Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Le chômage régional en 1995

De
4 pages
De 1994 à 1995, en moyenne annuelle, le chômage a baissé dans toutes les régions. Les taux de chômage régionaux retrouvent ainsi en 1995 des niveaux comparables à ceux de 1993. Les disparités entre les régions autour d'un taux de chômage moyen de 11,6 % restent fortes : près de 9 points séparent le taux le plus faible, en Alsace, du taux le plus élevé en Languedoc-Roussillon. Ces disparités sont le reflet d'effets régionaux souvent très marqués, positifs pour sept régions et négatifs pour cinq autres.
Voir plus Voir moins

N° 502- DÉCEMBRE 1996
PRIX : 14 F
LE CHÔMAGE RÉGIONAL EN 1995
Olivier Jean, Division Emploi, Insee
du chômage entre mars et décembre 1994e 1994 à 1995, en moyenne an-
mais hausse de la moyenne annuelle
nuelle, le chômage a baissé dans 1994 par r apport à celle de 1993), les taux
annuels moyens de chômage en régionD toutes les régions. Les taux de
sont plus faibles en 1995 qu’en 1994, et
chômage régionaux retrouvent ainsi en retrouvent des niveaux comparables à ceux
de 1993 ( tableau).1995 des niveaux comparables à ceux de
1993. Les disparités entre les régions au-
Baisse du chômage et légère
tour d’un taux de chômage moyen de hausse de l’emploi salarié
11,6 % restent fortes : près de 9 points
Cette baisse du chômage est à mettre en
séparent le taux le plus faible, en Alsace,relation avec la légère hausse de l’emploi
salarié. En effet, en moyenne annuelle, l’em du taux le plus élevé en ngue La doc-Rous-
ploi salarié total a progressé dans presque
sillon. Ces disparités sont le reflet d’ef- toutes les régions de 1994 à 1995 (+1,1 %
pour l’ensemble de la France). Sur le seulfets régionaux souvent très marqués,
champ couvert par l’Unedic (de 53 à 77 %
positifs pour sept régions et négatifs pour
de l’emploi salarié selon les régions), ce
cinq autres. rythme de progression a été moins fort que
l’année précédente. Le tertiaire a progressé
de 1,7 %, compensant la stagnation de l’in
De 1994 à 1995, en moyenne annuelle, le dustrie et le recul de la construction ( 2 %).
nombre de chômeurs au sens du BIT a re Comme en 1994, les plus fortes progres-
culé dans toutes les régions. Cette baisse sions de l’emploi salarié, mesuré sur le
varie de 1,1 % en Corse à 10 % en Fran champ Unedic, ont concerné les régions de
che Comté ( 5,4 % France entière). l’ouest de la France (Bretagne, Pays de la
En fait, avec une intensité et un délai de Loire, Poitou Charentes) et la Franche
réaction variables, les régions ont reproduit Comté, en raison d’une croissance dynami
les tendances d’évolution conjoncturelle du que du secteur tertiaire.
chômage au plan national : baisse entre La progression de l’emploi salarié total a été
mars 1994 et juillet 1995, forte reprise en partiellement atténuée par la baisse de l’em
suite (graphique 1). A l’inverse de ce qui ploi non salarié, qui s’est retrouvée dans
s’était produit entre 1993 et 1994 (baisse toutes les régions.
