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CHAPITRE 1 : IDENTITE ET DIVERSITE DE LA MOSAÏQUE EUROPEENNE
IL MANQUE LES PAGES 1 A 24
ET 34 A 39
b/ Une identité matérielle : mondes ruraux, mondes urbains
-Dans cet espace européen en dilatation, l’économie repose d’abord sur une civilisation agraire dont l’horizon est celui du
village, de la seigneurie et du bourg.
-Dans un premier temps, on observe une extension de la pratique du servage même si les maîtres ont tendance à
amoindrir les contraintes afin de retenir des populations promptes à fuir vers les ville plus attrayantes.
-Aux XIIème et XIIIème siècles, l’Europe connaît à la fois croissance démographique et révolution des techniques
agraires.
-Le collier d’épaule pour les chevaux, les charrues à soc, les herses et la systématisation de l’assolement
triennal permettent un accroissement sensible des rendements .
-La population en augmentation entreprend alors de vastes défrichements qui ne se font pas sans litiges entre
nobles et paysans des communautés villageoises.
-Par exemple le bocage est un défrichement en parcelles bordées de haies vives et de chemins creux qui
permet le drainage des terrains et la protection des cultures contre les vents dominants.
-En Europe, le défrichement et le drainage des zones humides au cours du XIIème siècle augmentent d’un tiers la
surface des terres cultivées, générant des économies agraires florissantes qui permettent d’édifier de nouveau
villages.
-La grande variété des matériaux, les conditions climatiques et topographiques locales conduisent à une profusion
de styles architecturaux régionaux et de paysages différents qui fondent la richesse du patrimoine, aujourd’hui
largement exploitée par le tourisme.
Le servage : une grille des évolutions politiques et sociales en Europe
Le servage est un héritage de la pratique gréco-romaine du colonat qui se développe parallèlement à l’esclavage. Le
colon comme le serf, homme libre, est installé dans un grand domaine sur une terre qu’il ne peut quitter mais qui ne peut
lui être enlevé et qu’il transmet à ses enfants. Il doit au propriétaire, le seigneur, des redevances et des journées de
travail mais dispose de sa récolte. Cela s’adapte très bien au cadre féodal : les ruraux échangent travail et redevances
contre la protection des chevaliers. Le servage connaît des évolutions différenciées selon les régions :
-À l’Ouest du continent, il disparaît à partir du XIIème siècle au profit des tenants libres qui eux peuvent céder ou
vendre leur terre. Il est aboli au XVIIIème siècle en France.
-En Prusse, à l’inverse, le servage se développe à partir du XVème siècle, lorsque la main-d’oeuvre vient à manquer à
l’Est de l’Oder. Il est aboli en 1811.
-L’évolution est bien différente en Russie : au fur et à mesure que l’empire s’étend les paysans deviennent des serfs. Il
est aboli tardivement en 1861.
-Il existe cependant
une autre échelle de la production et de l’échange, celle des villes et des marchands.
-Elles animent des réseaux continentaux qui mettent l’Europe en relation avec le reste du monde connu.
-L’effort rural et agraire s’accompagne en effet d’une croissance considérable des cités qui obtiennent des chartes
de franchise et développent, dans le cadre d’une organisation des métiers, la production artisanale, le commerce et,
pour certaines d’entre elles, des foires de renommée internationale : Troyes, Provins, Novgorod.