La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Partagez cette publication

Publications similaires

Rapport sur le commentaire dirigé en anglais
 Le commentaire dirigé en anglais portait cette année sur un extrait deA Midsummer Nights Dreamde William Shakespeare. Le passage proposé, situé à lacte 3, na pas posé de problème majeur à la grande majorité des candidats, qui connaissaient bien luvre et ont su ainsi aisément replacer lextrait dans léconomie générale de la pièce. Cependant, trop nombreux sont ceux qui se sont plus attachés au caractère événementiel du texte et aux relations entre les personnages quau texte lui-même en tant que tel. Nous ferons donc quelques remarques dordre méthodologique et nous formulerons quelques conseils avant de passer aux éléments de correction de lépreuve. Enfin, le lecteur trouvera en fin de rapport la reproduction de deux bonnes copies.  I -Bilan de la session 2003  -Méthode    Il est regrettable de constater quun grand nombre de candidats ne semblent pas avoir lu scrupuleusement les multiples conseils méthodologiques donnés dans les deux précédents rapports du jury. Nous les invitons donc à le faire. En effet, de trop nombreux candidats conçoivent encore le commentaire de texte comme un simple travail de repérage des champs lexicaux produits sous forme de listes, détaché de toute volonté démonstrative et argumentative, organisé selon des plans superficiels centrés sur les personnages (rapport 2001). Quil nous soit donc permis de redire quun repérage des champs lexicaux ne constitue pas une analyse mais présente à peine le travail primaire de lecture du texte effectué par le candidat. Le jury a aussi pu constater que certains candidats n'avaient manifestement pas lu l'uvre et tentaient de masquer leur méconnaissance du texte en ne faisant aucune allusion au contexte et au co-texte. Or, ici, l'explication était impossible sans perception du changement de situation chez les personnages, source du comique. Le jury a tout de même eu loccasion de lire nombre de bons commentaires, basés sur une lecture scrupuleuse du texte, cherchant à en démonter les mécanismes et à en proposer une interprétation convaincante et personnelle.  
Introduction  Lintroduction du devoir doit permettre de problématiser le sujet et de faire apparaître clairement les développements et le plan. Nul nest tenu de présenter longuement lauteur de luvre en question, encore moins par des poncifs tels que Shakespeare, one of the greatest playwrights of all time, . Remettre lextrait en contexte ne signifie pas non plus résumer la pièce pendant une demi-page, voire une page, en expliquant le rôle de chacun des personnages. Dès lintroduction il convient d amorcer une réflexion et de proposer une problématique, un fil conducteur, et un plan motivé qui laissera apparaître une progression interne au devoir.  Développement -Commenter le texte  Le commentaire nest ni une paraphrase ni une description. Raconter n'est pas expliquer, reformuler n'est pas analyser. Or, l'explication se limite souvent à cette activité de reformulation du texte originel, agrémentée de citations non exploitées ou non explicitées. Il ne s'agit pas de dire ce qui se passe, mais de repérer les thématiques, les motifs, les mouvements du texte, et d'en considérer le fonctionnement. Les candidats doivent donc sattacher à mieux exploiter le texte, à le disséquer pour aboutir à une interprétation personnelle et non à une simple redite. Ils doivent également trouver la juste mesure entre trop citer le texte et ne pas le citer du tout.  -Citer le texte Nous rappelons quune citation nest pas une argumentation et quelle doit éclairer le commentaire et non se substituer aux remarques personnelles. Les citations sont trop souvent utilisées comme illustration ou confirmation du propos, sans aucune analyse véritable. Il faut donc proscrire les listes de citations interrompant le propos, qui éparpillent l'attention du lecteur (Défaut rédhibitoire : le mélange de citations éparpillées dans la phrase, dont on perd le fil. Cela donne un devoir décousu, trahissant une pensée fragmentaire, non synthétique). Il faut choisir une citation pour sa pertinence, puis s'efforcer de démontrer en quoi elle a permis d'en arriver au propos critique qu'elle vient justifier. Les citations tronquées, qui visent à faire dire au texte ce quil ne dit pas, sont également à proscrire. De même, il convient de faire remarquer que le texte doit être scrupuleusement respecté : trop nombreuses sont les citations inexactes (souvent lorsquun autre passage de la pièce est cité) ou celles dont lorthographe est pour le moins fantasque.