Baisse des taux de chômage Taux de chômage régionaux en 1995
régionaux entre 1994 et 1995
Source : Insee Source : Insee
˚¸
INSEE
PREMIERE1Taux de chômage régionaux et départementaux
Moyenne annuelle en %
1993 1994 1995 1993 1994 1995
France entière 11,6 12,2 11,6
Alsace 7,3 7,7 7,1 Limousin 9,5 9,9 9,2
Corrèze 9,3 9,4 8,4Bas-Rhin 7,4 7,9 7,2
Haut-Rhin 7,0 7,5 6,8 Creuse 9,9 10,4 9,7
Haute Vienne 9,4 10,0 9,5Aquitaine 12,5 13,0 12,6
Dordogne 11,1 11,5 10,8 Lorraine 10,4 11,1 10,3
Meurthe et-Moselle 10,3 10,9 10,4Gironde 13,9 14,6 14,3
Landes 10,3 10,7 10,4 Meuse 9,5 10,3 9,5
Moselle 10,4 11,3 10,3Lot-et-Garonne 13,1 13,4 12,6
Pyrénées-Atlantiques 11,3 11,7 11,2 Vosges 10,9 11,3 10,7
Midi - Pyrénées 10,9 11,4 10,9Auvergne 10,6 11,2 10,4
Allier 12,4 13,0 12,1 Ariège 10,9 11,6 11,1
Aveyron 6,4 6,7 6,4Cantal 10,2 10,3 9,3
Haute Loire 8,2 9,0 8,6 Haute Garonne 12,4 13,0 12,6
Gers 8,6 8,7 8,0Puy-de Dôme 10,4 11,1 10,4
Bourgogne 11,1 11,8 11,0 Lot 9,0 9,5 9,2
Hautes-Pyrénées 11,9 12,0 11,3Côte-d’Or 10,4 11,2 10,7
Nièvre 11,0 11,5 10,6 Tarn 10,9 11,7 11,2
Tarn-et-Garonne 11,4 11,9 10,9Saône et-Loire 11,7 12,4 11,4
Yonne 11,4 12,2 11,1 Nord - Pas de-Calais 14,9 15,9 15,2
Nord 15,0 15,9 15,4Bretagne 10,8 11,2 10,7
Côtes-d’Armor 10,8 11,4 10,8 Pas-de Calais 14,6 15,8 14,8
Basse Normandie 10,8 11,5 10,7 Finistère 10,8 11,3 10,8
Ille-et-Vilaine 10,3 10,5 9,9 Calvados 12,2 12,8 12,0
Manche 9,9 10,7 10,1 Morbihan 11,5 11,9 11,4
Centre 11,0 11,6 10,7 Orne 9,3 9,8 8,9
Haute Normandie 13,3 14,1 13,6 Cher 10,9 11,8 11,2
Eure-et-Loir 10,4 11,0 9,7 Eure 12,0 12,9 12,3
Seine Maritime 13,8 14,6 14,1 Indre 10,6 11,1 10,1
Indre et-Loire 12,0 12,5 11,9 Pays de la Loire 12,2 12,7 11,7
Loire-Atlantique 14,3 14,7 13,6 Loir-et-Cher 11,1 12,0 10,9
Loiret 10,5 11,1 10,3 Maine et-Loire 12,3 12,8 12,0
Mayenne 7,4 7,7 6,7Champagne - Ardenne 11,9 12,5 12,0
Ardennes 14,6 15,1 14,3 Sarthe 12,3 12,9 11,9
Vendée 10,3 10,7 10,1 Aube 11,9 12,7 12,2
Marne 10,9 11,6 11,3 Picardie 12,1 13,0 12,2
Aisne 13,0 14,2 13,5 Haute Marne 10,9 11,7 10,8
Corse 11,8 12,1 11,8 Oise 10,5 11,7 10,9
Somme 13,4 13,8 12,9 Corse du Sud 11,3 12,1 12,1
Haute Corse 12,2 12,0 11,5 Poitou - Charentes 12,4 13,0 12,1
Charente 11,8 12,3 11,8Franche Comté 9,4 9,7 8,8
Doubs 9,8 10,0 9,0 Charente Maritime 14,3 15,1 14,3
Deux-Sèvres 11,2 11,8 10,5 Jura 8,1 8,3 7,2
Haute Saône 9,3 9,9 9,1 Vienne 11,4 11,9 11,0
Provence Alpes Côte d’Azur 14,6 15,3 14,9 Territoire de Belfort 10,6 11,0 10,1
Ile-de France 10,3 10,8 10,4 Alpes de Haute Provence 10,8 11,2 10,8
Hautes-Alpes 8,5 8,8 8,4 Paris 12,3 12,4 12,0
Seine et-Marne 8,3 9,3 8,9 Alpes-Maritimes 12,6 13,5 13,2
Bouches-du Rhône 16,3 17,0 16,4 Yvelines 7,9 8,5 7,9
Essonne 8,3 8,6 8,3 Var 15,6 16,4 15,9
Vaucluse 13,5 13,8 13,4 Hauts-de Seine 9,6 10,2 9,7
Seine Saint-Denis 13,6 14,4 14,1 Rhône - Alpes 11,3 11,7 10,8
Ain 8,5 8,9 8,1 Val-de Marne 10,2 10,7 10,2
Val-d’Oise 10,1 11,0 10,5 Ardèche 10,7 11,2 10,4
Drôme 13,5 14,2 13,2Languedoc - Roussillon 15,5 16,2 15,8
Aude 12,9 13,3 13,1 Isère 11,5 11,8 10,9
Loire 13,2 13,6 12,6 Gard 15,6 16,1 15,7
Hérault 17,0 17,9 17,4 Rhône 11,6 12,2 11,4
Savoie 10,0 10,7 9,9 Lozère 5,8 6,0 5,7
Pyrénées-Orientales 15,8 16,7 16,3 Haute Savoie 9,7 9,8 8,7
1. Ces taux intègrent la révision des séries liée à la nouvelle méthode d’estimation nationale du chômage mise en place en octobre 1996
Source : Inseefortement d’une région à l’autre. La - sept régions (Alsace, Bourgogne,Une dispersion des taux de
comparaison des régions au regard Bretagne, Centre, Franche Comté,
