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Rapport d'information fait au nom de la délégation du Sénat pour la planification sur la productivité et le niveau de vie

De
8 pages
Constatant que le mouvement de rattrapage par l'Europe du niveau de vie moyen des Etats-Unis, engagé après la seconde guerre mondiale, s'est interrompu, Joël Bourdin évoque trois ruptures survenues au milieu des années 70 (ralentissement de la croissance en Europe), au début des années 80 (mise en oeuvre de politiques anti-inflationnistes en Europe) et au milieu des années 90 (croissance de la productivité du travail aux Etats-Unis, diminution en Europe). Ce rapport définit la notion de productivité et ses liens avec l'emploi et la compétitivité. Il décrit et explique les écarts de niveau de vie entre les principaux pays développés (déterminants comptables du PIB par habitant) et en tire les enseignements. Etudiant les évolutions récentes de la productivité, il s'interroge sur un éventuel décrochage de l'Europe et de la France et sur le rôle des technologies de l'information et de la communication dans ce décrochage. Il constate le ralentissement de la productivité par employé en France depuis 1995 et analyse l'impact du vieillissement démographique sur le niveau de vie et la manière d'agir sur la productivité pour préserver l'augmentation du niveau de vie. En annexe est proposée une étude réalisée par la Direction des études et synthèses économiques de l'INSEE.
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Février 2007
Rapport n° 189
Délégation du Sénat pour la Planification
Productivité et niveau de vie : l’Europe décroche-t-elle ? par M. Joël BOURDIN, Sénateur de l’Eure et Président de la Délégation pour la Planification
Réunie le 30 janvier 2007, la délégation du Sénat pour la planification a adopté le rapport de M. Joël Bourdin sur la productivité et le niveau de vie.  Le rattrapage par l’Europe du niveau de vie américain, qui s’ était poursuivi sur la période 1945-1975, est désormais interrompu pour deux raisons : une moindre mobilisation du facteur travail en Europe et, dans la période récente, une évolution de la productivité beaucoup plus dynamique aux États-Unis.  Après avoir analysé les liens entre productiv ité, emploi et croissance, le rapport mont re que la productivité a ralenti en Europe au cours des années 90, du fait de politiques visant à enrichir le contenu en emploi de la croissance et à lutter contre le chômage, et qu’elle a, au contraire, accéléré aux États-Unis grâce notamment à la diffusion des nouvelles technologies de l’in-formation et de la communication (TIC).  Il étudie les conditions dans lesquelles l’écart d’évolution de la productivité entre l’Europe et les États-Unis pourrait se résorber et montre, enfin, que l’impact néga tif du vieillissement démographiqu e sur la progression du niveau de vie moyen pourrait être compensé par la mise en oeuvre d’un ensemble cohérent de politiques visant à stimuler l’innovation.
I - Productivité et emploi : le dilemme européen  
xLa productivité est le déterminant essentiel de la performance économique d’un pays. Elle se définit comme le rapport entre une production et les facteurs qui ont permis de la réaliser (travail et capital) et mesure ainsi l’efficacité du processus de production.
On raisonne généralement sur la productivité du travail. Celle-ci peut se mesurer par la productivité par tête(rapport production sur effectifs) ou par la productivitéhoraire(rapport production sur nombre d’heu-res travaillées).
Sur la période 1870-2005, les gains annuels de productivité dans les pays industrialisés ont varié autour d’une moyenne de2,5 % par anÉtats-Unis). Cela a permis de multiplier d’un(2,6 % pour la France, 2,1 % pour les facteur d’environ 32 le PIB par heure travaillée en France (16,5 aux États-Unis) et de réduire de 50 % environ la durée moyenne du travail (et donc demultiplier par 16 le niveau de vie global en France).
x La perception du concept de productivité est généralement ambiguë : associée à la richesse et au progrès du niveau de vie, elle peut être aussi perçue comme un facteur de diminution de l’emploi.
Sommaire :
xProductivité et emploi : le dilemme européen xL’écart de niveau de vie entre l’Europe et les États-Unis xLa double inflexion des rythmes de productivité depuis les années 1990 : éléments d’analyse xVieillissement démographique, productivité et niveau de vie : quelles perspectives ?
-Along terme, une variation de la productivité se reporte intégra-lement sur lacroissance du PIB, mais estneutre pour l’emploi. Ainsi, en France, le ralentissement des gains annuels de productivité après le premier choc pétrolier, s’est trad uit par un ralentissement équivalent de la croissance annuelle du PIB (-2,6 %), l’évolution annuelle moyenne de l’emploi demeu-rant inchangée. - Amoyen terme cependant, on peut observer une relation inverse entre productivité et emploi : si l’économie connaît un fort chômage, lié à une croissance bridée par l’insu ffisance de la demande , une accélération de la productivité n’aura pas d’effet sur la croissance du PIB (car celui-ci est contraint par l’insuffisance de la demande), mais elle détruira l’emploi. En France si l’on compare la période 1995-2005 à celle de 1985-1995, le ralen-tissement de la productivité a ainsi été de - 0,6 point par an (après 1995) et l’évolution de l’emploi supérieure de 0,6 point par an.
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