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Corrigé Bac S 2017 - Philosophie

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SUJET 1
Défendre ses droits est-ce défendre ses intérêts ?
C'est un beau sujet, à nouveau sur le droit, finalement assez présent dans ce bac 2017, qui est proposé aux élèves de Série S. Qu'est ce que le droit, quelle est sa nature profonde et quelle est son utilité ?
Est ce que la défense et la demande d'application de nos droits n'est qu'une demande égoïste, le simple effet de mon intérêt ou bien en demandant l'application de mes droits je vais au delà.
C'est une bonne question qui peut ainsi aider à réfléchir tous ceux qui utilisent le droit sans réfléchir ou au contraire tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi parfois telle ou telle personne fait usage de son droit et demande son application.
SUJET 2
Peut-on se libérer de sa culture ?
Est-il possible de sortir des déterminismes sociaux qui nous gouvernent ? La question est difficile.
Elle renvoie à Bourdieu notamment à toute la sociologie qui nous indique notamment dans les héritiers qu'en fait nous acquérons des habitudes par nos parents et par notre éducation dont il est très difficile de se détacher car elles sont souvent inconscientes ou alors elles marquent une société entière.
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BaccalauréatS
Session 2017
Épreuve :Philosophie
Durée de l’épreuve: 4 heures
Coefficient : 3
PROPOSITION DE CORRIGÉ
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SUJET 1 Défendre ses droits est-ce défendre ses intérêts ? C'est un beau sujet, à nouveau sur le droit, finalement assez présent dans ce bac 2017, qui est proposé aux élèves de Série S. Qu'est ce que le droit, quelle est sa nature profonde et quelle est son utilité ? Est ce que la défense et la demande d'application de nos droits n'est qu'une demande égoïste, le simple effet de mon intérêt ou bien en demandant l'application de mes droits je vais au delà. C'est une bonne question qui peut ainsi aider à réfléchir tous ceux qui utilisent le droit sans réfléchir ou au contraire tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi parfois telle ou telle personne fait usage de son droit et demande son application. Dans un premier temps, il est indéniable que lorsque l'on invoque un droit c'est pour se défendre : défendre d'une injustice que l'on estime avoir subi, d'une violence qui nous paraît insupportable. D'ailleurs, la personne qui agit en justice doit justement avoir un intérêt à agir. Une nouvelle loi en France initiée par Mr Hamon, permet désormais aussi aux associations d'agir pour un particulier ou une cause si cette cause entre dans le cadre des missions qui sont les siennes. Pour se défendre, les lois sont nécessaires et c'est la raison pour laquelle le droit social par exemple s'est développé en France sous l'impulsion des idées marxistes et socialistes. Pour contrebalancer la puissance de l'employeur, des droits sont accordés aux salariés, ils lui permettent ainsi d'éviter les abus et de ne pas être soumis à l'autoritarisme des petits chefs ou au contraire à la puissance d'un marché devenu aveugle. C'est ce que Locke, par exemple nous rappellera dans le second traité de Gouvernement civil et c'est toute l'idée des Lumières. Il ne peut y avoir de liberté sans loi et donc lorsque j'invoque un droit et une loi je ne fais qu'user de ma liberté, je ne fais que défendre celle-ci et donc mon intérêt majeur qui est celui d'être un homme libre. Cependant, tous ceux qui utilisent le droit le font-il toujours à bon escient ? Le font-il toujours pour défendre la liberté et leur intérêt majeur ? Parfois n'y a t il pas abus à trop vouloir défendre ses droits ? Summun jus Summun injuria, disent les juristes et l'on se souvient de cette pièce Racine intitulée les Plaideurs. Il y a parfois des personnes qui « chicanent ». On les appelle des procéduriers. Ils ne cessent bien souvent d'invoquer le droit que pour importuner leur semblable. Le droit n'est pas seulement un moyen de défense de leurs intérêts pour eux, c'est aussi et surtout un moyen de nuire à autrui. Ils ne sont pas dans un usage « républicain » ou pourrions nous dire citoyen de la loi et du droit. Ils abusent du droit. Aristote dans l'éthique à Nicomaque avait ainsi pensé cette question en évoquant l'homme équitable. L'homme équitable indique-t-il est celui qui n'utilise pas la loi à tort et à travers mais qui sait faire un usage sage et juste de celle-ci. 2 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
