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Le site de Sandun à Guérande (Loire-Atlantique) : l'occupation du second Age du Fer - article ; n°1 ; vol.7, pg 73-85

De
14 pages
Revue archéologique de l'ouest - Année 1990 - Volume 7 - Numéro 1 - Pages 73-85
Les études sur l'industrie verrière en Normandie mentionnent la production du verre creux, mais celle-ci est encore peu connue. Le Musée Départemental des Antiquités de Rouen conserve un collection de fragments de verres qui contribue à donner un premier aperçu des caractéristiques de la verrerie de cette région. Cette collection résulte de ramassages réalisés lors de travaux urbains de la seconde moitié du XIXe siècle, dans le secteur nord-ouest de la ville délimitée par sa seconde enceinte. Si la collection ne comporte que peu de formes complètes, la quantification du nombre maximum d'objets indique 431 verres ; le type le plus représenté étant le verre à boire. Un essai de classement chronologique a été réalisé en comparant les verres de Rouen avec ceux qui ont été datés sur d'autres sites par la fouille. Les XVIe et XVIIe siècles sont les plus représentés. Les observations sur la composition chimique et celles sur la typologie se rejoignent pour mettre en évidence les similitudes de la verrerie de Rouen avec celle qui a été recueillie dans le Nord de la France (Orléans, Paris, Tours, Châlons-sur-Marne, Argonne,...) mais l'on distingue aussi, parmi les verres de Rouen, des verres originaux qui s'ajoutent aux variantes connues jusqu'à présent.
During the excavation of the mid neolithic ringed settlement at Saudun, Guérande, structures dating from early La Tene were discovered. The most important were a three naves building, a seven-pillared «granary», a «pillarded oven» and an enclosure ditch (not for defensive purposes) containing ritual deposits. The logical relationship between those structures indicates that there were at least two different periods of occupation, probably not very far apart. Carbon dating situâtes thèse periods at 2410 +_ 60 BP.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Frédérik Letterlé
Didier Le Gouestre
Nelly Le Meur
Le site de Sandun à Guérande (Loire-Atlantique) : l'occupation
du second Age du Fer
In: Revue archéologique de l'ouest, tome 7, 1990. pp. 73-85.
Résumé
Les études sur l'industrie verrière en Normandie mentionnent la production du verre creux, mais celle-ci est encore peu connue.
Le Musée Départemental des Antiquités de Rouen conserve un collection de fragments de verres qui contribue à donner un
premier aperçu des caractéristiques de la verrerie de cette région. Cette collection résulte de ramassages réalisés lors de travaux
urbains de la seconde moitié du XIXe siècle, dans le secteur nord-ouest de la ville délimitée par sa seconde enceinte. Si la
collection ne comporte que peu de formes complètes, la quantification du nombre maximum d'objets indique 431 verres ; le type
le plus représenté étant le verre à boire. Un essai de classement chronologique a été réalisé en comparant les verres de Rouen
avec ceux qui ont été datés sur d'autres sites par la fouille. Les XVIe et XVIIe siècles sont les plus représentés. Les observations
sur la composition chimique et celles sur la typologie se rejoignent pour mettre en évidence les similitudes de la verrerie de
Rouen avec celle qui a été recueillie dans le Nord de la France (Orléans, Paris, Tours, Châlons-sur-Marne, Argonne,...) mais l'on
distingue aussi, parmi les verres de Rouen, des verres originaux qui s'ajoutent aux variantes connues jusqu'à présent.
Abstract
During the excavation of the mid neolithic ringed settlement at Saudun, Guérande, structures dating from early La Tene were
discovered. The most important were a three naves building, a seven-pillared «granary», a «pillarded oven» and an enclosure
ditch (not for defensive purposes) containing ritual deposits. The logical relationship between those structures indicates that there
were at least two different periods of occupation, probably not very far apart. Carbon dating situâtes thèse periods at 2410 +_ 60
BP.
Citer ce document / Cite this document :
Letterlé Frédérik, Le Gouestre Didier, Le Meur Nelly. Le site de Sandun à Guérande (Loire-Atlantique) : l'occupation du second
Age du Fer. In: Revue archéologique de l'ouest, tome 7, 1990. pp. 73-85.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709X_1990_num_7_1_950Re\>. archéol. Ouest, 7, 1990, p. 73-S5.