chômage qui ne s’explique pas
des taux de chômage inclut donc un Limousin et Lorraine) ont des taux de
par la structure sociale des “ effet de structure ” qu’il est important chômage nettement inférieurs à ceux
de séparer de l’effet régional propre.que l’on pourrait attendre compterégions
Pour apprécier ce phénomène, on a tenu de leur structure sociale. En
La baisse du taux de chômage est appliqué les taux de chômage natio fait, les écarts entre taux de chô
particulièrement forte dans les ré- naux par sexe et catégorie sociopro mage ‘attendus’ et observés sont la
gions situées autour d’un axe reliant fessionnelle aux différentes structures conséquence des écarts entre les
les Pays de la Loire à la région régionales issues de l’enquête Emploi taux de chômage régionaux et ceux
Rhône Alpes ; cette baisse est beau de mars 1995. Ceci permet de calcu- de la France entière pour chaque ca
coup plus faible dans les régions du ler le taux de chômage global qu’au tégorie socioprofessionnelle. Ainsi, en
sud et en Ile de France ( carte 1 ). Ce rait chaque région, compte tenu de Alsace et en Lorraine, les taux de
pendant, la hiérarchie des régions sa structure sociale, si ses taux de chômage, chez les employés et les
selon leur taux de chômage a peu va chômage par sexe et catégorie so ouvriers notamment, sont particuliè
rié. Comme en 1994, les régions les cioprofessionnelle étaient ceux de la rement plus faibles que les taux natio
plus touchées restent celles du trian France entière. En fait, ces taux de naux de ces catégories. L’effet régional
gle nord du pays et celles des faça chômage ‘attendus’ sont très sem ainsi mis en évidence est positif.
des atlantique et méditerranéenne, blables d’une région à l’autre : 1,5 Pour les régions de l’est, la présence
les moins touchées sont surtout cel point sépare le taux de chômage le de travailleurs frontaliers peut expli
les de l’est et le Limousin (carte 2), plus élevé, en Picardie, du taux de quer partiellement ce bon score : au
ce qui est confirmé lorsqu’on ob- chômage le plus faible, en Auver- recensement de 1990, plus de 3 % des
serve la carte départementale du gne et en Ile de France. Leur com actifs francs comtois, près de 4 % des
chômage (carte 3). paraison avec les taux de chômagelorrains et 8 % des actifs alsa
Les taux de chômage varient forte réellement observés fait ressortir ciens travaillaient dans les pays limi
ment d’une catégorie socioprofes des écarts sensibles qui mettent en trophes.
sionnelle à l’autre. Ainsi, selon évidence l’incidence des effets ré - cinq régions (Nord Pas de Calais,
l’enquête Emploi de mars 1995, dix gionaux propres, liés à la situation Aquitaine, Haute-Normandie, Lan
points séparent le taux de chômage économique de chaque région. guedoc-Roussillon et Provence
des cadres et professions intellec Alpes Côte d’Azur) se caractérisent
tuelles supérieures (5 %) de celui par un effet régional négatif ; ellesEffet régional très positif à l’est
des employés (15 %). Or, la struc enregistrent des taux de chômage
ture de la population active par caté Cette comparaison permet de répartir lesobservés sensiblement supérieurs à
gorie socioprofessionnelle varie régions en trois groupes graphique 2( ) : ceux qui ‘seraient attendus’ compte
Chômeurs au sens du BIT, France entière Taux de chômage départementaux en 1995
Source : Insee Source : Insee
??Comparaison des taux de chômage observés et "ndusatte *"
Pour en savoir plus
Moyenne annuelle 1995 en %
“ Le chômage régional en 1994 ”, Insee
Première n°431, février 1996.