Dans le fond, l'homme qui n'est pas équitable finit par desservir ses intérêts car à force de trop abuser du droit il finit par lui faire perdre tout crédit et lorsque le droit perd son crédit, il ne sert plus réellement à permettre la défense réelle des individus et la société. En troisième lieu, pour défendre réellement ses intérêts lorsque l'on défend ses droits, il importe de le faire avec justesse et justice et donc tout droit suppose finalement un lien étroit avec l'éthique. Le terme d'éthique est aujourd'hui galvaudé et c'est bien dommage. Il n'est plus enseigné dans les Universités de droit sous le prétexteparfois fondéqu'il ne faut pas que des personnes s'instituent en professeurs de vertus et donnent des leçons d'éthique aux autres. Pourtant et Lévinas l'a rappelé, la philosophie première (dans un livre qui porte ce nom) n'est-elle pas l'éthique ? Toute philosophie et tout droit ne lui est-elle pas subordonnée ? Mais qu'est ce que l'éthique ? Dans soi-même comme un autre, Ricoeur nous rappelle qu'elle se distingue de la morale en ce qu'elle vise non pas le dogme ou la norme mais le bien-être et le bonheur de soi et de l'autre. En conséquence, on ne défend réellement et profondément ses intérêts lorsque l'on use et utilise un droit que lorsque cet usage est fait avec éthique. Or cette éthique est ce qui me permet de conjoindre à la fois le « je » et l'autre pour permettre une harmonie entre l'un et l'autre sans rupture, sans fracture ni mauvaise foi. SUJET 2 Peut-on se libérer de sa culture ? Est-il possible de sortir des déterminismes sociaux qui nous gouvernent ? La question est difficile. Elle renvoie à Bourdieu notamment à toute la sociologie qui nous indique notamment dans les héritiers qu'en fait nous acquérons des habitudes par nos parents et par notre éducation dont il est très difficile de se détacher car elles sont souvent inconscientes ou alors elles marquent une société entière. Mais néanmoins par un travail sur soi, il est parfois possible de se dégager de la culture, de sa culture en s'ouvrant à l'autre. L'ethnologie de Levi Strauss nous montre que ce n'est pas toujours aisé. D'ailleurs dans Race et histoire, il montre que le mot humain n'est souvent destiné qu'à ceux qui sont de la même ethnie et la même culture que nous. Pour nous détacher de notre culture, il faut s'imprégner de ce qu'autrui peut m'apporter et notamment faire un travail sur mon être pour ne pas m'enfermer dans des logiques trop abruptes et trop brutales. La psychanalyse peut m'y aider notamment en travaillant sur les processus inconscients mais c'est surtout l éthique entendue au sens que Ricœur donne à ce terme qui peut nous permettre d'admettre cette part d'autre qui est en nous mais qui n'est pas nous et qui nous éloigne de notre être premier. Notre culture fait partie d'un être qui n'est pas ce que nous sommes et qui nous éloigne de cet 3 Propriété exclusivedeStudyrama.Toutereproductionoudiffusioninterditesans autorisation.
être profond. Nous devons le trouver et déterminer ces limites qui nous caractérisent et qui nous fondent. Non pas les fausses limites mais les vraies. Non pas ce que Kant appelle les limites bornes qui nous excluent de notre être mais ces limites réelles qui déterminent ce que nous sommes vraiment. En conclusion, seul celui qui ne fait pas de travail sur lui-même est esclave de sa culture. Il est enfermé par elle et n'est jamais un individu libre. SUJET 3 COMMENTAIRE DE TEXTE Ce texte est un texte qui amène à réfléchir sur ce qu'est la vie. La vie pour Foucault n'est autre que l'erreur. Ceux qui pensent que la vie est autre chose se trompent et nous trompent. Foucault nous indique ici et nous explique ce que signifie cette phrase "errare humanum est". Il nous indique qu'en fait ce sont ceux qui pensent que la vie est dogmatique, qui se trompent. Ils portent la mort. Etre vivant c'est faire des erreurs et c'est même le reconnaitre. En conséquence la biologie doit nous expliquer ce que signifie cette situation. Pourquoi vivre c'est faire des erreurs ? Pourquoi la vie est-elle caractérisée par l'erreur ? La vie est caractérisée par l'erreur et donc l'homme doit le savoir et c'est la raison pour laquelle il doit aborder l'humanité avec une certaine humilité. Il doit se dire que s'il veut être et demeurer vivant il lui faut faire en sorte d'admettre qu'il fait des erreurs. Ce qu'il pense, ce qu'il dit et ce qu'il fait est sujet à l'erreur. On pense ici à Popper notamment qui nous indique que l'approche scientifique est celle-ci. C'est l'approche de celui qui sait qu'il ne fait que des hypothèses et qui doit admettre qu'il se trompe pour ensuite rectifier ce point. Il faut si l'on veut rester vivant toujours se rappeler ce point. Finalement la marque même du vivant pour Foucault c'est l'humilité. Les morts ce sont qui pensent tout savoir et qui pensent qu'ils ne feront jamais d'erreur...
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