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12 juillet - 13 octobre 2002 Sommaire 1. - La période classique de ...

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12 juillet - 13 octobre 2002 Sommaire 1. - La période classique de ...

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La période classique de la Grèce ancienne, idée ou réalité ? 12 juillet  13 octobre 2002
Sommaire
1. Quelques chiffres au sujet de l'exposition
2. Quelques informations sur l'exposition
3. Textes muraux
Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland FriedrichEbertAllee 4, 53113 Bonn Presse Téléphone 02289171204/5/6 Téléfax 02289171211 www.bundeskunsthalle.de / email:majerwallat@kahbonn.de
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Quelques chiffres au sujet de l'exposition
Durée de l'exposition
Commissaire général
Direction du projet
Attachée de presse
Catalogue Exemplaire pour le presse
Heures d'ouverture
Entrée Normale Avec réduction Carte familiale
Transports collectifs
Informations pour la presse (allemand/)
Visites guidées alternantes billet
Informations sur les visites guidées pour groupes
Informations générales
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12.07. – 13.10.2002
Wenzel Jacob
Susanne Kleine
Maja MajerWallat
EURO 25,50 EURO 13
Fermé lundi Mardi et mercredi, de 10 à 21 heures Jeudi à dimanche, de 10 à 19 heures sauf le vendredi, de 9 à 19 heures
EURO 6,50 EURO 3,50 EURO 10,50
Lignes de métro 16, 63, 66 jusqu'à Heussallee, Ligne de bus 852 jusqu'à Ollenhauerstraße Lignes 610 et 630 jusqu'à Heussallee
www.bundeskunsthalle.de Dossier de presse (all./angl.)
Publiques,
gratuites
avec
d'entrée Mardi et Mercredi, à 13 et 18 h.30 Jeudi à samedi, à 13 heures Dimanche et jours fériés, 13 et 17 heures
Inscription et consultation : Téléphone 02289171247 Téléfax 02289171244 email:paedagogik@kahbonn.de
Téléphone 02289171200 www.bundeskunsthalle.de
Quelques informations sur l'exposition
La période classique de la Grèce ancienne, idée ou réalité ? 12 juillet  13 octobre 2002
Classicisme : Il n'est presque aucun autre mot dont l'emploi induise autant d'excès, ni aucune autre période historique, si ce n'est le classicisme grec du Vè siècle av. J.C., qui ait exercé une influence aussi forte sur une longue suite de générations partout dans le monde. Cette exposition, qui propose un survol de l'art et de la culture de la Grèce classique et des effets du classicisme sur les époques ultérieures, rappelle au spectateur ce qu'est l'origine du classicisme dans toutes ses manifestations. Il en émerge un panorama enthousiasmant qui embrasse les grandes oeuvres d'art, tout en éclairant d'un jour nouveau la vie quotidienne  de laquelle ne sont pas exclus certains aspects sombres. Des chefs d'oeuvre provenant de 70 musées du monde entier seront exposés. Parmi ceuxci figurent des pièces remarquables comme le fameux ensemble des Tyrannicides du Musée archéologique national de Naples, la statue de Sophocle (l'auteur des célèbres tragédies grecques) prêtée par les Musées du Vatican et les frises en relief des hérons de Trysa. Des reconstitutions architecturales et des sculptures du Parthénon d'Athènes sont exposées, de même que des chevilles en fer et des répliques de mobilier provenant de maisons privées. Parmi les objets exposés, on citera encore des vases magnifiques, des statuettes en céramique ou en bronze, des pièces de monnaie, des papyrus, des ustensiles et des bijoux fabriqués à partir de métaux précieux. L'exposition sera présentée en avantpremière au Martin Gropius Building, à Berlin.
La conférence de presse aura lieu le jeudi 11 juillet 2002 à 11 heures dans les locaux du Forum des Arts et des Expositions de la République Fédérale d'Allemagne.
