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Vincent Beckers parle du pharmakos

De
12 pages
Vincent Beckers présente : Oedipe :
le mythe, pas le complexe !
Initiation à la compréhension du mythe oedipien
comme piste de développement personnel au 21ème siècle
Un autre regard sur ce mythe fondateur de l’humanité.
Un éclairage pour mieux se connaître et se comprendre.
 Le mythe d’Oedipe décodé. Que signifie-t-il dans notre quotidien ? pourquoi Œdipe bébé est-il abandonné, pendu ? pourquoi est-il accueilli comme un dieu, puis chassé comme un criminel ? pourquoi a-t-il dû se crever les yeux pour voir clair dans sa vie ? …
 recadrage du mythe d’Œdipe : il ne se limite pas au décodage freudien ! On y trouve toutes les bases du travail transgénérationnel. Quel est notre rôle dans le clan familial ? en quoi le choix de notre prénom influence-t-il toute notre vie ? quelle dette paie-t-on pour ses ancêtres ? Autant de questions auquel ce mythe apporte une réponse percutante.
Dans ce livre, Vincent Beckers revisite un texte de la Grèce antique et le remet au goût de son actualité brûlante au 21ème siècle.
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Vincent Beckers le phénomène du « pharmakos » Lextrait qui suit provient de mon livre : «Œdipe, le mythe : pas le complexe ! » «Je porte le malheur de tous les hommes davantageque s’il était le mien propre.» Œdipe, in Œdipe RoiLa notion de bouc émissaire apparaît très tôt dans l’Histoire.Les trois religions du Livre y font d’ailleurs référence avec la demande à Abraham de sacrifier son fils. Et selon qu’il soit appelé Isaac ou Ismaël, nous nous placerons sous le fondement du judaïsme ou del’islam.Du pharamkos Mais dans la Grèce antique, il est rapproché d’un autre nom, celui depharmakos. Lepharmakostraduit littéralement comme suit : celui qu'on immole en se expiation des fautes d'un autre. Il désigne donc la victime expiatoire, dans un rite de purification. Au cours des fêtes appelées Thargélies qui se célébraient en mai en l'honneur d'Apollon, le dieu purificateur par excellence, le pharmakos, paré d'un collier de figues sèches (symbole de mort) était escorté à travers la ville ; on le frappait sur le sexe à coupsd’oignons de scille. Parenthèse. Je t’avoue que j’ignorais ce qu’était la scille avant de m’intéresser au phénomène du pharmakos. Lorsque tu vois le dessin représentant la plante et que tu imagines que l’on se servait de ça pour frapper sur le sexe de la victime … heu, comment dire …Fin de parenthèse.
Une fois aux portes de la ville, le pharmakos était lapidé, brûlé et ses cendres dispersées. Que disent de tout ceci, les adeptes du soidisant siècle des Lumières, qui enjolivent l’Antiquité et ses coutumes, prétendantdans le même temps, barbare, le MoyenAge occidental ? Sorry, c’était ma phrase « règlement de compte » pour mes amis, fans des Temps Modernes. Pour comprendre le symbole qui se cache derrière la pratique, pour le moins radicale, du pharmakos, il faut se rapprocher de l’épisode de la vie d’Abraham, évoqué en tête de chapitre. La victime sacrificielle, innocente en ellemême, était censée, comme le bouc émissaire hébreu ou musulman, se charger de tous les maux de la cité.Son expulsion devait permettre de purger la cité du mal qui la touchait. Ce qui permet aux linguistes de s’en donner à cœur joie.La déclinaison du pharmakos pouvant aussi donner naissance aussi bien à des mots tels que « remède »« drogue »« philtre », ou à des mots aussi pesants que « poison » ou « venin ». Pour te dire combien et la personne victime, et le rituel en lui même étaient chargés de symboles. Ainsi donc, Oedipe chassé de Thèbes à coups de pierres, répondil à la dynamique du pharmakos. Mais comment se peutil qu’un peuple qui acclame sonroi et le vénère avec dévotion puisse, en si peu de temps, retourner sa veste ? Tu touches ici au pouvoir de la rumeur. Nous y reviendrons.