 -Le texte dans luvre  Le commentaire doit avant tout être basé sur une lecture minutieuse du texte et ainsi éviter lécueil du placage de cours. Point nétait besoin de proposer des développements sans rapport avec le passage à étudier : sur la lune, le rôle des fées, de la forêt, etc. Il nest pas nécessaire de vouloir démontrer à tout prix que lon a travaillé consciencieusement pendant lannée en plaquant des extraits de cours (René Girard et le désir mimétique par exemple) mais il est par contre indidpensable détudier au plus près la rhétorique, les figures de style, et de chercher à proposer une interprétation personnelle à partir du texte, objet premier de lattention du candidat. Des remarques plus générales peuvent parsemer le commentaire et mettre le passage ou le motif considéré en perspective, à condition de ne pas oublier de commenter le passage lui-même.  -Style et statut de luvre Il était attendu des candidats quils aient une connaissance minimale des figures de style et quils cherchent à les utiliser dans leur interprétation. Un simple repérage ne prouve rien et reste stérile sil nest pas intégré à un commentaire (Exemple : We can find an oxymoron line 129). Nous rappelons aussi que la séparation du fond et de la forme nest pas conseillée, car elle naboutit que rarement à un développement cohérent et argumenté. Il convient également de garder à lesprit que les personnages dune pièce ne sont pas réels et quon ne saurait donc se limiter à une lecture naïve dun texte littéraire dans laquelle on pourrait prendre à partie les personnages ou les juger comme sils nétaient pas fictifs (Exemple : Demetrius has such a mean attitude). Les personnages dans une pièce ou dans un roman sont des constructions discursives, pas des êtres de chair dont on peut interroger les motivations, les désirs, les intentions, les réactions. Partir du texte, du fonctionnement du discours d'un personnage, doit permettre d'éviter cette dérive trop courante.  -Organisation du devoir  Enfin, trop de copies montrent un déficit d'organisation et de construction très gênant : parties répétitives, plan cachant mal une simple paraphrase linéaire, ou série de repérages présentés sous forme de listes ou de catalogues, sans aucune progression. Un commentaire, pour être convaincant, doit être organisé, progressif. Il doit obéir à un plan identifiable et facile à suivre pour le lecteur. Ceci passe d'abord par une
présentation claire et aérée, qui signale le passage d'une partie à l'autre par un blanc. Chaque partie, pour être convaincante, doit être organisée de façon progressive : pour une partie sur la confusion, il est bon d'annoncer la thématique considérée, puis de la décliner en quelques paragraphes concentrés autour d'un aspect constitutif de cette confusion (changement de situation, confusion du discours, confusion des sens et des sentiments, ), dont l'objet à chaque fois est clairement établi. Chaque aspect doit être développé dans un paragraphe cohérent, qui s'appuie sur des exemples introduits et analysés (choisir un ou deux exemples, pour éviter les listes). Les parties décousues, procédant par accumulation de remarques d'une ou deux phrases hors de toute organisation en paragraphes, sont trop fréquentes. Il faut penser à mettre en relief la logique de la progression dans le passage d'un paragraphe à l'autre, puis d'une partie à l'autre. Pour ce faire, des transitions doivent être ménagées entre les différentes parties du commentaire. Ces transitions ne doivent pas seulement être rhétoriques (Lets now turn to ) mais elles doivent démontrer quun cheminement se fait, que le commentaire progresse pour aboutir à une conclusion.  