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Thème 6 : Les populations en Amérique Latine, peuplement et dynamiques démographiques Intro: aspects en jeu : systèmes migratoires internes et externes, localisation dans l’espace, héritages de peuplement, évolutions naturelles de la population. Problématique: caractéristiques uniques du peuplement (natalité, mortalité, urbanisation, immigration). L’Amérique Latine appartient-elle au Sud par ses structures démographiques ou n’est-elle pas déjà au Nord ? I. Ni Nord, ni Sud : un Ouest, un Nouveau Monde du fait du rôle déterminant de l’immigration et de la décolonisation A. Une histoire démographique bouleversée par le choc de la conquête Origine du peuplement lourde d’implication politique : populations autochtones et premier processus de colonisation des populations venant deBéring.Les descendants des Indiens sont supposés être des colons, donc pas entière responsabilité des Européens. Fin 16°s. la conquête est une catastrophe sur le plan démographique : 50 M, puis 12 M en 1650, et 11 M au 18°s. Massacres, épidémies, désintégration culturelle (alcoolisme, suicide), travaux forcés (mita : corvée dans mines d’argent, Potosi, Pérou). Traumatisme de la mémoire lourde d’enjeux : stratification ethnique, métissage, revendications indigénistes. Des modalités différentes qu’ailleurs. B. Un peuplement conditionné par l’immigration Première étape : colonisation blanche à partir du 15°s. (traité de Tordesillas en 1494). Émigration relativement limitée (moyens de transport) issue de famillesaristocratiques. Conversion de l’Eglise, aventuriers motivés par le gain (mines). Deuxième étape : colonisation noire dans le cadre de la traite. Ressemblance avec Sud des Etats-Unis. Raisons : besoin de main d’œuvre dans une économie de plantation et manque relatif de main d’œuvre locale (controverse de Vallaloid). Conséquences : commerce triangulaire, 6 à 7 M de Noirs déplacés (1/3 au Brésil, 45% Caraïbes et Guyane, 10% en Amérique espagnole et le reste aux Etats-Unis). Traite abolie au 19°s. : 1888 au Brésil. Apport africain qui empreigne les cultures nationales (R. Bastide :Les Amériques noires). Troisième étape : émigration européenne massive (fin 19°s. début 20°s.) qui s’explique par la transition démographique, l’amélioration des transports, raisons politiques, avec des flux considérables mais tout de même inférieurs au Nord. Argentine : 6,3 M, Brésil : 4,2 M (1857-1930), Uruguay : ½ de la population étrangère à Montevideo en 1910. Essentiellement des Italiens, des Portugais, des Espagnols et des Allemands. On est loin des chiffres des Etats-Unis (30 M). Après 1945, renouveau de l’immigration en Argentine, au Brésil, au Venezuela (pétrole)… Quatrième étape : émigration asiatique (Japon et Chine) au Pérou et en Equateur. Renaissance démographique de l’Amérique Latine en raison de l’immigration. Conséquences : des Amériques Latines sur le plan démographique avec une Amérique indienne (Guatemala, Bolivie…), une Amérique métissée (70% de la population au Mexique, au Honduras…), une Amérique blanche (90% de la population en Uruguay, en Argentine…). Le Brésil comprend 40% de métis, 55% de blancs et 5% de Noirs. À l’échelle latino-américaine, les Indiens représentent 9% de la population, les Noirs 15%, les blancs et les métis 75%. Distinction par rapport à l’Amérique du Nord. C. La répartition inégale de la population dans l’espace est largement le fait de cette colonisation et cette immigration Idée générale : vide et ville. Facteur géographique avec milieux naturels hostiles (déserts : Mexique, Chili, et la forêt équatoriale). Facteur historique : densités élevées dans les terres montagnardes andines ou sur les plateaux mexicains. Sinon, l’essentiel du peuplement s’est faite sur le pourtour du continent. Peuplement qui résulte d’une logique d’extraversion de l’immigration et non de l’économie. Amérique de Sud : 2 2 densité faible (20 hab./km ) dominée par le Brésil (185 M). Amérique centrale : densité de 100 hab./km 2 dominée par le Mexique (105 M). Densité élevée aux Caraïbes : 166 hab./kmet 40 M dont 11 M à Cuba, 9 M en République Dominicaine et 8 M à Haïti. L’intérieur des terres est moins peuplé en proportion par rapport aux Etats-Unis. II. Plusieurs caractéristiques placent cependant l’Amérique Latine au Sud A. Une démographie du Sud Précoce et brutale. L’essentiel à partir de 1950-1965 : croissance de 2,8%/an contre 2 en Asie et en Afrique. Causes : diminution des épidémies, augmentation de la santé, baisse de la mortalité infantile (30 à 40 pour