LE SITE DE SANDUN A GUERANDE (Loire-Atlantique) :
L'OCCUPATION DU SECOND AGE DU FER
Frédérik LETTERLE *, Didier LE GOUESTRE •♦ et Nelly LE MEUR
Résumé : A l'occasion de la fouille de l'habitat ceinturé du Néolithique moyen de Sandun à Guérande, ont été
découvertes des structures datant du début du second Age du Fer. Il s'agit principalement d'un bâtiment à trois nefs,
d'un «grenier» à sept poteaux, d'un «four à piliers» et d'un fossé d'enceinte (non défensif) contenant des dépôts
rituels. Les relations logiques entre structures indiquent l'existence d'au moins deux phases d'occupation, probable
ment séparées par un faible laps de temps. Une datation radiocarbone a donné 2410 _+_ 60 BP.
Abstract : During the excavation of the mid neolithic ringed settlement at Saudun, Guérande, structures dating from
early La Tene were discovered. The most important were a three naves building, a seven-pillared «granary», a
«pillarded oven» and an enclosure ditch (not for défensive purposes) containing ritual deposits. The logical
relationship between those structures indicates that there were at least two différent periods of occupation, probably
not very far apart. Carbon dating situâtes thèse periods at 2410 _+_ 60 BP.
Mots-clés : fossé, bâtiments, four à piliers, dépôts, âge du Fer II, poteries.
Key-words : ditch, buildings, pillared oven, deposits, early La Tene.
1. LOCALISATION (fïg. 1)
Eminence granitique située au centre de la presqu'île
guérandaise - laquelle est délimitée par l'Océan à l'ouest
et par les estuaires de la Loire et de la Vilaine au sud et
au nord - la Butte de Sandun domine un vaste paysage,
notamment en direction de l'actuel marais de Grande
Brière, distant d'un kilomètre environ, et du fleuve.
Quoique bien marquée pour ses 26 m d'altitude, elle ne
présente de pente très accusée que vers le nord et le
nord-ouest. Elle fait partie de la ligne de hauteurs sur
laquelle se concentrent les monuments mégalithiques,
nombreux dans cette région. A Sandun même se trou
vent une sépulture assez ruinée, considérée comme une
allée couverte et un menhir abattu. Si les monuments
occupent les collines, tout permet de supposer que les
champs et la plupart des habitats se trouvaient dans la
plaine, laquelle n'était pas alors noyée.
2. PRESENTATION DU SITE
Bien connu depuis le XIXe siècle, le site de la Butte de Fig. 1: carte de localisation.
Sandun a fait l'objet depuis lors de prospections de
surface et de quelques sondages limités. La construction 1987 et 1988. Plus de 3 500 m2 ont été décapés, révélant
de maisons individuelles a motivé une fouille de sauve plus de 172 structures en creux appartenant à plusieurs
tage programmé qui a été menée principalement en époques. Par contre, les niveaux archéologiques ont
* Conservateur des fouilles à la Direction des Antiquités du Languedoc-Roussillon, 5 rue de la Salle VEvêque, 34000 MONTPELLIER.
** ITA à la Direction des Antiquités des Pays de la Loire, 2 allée du Cdt Charcot, 44035 NANTES Cedex 01.
**• Archéologue contractuelle, 7rueFabert, 44100 NANTES.
Manuscrit accepté le 12/09/90. 74
disparu ce qui fait que l'attribution chronologique de trouve 0,30 à 0,50 m en retrait des calages externes,
ceux-ci dépend de leur remplissage (couleur du séd largeur qui pourrait correspondre à l'épaisseur des
murs. Il était rempli d'un terre riche en matières orgaiment et matériel contenu) et des relations logiques que
l'on peut observer. L'acidité du terrain ne permet pas la niques, en matériel archéologique et en pierrailles qui
conservation des ossements s'ils ne sont pas calcinés. pourrait bien correspondre à un sol en terre battue; à
Lieu privilégié par sa position topographique, le site a noter une plus grande abondance de pierres le long des
été fréquenté à de nombreuses reprises depuis le Paléo parois. Autre particularité, ce creusement respecte les
lithique moyen. Cette époque est représentée par un six trous de poteaux internes qui apparaissent au centre
certain nombre de pièces lithiques fortement éolisées d'un monticule d'arène: ceci implique qu'il ait été effec
tué après leur mise en place. Un lambeau de cette comprenant des éclats levallois, des racloirs et une
pointe moustérienne. Si le Paléolithique supérieur est dépression se retrouve sur la banquette, entre la route et
absent, quelques microlithes, trouvés tant dans la fouille son fossé, nous indiquant que sa longueur était de 9 m
que lors des ramassages - des triangles scalènes notam environ pour une largeur moyenne de 4,80 m. Sur le côté
ment - indiquent une occupation au Mésolithique. est quatre trous de poteaux doublent la paroi, à l'exté
Un secteur particulier du site a livré des tranchées rieur. De plus grand diamètre, ils sont à chaque fois
correspondant probablement à une construction du disposés entre deux fosses de calage de la paroi à
Néolithique moyen ancien datée par le radiocarbone de quelques dizaines de centimètres en retrait; dans deux
5660 +. 100 BP. Mais l'époque de loin la mieux représen cas les profils montrent qu'ils contenaient deux poteaux
tée est le Néolithique moyen récent. A cette époque le jumelés verticaux. Ces possibles supports d'appentis
site était fortifié par une enceinte constituée de fossés n'ont pas leurs symétriques sur le côté ouest à moins
larges de 4,5 à 7 m doublés par une palissade; l'existence qu'ils n'aient disparu, ce qui n'est pas exclu.
