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Cours de SES Première R Pradeau Chapitre La monnaie et le financement de l'économie

De
19 pages
Niveau: Secondaire, Lycée
Cours de SES, Première, R. Pradeau, 2011-2012 Chapitre 3 : La monnaie et le financement de l'économie Problématiques : I/ Pourquoi a-t-on besoin de monnaie ? Quels sont les avantages de la monnaie par rapport au troc ? Quelles sont les fonctions de la monnaie ? La monnaie n'a-t-elle que des fonctions économiques ? Quelles formes prend la monnaie ? II/ Comment financer les activités économiques ? Comment ont évolué ces modalités de financement ? Pourquoi rémunère-t-on celui qui prête de la monnaie ? Quel risque prend le prêteur ? III/ Qui crée les billets ? Qui crée la monnaie scripturale ? Qu'est-ce qui fait évoluer la quantité de monnaie en circulation ? Pourquoi est-il intéressant pour une banque de faire un crédit ? Pourquoi limite-t-on l'octroi de crédit par les banques ? Qu'est-ce qu'une banque centrale et pourquoi dit-on que c'est la banque des banques ? Quels sont les objectifs et les instruments des politiques monétaires ? Plan : I/ A quoi sert la monnaie ? A/ Les fonctions économiques de la monnaie B/ La dimension symbolique et sociale de la monnaie C/ Les formes de la monnaie : de la monnaie marchandise à la monnaie scripturale II/ Comment l'activité économique est-elle financée ? A/ L'équilibre financier des agents : besoin ou capacité de financement ? B/ Les modalités de financement de l'économie et leur évolution C/ Taux d'intérêts et risques de crédit III/ Comment est créée la monnaie

  • céréales contre vêtement

  • partie notions au programme notions complémentaires

  • acte de vente de l'acte d'achat

  • vêtement

  • rouages de l'économie nationale

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  • banque centrale

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  • activité économique


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 Cours de SES, Première, R. Pradeau, 2011-2012 Chapitre 3 : La monnaie et le financement de l'économie   Problématiques : I/ Pourquoi a-t-on besoin de monnaie ? Quels sont les avantages de la monnaie par rapport au troc ? Quelles sont les fonctions de la monnaie ? La monnaie n'a-t-elle que des fonctions économiques ? Quelles formes prend la monnaie ? II/ Comment financer les activités économiques ? Comment ont évolué ces modalités de financement ? Pourquoi rémunère-t-on celui qui prête de la monnaie ? Quel risque prend le prêteur ? III/ Qui crée les billets ? Qui crée la monnaie scripturale ? Qu'est-ce qui fait évoluer la quantité de monnaie en circulation ? Pourquoi est-il intéressant pour une banque de faire un crédit ? Pourquoi limite-t-on l'octroi de crédit par les banques ? Qu'est-ce qu'une banque centrale et pourquoi dit-on que c'est la "banque des banques" ? Quels sont les objectifs et les instruments des politiques monétaires ?   Plan : I/ A quoi sert la monnaie ?  A/ Les fonctions économiques de la monnaie  B/ La dimension symbolique et sociale de la monnaie  C/ Les formes de la monnaie : de la monnaie marchandise à la monnaie scripturale II/ Comment l’activité économique est-elle financée ?  A/ L'équilibre financier des agents : besoin ou capacité de financement ?  B/ Les modalités de financement de l'économie et leur évolution  C/ Taux d'intérêts et risques de crédit III/ Comment est créée la monnaie ?  A/ Qui crée et qui contrôle la monnaie ?  B/ Quelle politique monétaire ?   Notions : Partie Notions au programme Notions complémentaires I/ Fonctions de la monnaie, Division sociale du travail, intermédiaire des échanges / formes de la monnaie unité de compte / réserve de valeur, liquidité, monnaie marchandise / monnaie métallique / monnaie fiduciaire / monnaie scritpurale, valeur faciale / valeur intrinsèque, banque II/ Autofinancement, finacement Capacité de financement / besoin de financement, taux direct / indirect, taux d'autofinancement, action / obligation, économie d'intérêt, risque de crédit d'endettement / économie de marchés financiers, solvabilité III/ Masse monétaire, marché Crédit / débit, création de monnaie / destruction de monnaie, monétaire, Banque centrale, taux d'intérêts directeurs, taux de réserves obligatoires, prêteur en dernier ressort inflation / déflation / désinflation, politique monétaire expansive / restrictive,   Note : Les documents qui ne sont pas reproduits sont issus du manuel Magnard.    
