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Etats Unis

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Ajouté le : 22 mai 2011
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[1] M. Hulswitt, Anciens officier d’artillerie
Voyage aux États-Unis M. Hulswitt
Revue des Deux MondesT.1, 1830 Voyage aux Etats-Unis
M. Hulswitt, avant de s’établir comme planteur dans le Tennessée et la Louisiane, a parcouru aux États-Unis plusieurs milliers de milles anglais. En publiant le journal de ses voyages, il n’a point eu le projet de donner une statistique complète de ces États ; mais, ainsi qu’il l’annonce dans une introduction ou préface, qui fait honneur à sa modestie, il a toujours mêlé aux détails géographiques, topographiques ou statistiques le récit de ses aventures personnelles, qui, pour la plupart, nous ont paru très-dignes d’intérêt, ainsi que ses observations sur les contrées qu’il a visitées, sur leurs habitans en général et les personnes avec lesquelles il a eu des relations particulières.
L’ouvrage est écrit avec simplicité, sans ornemens superflus, et les jugemens de l’auteur paraissent dictés par une grande impartialité. M. Hulswitt ne se livre point à cet enthousiasme aveugle ou de commande, pour l’Amérique républicaine, qui dépare les relations de quelques voyageurs modernes, ni à cet esprit de dénigrement continuel, dont plusieurs autres, et surtout des écrivains anglais, ont donné en ces derniers temps de fréquentes preuves.
Notre voyageur partir de la ville de Luxembourg (grand-duché de ce nom), en 1819, dans le dessein de former un établissement agricole enAmérique ; il était accompagné de son beau-père, de sa femme et d’un homme attaché au service de la famille. Il s’embarqua à Rotterdam sur un brick américain qui devait se rendre à Kennebauk dans l’état du Maine, où il arriva le 25 décembre. « La saison, dit l’auteur, était des plus rigoureuses ; la neige amoncelée formait de hautes collines, que les habitans étaient obligés en bien des endroits de percer à force de bras, pour communiquer d’un lieu à l’autre. Le froid était si vif et pénétrait tellement dans les maisons mêmes, que notre haleine se condensait et gelait sur les couvertures de nos lits, en dépit d’un énorme feu de cheminée, qui brûlait toute la nuit dans nos chambres à coucher. » Il fut témoin, en cet endroit, d’un bien triste évènement.
Un jeune couple de nouveaux mariés, appartenant à la congrégation des anabaptistes, devait recevoir le sacrement du baptême que ces sectaires n’administrent que tard, comme on sait, aux personnes déjà parvenues à l’âge de raison, et qui, pouvant répondre elles-mêmes, n’ont pas besoin de parrains qui s’engagent pour elles. Le baptême se fait habituellement par immersion dans l’eau, et en hiver la cérémonie doit avoir souvent de graves inconvéniens. On avait, pour celle à laquelle assista notre voyageur, taillé avec la hache un grand trou dans la glace ; la congrégation entière était réunie à l’entour, et après la lecture des formules ordinaires furent lus, l’officiant devait plonger successivement les deux époux dans l’eau et les en retirer aussitôt. Malheureusement les mains de l’officiant étaient engourdies par le froid ; il laissa échapper la jeune femme, qui disparut sous la glace et ne fut jamais retrouvée.
M. Hulswitt quitta Kennebauk au mois de février, et après avoir parcouru les États de Newhampshire et de Vermont, il s’arrêta à Albany. On lui proposa d’établir dans cette ville, une grande brasserie, et on lui indiqua Catskill sur l’Hudson, à trente-cinq milles anglais, au dessous d’Albany, comme le lieu le plus favorable. L’établissement fut en effet promptement formé, et, dans sa prospérité croissante, promettait déjà de nombreux avantages, lorsqu’un incendie vint dévorer, en un jour, les bâtimens, les ustensiles ainsi que toutes les provisions qui avaient été emmagasinées : nos voyageurs résolurent alors de se rendre à New-York, espérant que cette grande ville de commerce leur offrirait de nouvelles ressources. En effet, M. Hulswitt y entra bientôt en relations intimes avec une des principales maisons, qui armait alors un vaisseau destiné à faire un trafic d’échanges avec les Indiens de la côté nord-ouest de l’Amérique. La place de subrécargue de ce bâtiment, un traitement de 500 dollars par an, et la table du capitaine, furent offerts à M. Hulswitt, qui l’accepta, et partit en laissant sa femme à New-York. Cette expédition, qui se termina d’une manière si funeste, avait commencé sous les auspices les plus favorables. Après une navigation courte et heureuse, le navire, qui portait vingt-sept hommes d’équipage, arriva àNootka-Sund surla côte nord-ouest, et jeta l’ancre à cinq milles au nord du village indien de Nootka. Les indigènes, dont le chef suprême, ou, comme le dit, l’auteur, le roi, s’appelaitMakina, se rendirent en grand nombre au vaisseau, réitérèrent fréquemment leurs visites, et trafiquèrent pendant quelque temps avec les Américains d’une manière très-amicale. Mais Makina à la suite de quelques différends qui éclatèrent entre lui et le capitaine du vaisseau, ayant été ou se croyant grièvement outragé, résolut de se venger, et exécuta ce dessein avec autant d’astuce que de cruauté. Les Américains, qui n’étaient pas sur leurs gardes, furent surpris à l’improviste ; le bâtiment fut pillé, et tout l’équipage inhumainement égorgé, à l’exception d’un armurier et de notre auteur, qui se trouvaient par hasard occupés dans la cabine, lorsque l’attaque eut lieu. On épargna la vie de ces deux individus, mais ils devinrent les esclaves du roi Makina. Les détails que donne M. Hulswitt sur son existence au milieu de ces sauvages présentent un vif intérêt, et nous regrettons de ne pouvoir, faute d’espace, reproduire ici qu’une partie de sa relation.
Le village de Nootka est situé au 50e degré de latitude, à l’est d’une petite baie désignée sous le nom deFriendly-Cove. Il consiste en une vingtaine de grandes habitations, et possède un petit port excellent. Ce village a été rebâti sur la même colline où les Espagnols avaient autrefois formé un établissement, et où ils avaient un post militaire. Les fondations de leur église et de la maison du gouverneur s’y voient encore. Plusieurs plantes potagères de l’Europe s’y retrouvent aussi, et se perpétuent d’elles-mêmes, sans que les habitans en prennent soin. Le premier village indien avait été détruit par les Espagnols, qui, jugeant cette position avantageuse, avaient forcé les habitans de se retirer à six lieues de là, dans l’intérieur du pays. Mais dès que les Anglais eurent chassé les Espagnols de Nootka, les indigènes revinrent prendre possession de ce lieu. Les habitations sont bâties à la file l’une de l’autre, et plus ou moins grandes selon le rang des occupans. Celle du roi avait 150 pieds de long, 40 de large et 14 d’élévation.
LesNootkanienset de soins pour s’orner ou plutôt se défigurer, en se tatouant et se peignant lebeaucoup de temps  emploient