Du bouc émissaire Le concept de pharmakos a largement inspiré R.Girard dans ses théories sur le bouc émissaire (voir bibliographie). Théories m’ayant suffisamment bouleversé pour que j’approfondisse le mythe oedipien. En fait, c’est grâce à la théorie du bouc émissaire que tu te trouves en possession du présent ouvrage. Je profite de l’occasion pour t’inciter à découvrir les travaux de R.Girard.Ni facile ni agréable à lire. Mais ô combien édifiant pour mieux comprendre ce que nous vivons aujourd’hui, en 2012, en matière de pharmakos. EtDieu sait combien toutes les personnes œuvrant dans le monde, dit du bienêtre et du développement personnel, sont des pharmakos en puissance !
R.Girard nous est d’une aide précieuse pour comprendre ce qui est en jeu dans le processus du bouc émissaire / pharmakos. Sa thèse est longuement et richement illustrée d’exemples historiques dans son livre : Le bouc émissaire. Selon l’auteur, pour qu’un processus de bouc émissaire se mette en place, il faut qu’il ait conjonction de 4 facteurs concomitants. J’illustrece concept de deux petites histoires, avant de te faire découvrir la théorie de Girard. Runam, quartier de l’université.Un coin fréquenté en masse par des étudiants (nooon ?), une population jeune et sujette aux sorties festives et nocturnes. Nous sommes à une époque postexamens, durant laquelle l’ambiance oscille entre débauches de joies, en lien avec la réussite, et tristesse / frustration à causede l’échec ou de la seconde session. Ambiance électrique. Dans le même temps et depuis quelques jours déjà, des agressions violentes ont lieu le soir, sur de jeunes femmes : à coup sûr, un violeur sévit dans le quartier ! La police a beau multiplier les rondes, on ne parvient pas à identifier le coupable. C’est alors que les jeunes se prennent en mains, créant des comités de vigilance, patrouillant afin de sécuriser les environs. Jeanne vient d’apprendre qu’elle rate son année.En cause, le prof de philo, Roussôcarte,elle en est sûr. D’ailleurs, c’est la troisième année que ce mec la buse en exprès : il lui en veut. Et Jeanne, un soir de guindaille arrosé,de s’en plaindre ouvertement auprès de ses copines. Curieusement, d’autres étudiantes embraient sur ses dires. Elles aussi sont victimes del’injustice de ce prof.Et puis d’ailleurs, on le voit souvent se promener seul le soir ; il ne doit pas avoir la conscience claire, ce garslà. Quelques jours plus tard, les réseaux sociaux locaux s’emballent: le violeur de Runam ne serait autre que Roussôcarte. Un mois plus tard, tandis qu’il traversait le pont qui enjambe le fleuve, Roussôcarte est basculé dans l’eau par un comité de vigilance estudiantin. Il n’en ressortira pas.Les viols sont, comme par miracle, en régression, dans le quartier. Paraîtil.