I/ A quoi sert la monnaie ? Durée : 3-4 heures  On a tous besoin de monnaie. Mais qu'est-ce que c'est précisément ? La monnaie a-t-elle toujours existé ? Non, dans les sociétés primitives, pas de monnaie, mais un système de troc (échanges en nature, sans monnaie). Pourquoi utilise-t-on de la monnaie ?  Nous allons nous demander pourquoi la monnaie existe et à quoi sert-elle ? Y a t il eu toujours eu de la monnaie ? Non, qui y avait-il avant ? Le troc. C'est quoi, le troc ? Echange non monétaire : je vais échanger des tomates contre de la viande par ex. Pourquoi on ne se contente plus de faire du troc ? Quels sont les inconvénients du troc qui rendent nécessaire le recours à la monnaie ? = Quels sont les avantages de la monnaie par rapport au troc ?  A/ Les fonctions économiques de la monnaie  Document 1 :  La division du travail rend nécessaire la monnaie Au fur et à mesure que les hommes amélioraient leur manière de cultiver la terre, de chasser, de êcher ou de se défendre, ils se seraient aperçus qu'il valait mieux que chacun se spécialise dans l'activité où il était le plus doué. Lorsqu'on chasse avec une lance en bois, on peut soi-même roduire cette lance puis s'en servir pour tuer le gibier. Si cette lance a une pointe en bronze, l'extraction du minerai, sa transformation en métal puis en point exigent beaucoup plus de temps. Tellement de temps qu'on risque de ne plus avoir celui de chasser. Il vaut mieux que certains soient forgerons, d'autres chasseurs, et que les forgerons échangent des lances contre de beaux cuissots de sangliers ou de biches. [...] Toutefois, cet échange économique non monétaire (le troc) ne peut avoir qu'un développement restreint. Il suppose que celui qui possède ce que vous désirez accepte en échange ce que vous possédez. Pour faciliter les échanges, les hommes ont été& incités à introduire un bien intermdéiaire : la monnaie, que tout le monde désirait et qui se conservait aisément. Son introduction permet de décomposer le troc en deux opérations distinctes. Dans un premier temps, on vend contre de la monnaie ce qu'on possède (éventuellement son travail) à ceux qui le désirent. Dans un second temps, on achète au moyen de la monnaie gagnée les produits que l'on désire à ceux qui le possèdent. [...] La monnaie se présente donc comme un bien intermédiaire qui facilite l'échange. La monnaie permet alors non seulement de décomposer l'échange, mais aussi de comparer la valeur de biens entre eux (par exemple, X unités de monnaie = un sanglier = une hache en bronze). Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale , Les éditions de l'Atelier, 1996  Q1 : Qu'est-ce que la division sociale du travail ? La division sociale du travail  consiste en la répartition dans la société des différentes activités entre les individus ou les groupes sociaux. Cela renvoie donc à la spécialisation des individus dans des fonctions particulières : au lieu que tout le monde fasse un peu de tout pour vivre en autarcie, chacun se spécialise dans un métier.  Q2 : Pourquoi la division sociale du travail rend-elle nécessaire la monnaie ? Si tout le monde se spécialise dans une fonction, il va y avoir une multiplication des échanges. Le troc va donc être de plus en plus complexe : il est nécessaire que « celui qui possède ce que vous désirez accepte en échange ce que vous possédez ». On appelle cela la double coïncidence des désirs : il faut trouver quelqu’un qui veuille ce qu’on a, et que nous en retour on veuille ce qu’il a.