Conclusion  Bon nombre de conclusions sont répétitives et ne font que reprendre les développements effectués en les résumant. Or, une conclusion, pour être pertinente, doit permettre de comprendre la démarche adoptée dans la copie et mettre en relief la démonstration que le candidat aura tenté de proposer. Il sagit donc plutôt douvrir sur luvre entière par exemple, et de montrer en quoi lanalyse du passage a permis déclairer notre vision et notre compréhension de la pièce, tout en soulignant la spécificité de lextrait ou, au contraire, sa parenté avec dautres passages de luvre.  -Langue  Si certains candidats sexpriment dans une langue riche et idiomatique, avec le souci dutiliser un lexique et des formules rhétoriques variés, le vocabulaire de la plupart des candidats est souvent pauvre et répétitif, et la langue et lexpression ne sapprochent que trop rarement dun anglais authentique. Soulignons toutefois que la parfaite qualité de la langue nest pas gage dune bonne note au commentaire. Cependant, il nous semble quun certain nombre de fautes récurrentes sont inacceptables venant de candidats à un concours denseignement de langlais (*She does not realizes ; *He has to chose/*She is afraid to loose ; *Demetrius uses a style very solennel ; *She does not understand Helena choice, As we have
said it, , etc.). Peu dentre eux savent que dans la structure <One of the  +superlatif+nom>, le nom est au pluriel (*One of the funniest passage in the play), connaissent lordre syntaxique dune interrogative indirecte (*She doesnt know what is love), la règle du redoublement de la consonne lorsquil y a ajout dun suffixe (*occured) ou encore savent quequiproquo dit sequid pro quo anglais. Une en méconnaissance du vocabulaire courant conduit même un candidat à un développement sur les céréales, puisquil confond oath et oats. Lon peut attribuer à la précipitation un certain nombre de fautes dorthographe, mais la relecture doit tout de même être un passage obligé afin déliminer un maximum d erreurs : le critique René Girard devient pour un candidat Renard Girard, Demetrius devient souvent Dimitrius, Puck est souvent transformé en Puke (!), et certains mots sont bien trop souvent mal orthographiés : *rythm, *elloped, *reveils, ou encore *obeing. Les candidats doivent veiller à éviter les néologismes, mais aussi à ne pas truffer leur devoir dexpressions idiomatiques parfois peu appropriées à lépreuve (Last but not least, ). Enfin, une relecture sérieuse doit être effectuée pour épargner au lecteur des qualifications telles que the book, ou the novel pour une pièce de Shakespeare.
II - Éléments de correction:  Le corrigé qui suit na pas pour but dêtre exhaustif, ni dêtre un corrigé-type. Il sagit déléments danalyse du passage qui, nous lespérons, permettront aux futurs candidats ou aux candidats malchanceux de se familiariser avec lapproche du commentaire attendue par le jury. Il va de soi que les repérages qui suivent nétaient pas exigés dans leur totalité. De nombreux candidats ont obtenu une note honorable en articulant leur analyse autour de certains de ces repérages, quils ont su organiser dans un plan convaincant et clair, sans pour autant tout dire du texte.  
