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UNE La discussion contemporaine sur le rapport État -reli g ion (Algérie -Tunisie) Franck
I I devenu banal, s'agissant du monde musulman de mettre l'accent sur le fait que rien ne semble devoir échapper à l'emprise totalisante de la religion e t surtout pas le domaine politique. Si des doutes persistent quant à la réalité d'une telle emprise, hier la révolution iranienne ou l'assassinat de Sadate, aujourd'hui la situation algérienne ou la poussée électorale du e n Turquie, ont fait la preuve que l'action politique dans le monde musulman ne semble pas pourvoir être totalement déconnectée des considérations religieuses. Cette constatation nous renvoie à l'image récurrente de l'islam qui serait par essence une religion éminemment politique. L'islam postulerait e n effet une adéquation entre les plans politique e t religieux. Là où le christianisme aurait établi une absolue séparation entre le domaine de César, l'espace temporel de la cité, e t le domaine de Dieu, l'espace proprement religieux, l'islam ne reconnaitrait qu'un seul e t même domaine où politique e t religieux seraient indistinctement mêlés sous prétexte qu'il n'y a u r a i t d'un strict point de vue islamique d'autre César que Dieu lui -même! De viendrait la difficulté de concevoir dans l'ensemble du monde musulman une quelconque expression de la laïcité entendue comme une séparation de e t de la religion. Cette affirmation est une constante de toute la littérature érudite s u r le monde islamique. Depuis l'orientalisme e t la plus classique disséquant l'archétype de la cité musulmane de Médine écrits plus récents à orientation traitant du phénomène islamiste 1985; Carré 1984; 1983; Kepel 1984; Etienne 1987; Burgat tous les convergent vers une politique du religieux islamique. De l'idée développée par Bertrand Badie de l'existence spécifique de développement politique du monde musulman par du religieux et du (Badie à l'opposé du schéma occidental, qui se caractérise, lui, par l'invention d'un espace politique autonome par rapport aux données de la religion. Dès toute tentative d'évoquer, a fortiori de revendiquer la laïcité dans cet espace relève d'une gageure.
Chargé de au CNRS, Droit et Religion
de d u N o r d . tome 1994, CNRS
414 NOTES DE Cet article entend contribuer a u débat sur les modalités de repérage et d'expression de la sécularisation dans l'espace contemporain, à la des mutations du rapport État -reli g ion. Notre objectif est double : il s'agit à la fois de faire un état des lieux, historique e t théorique, de la littérature militante ou érudite s u r la question de l'articulation entre religion et politique, islam e t depuis le siècle jusqu'à nos jours, mais également de procéder a l'étude du cas maghrébin e t plus particulièrement de l'Algérie e l de la Tunisie s'agira pour nous de mettre l'accent s u r le fait que non seulement la institutionnelle est à l'œuvre dans ces deux sociétés. où elle fait l'objet revendication mais que l'essor actuel de l'islamisme participe activement quoique de manière contradictoire de cette dyna -mique de sécularisation. I s l a m et État: l'impossible l a ï c i s a t i o n ? est vrai que poser le problème des rapports État -religion en de séparation organique ou d'union institutionnelle conduit à constater, s'agissant d u monde musulman, que la laïcité comme traduction au plan juridique d'une séparation des organes religieux e t politiques e t d'une double incompétence de en matière religieuse e t du religieux e n matière politique est un produit ! n'y a guère que la Turquie qui, au terme d'un processus autoritaire sous la houlette de Mustapha Kémal, a consacré constitutionnellement un tel principe (Lewis Cela n'a pas empêché pour autant, d'ailleurs, la percée politique actuelle d u courant islamiste incarné principalement par le Refah (Parti de la Prospérité) Erbakan et le fait que l'État turc laïque continue de prendre directement e n charge l'administration du culte e t a rétabli u n cours d'instruction religieuse dans les établissements scolaires publics. A s'en tenir à une lecture purement formelle voire purement juridique e t franco -française la laïcité, on est contraint d'admettre que celle -ci, paraphra -s a n t Gambetta, " n'est pas un bon produit d'exportation. e t n'a d'équiva -lent dans le monde musulman, pas plus d'ailleurs que dans le reste de occidentale La laïcité dans sa version radicale nous apparaît comme le produit d'un espace géographique e t d'un contexte historique précis : la France d u début du siècle, mais aussi comme la résultante au plan institutionnel d'un conflit spécifique mettant aux prises la République française e t catholique Difficile ce cas de vouloir prétendre retrouver dans d'autres sociétés ayant u n autre parcours historique e t dotées d'un autre culturel e t religieux, ce qui en apparence semble si étroitement hexa -gonal. ne faut pas cependant brûler les étapes d u raisonnement e t conclure hâtivement, sous prétexte que la laïcité dans sa traduction institutionnelle (séparationorganique des cultes e t de l'État) résulte de l'histoire particulière de la France, qu'elle ne fait que répondre à u n problème exclusivement français, à savoir le conflit État -reli g ion. S e n tenir à une telle lecture, à la fois