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Histoire et évolution des comportements touristiques des français.

De
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Urbain (Jd). http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0076887

Ajouté le : 07 janvier 2012
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éclairages et témoignages
Histoire et évolution des comportements touristiques des français
Jean-Didier Urbain, professeur à l’université de Paris V
Je n’ai jamais vraiment été sociologue. Je sans lequel rien ne serait finalement vital, de survie, migration économique préfère donc prévenir, si tant est que je possible. Qu’en serait-il du phénomène ou déplacement professionnel ? On ne le suis quand même un peu. Je suis avant sans lui ? C’est là-dessus que je voudrais fait pas du tourisme pour survivre. Le tout anthropologue (mon doctorat d’État revenir, en tenant compte de ce qui a été touriste est l’un des rares voyageurs l’est d’ailleurs dans cette discipline) et dit ce matin. qui dépensent de l’argent pour voya-ce pour une raison essentielle que vous ger  avec les migrants C’est pour allez comprendre immédiatement, à Comme l’a dit Marc Boyer, la ques- cela que l’ethnologue a pu être moqué savoir que l’anthropologie a pour intérêt tion : au fond qui est le touriste ? va à par Jacques Meunier comme étant un majeur et mission principale de parler l’essentiel. Mais je crois qu’il y a plus « touriste subventionné ». Les autres du sujet en mettant l’homme au centre essentiel encore. Un peu comme les voyagent pour gagner de l’argent et/ou de ses pensées et réflexions sur le fait féministes qui, dans les années 1960, sont payés pour le faire. social et culturel. disaient : « il y a plus inconnu que le soldat inconnu, c’est la mère du soldat C’est là une perspective très différente. Le tourisme est un phénomène et le tou- inconnu », je dirais que la question plus Et il y a certains postulats sur lesquels riste, un sujet que l’on connaît finalement essentielle encore est au fond pourquoi il faut peut-être revenir. D’abord, croire fort mal. Aussi me semble-t-il nécessaire voyage-t-on ? Et pourquoi voyage-t-on que l’on aspire au voyage est une idée de remettre sans cesse en avant cette de surcroît quand on n’a aucune raison, reçue très répandue, que j’ai encore question par trop négligée : que serait obligation ou nécessité de le faire ? C’est entendue ce matin. Or c’est une erreur le tourisme sans le touriste ? Car l’on cela le touriste. C’est cette question qu’il de penser que, dès qu’on peut voyager, continue de penser que le touriste est un pose. Et quant à son évolution, c’est on a envie de voyager. Ce n’est pas être assez sommaire, composé d’envies cette autre : quelle est l’histoire de ce pour rien que Léo Lagrange a appelé simples : se reposer, se distraire, voir de anti-héros des « voyages inutiles » ?  les auberges de jeunesse « l’école du beaux paysages Bref, une vision quasi comme disait Paul Morand. Au fond, tourisme ». Et Marc Boyer a justement caricaturale de la psychologie de cet le tourisme n’est-il pas l’industrie du souligné qu’il y a à ce sujet une part lar-acteur domine, alors qu’il est un sujet voyage inutile, par opposition au voyage gement mythique dans la représentation h o r s - s é r i e - juillet 2012 l« pour mémoire »