A l'oral : Ex :je veux acheter du café, et en échange je propose du fromage. Je vais voir une personne qui vend du café, je lui propose l’affaire ; malheureusement, il n’aime pas le fromage. Comment faire ? Je vais devoir faire le tour du village ou de la ville pour trouver quelqu’un qui veut m’échanger du café contre du fromage. Et c’est pas gagné ! Et que se passe-t-il si je ne trouve personne ? En attendant, mon fromage va pourrir… Et là c’est sûr je ne trouverai personne ! (donc problème supplémentaire si denrées périssables ) Un autre problème non évoqué dans le texte est celui de l' indivisibilité : comment faire si en échange du fromage on ne me propose qu’une vache ? Je veux la garder vivante car ce qui m’intéresse c’est son lait, comment faire pour prendre juste la valeur de mon fromage, il me faudra beaucoup de fromages ! Le troc avait donc des inconvénients importants et on a utilisé la monnaie pour palier les manques du troc.  Q3 : Quels sont les avantages de la monnaie par rapport au troc ? La monnaie est un bien intermédiaire  : il va y avoir un intermédiaire entre le café et le fromage, quelque chose qu'on va nommer monnaie (par exemple, du métal, des pierres...) et qui aura l'avantage d'être désiré par tout le monde (d'où monnaie va être souvent des pierres ou des métaux précieux, on y reviendra quand on parlera des formes de la monnaie), de se conserver facilement (ce n'est pas une denrée périssable) et d'être facilement divisible. Intermédiaire car on vend le café contre de la monnaie et avec cette monnaie on pourra acheter autre chose, il y a bien décomposition du troc en 2 opérations différentes. Cela permet de faire disparaître les différents coûts liés au troc, notamment la recherche de quelqu'un qui veut ce que je vends et qui vend ce que je désire (en économie monétaire, tout agent accepte la monnaie).  On a déjà ici une des 3 fonctions économiques de la monnaie, celle qu'on va appeler intermédiaire des échanges. Mais la monnaie a également d'autres avantages.  Document 2 :  Les 3 fonctions économiques de la monnaie Depuis Aristote, trois missions sont reconnues traditionnellement à la monnaie : deux fonctions dans lespace (intermédiaire dans les échanges et unité de compte) et un rôle dans le temps (instrument de réserve de valeur). En tant qu' intermédiaire des échanges , la monnaie est d'abord un "agent de circulation" : elle facilite et accélère les échanges. C'est là sa fonction la plus courante. Distribuée via des revenus, elle garantit à chaque individu la possibilité de choisir, à travers la transaction, le bien ou le service offert. En tant qu' unité de compte , la monnaie est la référence commune de mesure, l'indispensable étalon qui permet de fixer unprix, de déterminer une valeur. Il est, en effet, infiniment plus commode d'évaluer un produit par rapport à un étalon unique que de fixer les relations d'échange de ce produit avec toutes les autres marchandises. La monnaie permet donc d'établir une échellede rix simple et unique, exprimée en unités monétaires. [...] La monnaie est alors une concrétisation de la valeur. Elle en est indissociable. [...] En tant que réserve de valeur , la monnaie rend possible l'utilisation différée dans le temps de la valeur d'échange qu'elle représente : le consommateur n'est pas dans l'obligation de la dépenser immédiatement. [...] La monnaie représente également un pouvoir d'achat immédiat, indéterminé et général, ainsi qu'un moyen de paiement : son acceptation par tous lui confère un "pouvoir libératoire" sur tous les marchés. Au même titre que les valeurs mobilières (actions, obligations) ou les biens immobiliers, la monnaie est alors un instrument d'épargne, un moyen de conserver la richesse (patrimoine) qui présente deux avantages spoécifiques : - elle est l'actif liquide par excellence.
- hormis le risque d'inflation, elle ne fait courir aucun risque de perte en capital à son détenteur. Michel Ruimy, "La monnaie, au coeur de la relation marchande", Cahiers français , n°315, La Documentation française, juillet-août 2003  Q1 : Expliquez la fonction d'intermédiaire des échanges. Intermédiaire des échanges : La monnaie permet de résoudre le problème de la double coïncidence des désirs : lorsqu’on veut vendre un fromage et acheter du café, on n’est plus obligé d’échanger l’un contre l’autre mais on utilise la monnaie comme intermédiaire. Ainsi plus de problème pour échanger.  Q2 : Pour illustrer la phrase soulignée, on suppose une société dans laquelle 4 agents ont 4 biens à échanger : céréales, viande, vêtement, outil. Dans un système de troc, combien de rapports d'échanges faut-il calculer ? Si un de ces biens (par exemple, l'outil) est chosi comme étalon monétaire, combien de rapports d'échange faut-il calculer ? Troc : Céréales contre viande, céréales contre vêtement, céréales contre outil, viande contre vêtement, viande contre outil, vêtement contre outil = 6 rapports d'échange à calculer.   outil monnaie : outil contre céréales, outil contre viande, outil contre vêtement = 3 rapports d'échange à calculer. Et plus il va y avoir de biens à échanger, plus l'écart va être important. On comprend que plus il y a de biens (et avec la division sociale du travail, il y a plus d'échanges), plus le troc est compliqué et plus il y a besoin de monnaie.  