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F Du Tiers-Monde aux Tiers-Mondes
I L’exemple de la Chine
Rapidement après la mort de Mao, Deng Xiao Ping s’affirme et lance la Chine dans un
nouveau modèle de développement avec le programme des 4 modernisations : l’agriculture,
l’industrie, la défense nationale et les sciences. Il s’agit de prendre l’agriculture pour base et
l’industrie comme facteur dominant sachant que la Chine s’ouvrant sur l’extérieur ne compte
plus sur ses seules forces. La Chine abandonne le modèle maoïste et s’engage tout d’abord
dans la réforme de l’agriculture.
a)
La révolution silencieuse des campagnes
-
Depuis 1978, la Chine décollectivise son agriculture et crée un système de
responsabilité (zerenzhi). Le mot d’ordre est « paysans enrichissez-vous ». La famille
paysanne redevient l’entité de base avec suivant les régions des contrats de production
qui varient. Sont encouragés les contrats de production avec les groupes : la terre est
confiée à des groupes permanents de paysans qui
exploitent librement la terre. Leur
récolte leur est achetée par l’Etat et des primes peuvent leur être versées en cas
d’excédent. Des contrats de production peuvent aussi être passés avec la main-
d’oeuvre : les paysans reçoivent individuellement des terres au prorata de leur force et
sont soumis au même système que précédemment pour ce qui est de la rémunération.
Des contrats peuvent être passés avec les familles : les excédents sont alors conservés
par la famille qui peuvent les vendre sur un marché libre. Enfin, peuvent être mis en
place des forfaits d’exploitation avec les familles par lesquels les familles paysannes
gardent leur production qu’elles peuvent vendre sur le marché libre et payent un
impôt. On est dans une exploitation libre de la terre.
-
Un bail de 15 ans environ confirme cet usage privé de la terre. Mais cela risque, dans
les mentalités, de mener à une confusion juridique car même si la propriété collective
de la terre est maintenue, on peut cultiver librement la terre, embaucher des journaliers
et même céder son lopin de terre en échange d’un loyer. De toute façon, ce nouveau
système pose un certain nombre de problèmes. Le paysan est tenté de délaisser les
travaux publics collectifs qui caractérisaient la commune populaire et qui pouvaient
prendre la forme de l’entretien des chemins ou bien des mares. Cette réforme pose
également un problème démographique. En effet, l’enfant unique confirmé à la fin des
années 70 est un obstacle au développement du système des responsabilités car les
familles souhaitent
avoir plusieurs enfants pour la main-d’oeuvre qu’ils représentent.
Une pression est faite sur les autorités locales pour pouvoir avoir plusieurs enfants. Le
risque de l’exploitation libre de la terre porte aussi sur la nature des productions.
Certes l’Etat peut en imposer quelques unes mais les paysans sont tentés de substituer
des cultures de meilleur rapport aux céréales : maraîchage, légumes comme le choux.
Un autre problème est la perte de pouvoir des fonctionnaires des anciennes communes
populaires.
-
La révolution est lancée et les
résultats sont encourageants au cours des années 80.
L’agriculture connaît une progression spectaculaire de ses productions et les
agriculteurs semblent beaucoup gagner à la réforme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui
où ce sont les zones urbaines qui bénéficient des réformes. Elles sont donc plus
attractives et l’exode rural est massif : des millions de paysans (entre 60 et 100