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Session2008Concours deRecrutement de Professeurs desÉcoles Épreuve orale d’admission Entretien professionnel Sujet n° 16 Lundi 23 juin 2008(après-midi)TitreLe redoublement à l’école élémentaire dégagerez les idées essentielles du document qui vous a été remis et vous Vous les présenterez dans un exposé en construisant une argumentation que vous pourrez illustrer et enrichir par vos connaissances personnelles. L’exposé sera suivi d’un entretien avec le jury.Texte 1 : « Le redoublement à l’école élémentaire : une pratique persistante à la recherche de sa légitimité ».  ThierryTRONCIN, 2001.  Extraitd’un document présentant une recherche menée dans le cadre d’un DEA. Texte 2 : « Dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves à l’école ». Extrait du décret n°2005-1014 du 24. 08. 2005. J.O . du 25. 08. 2005.
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Texte 1 Le redoublement à l’école élémentaire : une pratique persistante à la recherche de sa légitimité. Le redoublement est un des objets d’étude liés à l’École qui suscite le plus de discussions animées entre les chercheurs et le corps enseignant, et ce depuis longtemps. Les uns s’étonnent de la cécité des équipes pédagogiques à la présentation des résultats de recherches faisant apparaître la nocivité d’une telle mesure et à l’évocation d’autres manières de gérer les parcours scolaires des élèves. Les autres s’étonnent que l’on puisse s’interroger sur le bien-fondé d’une telle mesure, prise dans l’intérêt de l’enfant et garante du maintien d’un niveau scolaire global minimal. Philippe PERRENOUD (1996) traduit cette incompréhension par cette question :" Des enseignants qui n’entendent pas ou des chercheurs qui expliquent mal ?". Le débat mobilise des représentations contrastées, ancrées elles-mêmes dans des visions différentes des finalités éducatives et du fonctionnement du système éducatif. Les expériences des pays qui ont abandonné cette pratique, en particulier scandinaves et anglo-saxons, sont peu connues de ceux qui la considèrent comme une nécessité. Ces pays adeptes du redoublement, dont la France, tentent de maîtriser l’ampleur d’un tel phénomène, sans pour autant s’interroger sur sa légitimité. En ne s’attaquant pas véritablement aux racines du mal, le législateur est conduit à prescrire des posologies de plus en plus contraignantes. Assurément, les taux de retard scolaire ont baissé de façon significative dans notre pays depuis vingt ans, en particulier dans le premier degré: huit élèves sur dix parcourent aujourd’hui l’école élémentaire sans redoubler, ce qui est deux fois plus qu’il y a trente ans. Cependant, une stagnation des taux de maintien est observée depuis une décennie alors même que la politique des cycles d’enseignement, instaurée en 1990, s’affiche ouvertement comme un moyen de lutter contre l’échec scolaire et la reprise à l’identique d’une année scolaire. Or, deux constats peuvent être objectivement établis :I) les maintiens en début et en cours de cycles perdurent ( 5% des élèves de CP et 3% des élèves de CE2 sont maintenus ) ; II) 6% des élèves sont affectés au moins deux fois par le redoublement dans leur scolarité primaire. Le redoublement n’a pas été l’objet de recherches récentes en France. La dernière étude concernant le Premier degré date de 1984, étude dans laquelle Claude SEIBEL établit le caractère néfaste du redoublement au Cours Préparatoire supposé être jusqu’alors une " secondechance ".Les résultats des travaux de ce chercheur ont par ailleurs largement contribué à concevoir l’École, à partir de janvier 1991, autour de la notion de cycle d’enseignement et non plus celle de niveau d’enseignement. Ce n’est pas la moindre des surprises que de constater le peu d’intérêt porté par la communauté des chercheurs français à la problématique du redoublement, préférant analyser le champ de la difficulté scolaire en particulier du point de vue de l’efficacité des dispositifs d’aide. .../...