Q3 : Expliquez la fonction d'unité de compte. Unité de compte (ou étalon de valeur) : la monnaie permet d'exprimer la valeur de chaque bien ou service dans la même unité.  Q4 : Expliquez la fonction de réserve de valeur Réserve de valeur : la monnaie est non périssable, on peut la conserver. Lorsqu’on vend quelque chose, on n’est pas obligé d’acheter autre chose tout de suite comme dans le troc. On peut acheter plus tard, dans le futur sans problème. La fonction de réserve de valeur permet de séparer l'acte de vente de l'acte d'achat : je peux mettre en réserve ce que m'a rapporté la vente d'un bien ou d'un service et ne l'utiliser que plus tard quand j'en aurai envie/besoin. Demain, la monnaie aura toujours la même valeur (mis à part le risque d'inflation : hausse des prix entraîne perte de valeur d'un euro).  Q5 : Recherchez une définition de la liquidité. Pourquoi la monnaie est-elle « l'actif liquide par excellence » ? La liquidité est le fait de pouvoir convertir instantanément et sans coût un actif en monnaie. Dire que quelque chose est liquide, c'est dire qu'il peut être accepté dans les échanges à titre d'intermédiaire, cad dans le but d'être utilisé dans des transactions ultérieures. La monnaie est l'actif ( Actif  = bien matériel ou monétaire possédé par un agent économique) le plus liquide : par définition, elle est ce qu'il y a de plus liquide, c'est-à-dire qu'elle peut être utilisée à tout moment dans toute transaction. La monnaie est l’actif le plus liquide car, avec de la monnaie, on peut acheter immédiatement n'importe quel bien ou service. La monnaie est plus liquide que, par exemple, un compte épargne logement : sur ce compte, il y a de l'argent, mais je ne vais pas pouvoir l'utiliser à tout moment pour n'impote quoi : je vais de voir attendre un certain temps et je ne pourrai l'utiliser que pour financer un logement. Sur ce point, lire doc 1 p. 115
 Synthèse : la monnaie a trois fonctions économiques (compléter avec doc 4 p 116) :  unité de compte  Intermédiaire des échanges  Réserve de valeur  On peut maintenant donner une définition de la monnaie. Monnaie (lexique)  : instrument de paiement universel cad accepté par tous et qui est parfaitement liquide. Citation : « La monnaie […], est désirée, non pas pour elle-mê me, mais pour les choses qu’elle permet d’acheter. » (Paul Samuelson)  Mais la monnaie n'a-t-elle que des fonctions économiques ?  B/ La dimension symbolique et sociale de la monnaie  Il n’ y a pas que la dimension économique de la monnaie qui existe, il y a aussi une dimension culturelle, sociale, et politique.  Document 3 : doc. 2 p. 115  Q : Pourquoi la confiance dans l'institution qui émet la monnaie est-elle indispensable ? Si je vous achète votre I-pod avec des billets des 500 francs, acceptez-vous ? Pourquoi ? Un billet n’a de la valeur que parce qu’on est sûr que tout le monde (du moins dans la zone concernée) l’accepte. On a confiance dans les billets, voilà pourquoi c’est une monnaie. Lorsque quelqu’un, pour vous payer, vous donne des pièces ou des billets, vous les acceptez parce que vous êtes sûrs qu’ensuite vous pourrez aller dans n’importe quel magasin et vous pourrez payer avec = confiance. La monnaie suppose la confiance.  C'est l'institution qui émet la monnaie qui va donner confiance dans sa valeur : si on voit un billet de Monopoly, on n'a pas confiance, alors que si on voit un billet édité par la Banque Centrale Européenne, on sait qu'on peut avoir confiance. La monnaie permet donc de renforcer la confiance entre les individus, car je sais que je ne vais pas me faire avoir quand j'accepte un billet en échange d'un bien, sa valeur étant garantie par l'institution qui l'émet.  La monnaie est la même pour tous les individus d’une même société ou d’un même Etat. L a monnaie unit les individus , car elle renforce la conscience d'appartenir à une même communauté, elle un symbole de cette communauté. Cf en intro exemple de l’introduction de l’ euro : l’euro a été créé pour des raisons économiques, mais elle doit aussi permettre de développer un sentiment commun d’appartenance à l’Europe (euro participe à la création d’une identité européenne)  Pour en savoir plus, lire doc 5 p. 116  C/ Les formes de la monnaie : de la monnaie marchandise à la monnaie scripturale  A midi, vous allez acheter un sandwich pour manger. Avec quoi payez-vous ? Réponse : « des sous, de l’argent, de la monnaie, des billets, des pièces »  Problématique : A-t-on toujours utilisé des billets, des pièces comme monnaie ? Quelles ont
