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Croissance et équilibre

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Durant la décennie 90, l'agglomération de Besançon a continué de croître à un rythme soutenu. La ville de Besançon et ses secteurs périphériques gagnent des habitants, les écarts entre ces zones ont tendance à se réduire. Le dynamisme démographique constaté s'accompagne d'une augmentation plus vive encore du parc de logements. Mais la réduction de la taille des ménages explique que depuis 1990, on compte plus de nouveaux logements que de nouveaux habitants.
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Aire du Schéma Directeur
de l'Agglomération de Besançon
Résultats du Recensement de la Population de 1999
Durant la décennie 90, l’agglomération de Besançon a continué de croître
à un rythme soutenu. La ville de Besançon et ses secteurs périphériques
gagnent des habitants, les écarts entre ces zones ont tendance à se réduire.
Le dynamisme démographique constaté s’accompagne d’une augmentation
plus vive encore du parc de logements. Mais la réduction de la taille
des ménages explique que depuis 1990, on compte plus de nouveaux
logements que de nouveaux habitants.
n 1999, les 68 commu- évolution explique 40% de
nes du Schéma directeur l’augmentation totale de l’ag-
de l’agglomération bi- glomération.
sontine (SDAB) comp- Le développement de l’aire ur-
tent 178 875 habitants. Les baine montre que l’influence de
9 900 habitants supplémentai- la zone s’étend bien au-delà des
res depuis mars 1990 repré- limites administratives de l’ag-
sentent une hausse de 0,63% glomération. Elle atteint désor-
par an en moyenne, mais le nord du JuraUne agglomération
soit à peu près au et le sud de la Haute-
qui s’étire ...même rythme que Saône. Après la
sur la période précédente phase de forte concentration
(0,67% en moyenne entre autour de la ville à la fin des
1982 et 1990). Cette aug- années 1970, la périurbanisation
mentation reste trois fois s’est engagée. Durant les an-
plus importante que l’évo- nées 1980, le peuplement s’est
lution constatée au niveau homogénéisé entre les secteurs,
régional. Besançon, ville-cen- on assiste alors à un desserre-
tre, contribue cette fois géné- ment à l’intérieur de la zone. La
reusement à l’essor de la zone. décennie 1990 est celle de l’éti-
La ville pèse aujourd’hui 65% rement : la ville-centre gagne
de la population totale et son de la population, la proche ban-
Nº 32 - AVRiL 2000 INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 321
ESS003218 Prix : 15F (2,29 )moins en moyenne par an dans sance élevée et équilibrée.
le secteur nord par exemple, du S’ajoutant aux excédents mi-
seul fait de la baisse de l’excé- gratoires, les soldes naturels sont
dent migratoire). Plus exacte- positifs dans tous les secteurs.
ment, les migrations se sont Comme durant les périodes pré-
poursuivies plus au nord, hors cédentes, ils restent assez nette-
agglomération, dans la direc- ment supérieurs à la moyenne
tion du canton de Rioz qui a vu régionale.
son évolution démographique De peuplement plus ancien, le
s’accélérer, profitant d’un fort secteur sud a un excédent natu-
lieue davantage, les communes hausse. Les écarts entre les sec- excédent migratoire. De même rel presque nul et une popula-
périphériques augmentent plus teurs se réduisent et l’accrois- et pour les même raisons, les tion beaucoup moins jeune que
encore. Depuis la fin des années sement est sensiblement infé- cantons de Marnay et de Dam- le reste de l’agglomération. Plus
1980, le mouvement de rieur à celui de la période précé- pierre sont en hausse au nord- précisément, les jeunes couples
périurbanisation est moins fort dente. Seul le secteur ouest et au sud de l’ag- s’y sont installés depuis plus... et qui gagne
en proche banlieue mais il se de l’est maintient son glomération. longtemps et la natalité est moinsen homogénéitépoursuit plus loin et plus forte- rythme d’accroisse- Le secteur du plateau vive désormais (phénomène
ment, hors SDAB. Le peuple- ment. C’est la chute du solde de Saône est désormais le plus accentué par la présence de deux
ment continue de se faire prin- migratoire dans la décennie peuplé avec un peu plus de maisons de retraite sur la zone).
