines dans lesquels le changement me paraît être largement réalisé et d'autres dans lesquels le changement me semble être tout à fait en discussion.  Dans la politique et le droit   Dans notre contexte de l'Europe occidentale, si nous remontons à l'Antiquité on peut dire que la religion et la politique ne sont pas distincts du tout. A l'époque de Jésus en Israël, ceux qui commandent ce sont les Grand prêtres qui sont l'autorité supérieure juive, sous l'occupant romain. Autorité religieuse évidemment et quand auparavant il y avait un roi comme à la grande période de David et Salomon, le premier projet du roi d'après ce que la Bible raconte, était de construire avant le palais pour le roi, un temple pour Dieu.  Chez les Romains aussi l'empereur est représenté comme un général ou quand il porte une grande toge, notamment la statue d'Auguste avec la toge ramenée sur la tête, il y est représenté comme un Grand prêtre. L'empereur était le chef de la religion romaine, là non plus il n'y avait pas moyen de distinguer les deux.  Au Moyen-âge, il y a eu la querelle de l'investiture, c'est une expression technique pour désigner la concurrence entre le pape et l'empereur d'Allemagne. La question était de savoir qui était le vrai chef. Le pape étant le représentant de Dieu sur terre, qui pouvait échapper à son autorité? L'empereur par contre donnait des terres aux évêques pour vivre. Les deux ont été en conflit, parfois c'était le pape qui gagnait, parfois l'empereur. On garde en mémoire le nom de Canossa, une petite localité au nord de l'Italie où à un moment où l'empereur avait perdu, il a dû venir faire acte d'allégeance auprès du pape. Il a dû attendre plusieurs jours avant que le pape accepte de le recevoir, marchant pieds nus dans la neige, habillé uniquement d'une robe il à dû se mettre à genoux devant le pape. Le pape l'a payé très cher après. Cela se passait en 1077.  En France, le roi était souvent sacré dans la cathédrale de Reims par les évêques avec un rituel copié sur le sacre d'un évêque, autrement dit, il était évident que le pouvoir que le roi allait exercer, lui venait de Dieu et lui était transmis par l'intermédiaire de l'Eglise. Dans la liste des péchés, il y avait le péché de régicide, tuer un roi était un péché extrêmement grave. L'Eglise couvrait le roi et la défense de son intégrité physique, on pourrait donc dire qu'un roi était une sorte d'évêque. Le rite était le même et donc il était à sa façon le représentant de Dieu sur terre. Tout le monde n'était pas d'accord, car cela voulait dire qu'on vivait tous en chrétienté sous l'autorité du pape.  Alors comment les choses ont-elles changé? En 1300, le roi de France Philippe le Bel, embêté par cette situation, demande à ses juristes d'y réfléchir et ceux-ci ont une intuition intéressante: ils disent que Philippe étant catholique est soumis au pape et à la foi chrétienne, mais étant roi de France, il ne dépend de personne. Cela signifie qu'il ne peut pas manger de viande le vendredi parce que le pape l'interdit, mais comme roi de France il est tout à fait libre et il peut même lui faire la guerre. C'est une évolution des mentalités qui distingue les domaines dans lesquels on n'est pas dépendant du pape, même si on est catholique. Il y en a d'autres qui vont continuer.  L'Italie était à l'avant pointe de ces choses et un auteur italien mort en 1527, Machiavel, a apporté des éléments extrêmement importants. Son œuvre la mieux connue est intitulée "Le Prince" et définit les qualités d'un prince qui n'ont rien à voir avec l'Eglise. Il définit un modèle entièrement autonome de ce que l'histoire avait apporté. Machiavel vit à Florence à l'époque de la fameuse génération des Medici,
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