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Bac 2015 Histoire-Géo Série S
BAC 2015 – Session juin Terminales générales Série : S
PREMIERE PARTIE
Histoire-Géographie TS Proposition de correction
Composition – Sujet 1 « Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation »
Sujet attendu, qui permet d’aborder un grand nombre des notions liées à la deuxième partie du programme (« les dynamiques de la mondialisation »). Deux difficultés dans ce sujet : d’abord l’abondance d’informations, qui oblige à trier et à s’appuyer sur des hiérarchies et des faits concrets, et à développer des exemples précis plutôt que des explications économiques sur le commerce mondial ; ensuite le choix à faire d’intégrer ou non les espaces maritimes dans le sujet – comme le sujet n’en dit rien, tout est possible, à condition de le justifier (par exemple en expliquant rapidement en intro que l’accélération du commerce mondial a comme effet le développement de littoraux urbanisés et industrialisés, parce que 80% du commerce mondial se fait par voie maritime, et que ceci a des effets sur les inégalités d’intégration des territoires).
L’introductiondoit permettre de définir en quelques lignes le contexte et les termes du sujet, et de donner un fil conducteur à l’argumentation. On attend ici le rappel que la mondialisation est un processus qui concerne la quasi-totalité de la planète, qu’il implique des lieux de production, des flux de marchandises et de personnes, et que l’essentiel du commerce se fait de littoral à littoral. Selon le degré d’intégration dans le commerce mondial et la présence de littoraux, un territoire sera plus ou moins bien intégré à ce processus. Le fil conducteurest offert par l’intitulé : tous les territoires ne sont pas également intégrés dans le processus de mondialisation.Proposition de plan. Plusieurs plans sont possibles. Un premier paragraphe peut décrire les pôles et territoires bien intégrés, un deuxième ceux qui sont mal intégrés (en marge) dans la mondialisation.
Dans un premier paragraphe, on attend l’idée que le monde est aujourd’hui multipolaire (anciens pays industrialisés, pays émergents, aires régionales qui accélèrent la coopération entre espaces riches ou émergents) ; on attend une explication du rôle des métropoles en s’appuyant sur un ou deux cas comme New York, Shanghai, Mumbai (villes mondiales, mégalopoles, archipel mégapolitain mondial) ; on peut attendre un mot des espaces maritimes comme outil d’inégale intégration : littoralisation des activités, essor urbain, exode rural, mention du rôle des grandes façades maritimes (Northernrange, façade asiatique, mégalopole nord-est américaine).
Dans un second paragraphe,on attend des explications sur la place des PVD et des PMA dans la mondialisation, le rôle d’intégration limitée qui est celui des pays à économie spécialisée (producteurs d’hydrocarbures, de ressources naturelles), des pays enclavés dépendants d’infrastructures de transports situés dans d’autres pays ou aux ressources convoitées par des FTN de pays industrialisés (Amérique andine, Afrique centrale,land-grabbingen Afrique orientale), et des pays placés en situation de guerre civile ou menacés par une piraterie endémique (Asie du sud-est, golfe de Guinée, Corne de l’Afrique, sud Saharien). La présence d’un schéma, sans être obligatoire, est valorisée.On pouvait ici attendre, er e entre le 1 et le 2 paragraphe, ou avant la conclusion, un schéma de l’espace mondial, avec pour titre « Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation » comportant deux parties : 1. Territoires intégrés (Pays industrialisés, pays émergents ou BRICS, façade maritime) ; 2. Territoires mal intégrés (limite Nords/Suds, PVD, PMA, zones de piraterie). En conclusion, la réponse au fil conducteur est attendue : la mondialisation est un processus visible dans des territoires de plus en plus nombreux et étendus, mais qui ne réduit pas à elle seule les inégalités entre ces territoires.
Des notionssont attendues : monde multipolaire, métropoles, littoralisation, façade maritime, émergents, BRICS, PMA, flux, enclavés. Sans compter des cas concrets (Nords, Suds, ALENA, ASEAN, MERCOSUR, des noms de villes mondiales, des noms de territoires en marge).
Composition – Sujet 2 « Le Sahara : ressources, conflits »
Sujet difficile en composition, d’abord parce qu’il ne bénéficie que de peu de temps d’étude pendant l’année, ensuite parce que la formulation du sujet paraît trop simple aux candidats par nature méfiants. L’introduction doit permettre en quelques lignes de définir le sujet et son originalité : derrière la question des ressources se pose celle d’un espace convoité, derrière la question des conflits se pose celle des tensions asymétriques.Le fil conducteurpeut donc s’interroger sur le Sahara comme espace soumis à des convoitises et à des tensions créées par sa situation d’espace contraint. Le plan peut suivre plusieurs types de plans. Le plus évident peut ici être de suivre la logique du sujet, un premier paragraphe portant sur les ressources, un second sur les conflits.