cipalement autour des principa- 1990 qui explique cette crois- 13 000 habitants. Les contribu-
les voies de desserte de la ville. sance moins forte : l’excédent tions équivalentes des excédents Un développement
Autour de Besançon, tous les des arrivées sur les départs s’est naturels et migratoires conti- qui profite à tous
secteurs du SDAB sont en sensiblement réduit (3 points de nuent de lui assurer une crois-
De fait, l’attractivité de Besan-
çon profite plus à sa grande pé-
riphérie qu’à l’agglomération
elle-même : la zone d’emploi
de Besançon, comme l’aire ur-
baine, atteignent des taux d’évo-
lution de 0,72% par an. À l’ins-
tar de ces zones, l’aggloméra-
tion bénéficie d’un solde mi-
gratoire positif, fait rare dans la
région. Comparé aux aires ur-
baines du Grand-Est de la
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 32 2France, Besançon tire bien son mes d’emplois stratégiques, le La ville de Besançon, qui con-
épingle du jeu. À l’intérieur de pôle urbain de Besançon ob- centre 65% de la population de
la région, la prédominance de tient un classement enviable la zone a une évolution atypi-
l’aire bisontine est plus affir- sur le plan national : 30ème que par rapport à ses communes
mée encore. sur les 361 pôles urbains mé- périphériques. La forte réduc-
Pour évaluer le développe- tropolitains. S’il est devancé tion de son déficit migratoire lui
ment d’un territoire et sa ca- par les très grandes permet de retrouverDes migrations
pacité d’évolution, le volume villes, et notamment une croissance soute-plus favorablesdes emplois hautement quali- par les grands pôles nue. On quitte tou-
fiés présents dans les douze universitaires, la capitale jours plus la ville qu’on ne s’y
fonctions jugées stratégiques franc-comtoise affiche une installe, mais dans des propor- quartier de Planoise est en baisse,
pour une zone (informatique, proportion de 6,52% de ces tions beaucoup plus faibles des restructurations s’opèrent et
recherche, transport, art, etc.) emplois considérés comme qu’auparavant. Entre 1975 et les évolutions sont très contras-
est un bon indicateur du ni- moteurs pour l’économie lo- 1982, le déficit migratoire était tées à l’intérieur même du quar-
veau de qualification de l’em- cale et déterminant pour son de 2 300 personnes par an, il tier.
ploi de ce territoire. En ter- développement. n’est plus que de 380 entre 1990 Capitale régionale, le statut privi-
et 1999. C’est donc le fort excé- légié de Besançon explique pour
dent naturel qui explique la une grosse part les évolutions très
croissance de Besançon (+0,7% favorables de l’ensemble de la
par an en moyenne). zone. La forte présence estudian-
À l’intérieur de la ville, ce sont les tine, la hausse très sensible de
quartiers proches du centre qui l’emploi dans des activités dyna-
ont connu les plus fortes augmen- miques, la forte proportion d’em-
tations. Villarceau, Xavier- plois publics, l’attractivité globale
Marmier, Mouillère, Fontaine- de la zone sont évidemment mo-
Argent, Chaprais ont tous gagné teurs pour l’ensemble du secteur.
plus de 10% de population en Cette attractivité, créatrice d’em-
neuf ans. Les quartiers plus pa- plois, génère des besoins consé-
villonnaires tels Torcols ou les quents en logement.
Tilleroyes explosent. À l’inverse, Durant la dernière décennie, le
l’est de la ville et l’axe rue de Dole nombre de logements a connu une
perd des habitants. Les quartiers hausse spectaculaire. On le cons-
sensibles, plus denses, ont perdu tate au niveau de la région et à
de la population, jusqu’à plus de l’intérieur de tous les zonages in-
8% aux Clairs-Soleils. Si le grand fra-régionaux, c’est encore plus
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 323petits, des reclas- plémentaires : il y a beaucoup plus
sements et des de logements vacants, mais le
transformations nombre de logements habités s’ac-
se sont opérés croît très sensiblement dans les
dans le parc. quartiers de la Mouillère, de la rue
L’effet des loge- Battant, de la Rotonde ou de Fon-
ments étudiants est taine d’Argent. Ici aussi, la taille
visible sur Besançon, moyenne des ménages continue
mais d’autres effets de baisser très nettement alors
jouent également : le nom- qu’elle était déjà plus faible que
bre de petits ménages aug- sur le reste de la ville.