Petit village rural agricole du fin de fond des Ardennes. C’est chouette de prendre les Ardennesen exemple. Tant mes amis Français que mes compatriotes peuvent fantasmer. Tout le monde se connaît ; ici, on est un peu comme dans une grande famille. Depuis quelques temps, on héberge un étrangerpasdecheznous, qui a repris la ferme du château, abandonnée depuis la mort du marquis. On était bien content de le voir arriver, celuilà. Car il a bien tout remis en état et puis, il travaille dur. Mais on ne se fera jamais à son accent, dû à sa couleur de peau :noire. L’est quand même différent de nous, ce garslà. En tout cas, il s’est marié bien vite, avec la veuve du marquis. Un peu trop vite au goût de certains, mais, bon, les affaires de cul, on en connaît des fameuses dans le village, n’estce pas. Alors une de plus ou de moins …Cette année, les récoltes n’ont pas été bonnes. Pas bonnes du tout. Et nombre de fermiers sont sur la paille. Un comble pour des agriculteurs : être sur la paille ! Le mécontentement gronde ; la frustration est immense. La grange du Blaise a flambé cette nuit. Et c’est pas un accident, pour sûr.Mais qui a pu faire le coup ? Ici, tout le monde se connaît, on est un peu comme en famille. C’est alors qu’on se souvient du noir. Ce serait ptêt ben lui, le coupable. Et puis d’ailleurs, comment il se fait qu’il ne souffre pas autant que nous, des mauvaises récoltes ? Et puis, il a quand même épousé un peu vite la veuve du marquis; il l’aurait pas ensorcelé, truc de vaudou et tout ? Dans la foulée, ce serait pas à cause de lui qu’il fait si mauvais? On n’a jamais connu pareille mauvaise saison, avant son arrivée ?Vaudrait mieux qu’il s’en aille, ce garslà. Les fourches de sortir de la paille, les gens de se regrouper. Et le noir d’être expulsé de chez lui, manu militari.Sous les insultes et quolibets. On en profitera au passage pour se servir dans ses récoltes, et sa veuve a étéquelque peuviolentée au passage. Mais bon, dans le fond,elle n’a eu que ce qu’elle mérite. Elle n’avait qu’à prendre un bon gars du coin.Il paraît qu’il fera beau demain.
J’oseencoreun parallèle iconoclaste avec l’entrée de Jésus sous les palmes et les vivats à Jérusalem … avant d’être voué aux gémonies, insulté et frappé par ce même peuple, un peu plus tard.
Passons maintenant à la théorie du bouc émissaire, selon R.Girard. Pour qu’un process de pharmakos, bouc émissaire, ait lieu, il faut conjonction de quatre éléments. Tout d’abord, il faut un contexte decrise. Que les choses aillent mal, dans la société en question. A Thèbes, peste et lèpre sont des crises énormes, tu t’en doutes.Ensuite, il faut qu’un «crime» soit commis. Attention, le mot crime est à prendre ici au sens large. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un homicide volontaire ou un meurtre. Nous parlons de crime quand il y a : « infraction très grave aux lois ou à la morale, aux 1 lois humaines (forfait, attentat, …)»Dans l’histoire d’Oedipe, c’est bien évidemment du meurtre de Laïos avec lequel il faut faire le lien. Comme il y a crime, il faut trouver l’auteurdu crime. L’auteur devra nécessairement cumuler plusieurssignes victimaires. Un signe victimaire, c’est ce qui fait que la personne en question n’entre pas dansla courbe de Gauss locale, si je puism’exprimer ainsi.C’est une personne différente (socialement, sexuellement, religieusement, politiquement, …). Elle sera peutêtre aussi physiquement « autre » : par sa race, sa taille/poids, la couleur de ses cheveux, son mode de vie, …Elle pourra êtrevictime d’un handicap, physique ou psychique.Dans le mythe, Oedipe cumule les signes victimaires: c’est un enfant exposé, infirme, étranger, roi et fils de roi. Enfin : laviolence. Exutoire et salutaire pour la masse. La crise va se résorber et le crime sera lavé, une fois qu’on se sera occupé de l’auteur.