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Texte 1 (suite) Le redoublement sanctionne des apprentissages insuffisants ou lacunaires (refaire une année à l’identique) et les stigmatise sans pour autant être un indicateur fiable de l’échec scolaire puisque des élèves peuvent être promus sans maîtriser les compétences attendues. Il est avant tout le fruit d’une construction sociale car chaque système d’enseignement élabore sa propre norme. Il n’a de sens que lorsque l’institution scolaire s’appuie sur des programmes annuels dont une maîtrise suffisante conditionne le passage en cours supérieur. Les enseignants eux-mêmes participent à sa pérennisation de manière plus ou moins consciente: I) la décision, qui leur incombe en grande partie, s’appuie plus sur leur capacité à discriminer les élèves qu’à celle d’évaluer objectivement le niveau scolaire de chacun d’entre eux ;II) cette décision est aussi prédictive, en ce sens où la question qui se pose à chaque enseignant est celle de savoir dans quelle mesure ses élèves pourront suivre avec succès l’enseignement d’un collègue dans la classe supérieure. La réflexion sur le redoublement s’impose d’autant plus qu’elle fait l’objet d’opinions favorables associant généralement cette décision à un bénéfice pour l’élève, bénéfice appréhendé en termes de maturation psychologique et de progrès scolaires, et à un bénéfice pour le système éducatif, bénéfice appréhendé en termes de maintien d’un niveau global de connaissances élevé et de rendement. Les résultats des recherches internationales sont convergents et mettent à mal les arguments avancés par les défenseurs du redoublement. En moyenne, cette mesure est inefficace du point de vue pédagogique: un redoublant progresse certes l’année de son purgatoire mais significativement moins qu’un élève, aux caractéristiques comparables, n’ayant pas été maintenu. Cela est d’autant plus dommageable que cette mesure engendre plus qu’un sentiment d’échec passager chez l’élève qui, en particulier lorsque la décision est précoce dans la scolarité, va se construire en étant persuadé que "c’est de sa faute"et en même temps "qu’il n’y peut rien". Outre ce prix psychologique très lourd pour l’enfant, le redoublement a aussi un prix pour les familles et le système éducatif. Pour ce dernier, du seul point de vue de l’analyse coût / efficacité, cette mesure mériterait d’être abolie. Cette dépense pourrait se justifier si, en contre partie, la décision de redoublement s’accompagnait d’un accroissement du niveau global d’éducation. Or les recherches qui s’intéressentà l’efficience des systèmes éducatifs montrent que les pays qui préconisent la promotion automatique ne pénalisent pas les élèves, en particulier faibles, sur le plan des acquisitions et que dans les pays adeptes du redoublement, il n’y a pas de relation linéaire positive entre les taux de maintien et le niveau d’acquisition des élèves : autrement dit, ce ne sont pas les pays où l’on redouble le plus (tels que la Belgique ou le Portugal) qui ont les meilleures performances. Au-delà du caractère peu efficace, traumatisant et coûteux du redoublement se pose la question de la justice d’une telle mesure: autrement dit, un élève désigné au redoublement dans une classe aurait-il pu ne pas l’être s’il avait été scolarisé ailleurs? Les recherches de HUTMACHER (1993) et de GRISAY (1998) montrent à l’évidence que les suspicionsd’iniquité sont grandes. En effet, étant le résultat d’un jugement professoral, cette mesure apparaît être sensible aux caractéristiques du contexte scolaire dans lequel elle a été prise. Thierry TRONCIN, 2001. Document présentant une recherche menée dans le cadre d’un DEA.
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Texte 2 Dispositifs d’aides et de soutien pour la réussite des élèves à l’école "Art. 4 – Les dispositions pédagogiques mises en œuvre pour assurer la continuité pédagogique, en particulier au sein de chaque cycle, prennent en compte les besoins de chaque élève afin de permettre le plein développement de ses potentialités, ainsi que l’objectif de le conduire à l’acquisition des éléments du socle commun de connaissances et compétences fondamentales correspondant à son niveau de scolarité. À tout moment de la scolarité élémentaire, lorsqu’il apparaît qu’un élève ne sera pas en mesure de maîtriser les connaissances et les compétences indispensables à la fin du cycle, le directeur d’école propose aux parents ou au représentant légal de l’enfant de mettre en place un dispositif de soutien, notamment un programme personnalisé de réussite éducative. Un document, préalablement discuté avec les parents de l’élève ou son représentant légal, précise les formes d’aides mises en œuvre pendant le temps scolaire ainsi que, le cas échéant, celles qui sont proposées à la famille en dehors du temps scolaire. Il définit un projet individualisé qui devra permettre d’évaluer régulièrement la progression de l’élève. Dans les zones d’éducation prioritaire, ces dispositifs se conjuguent avec les dispositifs existants. Des aides spécialisées et des enseignements adaptés sont mis en place au profit des élèves qui éprouvent des difficultés graves et persistantes. Ils sont pris en charge par des maîtres spécialisés, en coordination avec le maître de la classe dans laquelle l’élève continue à suivre une partie de l’enseignement. Des actions particulières sont prévues pour les élèves non francophones nouvellement arrivés en France." "Art. 4-1 – Le maître de la classe est responsable de l’évaluation régulière des acquis des élèves. Les parents ou le représentant légal sont tenus périodiquement informés des résultats et de la situation scolaires de leur enfant. Dès que des difficultés apparaissent, un dialogue est engagé avec eux. Au terme de chaque année scolaire, le conseil des maîtres se prononce sur les conditions dans lesquelles se poursuit la scolarité de chaque élève, en recherchant les conditions optimales de continuité des apprentissages, en particulier au sein de chaque cycle. Les propositions du conseil des maîtres sont adressées aux parents ou au représentant légal pour avis ; ceux-ci font connaître leur réponsedans un délai de quinze jours. Passé ce délai, l’absence de réponse équivaut à l’acceptation de la proposition. Le conseil des maîtres arrête alors sa décision qui est notifiée aux parents ou au représentant légal. Si ceux-ci contestent la décision, ils peuvent, dans un nouveau délai de quinze jours, former un recours motivé, examiné par la commission départementale d’appel prévue à l’article 4-3. Lorsqu’un redoublement est décidé et afin d’en assurer l’efficacité pédagogique, un programme personnalisé de réussite éducative est mis en place. Durant sa scolarité primaire, un élève ne peut redoubler ou sauter qu’une seule classe. Dans des cas particuliers, et après avis de l’inspecteur chargé de la circonscription du premier degré, un second redoublement ou un second saut de classe peuvent être décidés". Décret n°2005-1014 du 24.08.2005. J.O. du 25.08.20 05.
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