Une abondante littérature et du matériel photographique sont disponibles auprès du Service de presse. Veuillez vous adresser au service dont les coordonnées suivent pour les demandes d'interview.www.bundeskunsthalle.de
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Textes muraux
I Athènes et le monde Athènes et le monde au Ve siècle avant JésusChrist
La Grèce antique naquit à la jonction entre les cultures ancestrales d'Asie mineure et d'Égypte et l'Europe encore majoritairement préhistorique.
La proximité de la mer incita les Grecs à être des marins. La Guerre de Troie fut déjà une expédition maritime, et les découvertes d'amphores commerciales nous éclairent sur les routes suivies par les navires à l'ère antique.
Il est en outre impensable de dissocier la culture antique des peuples voisins, surtout orientaux, au contact desquels les Grecs apprirent énormément: l'écriture et le calcul, l'astronomie et la décoration.
Conformément à la vision orientale, ils considéraient le monde non comme un globe, mais comme une juxtaposition de continents au centre desquels ils se situaient euxmêmes. Ainsi, probablement bien plus de Grecs ont parcouru les confins du monde que ne le dit la tradition.
II 1 Politique et opinion publique La démocratie à Athènes
La croyance en les différences et la volonté de délimitation déterminent la vision du monde que se font les Grecs du Ve siècle.
La naissance de la démocratie athénienne doit être envisagée dans le contexte de la lutte contre le règne des tyrans du VIe siècle. Après leur chute, la participation au pouvoir reste limitée au petit groupe de citoyens athéniens, le dème. Seul ce dernier décide dans la première "démocratie" de l'histoire et il développe des mécanismes soigneusement équilibrés pour l'exercice du pouvoir par l'Assemblée du peuple et le contrôle du pouvoir par les tribunaux. Les étrangers, et en particulier les nombreux esclaves, restent exclus de toute implication politique.
Les représentations et inscriptions des monuments funéraires exposés au milieu de la salle témoignent de l'idée de communauté rigoureusement articulée que les Athéniens se faisaient d'euxmêmes. La religion totalement non dogmatique, qui permet à chaque Grec d'être son propre prêtre, constitue un élément fédérateur dans cette société.
II 2 Politique et opinion publique L'individu et la société
L'essor culturel d'Athènes au Ve siècle n'aurait pas pu avoir lieu sans l'hégémonie de la ville sur la Ligue maritime instituée pour lutter contre les Perses. La flotte, arme nouvelle et efficace, entraîna une valorisation politique des citoyens plus pauvres, qui servaient comme rameurs sur les navires.
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La fonction militaire élective de stratège éleva certains citoyens dans la communauté. La cité vénérait les militaires victorieux comme Périclès, mais aussi les poètes et les philosophes, en leur érigeant des statues en pied. C'est ainsi que naquit un important style monumental de l'histoire de l'art européen.
La lutte de plus en plus professionnalisée ouvrit aux athlètes de nouvelles possibilités de s'affirmer aux yeux de l'opinion publique.
III Vivre avec des images, vivre au milieu des images
Les peuples de la Grèce antique étaient entourés de représentations: d'innombrables statues et reliefs ornaient les places, les bâtiments officiels et les sanctuaires.
À l'intérieur des maisons, les beaux services utilisés lors des repas de fête (banquets) étaient richement illustrés de représentations figuratives. Les pierres tombales et les offrandes funéraires étaient décorées de représentations du défunt et de sa famille.
Les sujets de ces représentations étaient aussi nombreux que les supports et les raisons de leur création: guerre, fête, culte divin, vie quotidienne, mythe (dans l'Athènes du Ve siècle, Thésée acquit une grande popularité), etc. Le sujet central est l'homme. L'homme restait au centre de l'intérêt, mais les femmes et les enfants étaient eux aussi de plus en plus différenciés.
Souvent, il s'agissait pour ces images de situations artificielles, qui ne reflétaient pas la réalité de la vie des hommes, mais des idéaux sociaux, des souhaits et des conventions. Les différences entre les thèmes et formes de représentation dépendent également de l'utilisation. Ainsi, les enfants dessinés sur les reliefs dédiés aux dieux dans les sanctuaires sont différents de ceux représentés sur les couverts de banquet.