été les différentes formes de monnaie ?  Document 4 : doc. 6 p. 117  Q1 : Quelles conditions devaient remplir une marchandise pour servir de monnaie ? Pendant longtemps on a utilisé des monnaies marchandises pour régler ses achats. Monnaie marchandise  (lexique) : monnaie dont le support est une marchandise. A condition de remplir certaines conditions, une marchandise peut en effet très bien servir de monnaie : elle doit être acceptée par tous donc désirée par tous (liquidité), non périssable (réserve de valeur), divisible (pour pouvoir échanger des petites quantités de biens), assez rare (pour qu'elle est une certaine valeur et qu'on ne doive pas transporter de grandes quantités de monnaie).  Q2 : Quels étaient les inconvénients des monnaies marchandises ? Les monnaies marchandises avaient des inconvénients : notamment, il fallait qu'elles soient acceptées par tous et que leur valeur soit reconnue par tous : tout le monde doit accepter les coquillages par ex comme monnaie car si certains ne l’acceptent pas, ça ne marchera pas car on ne pourra pas acheter tout ce que l’on veut. On doit choisir une marchandise que tout le monde accepte, là est la difficulté. Or, tout le monde ne reconnaît pas forcément la valeur d'un coquillage ou d'une fève.  Q3 : Pourquoi a-t-on progressivement utilisé des monnaies métalliques ? Les inconvenients de la monnaie marchandise ont entraîné un passage à la monnaie métallique : dès l’Antiquité, on a cessé d’utiliser des monnaies marchandises et on a utilisé des métaux précieux, car leur valeur est reconnue par tous et notamment par les autorités politiques (car justement ils sont précieux). Monnaie métallique (lexique)  : monnaie dont le support est en métaux précieux (or, argent...)  Mais la monnaie métallique présente elle aussi des inconvénients: l’existence de cette monnaie est soumise aux découvertes d’or. Si on ne trouve pas d’or, on n’a pas de monnaie ! D'où on va passer progressivement aux formes de monnaie qu'on connaît aujourd'hui.  Q4 : Pourquoi les pièces et les billets sont-ils appelés monnaie fiduciaire ? On a vu que fiduciaire veut dire basé sur la confiance. Le billet n’a pas de valeur en lui-même il est accepté car tout le monde a confiance en la valeur qui y est inscrite., mais les billts n'ont aucune valeur intrinsèque. Distinction Valeur faciale / valeur intrinsèque  Valeur faciale = valeur inscrite sur la monnaie. Ex un billet de 5 euros a pour valeur faciale 5 euros. Valeur intrinsèque = valeur du support de la monnaie. Ex un billet de 5 euros a une valeur intrinsèque inférieure à 5 euros car le papier vaut moins de 5 euros. Ainsi, les billets et pièces ne peuvent être de la monnaie que tant que tout le monde a confiance et pense qu’ils vont être acceptés par tous, d'où monnaie fiduciaire. Monnaie fiduciaire  (lexique)  : monnaie fondée sur la confiance, car sa valeur intrinsèque est inférieure à sa valeur faciale ; ce sont les billets.  Remarque : Les pièces de monnaie modernes ne sont pas appeléées monnaie métallique car elles ne sont pas fabriquées en métaux précieux, elles n'ont aucune valeur intrinsèque. On les appelle monnaie divisionnaire, car ce sont des petites sommes de monnaie. Mais cetains économistes considèrent qu'elles font partie de la monnaie fiduciaire, qu'elles n'en
sont qu'une catégorie particulière. Monnaie divisionnaire (lexique) : pièces de monnaie.  Q5 : Qu'est-ce que la monnaie scripturale ? Monnaie scricpturale  (lexique) : monnaie détenue sous forme d'écriture dans les livres de compte des banques. Banque  : établissement qui reçoit des dépôts du public, gère des moyens de paiement et consent des crédits. Expliquer : il suffit que la banque débite la somme de mon salaire sur le compte de l'Education nationale et le crédite sur mon compte pour que cet argent soit à moi. Il n'y a donc rien de matériel, c'est un jeu d'écriture (scricpturale vient d'écriture, cf un scripte)  Q6 : Pourquoi cette forme de monnaie est-elle indispensable pour nos économies modernes ? Cette forme de monnaie est indispensable pour nos économies modernes car très grandes sommes d'argent échangées : permet d'éviter risque de vol (qui va aller me voler sur mon compte ? Au pire ça laisse des traces) et permet d'échanger de grandes sommes sans avoir à transporter des valises de billets (pratique surtout que l'économie est aujourd'hui mondialisée). Cela permet d'échanger instantanément de grandes sommes partout sur la planète.  Q7 : Les cartes de crédit, les chèques, les prélèvements bancaires, le porte-monnaie  électronique… sont-ils de la monnaie ? Les cartes de crédit, les chèques, les prélèvements bancaires, le porte-monnaie électronique ne sont pas de la monnaie, ce sont simplement des supports, des instruments permettant de faire circuler la monnaie scripturale de banques à banques plus ou moins facilement. D’ailleurs, ces instruments sont sans valeur, ils dépendent de ce qu’il y a sur les comptes. Si on me vole ma carte bleue et que je n'ai rien sur mon compte, le voleur ne pourra rien en faire !  Synthèse : De la monnaie marchandise à la monnaie scricpturale  Au tableau, faire un schéma avec flèches :  
fiduciaire Pièces et billets
Troc Monnaie marchandise Monnaie métallique Formes modernes de la monnaie =  scripturale Jeu d'écriture dans les livres de compte des banques
 Conclusion : la dématérialisation progressive de la monnaie . Dans l'histoire, on est progressivement passé de monnaies marchandises à la monnaie scripturale. Les économistes parlent pour qualifier cette évolution de « dématérialisation » de la monnaie : la monnaie devient de moins en moins matérielle et de plus en plus immatérielle. La part de la monnaie scripturale dans le total des moyens de paiement n'a cessé de s'accroître depuis les années 1960 et atteint depuis le début des années 2000 environ 85 % de la masse monétaire en circulation dans la Zone euro, plus de 90 % en France.