1 définition du Larousse
La violence pourra être ritualisée, comme dans le cas du pharmakos, soit spontanée, et je pense ici à la Terreur en France, ou aux exécutions sommaires à la Libération. Elle pourra aussi être légalisée / officielle mais toujours rapide, lapidaire, et souvent sous le coup d’une impulsion « spontanée », un élan de masse. J’évoque ici les classiques procès de sorcières. Oseraisje le procès de Jésus ? Dans le mythe d’Oedipe, c’est le roi chassé de laville à coups de pierres. Le phénomène du bouc émissaire s’accompagne toujours de larumeur. Rumeur qui, par définition, émane d’on ne sait où, ni par qui.Mais qui, toujours, se propage telle une traînée de poudre. Et qui, bien souvent, correspond à l’élément déclencheur. Dans le mythe d’Oedipe, c’est la fonction du chœur dans la pièce.«Thèbes n’ignore pas que les épidémies frappent toutes les collectivités humainesde temps en temps. Mais pourquoi notre cité, se disent les Thébains ? Les causes naturelles n’intéressent guère ceux qui souffrent.Seule la magie admet « une intervention corrective » et tout le monde cherche ardemment un magicien à corriger. Contre la peste en tant que peste, il n’est pas de remède. Rien ne s’oppose 2 en revanche, à la correction cathartique du malheureux Oedipe. » D’un point de vue historique, il est intéressant de constater que le phénomène du ème pharmakos était en déclin dans l’Athènes du 5moment de la sortie de la siècle, pièce de Sophocle. Sans doute un sujet de discussion de plus pour les spectateurs del’époque. En résumé :le phénomène de la recherche d’un bouc émissaire se retrouve quand les éléments suivants sont réunis : crise  crime  auteur cumulant les signes victimaires  violence exutoire  rumeur.
Décodage de la première histoire, sous l’angle du bouc émissaire. le contexte de crise : la fin des examens et des viols commis dans le quartier crime : Jeanne se sent victime de Roussôcarte (à noter que le crime peut être le imaginaire) l’auteur: Roussôcarte, évidemment. C’est un prof (1), à la mauvaise réputation (2), qui se promène souvent seul le soir (3). Il cumule les signes victimaires. violence : on tue le suspect, heu, pardon, le coupable à coup sûr. la
2 R.Girard, in Le bouc émissaire, page 82
« La victime est un bouc émissaire. Le bouc émissaire désigne simultanément l’innocence des victimes, la polarisation collective qui s’effectue contre elles et la finalité collective de cette polarisation. Les persécuteurs s’enferment dans la logique de la représentation persécutrice et ne peuvent en sortir. La polarisation exerce une contrainte telle sur les polarisés qu’il est 3 impossible pour les victimes de se justifier. » Décodage de la seconde histoire, sous l’angle du bouc émissaire.contexte de crise : mauvais temps, mauvaises récoltes le  le crime : grange en feu l’auteur: le noir, pas de chez nous, ayant épousé très vite une veuve locale violence la : on expulse l’étranger, on viole sa femme, on pille ses biens
Permetsmoi maintenant quelques réflexions, issues des propos qui précèdent. A mes yeux, le phénomène existe depuis toujours. Et il a une fâcheuse tendance à réapparaître de nos jours, dans nos régions. Souvent la théorie du bouc émissaire joue au jeu du triangle de Karpmann : victime persécuteursauveur. Les illustrations qui suivent me sont personnelles, ce ne sont pas des vérités scientifiques. Mon but n’est pas de te choquer, mais provoquer ta réflexion.A travers ces exemples, j’opère volontairement quelques raccourcis et simplifie les données du « cas ». Pour les besoins de la démonstration. Dans le premiers siècles, les chrétiens furent persécutés. Pour leur foi. Bien sûr. Selon les autorités en place. Et la foule, jubilante,d’assister à des jeux du cirque d’une bestialité remarquable et exutoire. crise société romaine en crise politique, économique et sociale ;religion romaine polythéiste qui n’apporte plus ce qu’elle doit/veut au peuple crime famine, épidémie, chômage, guerre, insécurité, empire romain envahi auteur le chrétien : monothéiste, qui vit son culte dans les catacombes,qui mange le corps de son dieu et boit son sang, qui ne reconnaît pas le culte au panthéon romain, …violenceles jeux du cirque, les exécutions en public, …