IV 1 Échelle, géométrie, méticulosité et taille L'original et la copie
Nombre des œuvres sculpturales antiques ne nous sont parvenues que dans des copies qui avaient déjà été fabriquées à cette époque. Ces reproductions nous montrent ce qui était considéré comme classique à l'époque romaine. Elles nous transmettent des informations sur l'art et la culture, ainsi que sur la période où l'original fut créé et celle où il fut copié.
Dès les Ve et IVe siècles avant JésusChrist, nous rencontrons plusieurs variations du même sujet dérivées d'une œuvre de haut rang. Ces variations possédaient une autre fonction que les originaux et pouvaient donc être différentes non seulement par la taille, mais aussi par le contenu.
À l'époque romaine, les commanditaires préféraient les représentations idéales, qu'ils associaient à l'Antiquité grecque. C'est pourquoi une valeur particulière fut attachée à la reproduction exacte de l'original, qui était souvent atteinte grâce à des aides techniques pointues. Tout ne dépend donc plus tant des capacités artistiques du statuaire chargé de la reproduction.
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IV 2 Échelle, géométrie, méticulosité et taille L'homme et la géométrie: Polyclète
Au Ve siècle avant JésusChrist, les statuaires se posèrent la question de la valeur théorique de leurs créations. Si les explications analytiques sont connues pour la politique, la philosophie et les mathématiques de l'époque, elles surprennent dans le cadre de l'art figuratif. L'art bénéficia toutefois des impulsions découlant de l'idée que l'harmonie peut être atteinte par l'équilibre des chiffres et des forces antagonistes.
Polyclète, sculpteur originaire d'Argos qui créa dans la seconde moitié du Ve siècle avant Jésus Christ des œuvres célèbres, fut le premier statuaire à mettre au point une œuvre théorique, le "Canon". Il y définit l'échelle censée permettre la réussite d'un projet, mais aussi susceptible de rapprocher le corps et l'esprit. Dans toutes ses statues, on retrouve l'opposition entre la pesanteur et le mouvement.
IV 3 Échelle, géométrie, méticulosité et taille Les proportions et le sacré: l'Acropole
Au prix d'énormes investissements techniques et artistiques, le Parthénon fut érigé sur l'Acropole en à peine quinze ans (447433 avant JésusChrist). Le projet global fut soumis à une échelle rigoureuse qui faisait se rapporter entre eux tous les éléments de la construction par le biais d'un système ingénieux de lois des proportions.
L'idée de vie propre de l'édifice est perceptible dans l'aménagement des éléments porteurs, qui semblent respirer et se voûter sous leur propre poids. Il fut également attaché une attention particulière à la précision méticuleuse des pièces et des joints, dont l'appellation grecque "harmonia" possède de nos jours encore une connotation positive.
En dépit du concept planifié, on observe quand même quelques petits écarts artistiques, comme certains éléments ornementaux des chapiteaux ou les champs des métopes, dont les tailles sont différentes. L'art plastique figuratif de l'édifice traite dans la tenue du mythe les valeurs de la politique athénienne; ce qui est nouveau, c'est la procession en l'honneur de la déesse Athéna Parthénos, dans laquelle la structure sociale d'Athènes est mise en images.
IV 4 Échelle, géométrie, méticulosité et taille Mesure et outremesure
Quel était l'idéal de l'échelle harmonieuse et de l'équilibre des forces en dehors d'Athènes? C'est particulièrement net dans l'Asie mineure du IVe siècle avant JésusChrist et ce, dans des domaines aussi différents que les édifices civils ou les représentations des monarques.
D'un côté, nous voyons un urbanisme moderne, basé sur des rues se croisant à angle droit, permettant une répartition équitable des terres qui tenait compte des fondements démocratiques. Il en découla un type de maison uniforme présentant une grande cour, des salles communes et des chambres à coucher séparées à l'étage.
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De l'autre côté, nous voyons dans le tombeau de Mausole, le satrape de Carie, construit à Halicarnasse (côte occidentale de la Turquie actuelle) vers la moitié du IVe siècle avant Jésus Christ un monument dépassant toutes les mesures. Il reprend certes les proportions et formes des Grecs, mais uniquement pour témoigner auprès des générations futures de la grandeur et de la majesté du souverain.