Remarques introductives : Le Songe dune nuit détéest un drame poétique : cest la pièce de Shakespeare qui compte le plus de vers rimés (43%) aprèsLoves Labours Lost Le jury (62%). sattendait donc à des commentaires qui tiennent compte de la spécificité littéraire, mais aussi théâtrale, de lextrait choisi, situé dans la deuxième scène de lacte 3, scène centrale de lacte central, point culminant de la pièce. Cette scène montre un état exacerbé du désordre amoureux, où la méprise de Puck et la tentative de réparation de lerreur par Oberon donnent lieu à un comique de situation qui se transforme en un jeu cruel pour ceux qui pensent en être les victimes. Cest aussi une scène de spectacle pour Puck et Oberon, dans laquelle les imbroglios amoureux donnent lieu à une rivalité qui tourne à laffrontement violent. Sopère ici un renversement du triangle amoureux, où Helena se croit la victime dune mauvaise plaisanterie (foul derision) puisque Demetrius, qui la fuyait, et Lysandre, qui était épris dHermia, se mettent maintenant à la poursuivre et à laduler. La passion excessive devient une moquerie peu galante où les malentendus sont plutôt des mal-vus. On note une gradation dans toute la scène 2 où lon va de la confusion à la violence verbale, pour terminer par laffrontement physique et le duel que les deux hommes se promettent. Un crescendo se remarque aussi dans lincompréhension (amazement) qui se termine presque en bagarre générale (fin de 3.2). Dans notre extrait, la progression est également dramatique, puisquon passe ici dun duo à un trio, puis à un quatuor. Chacune des deux jeunes femmes accuse tour à tour lautre de se liguer avec Lysandre et Demetrius pour se moquer. En fin de compte, cest le spectateur qui se moque, aidé en cela par le dramaturge et sonalter ego, Puck, dont on est en droit de se demander si cest à dessein quil se trompe (Or else committst thy knaverieswilfully 3.2.346). Dans cette mise en scène des fluctuations du désir, la qualité sonore du texte et la musique du vers sont une dimension essentielle, perçue à travers les répétitions, les échos et les différents jeux dhomophonie. On observe aussi les changements incessants de ton :bombastic/euphuistic, snivelling/reproachful, impassioned/serious, sincere, reasonable, etc.  Consigne : La consigne invitait les candidats à envisager cette scène en regard de celles qui confrontent précédemment les jeunes Athéniens, et à analyser la nature comique de lextrait. Elle ne les autorisait en aucun cas à nenvisager le texte que sous son aspect événementiel. Le jury attendait des remarques dordre thématique et stylistique (figures, rythme, rimes, métrique).
 Repérages :  -lironie dramatique et la mise en abyme du regard/le spectacle comique. Il convient de commencer par ce qui est hors-texte, mais pas hors-scène. Les candidats devaient faire remarquer que la perception est double dans ce passage, puisque Puck et Oberon (invisibles pour les jeunes gens) assistent comme nous à cette scène, en quelque sorte une autre pièce dans la pièce. Postés quelque part dans lespace scénique, ils sont comme au spectacle : Shall we their fondpageantsee ? (3.2.114). Il sagit là dune des nombreuses instances de mise en abyme du regard spectatorial dans la pièce, qui atteint son apogée dans la représentation dePyrame & Thisbé, agrémentée des commentaires cinglants de Thésée et de sa cour, spectateurs dans le spectacle. Cette pièce-oxymore (tragical mirth) proposée à Thésée le place dans la même position que Puck ici : Oursportwhat they mistake (5.1.90). La notion de sportshall be to take (Diversion, entertainment, fun) est particulièrement importante dans la pièce, puisquelle lie personnages et spectateurs. Les spectateurs prennent un plaisir cruel à voir évoluer les quatre amants déroutés par cequiproquo, dont linstigateur (Puck) ne cache pas les délices quil lui procure : Then will two at once woo one./ That must needs besport And those things do best alone;/please me/ That befall preposterously. (3.2.118-121, juste avant le passage). Et plus loin : And so far am I glad it so did sort/ As this their jangling I esteem asport. (3.2.352-3). Le plaisir (please) de Puck à observer une scène quil sait être sans queue ni tête (preposterous) confine à un plaisir scopophile et sadique, qui doit sinterrompre lorsque la menace surgit. Puck a ici, contrairement à lacte 2, une compréhension totale de la situation, et devient ainsi le reflet du spectateur qui, lui, jouit dune vue globale depuis le début et fait preuve dun voyeurisme complaisant. La nature comique du passage tient à la notion dedécalage entre les différentes perceptions dune même situation, illustration poussée de lironie dramatique.  -la cruauté du jeu comique/du jeu amoureux : mockery, scorn, sport and victimizing. Dans ce texte, le sens du terme scorn nest pas le sens moderne de mépris, mais celui de moquerie, raillerie. Le premier vers du passage choisi (Why should you think that I shouldwoo inscorn? 122) reprend précisément les termes de 2.2 lorsque nous avions quitté Helena et Lysandre. Ce dernier, confondu avec Demetrius à cause de ses habits (weeds of Athens he doth wear 2.2.77), venait de séveiller