d'une levée de terre est très probable. A l'intérieur du En dehors de ces quatre individus tous les trous de
village la disposition des structures suggère une organi poteau ont un diamètre de 0,35 à 0,55 m et une profon
sation orthogonale parallèle à l'enceinte. deur conservée de 0,20 à 0,35 m, la plupart comportent
De l'occupation du Néolithique final nous ne savons des pierres de calage; les pieux qu'ils ont contenus
pratiquement rien si ce n'est qu'elle était plutôt localisée devaient avoir un diamètre de 0,25 à 0,30 m.
à l'extérieur du rempart précédent. Aucune évidence n'apparaît quant à la fonction de ce
La Tène ancienne fait l'objet de cette présentation. bâtiment. L'absence de foyer (mais il pouvait être suré
Dans le secteur sud du décapage une série de grandes levé et avoir disparu) ne plaide pas en faveur d'une
fosses gallo-romaines datent du 1er siècle après J.C. habitation; l'hypothèse qu'il s'agisse d'une étable paraît
Enfin, différentes structures et objets post-médiévaux tout autant recevable. Le piétinement des bestiaux per
correspondent au hameau actuel dont les plus ancien met alors d'expliquer ce creusement respectant curieu
nes constructions visibles remontent au 17e ou 18e sement l'emplacement des poteaux, plus marqué dans la
nef centrale - où l'on est tenté de voir l'axe de passage siècle.
Il faut noter, à titre de curiosité (car il doit s'agir d'une principal - et les vagues tranchées empierrées des nefs
dénomination moderne), le nom de «chemin gaulois» latérales qui pourraient avoir servi de drains.
pour le sentier qui traverse tout le site et surtout le Rien n'empêche d'ailleurs d'imaginer une maison
toponyme en Dunum de la butte. Malheureusement, mixte dont nous n'aurions que la partie destinée aux
aucune découverte attribuable à La Tène finale ne animaux. Dans ce cas la construction aurait probable
permet de confirmer l'existence d'un retranchement de ment dépassé les 20 m de long. Si l'on considère la paroi
cette époque. Mais il est vrai qu'aucune recherche n'a nord simplement symétrique à celle du sud, les dimens
porté sur le sommet proprement dit et que cette possi ions externes atteignent déjà 11 x 6,20 m, pour un
bilité ne peut être exclue. espace interne de 9 x 4,80 m, soit 43,20 m2.
A noter que les bâtiments à trois nefs sont rares en
3. LES STRUCTURES (fig. 2) France pour cette époque.
Il faut probablement mettre en relation la petite
La découverte de vestiges de l'Age du Fer fut une structure 155 à sept poteaux distante de 13 m. De plan
surprise, puisque ni les sondages de 1986, ni les ramas sub-carré elle mesure 4 x 3,75 m, soit une surface de
sages de surface n'avaient livré de matériel de cette 15m2. Ce genre de construction est généralement inter
époque. prété comme grenier, encore que cette variante à sept
poteaux soit peu fréquente. En tout état de cause il doit
s'agir d'un bâtiment annexe appartenant à la même 3.1. LES BATIMENTS S.53 ET S.155
ferme.