 II/ Comment l’activité économique est-elle financée ?  Durée : 3 heures  Vous savez maintenant ce qu'est la monnaie, comment elle est créée, comment les politiques monétaires peuvent influencer la quantité de monnaie en ciculation. On va s'intéresser maintenant à la manière de financer l'économie. On a dit que les taux d'intérêt ont une influence sur le recours au crédit. Mais, si je suis une entreprise et que je veux investir (ou si je suis un ménage et que je veux acheter une maison), suis-je obligé de passer par une banque ? Non, je vais peut-être avoir suffisamment d'argent pour financer moi-même mon investissement. Ca va dépendre si je suis en besoin de financement ou en capacité de financement.  A/ L'équilibre financier des agents : besoin ou capacité de financement ?  Document 5 :  Capacité et besoin de financement Les dépenses d'un agent économique peuvent être supérieures à ses recettes. Dans ce cas, son épargne brute est inférieure à ses investissements, et l'on dit que cet agent a des besoins de financement. Un agent en capacité de financement a au contraire une épargne brute qui excède les utilisations qu'il a de ses ressources : son épargne est supérieure au montant de ses investissements. De ce fait, il dégage une épargne qui est disponible pour d'autres agents. R. Pradeau  Q1 : Rappelez la définition de l'épargne et celle de l'investissement. Epargne : part du revenu qui n'est pas consommée. Pour un ménage, part du revenu disponible brut d'un ménage qui n'est pas affectée à sa consommation finale / Pour une entreprise, c'est ce qu'il reste de la valeur ajoutée après rémunération des facteurs de production et paiement des prélèvements obligatoires. Cf schéma partage VA  L' investissement, mesuré en Compta Nat par la FBCF , ce sont les dépenses contribuant à maintenir ou augmenter le stock de capital que l’entreprise possède. C'est en comparant le niveau d'épargne d'un agent à ses investissements qu'on détermine s'il est en besoin ou en capacité de financement.  Q2 : Comment distinguer besoin de financement et capacité de financement ? Capacité de financement : on dit d'un agent qu'il est en capacité de financement si l'agent dispose d'une épargne suffisante pour assurer le financement de l'investissement (son épargne brute est supérieure à sa FBCF)  Besoin de financement  : on dit d'un agent qu'il est en besoin de finacement si l'agent ne dispose pas d'une épargne suffisante pour assurer le financement de l'investissement (son épargne brute est inférieure à sa FBCF) Attention : être en besoin de financement ne veut pas dire être pauvre, ça veut dire que pour financer son investissement, son épargne est insuffisante. Lire doc 1 p 72   Certains agents ont une capacité de financement, d'autres un besoin. Au niveau macroéconomique, épargne = investissement. Mais certains agents ont une épargne supérieure à leur investissement, d'autres ont ont une épargne inférieure à leur investissement. Comment faire se rencontrer agents en capacité de financement (ménages) et agents en besoin de financement (administrations et entreprises) ? Comment faire
recontrer l'épargne des ménages et les besoins de financement des entreprises = comment capter l'épargne des ménages pour financer les investissements des entreprises ? C'est tout le rôle du système financier, ce qui va permettre de financer l'économie, cad de permettre aux agents en besoin de financement d'investir.  B/ Les modalités de financement de l'économie et leur évolution  Quand on s'intéresse aux modalités de financement de l'économie, on s'intéresse au finacement de l'investissement car les entreprises sont en besoin de financement / le financement de la consommation pose moins de problème car on vient de voir que les ménages sont en capacité de financement (même si certains ménages sont endettés) Exemple : je suis une entreprise, je veux faire un investissement : comment puis-je le financer ?  Document 6 :   Les modes de financement de l'investissement Une entreprise peut financer ses investissements soit par ses ressources propres (financement interne) soit en faisant appel aux actifs détenus par d'autres agents (financement externe). - L' autofinancement ou financement interne désigne le financement de l'investissement à partir des ressources propres de l'entreprise, donc des profits non distribués. En comptabilité nationale, les possibilités d'autofinancement sont déterminées par l'épargne brute des entreprises. - Il existe deux formes de financement externe . D'une part, le financement indirect (ou financement intermédié) auprès des banques, qui procurent des prêts aux entreprises en créant de la monnaie. D'autre part, le financement direct  auprès des agents ayant une capacité de financement, c'est-à-dire une épargne brute supérieure à leur propre formation de capital. Les entreprises qui ont des besoins de financement émettent alors des titres (actions, obligations...) que d'autres agents utilisent pour placer leur épargne disponible. Ce mode de financement ne fait pas appel à la création monétaire, mais il faut signaler que les banques interviennent souvent aujourd'hui comme des intermédiaires financiers, via par exemple des sociétés de placements. A. Beitone et alii, Economie, Sirey, coll. « aide-mémoire », 2007.   