V 1 Les bases de l'Antiquité L'agriculture et l'exploitation minière
À côté de la situation historique et du penchant pour la navigation, la richesse du sol fut une des caractéristiques essentielles de la Grèce antique. Ainsi, Athènes put reposer sur l'agriculture et l'exploitation minière de l'Attique.
L'eau et les végétaux, surtout le maïs, étaient associés à des mythes ancestraux. Athéna et Héphaïstos étaient des dieux artisans qui intervenaient dans la production et la protégeaient.
Les témoignages archéologiques du travail de la terre et dans les mines sont peu nombreux parce que l'on usait ou réutilisait les instruments de travail: nous devons donc au hasard ce qui nous est parvenu.
D'autre part, une forme moderne d'archéologie a commencé, à l'aide de la géologie, de la géographie, de la technologie, des expérimentations et des modèles, à reconstruire le monde du travail sur lequel reposait l'Antiquité grecque.
V 2 Les bases de l'Antiquité La production artistique
L'artisanat très spécialisé et concurrent de la ville antique est la raison de la qualité élevée et inaltérable de l'art antique et de tous les produits que l'on qualifie aujourd'hui d'objets d'art antique.
On travaillait les matériaux de l'arrièrepays. En Attique, c'étaient le bois, la pierre, l'argile et le métal. Il nous reste peu d'objets en bois, mais l'industrie du meuble florissait à Athènes. Parmi les objets en pierre, nous trouvons les différents marbres dont le plus célèbre provient du massif montagneux du Pentélique. L'argile servait à faire des toits, des tuiles, des figurines et la fameuse céramique attique. Pour ce qui est des métaux, le plomb et l'argent étaient les plus utilisés, ce dernier servant à frapper les pièces de monnaie représentant la chouette, qu'il ne fallait pas amener à Athènes.
Le quartier du Céramique était le centre du produit auquel il donna son nom et de son utilisation: on fabriquait dans la ville ce dont on se servait au cimetière situé en dehors des murs.
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V 3 Les bases de l'Antiquité Les dieux dans l'atelier
L'art antique ne peut être considéré uniquement comme un phénomène stylistique, social ou religieux.
Étant donné qu'il reposait toujours sur l'artisanat (même quand on se rapprocha dans l'Antiquité tardive de la formation "académique"), la description des procédés de travail et des qualités des matériaux et du travail est perceptible sur presque chacune des œuvres qui nous sont parvenues: traces de burin sur la pierre, dessins sur les vases, fils de soudure des objets en bronze composés de plusieurs pièces.
Les méthodes d'analyse et les expériences modernes aident à reconstituer les procédés de travail. Il subsiste de nombreux mystères parce que les artistes antiques étaient aussi des techniciens et des inventeurs. La plupart des œuvres apparaissent comme un miracle car il n'y a pas de parallèles modernes aux représentations surdimensionnées des dieux de l'Acropole à Athènes ou du temple de Zeus à Olympie permettant de les expliquer.
VI 1 Les trois voies de l'Antiquité Le théâtre
Le moyen le plus efficace de diffusion de l'Antiquité fut la langue. Dans le théâtre de Dionysos située sur le versant de l'Acropole, les grands dramaturges du Ve siècle  Eschyle, Sophocle et Euripide  vécurent les succès et les échecs de leurs tra édies. Mais la énération suivante en fit déjà des modèles: "Les uns ne sont plus, et les autres sont mauvais" (Aristophane,Les Grenouilles, 405 avant JésusChrist).
Les spectacles donnés au plus important théâtre d'Athènes, le grand théâtre de Dyonisos, étaient financés par des chorèges (parrains). La récompense qui leur était offerte en cas de succès faisait mieux passer les frais énormes: ils pouvaient alors apparaître sur un monument au sanctuaire de Dionysos. Dans la rue du Tripode, on trouve aujourd'hui encore le monument au chorège Lysicrate. Les peintres sur vases représentent des scènes théâtrales. Les reliefs sur les tombes des acteurs témoignent de l'image qu'ils se faisaient d'euxmêmes.