La structure 53 (fig. 3 et 4) est un bâtiment d'assez
grande taille, malheureusement perturbé par le tracé de 3.2. «FOUR A PILIERS» S.131
la route et son fossé de drainage, un puits moderne et le
fossé de l'Age du Fer. De ce fait seuls trois côtés, Lors du décapage mécanique cette structure appar
délimités par 10 trous de poteaux sont préservés. aissait sous la forme d'une accumulation de pierres,
Dans son état actuel il mesure 10,50 m de long pour quelques-unes ayant été déplacées par l'engin. Avant la
une largeur de 6,20 m en moyenne (dimensions prises fouille nous l'avions interprétée comme une «classique»
sur le bord externe des trous de poteaux). L'espacement (sur le site) fosse-silo néolithique. Elle présentait néan
des trous délimitant les parois est ou ouest varie de 1,44 moins comme particularités le fait d'être isolée et d'être
à 1,84 m; par contre sur le petit côté sud il existe une constituée de blocs plus grands et réguliers que d'habi
différence nette entre un écartement central de 2 m tude et tous rubéfiés.
alors qu'il n'est que de 0,80 m de part et d'autre. A Dès le nettoyage est apparu au milieu des pierres un
l'intérieur de ces parois on remarque six calages organi pilier en terre cuite vertical qui ne laissait plus de doute
sés en deux rangées parallèles aux murs et autour d'eux sur son interprétation. Il s'agit d'une fosse en cuvette à
un creusement peu profond quadrangulaire, dans l'arène fond plat dont les dimensions actuelles sont 0,90 m de
(le côté sud, très érodé, est peu net). Ce dernier se diamètre et 0,30 m de profondeur. Si l'on tient compte :
|
|
:
.
1
|
1
1
75
| 1 1 Zone perturbée.
£ 2 Dépôt.
xM 3 Localisation des coupes.
Fig. 2: plan général des structures de l'Age du Fer. 76
Fig. à écart trois 3: chronologique bâtiment et nefs et S. partie 53 vue entre centrale du les sud. deux Trois légèrement structures. «fosses-silo» excavée. L'échelle (empierrées) Elle au est centre nettement du du Néolithique cliché recoupée mesure moyen par deux le récent fossé mètres. brouillent S 15, visible quelque à gauche peu de le la plan photo, de cette malgré construction le faible
de la hauteur des pierres qui apparaissent à un niveau buer au stade lb défini par le Dr M. Tessier. Tradition
supérieur - phénomène dû à l'érosion - les dimensions nellement ces fosses sont considérées comme des fours
minimales à l'origine devaient atteindre 1 m de diamèt destinés à obtenir des pains de sel par concentration de
re et 0,40 m de profondeur. la saumure dans des godets. Ces derniers seraient posés
Le fond et les parois sont tapissés d'une couche de 10 sur les pierres, supportées par les piliers de terre cuite,
à 15 cm d'argile pure de couleur gris-bleu (bri?); celle- des braises seraient jetées dans l'espace compris entre
ci n'est pas rubéfiée et les charbons de bois sont rares. les pierres et le fond de la fosse. Pourtant le remplissage
C'est sur cette couche d'argile que reposaient les piliers. n'a pas livré (ou extrêmement peu) de charbon de bois,
Ces derniers, au nombre d'une douzaine de fragments l'argile n'est pas cuite et les piliers sensés avoir été
appartenant à un minimum de six individus, sont du type environnés de tisons ne le sont guère davantage. D'autre
«en trompette» du grand modèle (diamètre du corps, part, compte tenu du volume et du poids des pierres, il
environ 35 mm). A noter que plusieurs d'entre eux, paraît tout-à-fait illusoire de les maintenir en équilibre
insuffisamment cuits, n'ont pu être prélevés que dans sur quelques maigres piliers. Quant à poser des godets
une motte d'argile. sur leurs surfaces irrégulières cela ne semble guère plus
Les blocs de granité chauffés s'empilent à partir du aisé!
même niveau. Ce sont des moellons anguleux qui ont dû En conséquence il ne semble pas - au moins dans le
être extraits aux alentours et non ramassés à la surface cas de cette structure de Sandun - que l'hypothèse d'un
du sol. Dans le fond les pierres sont plus petites et four puisse être retenue. D'ailleurs ne serait-il pas plus
certaines plantées verticalement pourraient avoir été logique qu'une cuvette tapissée d'argile servit à contenir
utilisées comme supports; le sommet est marqué par un liquide? Il faut aussi noter que l'Océan se trouve
une couronne de blocs rectangulaires de 30 à 50 cm de actuellement à plus de 7 km à vol d'oiseau.