Q1 : Recherchez ce qu'est le taux d'autofinancement et comment il se calcule. Le taux d'autofinancement  mesure la part de l'investissement qu'une entreprise peut financer avec ses propres ressources, donc sans recourir à un financement externe. Mesure : Taux d'autofinancement = Epargne Brute / FBCF  Q2 : Quelle est la différence entre autofinancement et financement externe ? Autofinancement  = financement interne = mode de financement utilisé par l'agent en capacité de financement : l'investissement est financé à partir des ressources propres de l'entreprise, cad des profits non distribués (épargne brute) = Taux d'autofinancement supérieur à 100.  Financement externe  = mode de financement utilisé par l'agent enbesoin de financement, qui doit faire appel à l'épargne d'agents en capacité de financement = Taux d'autofinancement inférieur à 100.  Mais deux types de financement externe...  Q3 : Quelle est la différence entre financement direct et financement intermédié ? Financement intermédié  (ou indirect) : se fait par l'intermédiaire (d'où intermédié) des banques, qui vont prêter de l'argent aux entreprises en besoin de financement. Cette opération crée de la monnaie.  Pour en savoir plus, lire le doc. 8 p. 123 Financement direct : se fait directement aurpès des agents en capacité de financement, sans
passer par les banques : les entreprises en besoin de financement émettent des titres (actions, obligations) que d'autres agents (ménages, banques, entreprises...) achètent pour placer leur épargne disponible. Cette opération ne crée pas de monnaie.  Schéma pour montrer différence entre f direct et indirect, avec intermédiaire banquye ou non entre agents en besoin et capacité financement. Distinction action / obligation  : une action  est un titre de propriété d'une part du capital d'une entreprise, le détenteur d'une action est donc propriétaire d'une partie de l'entreprise (si j'ai 1 action et qu'il y en a 1000, je détiens 1/1000e de l'entreprise), ce qui lui donne droit à une partie des bénéfices distribués (les dividendes) / une obligation  n'est pas un titre de propriété (je ne détiens pas une part de l'entreprise), c'est le titre d'un emprunt émis par une entreprise (ou par l'Etat), qui donne droit au paiemnt d'intérêts.  Une entreprise qui émet une obligation s'endette alors qu'en émettant des actions, les entreprises ne s'endettent pas, elles augmentent leur capital. Pour en savoir plus sur cette distinction action/obligation, lire doc. 6 p. 122  Synthèse : Les agents économiques, et plus spécifiquement les entreprises, disposent donc de 3 modalités pour financer leurs investissements : cf. Synthèse docs 1 et 2 p. 120  1) autofinancement (financement interne) ; 2) financement externe par recours au marché financier ; 3) financement externe par recours au crédit bancaire ;  Evolution des modalités de financement : voir TD Synthèse : historiquement, passage d'un modèle dominant de financement des investissements à un autre :  Durant les « Trente Glorieuses », modèle de l’ économie d’endettement  (recours -majoritaire au crédit bancaire grâce à des taux d'intérêt faibles). En France, le niveau d'autofinancement reste élevé, jusqu'à très récemment, mais faiblesse du financement direct. - À partir du milieu des années 1980, on assiste au développement d'une économie de marchés financiers , caractérisée par la désintermédiation financière, c'est-à-dire le poids prépondérant du financement direct au détriment du financement intermédié.  A l'oral : Conséquence de cette évolution : Passage d'un modèle de management où on considère que l'entreprise doit servir les intérêts des actionnaires, des dirigeants et des salariés à un modèle de management qui privilégie les intérêts des seuls actionnaires. D'où objectif central des entreprises est aujourd'hui la création de “valeur actionnariale”, cad faire augmenter le cours de l'entreprise en bourse  pour permettre aux actionnaires de bénéficier de davantages de dividendes. Cela se fait au détriment de l'emploi et des salaires, car primauté des intérêts des actionnaires. Peut même se faire au détriment des intérêts de long terme des entreprises, car les actionnaires privilégient la création de valeur à court terme. De plus, les marchés financiers sont instables, ce qui rend difficiel de se projeter dans l'avenir (combien vaudra une action dans 10 ans ???) Lire doc. 7 p. 122  Même si la part du financement intermédié a baissé, cela reste néanmoins une source de financement importante pour les entreprises, c'est de très loins la principale de source de financement des ménages. Alors, comment fonctionne un crédit à la banque ? Quel est le coût pour celui qui emprunte ?  