À partir de 386 avant JésusChrist, chaque programme débuta par une tragédie ancienne. Partout dans le monde hellénophone fleurirent les théâtres dans lesquels des troupes d'acteurs jouaient les auteurs antiques. Les textes des grands dramaturges furent rassemblés et conservés dans leur version originelle dans un exemplaire national. Dès 343 avant JésusChrist, l'administrateur des Finances d'Athènes Lycurgue fit agrandir le théâtre de Dionysos à quelque 17 000 places et ériger des statues des trois grands tragédiens du Ve siècle.
VI 2 Les trois voies de l'Antiquité La Macédoine et le Nord
Les voisins des Athéniens, et surtout les nonGrecs, réagirent différemment aux vagues du transfert culturel dues au commerce "mondial". Les Thessaliens et Macédoniens, qui habitaient
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dans le Nord, intégrèrent les motifs figuratifs ou les décorations dans leurs objets et placèrent des objets en céramique attique dans leurs tombeaux.
Les rois de Macédoine appelèrent dès le Ve siècle avant JésusChrist à leur cour des Grecs célèbres dans les domaines de l'art et de la culture comme le médecin Hippocrate, le tragédien Euripide ou le peintre Zeuxis. Philippe II, qui domina presque toute la Grèce à la suite de la bataille de Chéronée en 338 avant JésusChrist, fit instruire son fils Alexandre par le philosophe Aristote.
Les peuples "barbares" qu'étaient les Thraces et les Scythes, qui habitaient sur les rives de la Mer Noire, ornèrent leurs armes de grande valeur, leurs appareils et leurs bijoux d'or et d'argent extraits chez eux d'images et de décorations grecques sans reprendre les mythes qui y étaient associés. Leurs riches tombes renfermaient également des objets en céramique attique de qualité supérieure fabriqués pour leurs propres besoins. Athènes les échangeait contre des métaux, des céréales, du vin ou des peaux.
VI 3 Les trois voies de l'Antiquité Les "Grecs de l'Ouest" et les Étrusques
Les "Grecs de l'Ouest" de Sicile et d'Italie du Sud étaient, en raison des importants échanges avec la mère patrie, des importateurs directs des nouvelles idées et des œuvres, mais ils développèrent toutefois, en côtoyant les peuples et cultures indigènes, des formes, styles et méthodes de récit locaux. Ce n'est pas la comparaison avec l'art grec antique, mais l'analyse des implantations, tombes et objets de la vie quotidienne qui permit ces dernières décennies une vision plus libre de la production dans ces "régions limitrophes".
Les vieilles cultures d'Étrurie et d'Italie centrale connurent un recul économique après la défaite de Cumes en 474 avant JésusChrist. C'est seulement à la fin du Ve siècle que leur prestige aristocratique reprit vie; l'art développa au contact de l'Italie méridionale et de la Sicile un langage commun, favorisé par les échanges d'œuvres et la mobilité des artisans. Ceuxci préféraient l'argile et la pierre souple pour la transposition de leurs observations.
La fusion des traditions grecques en un réceptacle commun prépara la voie du premier classicisme de la Rome républicaine.
VII 1 La nouvelle antiquité dans l'Empire romain Rome
Le concept de "classicisme" est utilisé pour désigner une époque pour la première fois pour le règne d'Auguste. On se servit de différentes traditions stylistiques de la Grèce pour illustrer divers contenus. Selon la fonction sociale ou politique de la nouvelle œuvre d'art "classique", on fit référence aux exemples des Ve ou IVe siècles ou de l'époque hellénistique. Pour propager l'idée recherchée de retour de l'âge d'or, on se rattacha aux représentations de l'Acropole. Pour les scènes religieuses, on reprit plutôt l'imagerie paysanne de tradition hellénistique.
Sous Hadrien, on assista à un regain d'intérêt pour la culture grecque. Il se présentait luimême comme un Grec des temps passés et promut l'étude de la philosophie et de la rhétorique des Ve et
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IVe siècles avant JésusChrist. Ici aussi, à côté de l'intérêt personnel réel, l'objectif politique est évident, car les provinces prospères de Grèce et d'Asie mineure devaient être intégrées durablement dans l'Empire romain en pleine expansion.