mente fortement, phénomène S’il est assez simple de chiffrer les
directement lié à la part crois- conséquences de la vacance en
sante de personnes vivant seu- termes de peuplement, il est diffi-
les. Ces constats influent sur cile d’isoler un facteur explicatif
le turn-over du marché lo- unique. En particulier, du fait de la
catif, toujours plus impor- demande de logements plus pe-
tant dans les villes, et donc tits, de nombreuses reconversions
un taux de vacance assez et reclassements de logements sont
élevé. en cours. Réhabilités ou simple-
Le nombre de logements, ment remis sur le marché locatif,
et en particulier le nombre ces logements vacants pourraient
de résidences être alors considérés
principales aug- comme un potentielBesançon,
mente partout, de logements suscep-un cas particulier
mais la part de loge- tibles d’évoluer et de
ments vacants connaît une hausse trouver ou retrouver des occu-
veau des loge- importante dans la ville-centre (de pants.
ments. Par exemple, les secteurs 5,9% à 8,5%) alors qu’elle reste Le problème est sans doute très
nord-ouest et le Plateau ont vu faible dans tous les secteurs différent dans les quartiers sensi-
net autour et dans la croître leur parc de résidences prin- périurbains. Ce phénomène n’est bles de la ville où l’évolution des
capitale régionale. En neuf ans, cipales de plus de 25%, alors que pas caractéristique de Besançon. taux de vacance est chaotique.
on compte plus de 12 300 loge- dans le même temps, la popula- On l’observe également dans les Subie par les gestionnaires du parc
ments supplémentaires dans l’ag- tion a augmenté de 13%. villes de taille comparable, il est ou gérée dans le cadre de pro-
glomération (+17%, comme sur Ainsi, la taille moyenne des mé- souvent plus marqué dans les cen- grammes d’habitat plus globaux,
Besançon ville). Ces logements nages baisse très sensiblement. tres universitaires importants : en l’interprétation de ces évolutions
supplémentaires représentent une Là encore, le phénomène, plus ou 1999, le taux de vacance s’élevait est difficile. Les données plus com-
part importante de la construction moins marqué selon la zone, reste à 9,1% à Dijon, à près de 12% à plètes, disponibles fin 2000 per-
dans la région. Besan- en tout cas très supé- Nancy et 7,7% à Metz par exem- mettront des analyses plus fines.
çon et ses cantons rieur à ce qu’on constate ple.Toujours plus
périurbains ont concen- au niveau régional. Fait À l’intérieur de la ville, les taux de Olivier Barlogis (INSEE)de logements
tré près du tiers des cons- de société qui influe sur vacance ne sont pas répartis de
tructions neuves de la région dans le type de logements construits et manière uniforme, ils sont même LOGEMENTS VACANTS
la décennie 1990, dont 18% pour qui s’impose aux aménageurs : il indépendants des évolutions cons-
Disponibles à la vente ou à la locationla seule ville-centre. faut désormais beaucoup plus de tatées dans les autres catégories
au moment du recensement, les loge-
Comme pour la population, les logements pour loger la même de logement. Dans les quartiers ments sont qualifiés de vacants, sans
secteurs périurbains connaissent population qu’il y a vingt ans. À du centre de la ville, la part de ces que l’on connaisse par le questionnaire
les raisons de cette vacance et a fortiori,des évolutions plus importantes Besançon par exemple, il fallait logements inoccupés atteint des
sans pouvoir présager de leur destina-qu’à Besançon. C’est dans les sec- 1 000 logements pour loger 3 000 proportions fortes, supérieures à
tion à moyen ou long terme. La vacance
teurs où la population a le plus personnes en 1975, il faut 10% à l’intérieur de « la boucle ». désigne en fait sous un même terme des
augmenté que le nombre de cons- aujourd’hui près de 400 logements Phénomène nouveau dans les situations assez différentes. Subie ou
administrée par les propriétaires de cetructions est le plus important, de plus. quartiers proches du centre, la
parc inoccupé, sa composante structu-même si l’évolution de la popula- L’arrivée massive d’étudiants sur vacance est en nette hausse, ac- relle, le turn-over sur le marché locatif,
tion n’est pas proportionnelle à le marché du logement a généré compagnée d’un nombre impor- est traditionnellement plus importante
dans les villes.l’accroissement constaté au ni- des besoins en appartements plus tant de résidences principales sup-
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