Dans un premier paragraphe, il s’agit de rappeler d’abord que le Sahara est une espace naturel anthropisé, un milieu naturel doté à la fois d’atouts touristiques (Maroc, Tunisie, Egypte) et de ressources énergétiques (hydrocarbures Algérie, minerais Niger), un espace traversé de routes commerciales anciennes (Touaregs) et qui vit une forte croissance démographique et urbaine qui accélère les migrations internes ou vers les littoraux. On peut ensuite rappeler que la division de ce territoire en dix Etats implique des frontières (mal contrôlées), la multiplication d’infrastructures de transports (aéroports, voies ferrées) qui accélèrent l’exode rural et font encore plus du Sahara un espace traversé (route Sud/Nord, transit pour les migrants d’Afrique centrale vers l’Europe).
Dans un second paragraphe,on peut insister sur les conflits et sur le fait que le Sahara soit devenu un enjeu à l’échelle mondiale. Conflits armés liés à l’accaparement ou la circulation de ressources ou au contrôle des frontières (Libye, Mali, sud algérien, Soudan), opposition entre pratiques nomades et tracés frontaliers (Touaregs au Mali et au Niger), et le fait que le Sahara soit au cœur de tensions géopolitiques mondiales (djihadisme, trafics de drogue, migrations clandestines).
Un schéma, sans être obligatoire, est le bienvenuen milieu ou fin de composition. On peut y montre d’abord qu’il s’agit d’un milieu naturel riche en ressources (désert entre Maghreb et Afrique subsaharienne, hydrocarbures et minerais de Mauritanie, Algérie, Niger, Libye), et qu’il s’agit d’un espace de circulation contraint par des tensions ou des conflits (flux
migratoires et d’hydrocarbures Sud/Nord, conflits récents au Mali, au Niger, au Soudan et en Libye, espace d’instabilité dans le sud Saharien, du Mali au Soudan).
Une rapide conclusion montre que le Sahara est paradoxalement bien intégré dans les logiques des circuits mondialisés, par des flux légaux ou illégaux, mais qu’il reste un espace instable placé sous la coupe d’acteurs aux intérêts divergents (populations, Etats, FTN).
Plusieurs notionsattendues, expliquées et mises en situation  sont : contrainte, conflit, flux, enclavement, hydrocarbures, FTN, frontières, mondialisation grise, ressources, développement.
DEUXIEME PARTIE
Analyse d’un document en histoire La Chine et le monde des années 1960 aux années 1980.
Sujet facile pour qui connaît bien le contexte situé au cœur du cours sur la Chine et le monde depuis 1949. La consigne proposeun plantrois paragraphes pour répondre au sujet général des en transformations des relations entre la Chine et le monde de l’ère maoïste (après rupture avec l’URSS, 1960) à l’ère de l’ouverture économique littorale (après le lancement des Quatre Modernisations de Deng Xiaoping, 1978).
Dans un premier paragraphe, il s’agit de brosser à grands traits les transformations de la place de la Chine dans les relations internationales : 1960 rupture avec l’URSS post-stalinienne (fin de « l’alliance de droit » marquée en interne par l’échec d’un Grand Bond en Avant qui s’inspirait du modèle soviétique), et la voie maoïste se veut une alternative au modèle soviétique (1961 conférence des non-alignés à Belgrade, 1964 bombe nucléaire, 1971 la Chine communiste membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU). En 1972 la visite du président Nixon à Pékin est la conséquence de cette émancipation chinoise (début de « l’alliance de fait »).
Dans un second paragrapheil s’agit d’expliquer les changements de la politique chinoise de la fin des années 1970. Sous Mao, les dramatiques effets de la Révolution culturelle (1966-
1976) amènent à des transformations internes en profondeur : 1978 Deng Xiaoping lance les Quatre Modernisations qui ouvrent des territoires littoraux (les ZES comme Shanghai) au commerce international, même contraint par des co-entreprises (joint-ventures) qui permettent à la Chine de récupérer de nombreux brevets et de produire en masse : dans les années 1980-1990, elle est l’atelier du monde.
Dans un troisième paragraphes’agit de s’interroger sur les effets de cette place de la il Chine comme créatrice d’un nouveau modèle politique. L’échec du Printemps de Pékin, en 1989, rappelle que la Chine est depuis 1978 dans un modèle original, économiquement en partie ouvert mais politiquement communiste (Un Etat, deux systèmes ; socialisme de marché). L’essor économique continu, à près de 15% de croissance entre les années 1980 et les années 2000, l’amène à intégrer en 2001 l’OMC. Certains depuis parlent d’un G2 Etats-Unis/Chine qui influence l’économie mondiale tout en créant en Asie une opposition de fait (collier de perles contre alliance militaire américaine).
Notions attendues: modèle soviétique, voie maoïste, non-alignés, Révolution culturelle, Quatre Modernisations, socialisme de marché, ZES.
Rien de difficile ici ; il s’agit de répondre à la consigne en suivant le texte et en expliquant le contexte dans lequel se transforment les relations entre la Chine et le monde.
Hugo Billard, 18 juin 2015.