VII 2 La nouvelle antiquité dans l'Empire romain Athènes et les Romains
Dès la moitié du IIe siècle avant JésusChrist, à l'époque de la République, Athènes passa sous l'autorité de Rome. L'identification favorisée à la culture grecque mena à ce que la ville se renforce encore sous l'influence politique de Rome et ce, dès le règne d'Auguste. L'odéon (amphithéâtre) et la bibliothèque devaient être le lieu où les Athéniens pouvaient être mis face aux valeurs historiques de leur cité. Les temples désertés d'Attique furent transportés sur l'Agora afin de relancer la vie religieuse.
Avec l'achèvement du temple d'Olympieion, un projet datant du VIe siècle avant JésusChrist, Hadrian posa un nouvel acte. Il affecta ce bâtiment vénérable au culte  qu'il venait d'instituer  de Zeus Olympien. C'est ainsi que naquit le centre d'une ligue regroupant toutes les villes qui revendiquaient des origines grecques. Et comme Hadrien était vénéré en même temps que Zeus, cette ligue servit à renforcer le culte de l'empereur.
Les effigies privées de cette époque témoignent de l'assimilation positive de cette idée. Suivant l'exemple des penseurs grecs des Ve et IVe siècles avant JésusChrist, les hommes se firent représenter barbus.
VIII 1 Renaissances et classicismes Sous le ciel de Grèce
Au MoyenÂge, l'art et la culture de la Grèce antique ne furent jamais totalement oubliés. Les humanistes du XVe siècle ressuscitèrent l'intérêt pour l'héritage classique. Les voyages en Grèce, tel que celui qu'entreprit Cyriaque d'Ancône vers 1435, restaient encore l'exception: généralement, l'Antiquité était étudiée au moyen des textes des auteurs classiques et transmise essentiellement par les livres.
Les premières œuvres d'art originales grecques arrivèrent en Europe occidentale grâce à la suprématie maritime de Venise. Par le rachat des collections des princes et commerçants vénitiens et d'Italie septentrionale, de nombreuses antiquités se retrouvèrent dans les cours d'Europe et comptent aujourd'hui parmi les plus anciennes pièces de nos musées.
En Prusse, Karl Friedrich Schinkel contribua tellement à l'essor du classicisme au début du XIXe siècle que Berlin put se targuer du surnom "Athènes sur Spree". Les plans des architectes pour un palais royal sur l'Acropole restèrent toutefois sans suite. À la même époque, Thomas Jefferson, le troisième président des ÉtatsUnis d'Amérique, fit construire l'université qu'il avait fondée en Virginie et sa résidence de campagne de Monticello en style antique. Il s'en tint strictement aux modèles et règles de l'architecture romaine, en particulier du théoricien Vitruve.
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VIII 2 Renaissances et classicismes Abstraction et imitation
De nombreux courants artistiques et architecturaux des XIXe et XXe siècles sont  directement ou indirectement  imprégnés d'Antiquité grecque. Si la plupart des artistes  et surtout le statuaire Antonio Canova  respectèrent le modèle antique, d'autres s'en inspirèrent jusqu'à arriver à l'abstraction totale.
Les collections de moulages des musées et universités jouèrent un grand rôle dans la transmission de la tradition antique au XIXe siècle. On forma ainsi les étudiants, en particulier ceux des instituts d'archéologie et des académies des beauxarts. L'intérêt pour les moulages atteignit le grand public à la moitié du XXe siècle.
Un des épisodes les plus cocasses mais néanmoins importants dans ses conséquences de la réception de l'Antiquité date de la période nazie en Allemagne. Des sculpteurs comme Fritz Klimsch ne s'en tinrent que très superficiellement à leurs modèles antiques, ce qui se reflète avant tout dans la dénomination interchangeable de leurs œuvres. Le glissement des formes et proportions classiques vers le pathétique et le surdimensionné, surtout dans l'architecture, contribua dans une grande mesure à la méfiance et au malaise des nouvelles générations visàvis du classicisme.
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