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Conférence de Serge Latouche, organisée salle du Sénéchal à Toulouse à l'initiative du groupe « alternatives Mdidi-Pyrénées » - notes prises par Emmanuel Courcelle.
Serge Latouche est professeur émérite d'économie à l'université Paris-Sud, et un des défenseurs actuels les plus connus de la perspective de la décroissance soutenable (ou décroissance conviviale).
La croissance n'est pas soutenable
Lorsqu'on parle de décroissance, on se trouve en face d'un paradoxe:
On passe son temps à enfoncer des portes ouvertes: seul un fou (ou un économiste) peut contester le fait qu'une croissance infinie sur une planète finie, cela ne peut pas fonctionner. Actuellement, en France, on «consomme l'équivalent de 3 planètes». Cela veut dire qu'il faut diminuer notre empreinte écologique de 75 %.
On profère des blasphèmes: il nous faudra en effet divorcer de la voiture (qui consomme 50% des ressources nationales en énergie, et est responsable pour 30% de l'effet de serre), guérir de notre addiction à la consommation, en bref changer notre mode de vie.
La catastrophe est annoncée mais nous «ne voulons pas savoir ce que nous savons». Notre société (occidentale, il n'est pas question ici des pays du Sud) est celle du « toujours plus » (plus de production, plus de consommation). Elle est organisée pour fonctionner comme cela: La publicité nous met dans un état de tension permanente, qui nous rend insatisfaits. Le crédit renforce cette tendance L'obsolescence programmée des objets (qui génère une masse importante et croissante de déchets, par ailleurs toxiques) ne nous laisse pas le choix.
Ce fonctionnement n'est pas soutenable (pas durable): le calcul de l'empreinte écologique, (s'il est discutable, il est toujours plus «scientifique »que les indices des économistes: PIB, PNB etc.) montre que: haha, dont 12 milliards d'La planète a une superficie totale de 51 milliards d' « bioproductibles » (terres émergées habitables). Il y a actuellement 6,9 milliards d'habitants sur la planète chaque homme dispose donc de 1,8 ha Or, la « consommation moyenne planétaire » est de 2,2 ha par personne. C'est donc 30 % de trop.
Chaque année nous consommons 100000 ans de photosynthèse planétaire: ce n'est évidemment pas durable. D'autant plus que cette moyenne cache d'énormes disparités: les Français « consomment »3 planètes, les américains 6 planètes, et l'Afrique 1/10 de planète (environ 1/10 d' habioproductif). Il est donc indispensable que la consommation occidentale décroisse, afin de permettre à la consommation des pays du sud de s'approcher du chiffre «raisonnable »d'une planète.
Si nous comptons un taux de croissance annuel de 2% par an pour l'ensemble de la terre (chiffre déjà lamentablement bas pour un économiste), il faudra 30 planètes en 2050... Donc ce n'est pas possible.
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