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B LA CRÉATION MONÉTAIRE

9 pages
Niveau: Secondaire, Lycée, Première
B – LA CRÉATION MONÉTAIRE 1 – Les fonctions de la monnaie a) – Les trois fonctions traditionnelles de la monnaie Tout le monde connaît l'histoire du chasseur de daim et du chapelier. Jusqu'alors, notre chasseur n'avait eu aucun mal à trouver des artisans aimant suffisamment le gibier pour être prêts à accepter un ou plusieurs daims abattus par le chasseur en échange de la chaise, du sel ou des flèches qu'il convoitait et qui lui permettaient de mettre un peu de fantaisie et de plaisir dans une existence par ailleurs bien difficile. Mais le jour où est censée se passer cette histoire, le chasseur n'eût pas de chance : ce chapeau si joli, si flatteur pour la prestance de notre homme, le chapelier ne voulait rien entendre pour le céder au chasseur. Ce jour-là, l'humanité toute entière fit un grand pas en avant : le chasseur eût l'idée de la monnaie. Un bien ayant une valeur reconnue par tous - coquillage, bétail, noix de coco, etc. -, capable d'être stocké en conservant cette valeur et servant d'intermédiaire entre les échangistes pour rompre le troc, frein majeur à la multiplication des échanges. la valeur d'usage du bien en question se muait en une valeur d'échange, étalon permettant de mesurer universellement l'ensemble des autres biens ( et services) proposés à l'échange par les producteurs. Cette histoire, ou une semblable, nous l'avons tous lue un jour ou l'autre: les manuels, les livres d'initiation à l'économie en sont pleins.

  • paiement

  • création monétaire

  • dépôt

  • développement de la division du travail et des échanges incompatibles avec la poursuite du troc

  • public

  • lien social

  • banque

  • montant initial de dépôts


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B – LA CRÉATION MONÉTAIRE
1 – Les fonctions de la monnaie
a) – Les trois fonctions traditionnelles de la monnaie
Tout le monde connaît l'histoire du chasseur de daim et du chapelier. Jusqu'alors, notre chasseur n'avait eu aucun mal à
trouver des artisans aimant suffisamment le gibier pour être prêts à accepter un ou plusieurs daims abattus par le chasseur en
échange de la chaise, du sel ou des flèches qu'il convoitait et qui lui permettaient de mettre un peu de fantaisie et de plaisir dans
une existence par ailleurs bien difficile. Mais le jour où est censée se passer cette histoire, le chasseur n'eût pas de chance : ce
chapeau si joli, si flatteur pour la prestance de notre homme, le chapelier ne voulait rien entendre pour le céder au chasseur. Ce
jour-là, l'humanité toute entière fit un grand pas en avant : le chasseur eût l'idée de la monnaie. Un bien ayant une valeur
reconnue par tous - coquillage, bétail, noix de coco, etc. -, capable d'être stocké en conservant cette valeur et servant
d'intermédiaire entre les échangistes pour rompre le troc, frein majeur à la multiplication des échanges. la valeur d'usage du bien
en question se muait en une valeur d'échange, étalon permettant de mesurer universellement l'ensemble des autres biens ( et
services) proposés à l'échange par les producteurs.
Cette histoire, ou une semblable, nous l'avons tous lue un jour ou l'autre: les manuels, les livres d'initiation à l'économie en
sont pleins.
(Source : Denis Clerc,
La monnaie un vecteur du lien social, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– Quels sont les trois inconvénients du troc dans l'échange de marchandises ?
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Q2
– Quelles sont les trois fonctions de la monnaie évoquée dans le texte ?
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Q3
– Pouvez-vous donner une définition de la
monnaie.
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b) – La monnaie vecteur du lien social
L'histoire montre combien le développement de la monnaie a tenu à des causes autres que purement économiques. Ainsi, de
nombreuses civilisations ont promulgué des lois réclamant le versement de compensations lors de jugement d'actes de violence.
le mot « payer » vient du latin
pacare,
qui signifiait à l'origine pacifier, apaiser ou faire la paix avec quelqu'un. De même, le
paiement d'une dot, afin de dédommager le père de la perte des services rendus par sa fille, était - et reste encore - une coutume
dans nombre de sociétés. Les obligations religieuses rendaient également nécessaires des paiements réguliers. Sans oublier les
impôts et autres prélèvements imposés de tout temps par les princes à leurs sujets. Monnaie-violence, monnaie-mariage,
monnaie pieuse, monnaie-taxe, les causes n'ont pas manqué pour induire des besoins de paiement qui ont joué un rôle important
dans le développement des signes monétaires. les nécessités du commerce ont aussi leur part, mais elles sont loin d'être la
cause unique de l'utilisation croissante de la monnaie.
Si la monnaie comporte une dimension économique indéniable, elle a été, et reste, aussi un instrument de lien social. Michel
Aglietta et André Orléan en font même l'une des expressions fondamentales du rapport d'appartenance qui lie les individus entre
eux. Qu'elle prenne la forme d'une dette avec une obligation de paiement et de remboursement, ou qu'elle soit l'un des symboles
d'une communauté politique et sociale, la monnaie comporte des dimensions que la science économique traditionnelle est bien
en peine de rendre, elle qui n'offre tout bonnement aucune théorie de la monnaie..
C'est justement parce qu'elle comporte cette dimension sociale qu'une certaine stabilité de la valeur de la monnaie est
considérée comme un élément essentiel de l'équilibre des sociétés. Car c'est l'une des condition de la confiance des acteurs
économiques, aussi bien que des citoyens dans la pérennité de l'ordre social.
(Source : Christian Chavagneux,
La monnaie, pouvoir et société, Alternatives économiques,
Hors-série n° 45, Septembre 2000)
Q1
– A partir du texte, remplissez le texte à trous à l'aide du vocabulaire suivant :
confiance (2), identité, langage, communauté,
première, légitime, liens, violence, admis.
La monnaie n’a pas qu’une fonction utilitariste, elle a aussi une dimension sociale pour plusieurs raisons :
D’une part, parce que derrière les échanges monétaires se cachent des.....................sociaux qui ne sont pas
seulement marchands. Alliances matrimoniales (la dot), alliances claniques (le tribu), alliance religieuse
(l’obole)…La monnaie se substitue à la..........................pour compenser les pertes dues à un mariage, une
mort, un accident…
La monnaie est constitutive du lien social. Elle est à la source de la société marchande,
parce que, sans elle, personne n'accepterait de se séparer de ce qui lui appartient contre quelque chose
dont il risque de ne pouvoir se défaire. Cet objet produit à la fois de la............................(puisque chacun
l'accepte, je l'accepte, d'où un sentiment d'appartenance sociale) et de la violence (violence mimétique :
puisque chacun la désire, je la désire, d'où une lutte potentielle).
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