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André ChénierOdes
’’Byzance, mon berceau’’
Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires Du musulman paisible ont-ils forcé le seuil ? Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires,  Porterl’épouvante et le deuil ?
Son harem ne connaît, invisible retraite, Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs. Là, sûr du lendemain, il repose sa tête,  Sanscraindre, au sein de ses plaisirs,
Que cent nouvelles lois qu’une nuit a fait naître, De juges assassins un tribunal pervers, Lancent sur son réveil, avec le nom de traître,  Lamort, la ruine, ou les fers.
Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir ; S’il osait tout braver ; et dérober sa bouche  Aufrein de l’antique devoir.
Voilà donc une digue où la toute-puissance Voit briser le torrent de ses vastes progrès ! Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ;  Tuplanes sur ses minarets !