C/ Taux d'intérêts et risques de crédit  Document 7 : 12 p. 125  Q1 : Quel risque prend le prêteur ? Le prêteur prend le risque de ne pas être remboursé à l’échéance ; De plus, il renonce pendant la durée du crédit, à la liquidité de son épargne, c’est-à-dire à la possibilité de la transformer sans délais et sans coûts en monnaie.  Q2 : Qu'est-ce qu'un taux d'intérêt ? Taux d'intérêt  (lexique) : c'est le prix de la monnaie, cad le rapport entre la somme que le débiteur verse au créditeur pour l'usage de l'argent prêté (l'intérêt) et le montant total de la somme prêtée. Pourcentage que le demandeur du crédit devra rembourser en plus de la somme prêtée par la banque. Remarque : ne pas confondre le taux d'intérêt qui est un prix, avec l'intérêt qui est un revenu (qui dépend de la somme prêtée et du taux d'intérêt). Ex : 100 000 euros avec 4 % d'intérêt = 104 000 euros à rembourser.  Q3 : Pourquoi un crédit s'accompagne-t-il d'un taux d'intérêt ? Le taux d’intérêt , qui correspond à la rémunération du prêteur, rémunère à la fois le renoncement à la liquidité (d’une durée plus ou moins longue et dont le degré peut être plus ou moins élevé) et le risque de crédit, autrement dit le risque de non-remboursement ou de report de l’échéance.  Q4 : Pourquoi les banques ne proposent pas le même taux d'intérêts à tous leurs clients ? Certains clients sont plus risqués que d'autres : c'est pour cela que la banque étudie votre solvabilité avant de vous accorder un crédit : mesure votre capacité à rembourser le crédit, ce qui dépend de vos revenus, de vos autres prêts et du montant du remboursement. Puisque le taux d’intérêt varie en fonction de plusieurs critères, dont la durée du prêt et le risque associé au crédit, il y a non pas un taux d’intérêt mais de multiples taux d’intérêt, qui influent parallèlement sur la rentabilité escomptée des projets des emprunteurs, pour qui ils constituent un coût.  A l'oral : Exemple de la Grèce Qu'avez-vous compris de la situation en Grèce ? Revenir à l'oral sur les notions de Dette / financement par marchés financiers / taux d'intérêt / insolvabilité (incapacité à rembourser dette, cf risque de crédit) / plan d'austérité pour "rassurer les marchés financiers" / risque de contagion / écarts de taux d'intérêt (spread) entre l'Allemagne, la France, l'Italie ou la Grèce.  III/ Comment est créée la monnaie ? Durée : 4-5 heures  Transition à l'oral : on sait maintenant ce qu'est la monnaie, on connaît ses différentes formes, mais qui crée la monnaie ? Qui crée les billets ?  La Banque Centrale détient un monopole pour l’émission des billets de banque. Elle est la seule habilitée à offrir des billets. L’expression « monnaie centrale » résume ce privilège. On verra plus tard plus précisément le rôle de la Banque centrale. Qui crée les pièces de monnaie ?  Le Trésor public, administration chargée de la gestion des finances de l’Etat. Il joue un rôle de banquier à l’égard de l’Etat. Le Trésor public dispose du monopole d’émission de la monnaie divisionnaire (les pièces). Il vend les pièces
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