long. On a même l'impression d'une sorte de caisson
quadrangulaire dont les petits côtés seraient constitués 3.3. LE FOSSE S.15 (fig. 6 et 7)
de deux pierres subverticales et les grands côtés seraient
constitués de deux pierres subverticales et les grands II s'agit d'un fossé de section triangulaire d'une la
côtés des grands blocs empilés (cf. fig. 5). rgeur variant de 1,10 m à 1,70 m pour une profondeur
Cette structure peut être rapprochée sans problème allant de 0,70 m à 0,90 m. Malgré un tracé assez ondul
de plusieurs autres rencontrées dans la région (Tessier, ant, nous devons avoir affaire à un fossé limitant un
1980), on peut même parler de structure stéréotypée enclos quadrangulaire. Nous ne possédons cependant
tant elles sont semblables par les dimensions, la pré qu'un seul angle (à peu près) droit. Nous le suivons dans
sence d'argile recouvrant les parois, de piliers et de la fouille sur une longueur de près de 80 m vers le sud-
pierres rubéfiées. Le type des piliers et des quelques est et de 25 m vers le nord-est. Si l'on considère un tracé
fragments de godets découverts permettent de orthogonal il faut admettre une longueur minimale de \
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77
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- S 15 103
Fig. 4: structure 53 - 1: plan du secteur toutes pierres et structures en creux figurées; 2: plan schématique du bâtiment de l'Age du Fer; 3: coupes
des trous de poteau de ce même bâtiment (disposées dans l'ordre du plan). 78
Profil A -
Profil B-B'
Plan 2 \ Coupe C - C
Bloc di granité - Granit* brûlé
Piliir »n ttrn cuit* - ld.,vu par projection
Sidimmt argileux cindraux
Argilt stérile
Limon arénaci
1M Arèna granitique
Fig. 5: structure 131 «Four à piliers», plan et coupes. I
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Fig. 6: coupes du fossé S.15 - Plan et coupe des structures 31 et 37. 80
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Fig. 7: plans des principaux dépôts rencontrés dans le remplissage du fossé S.15. 81
40 m dans cette dernière direction, sinon le retour serait spécial n'a été rencontré au-dessous, si ce n'est un
visible dans notre décapage. sédiment riche en très fines particules de charbon de
Pour la fouille, nous avons subdivisé la structure en 9 bois.
secteurs numérotés de 0 à VIII. Elle n'a été fouillée
jusqu'au fond que dans certaines parties seulement, de - S.15 - V - VII: dans la partie sud du S. 15V et sur la
moitié environ du S.15 - VI un épandage de pierres façon à disposer de coupes complètes. Mais ensuite la
majeure partie du fossé a été vidée sur une profondeur marquait le sommet du fossé sur une dizaine de mètres
d'au moins 20 cm (partie de loin la plus riche en de longueur. Elles présentaient la particularité d'être
matériel). Dix coupes ont ainsi été relevées, réparties toutes rubéfiées; il s'agissait d'un niveau peu épais (deux
sur toute la longueur du fossé dans la fouille. assises de pierres au plus) au sommet duquel se trou
Le profil demeuré très angulaire, à peine un peu élargi vaient une douzaine de vases visiblement brisés sur
au fond par endroit (indication d'un curage?), indique place. La plupart ne sont malheureusement reconstitua
que ce fossé n'a été utilisé que fort peu de temps. Cette ntes que graphiquement beaucoup de tessons ayant dû
impression est d'ailleurs confortée par le remplissage, être emportés par les labours. Il est à noter que les
qui, en dehors d'une faible couche provenant de l'altéra tessons ne sont pas marqués par le feu. La répartition
tion des parois, est d'une grande homogénéité. Compos des pierres indique des calages de poteaux probables au
é d'un sédiment brun clair mélangé à quelques rares nombre d'une demi-douzaine, placés au centre du fossé,
pierres et contenant des tessons érodés et peu abond malheureusement ils n'ont pu être discernés en coupe.
ants, ce môme remplissage se rencontre également en Que doit on déduire de la présence de ces dépôts?
