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Sur Jean de La Bruyère (1645-1696), peu de documents biographiques ...

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Sur Jean de La Bruyère (1645-1696), peu de documents biographiques ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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淡江人文社會學刊【創刊號】
Sur Jean de La Bruyère (1645-1696), peu de documents biographiques nous sont
parvenus.
Nous savons seulement qu’il fit des études de droit et fut reçu docteur en droit
à Orléans en 1665, qu’il fut trésorier général de France en la généralité de Caen en 1674,
tout en vivant à Paris, lisant, observant et commençant, vers 1670, “ à consigner par écrit
ses réflexions sur le monde tel qu’il est et tel qu’il devrait être ” (Garapon, R., 1990 : II)
(1)
.
En 1684, il devient à Chantilly précepteur du duc de Bourbon, petit-fils du Grand Condé,
fréquentant la cour à Chantilly, à Versailles et à Paris.
Après la mort du Grand Condé en
décembre 1686, son élève cesse ses études ; La Bruyère ne remplira plus que des fonctions
de bibliothécaire et pourra se consacrer à son livre, composé des
Caractères de
Théophraste, traduits du grec, suivis des Caractères ou les moeurs de ce siècle
.
Ce livre
parut
sans nom d’auteur en 1688, et il connut aussitôt le succès.
Les éditions se
succédèrent, augmentées de nouveaux “ caractères ” et de nouvelles réflexions.
Une
neuvième édition, “ revue et corrigée ”, parut l’année de sa mort en 1696.
Aux XIXe et XXe siècles, de nombreux livres et articles furent écrits sur La
Bruyère, de Sainte-Beuve,
Les nouveaux lundis
, aux études de M. Lange,
La Bruyère,
critique des conditions et des institutions sociales
, de G. Michaut,
La Bruyère
, d’A.
Stegmann,
Les « Caractères » de La Bruyère, bible de l’honnête homme
, pour ne citer que
les livres les plus riches en informations.
1996, l’année du tricentenaire de la mort de La Bruyère, a été l’occasion d’organiser
en France plusieurs colloques sur les
Caractères
, et plusieurs articles ont été écrits pour
des revues littéraires.
Parmi ces articles, la thèse de Jean Dagen, professeur à la Sorbonne,
mérite particulièrement attention, thèse déjà développée dans un article paru
précédemment (Dagen, J., 1990).
N’avance-t-il pas, contre toutes les idées reçues, que La
Bruyère
était plutôt, dans
ses
Caractères
, un optimiste ? Le 12 novembre 1996, il parlait de nouveau de l’optimisme
de La Bruyère, dans “ Le chemin de la connaissance ”, une émission radiophonique de la
chaîne France-Culture.
Un moraliste qui juge son temps, et quand il s’agit d’un noble déçu et d’une fin de
règne décevante — la dernière édition des
Caractères
, revue et complétée, date,
rappelons-le, de 1696 —, peut-il être optimiste ?
On connaît du reste, dans les temps
difficiles et lorsque la vie présente n’apporte pas ce qu’on attendait, le refrain sur l’âge
d’or, sur le bon vieux temps, refrain rabâché par l’homme que l’expérience, par sa faute ou
par la faute des autres, amène à idéaliser ce qui a été, pour mépriser ce qui est aujourd’hui !
La jeunesse vit d’espoir. L’apprenti érudit, lui, doit se méfier de tout et de rien, faire
abstraction du passé pour regarder lucidement le passé.
Aussi examinons ce qu’il en était
de La Bruyère, lorsque, dans le dernier tiers du XVIIe siècle, il se mit à noter ses
observations sur son temps, en partant des
Caractères
de Théophraste, disciple
de Platon
et d’Aristote, et de type universel, pour les accompagner des
Caractères ou les moeurs
des
Français.
La personnalité de La Bruyère permet d’éclairer, de mieux comprendre sa pensée.
D’abord, l’homme déçu : dans l’intimité des Grands, à Chantilly comme à
Versailles et à Paris, il a souhaité jouer un rôle autre que celui de précepteur, remisé au
rang des doctes, savants certes, mais mis en situation de ne pouvoir agir.
Faute d’action,
il sera donc un témoin, un témoin désabusé et parfois sévère, mais qui sait qu’il serait
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