“ Chômage et emploi en mars 1996 ”,
Insee Première n°467, juin 1996.
“ Marché du travail Séries longues ”,
Insee Résultats, série Emploi Revenus
n°62 63, mai 1994. Les mises à jour de
ce document sont désormais disponi-
bles sur disquette.
“ Le bilan de l’emploi en 1995 et au pre
mier trimestre 1996 ”, Economie et Sta
tistique n°298, octobre 1996.
“ L’emploi départemental et sectoriel de
1989 à 1994 ”, Insee Résultats, série
Emploi Revenus n°109 110 111, octo-
bre 1996.
Emploi réalisée par l’Insee chaque année
au mois de mars ; la dernière enquête prise
en compte ici est celle de 1996. Par ailleurs,
des données portant sur les demandes* compte tenu de la structure sociale
Lecture : les régions ont été classées selon l’ampleur de leur effet propre face au chômage. En haut se trouvent les régions à effd’emploi en fin de mois (DEFM) et fournies par
positif et en bas celles caractérisées par un effet régional négatif. l’ANPE, par département, sexe et âge sont
Source : Insee
disponibles chaque fin de trimestre. Le chô
mage par région ou département au sens
tenu de leur structure sociale. Les tauxadministratives. Ils correspondent à des du BIT est estimé en appliquant aux DEFM
de chômage régionaux, chez les ou- moyennes annuelles calculées à partir des des coefficients de passage nationaux par
vriers surtout, y sont plus élevés quetaux trimestriels. Ils sont cohérents avec lessexe et âge issus de l’enquête Emploi.
le taux national de cette catégorie .
taux de chômage nationaux et sont donc L’emploi qui figure au dénominateur du taux
les autres régions affichent des
conformes à la définition préconisée par le de chômage est établi par sexe à la date du
taux observés proches des taux ‘at
Bureau International du Travail (BIT). 31 décembre de chaque année dans cha
tendus’, l’écart absolu entre ces
Le calcul du taux est effectué en rapportantque région et département jusqu’en 1994,deux taux étant inférieur à un point.
le nombre de chômeurs (au sens du BIT) àà partir de sources administratives diver Dans ce cas, l’effet régional propre a
la population active totale (somme des ef ses. Pour 1995, il est estimé au niveaupeu d’influence.
fectifs salariés et non salariés, des militai régional sur la base des statistiques trimes
res du contingent et des chômeurs). Le trielles disponibles, puis départementalisé.Pour comprendre
numérateur, comme le dénominateur, sont Cet ‘emploi au lieu de travail’ est ensuiteces résultats
calculés en moyenne annuelle, à partir de transformé en ‘emploi au lieu de résidence’
données trimestrielles (situations en fin de à partir des résultats des recensements,
Les taux de chômage régionaux et départe trimestre). puis trimestrialisé par interpolation linéaire.
mentaux présentés ici sont issus de la syn Au niveau national, le nombre de chômeursLes moyennes annuelles sont alors calcu
thèse de diverses sources statistiques et au sens du BIT est déduit de l’enquête lées à partir de ces niveaux trimestriels.
Direction Générale :
18, Bd Adolphe Pinard
A RETOURNER A : INSEE CNGP, B.P. 2718, 80027 AMIENS CEDEX 01
75675 Paris cedex 14
Directeur de la publication :OUI, je souhaite m’abonner à INSEE PREMIÈRE Tarif 1997
Paul Champsaur 1 an, 60 numéros = 530 F (France) 663 F (Europe) 827 F (Reste du monde)
Rédacteur en chef :
Nom ou raison sociale : ________________________________ Activité : __________________ Baudouin Seys
Rédacteurs : F. Magnien, Adresse : ___________________________________________________________________
A C. Morin, S. Tagnani,_______________________________________________ Tél : _____________________
C. Dulon
Ci joint mon règlement en Francs par chèque à l’ordre de l’INSEE : _______ F.
Maquette : P. Zanusso
Date : ___________________________________________ Sgnaturei ISSN 0997 3192
© INSEE 1996
qq`q