S.37. Comme il est identique sur toute la longueur*, on Tout d'abord on peut remarquer, d'une part, que tous
peut considérer que le comblement du fossé est un fait sont postérieurs au comblement du fossé, d'autre part,
volontaire et effectué en un temps très court. qu'ils sont en relation étroite avec la présence de celui-
C'est postérieurement à ce comblement et souvent ci. En effet, aucun n'a été découvert ailleurs et tous sont
recreusé dedans qu'ont été effectués les dépôts que centrés par rapport à ses bords. Ces remarques permett
nous allons décrire maintenant. Du fait de leur position ent d'établir qu'au moment de ces dépôts le fossé était
en haut du fossé, ils ont malheureusement été écrêtés encore visible; d'ailleurs le matériel provenant du com
par la charrue d'où des manques dans le matériel. blement indique un faible écart chronologique entre les
deux événements.
- S.15 - 0: découvert en fin de fouille sur la banquette Quant à leur signification, on est bien obligé d'admett
séparant la route de son fossé de drainage, il comportait re qu'il s'agit là de dépôts rituels. Il serait même tentant
un vase posé sur son fond qui s'est trouvé amputé de sa d'y voir du matériel lié à des sépultures. Si l'absence
partie supérieure par les labours. Un arrangement de d'ossements est normale dans ce terrain très acide,
pierres semble y être lié mais la disparition des deux l'importance du feu dans les dépôts suggérerait plutôt la
extrémités de la structure gêne l'interprétation. pratique de l'incinération, or aucune masse d'os calcinés
(qui alors sont conservés) n'a été remarquée. D'ailleurs
- S.15 - 1: cuvette peu marquée, allongée dans l'axe du l'aspect général des structures ne semble pas très pro
fossé, dont les dimensions sont 1,50 x 0,80 m, pour une pice au dépôt de corps; seules les pierres plates en S.15
profondeur de 0,30 m. Elle contenait des tessons appar - IV, associées à une pierre dressée, évoqueraient vér
tenant à 3 vases (dont un fond resté en place), de la terre itablement une sépulture. Malheureusement aucun
rubéfiée (ailleurs), de petits blocs de granité et quelques mobilier ni aménagement particulier ne viennent con
petits fragments de fil de verre bleu brûlé pouvant firmer cette impression.
appartenir à un bracelet.
3.4. STRUCTURES DIVERSES
- S.15 - 1 - II: à cheval sur les deux sections, se trouvait
une structure comparable à celle que nous venons de En plus des structures aisément interprétables que
décrire, mais mieux conservée. Longueur: 2,40 m, lar nous venons de décrire, quelques fosses appartiennent
geur: 0,80 m, profondeur: 0,35 m. Outre une certaine sûrement à la même époque. Plusieurs autres, comme
quantité de pierres chauffées et de terre rubéfiée tapis les S.30 et S.60, peu importantes, ont livré un matériel
très pauvre, parmi lequel un ou quelques tessons de sant la cuvette, elle contenait les tessons d'une demi
douzaine de vases de types variés, plus ou moins recons- l'Age du Fer; elles pourraient dater de cette époque ou
tituables et également un petit fragment de jonc en verre être plus récentes.
bleu.
- S.31: il s'agit d'une fosse allongée orientée NE-SW
- S.15 - III: à quelques dizaines de centimètres de cette mesurant 2,60 m x 0,75 m pour une profondeur maxi
dernière structure, une petite cuvette subcirculaire de male de 0,15 m. A sa partie la plus large, une petite
0,45 m de diamètre pour une profondeur de 0,35 m, accumulation de pierres constituait le calage d'un po
contenait également des pierres et de la terre brûlées, teau profond de 0,35 cm pour un diamètre de 0,15 m. Le
ainsi que quelques tessons. matériel est peu abondant, et peu caractéristique en
dehors d'un gros fragment d'écuelle carénée (fig. 5 et
fig. 8 n° 16). - S.15 - IV: juste après le coude du fossé, une pierre
dressée émergeait du fossé (en fait son extrémité était
déjà visible dans le champ avant le décapage). La fouille - S.37: fosse assez grande et profonde de forme allon
a révélé à son pied un niveau de grandes pierres plates gée, mesurant 2,25 x 1,20 et de 0,92 m; les
posées au sommet du remplissage, sur une longueur de parois sont obliques; le remplissage de sédiment brun-
3,80 m. Les deux plus grandes de ces pierres mesuraient clair, auquel étaient mêlées des pierres éparses, ne
respectivement 1,15 x 0,65 m et 0,90 x 0,55 m. Rien de contenait qu'environ 200 tessons assez érodés. Il semble
* La seule particularité notée à l'intérieur de ce remplissage est la présence dans l'angle (S.15 - III) d'une plus grande quantité de pierres.

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