3 R.Girard, in Le bouc émissaire, page 62
Quelques siècles plus tard, les chrétiens persécutèrent les musulmans et les juifs. Persécutés devenu persécuteurs. Souvienstoi de mon allusion au triangle de Karpmann. crise société médiévale en crise politique, économique et sociale ; religion catholique romaine divisée, également en conflit avec le pouvoir temporel crime le musulman qui s’est emparé du tombeau de Jésuset / ou le juif qui a crucifié le Christ auteur le juif et le musulman, aux pratiques sociétales différentes, aux mœursdouteuses, aux pratiques de sorcellerie ; à la religion différente ! violence croisades, bannissement de la société, pogrom, …Quelques autres boucs émissaires, biens connus : les sorcières, les bossus, les noirs, Dans les années trente, Hitler a su exploiter le thème du bouc émissaire avec le peuple juif. Aujourd’hui, l’Occident et les EtatsUnis sont en train de poursuivre avec les musulmans. Et vice versa. Bien sûr. Mais derrière ces grands thèmes lourds et pénibles, se cachent les petits boucs émissaires. Ceux auxquels nous participons au quotidien. Et peutêtre estce en pensant àeux, que le mythe d’Oedipe peut nous être d’une brûlante actualité, source d’une prise de conscience personnelle.Car les boucs émissaires se multiplient de nos jours, fruits du malêtre sociétal grandissant dans lequel nous baignons. C’est surtout contreces boucs émissaireslà, que je souhaite te mettre en garde, ami lecteur. Car nous tombons si vite dans le panneau ! Chaque fois que nous nourrissons un fait divers de nos commentaires, chaque fois que nous participons à une rumeur, nous mettons un bouc émissaire en route. L’ennui avec un livre qui sera lu dans la francophonie, c’est que les exemples locaux ne parleront qu’à un petit nombre.Permetsmoi cependantd’en donner quelquesuns. Raymond Domenec et l’équipe de France de footballdernier mondial de au football,  la violence autour de Michelle Martin, excompagne de Marc Dutroux, en Belgique,
Roms expulsés les manu militaride France, par le gouvernement Sarkozy, alors au plus mal dans les sondages l’affaire DSK,  dans une certaine mesure, B.Arnault et sa demande de naturalisation belge,  ce qui se passe en Syrie, en 2012 toute la dynamique des groupuscules d’extrêmedroite les récurrents conflits dans les banlieues contre les forces de l’ordre, ont souvent pour genèse une dymamique de bouc émissaire le retour de l’antihomosexualité Je ne porte aucun jugement sur ces « cas». J’évoque juste que ce sont des exemples de boucs émissaires. Tous les ingrédients de la théorie y sont chaque fois présents. Relis maintenant la citation n°14, extraite de R.Girard, page 91. Peutêtre revêtiratelle un autre sens à tes yeux.
De façon plus insidieuse et perverse, il y aussi les comités de vigilance dans les quartiers. Ils visent à protéger les habitants, certes. Intention louable. Mais aussi àchercher l’intrus. C’est que derrière lui se cache peutêtre un voleur …Les caméras de surveillance distillées un peu partout dans les villes, à la demande « des gens », correspond au même schéma inconscient : puissionsnous traquer celui qui ne sera pas « comme tout le monde ».
Tout ceci apparaît dans des zones où la crise règne,où l’insécurité est latente et où des crimes sont commis. Il faut donc chercher les auteurs. La rumeur guettera, au travers des passages dans le quartier ou la caméra,toutqui pourra servir à laisser aller la violence salvatrice : « On l’a trouvé! ». La vindictepopulaire n’est pas loin.Oui, oui, derrière le processus du bouc émissaire se cache toujours une noble cause. Toujours. Ainsi en procèdetil de même avec les réseaux sociaux et leur pouvoir de mobilisation (FlashMobs, p.e.).
Et c’est ce qui rend le phénomène si difficile à interpréter au moment même.Oh,bien sûr, par la suite, dans l’Histoire, on pourra prendre tout le recul nécessaire et expliquer, commenter, justifier la chose. Voir l’excuser.Comme pour les milliers de personnes victimes des représailles à la libération en 1944, par exemple. Mais pour l’instant, l’essentiel, c’est de trouver un auteur, sur qui on pourra décharger la violence, due au crime engendré par la crise.
