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Ajouté le : 21 juillet 2011
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L'élection du pape, jeu et enjeux
Jérôme Montès
1
Depuis son élection, le 16 octobre 1978, le pape Jean-Paul II n'a pas ménagé
ses efforts pour porter la parole du Christ. En près d'un quart de siècle
d'exercice – contre à peine 33 jours pour son prédécesseur Jean-Paul Ier
2
–, il
a parcouru plus de deux fois et demi la distance qui sépare la terre de la lune,
ses voyages apostoliques le conduisant de la Pologne du général Jaruzelski à
l'île de Cuba de Fidel Castro, en passant par la Grande-Bretagne anglicane, où
aucun
pape
ne
s'était
rendu
depuis
l'excommunication
d'Henri
VIII
au
XVIe siècle. Depuis, le temps a fait son oeuvre, et la forme physique de ce
montagnard et sportif accompli, qui au moment de son élection n'était âgé que
de 58 ans, s'est altérée. Après avoir miraculeusement réchappé de l'attentat
contre
sa
personne
commis
par
le
jeune
turc
Mehmet
Ali
Agça,
place
Saint-Pierre en 1981
3
, Jean-Paul II a été hospitalisé à de multiples reprises,
notamment en 1992 pour l'ablation d'une tumeur intestinale ou, en 1994, pour
l'implantation d'une prothèse au fémur. Sans doute Jean-Paul II n'aura-t-il pas
la force d'égaler les 32 ans de pontificat de Pie IX (1846-1878) – le plus long de
l'histoire –, et malgré les démentis énergiques du Vatican d'un « renoncement »
du souverain pontife à sa charge
4
, chaque jour qui passe nous rapproche
inexorablement, un peu plus, de la réunion du conclave qui devra conduire à
l'élection d'un nouveau pape
5
.
Il ne s'agit pas, ici, de dresser le bilan politique du pontificat de Jean-Paul II
6
,
mais plus modestement, de poser un regard de politiste sur une élection qui,
comme toute consultation politique, corporatiste ou associative, obéit à des
règles écrites et non écrites qui ne sont pas sans influence sur le résultat. En
outre, même si la question de la religion en politique n'est plus un enjeu majeur
du débat démocratique
7
, l'élection pontificale demeure un objet de fascination,
ne serait-ce que parce que la papauté est la plus vieille institution au monde. Le
pape, surtout, présente cette double particularité d'être, à la fois, le chef d'une
communauté religieuse – la plus vaste au monde avec un peu plus d'un milliard
de fidèles – et un chef d'État. Sur le plan religieux, le pape est le chef de l'Église
universelle – et, quand on a élu Jean-Paul II, on a surtout pensé à cette
charge –, mais aussi le Patriarche d'Occident – fonction par laquelle il nomme
les
évêques
d'Occident
et
évêque
de
Rome,
le
collège
cardinalice
représentant symboliquement le clergé de Rome. Sur le plan politique, le pape
est le chef de d'État du Vatican, créé par les accords du Latran de 1929 qui
mirent fin à la « question romaine » de l'occupation des États pontificaux
8
. Le
Saint-Siège – nom officiel donné à la représentation du Vatican dans les
instances internationales – possède, néanmoins, son propre drapeau, sa propre
langue (le latin), ses propres forces armées (gardes suisses
9
et gendarmerie
pontificale), sa propre monnaie (des euros à l'effigie de Sa Sainteté) et sa
1
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