Précaution oratoire: je ne dis pas qu’il ne faut pas poursuivre les vrais coupables de. Soyons clairs. Je soupire. En pensant combien, nous, les tarologues, astrologues, et autres personnesœuvrantavec des outils incendiaires, nous formons un substrat remarquable pour nourrir les boucs émissaires. La société va mal. Elle a recours à nous pour fuir la réalité et trouver un refuge salvateurdans l’irrationnel.Mais qu’il y ait seulement un fait divers lourd et dramatique en lien avec l’ésotérisme, et nous serons les premiers à être victimes de la vindicte du peuple. Ceci étant, dans l’autre sens hé oui, tout est toujours dans tout !  le bouc émissaire se vit aussi chez le tarologue / astrologue charlatan. Attention, les lignes qui suivent sont à ruminer, telle une vache qui broute dans son pré … Sourire. Dans quelle mesure la personne en malêtre et quiœuvre(?) en tant que tarologue ne s’inscritelle pas, elle aussi, dans la dynamique du bouc émissaire ? Panel de tarologues charlatans potentielsCelui qui apprend la tarologie parce qu’au fond de lui, il trouve que sa vie n’a pas de sens et qu’il voit dans l’aide (?) aux autres, une façon d’expurger son malêtre. Celui qui étudie le tarot car il n’a pas de boulot. Alors, ça ou autre chose …Il n’aime pas le jeu sociétal du business, ne supporte pas l’autorité, avoir un patron ou s’inscrire dans lemétroboulotdodo.
 Celui qui veut devenir tarologue, car enfant blessé ou personne écorchée vive par la vie, il pense trouver dans la tarologie, un refuge où  plus ou moins consciemment  il trouvera des personnes comme lui et pense pouvoir panser ses maux en entendant ceux des autres. qui étudie le tarot car il a une mauvaise image de lui, manque de confiance Celui en soi et subit une estime de soi désastreuse; il n’a pasou peufait d’études, est au chômage ou pensionné, et cherche de quoi donner du sens à sa vie et trouver un revalorisation de soi. Toutes ces personnes s’inscrivent dansle contexte sociétal actuel : désastreux. La société va mal : crise ! Et elles, elles vont mal, dans la société. Le consultant va plus mal encore. Puisqu’il vient consulter l’oracle des temps modernes : letarologue ou l’astrologue.Il lui confie sesmerdes, son malêtre, ses cadavres dans le placard, ses zones d’ombre, son histoire personnelle et familiale.Le consultant est donc bien hors norme, hors courbe de Gauss. Et moi, tarologue charlatan, ne suisje pas en train d’évacuer sur le consultant tout mon malêtre personnel en pensantplus ou moins consciemment qu’il ya pire que moi ? Et moi, tarologue charlatan, lorsque je me permets de dire au consultant ce qu’il doit faire, alors que je suis en train de vivre l’exacte même situation que lui, ne suisje pas en train de projeter, évacuer une partie de mon malêtre ? Et moi, tarologue charlatan, lorsque je prends le pouvoir sur la personne, en décodant son tirage, ne suisje pas en train de trouver mon pharmakos, sous le prétexte de la relation d’aide et de l’Amour universel? A mes yeux, il s’agit bien d’un processusde bouc émissaire. Toutes les personnes fragilisées qui pensent trouver dans la tarologie un exutoire à leurs propres manques et malheurs, ne font qu’appliquer la théorie de R.Girard.crise la société va mal et moi je vais mal dans la société crime chez le consultant: problème d’argent, de boulot, de famille, d’amour, de sexualité, …auteur le consultant vient me voir violence psychologique, cette violence se traduit par mon pouvoir exercé sur le consultant, qui paie mon mal être personnel sous le couvert d’une relation d’aideCeci étant, tout est dans tout, il y a aussi un juste (?) retour de balancier qui guette le tarologue charlatan. Comme vous connaissez les secrets de vos consultants, vous représentez un danger à leurs yeux.