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Le web de demain
Pour importants et surprenants que puissent paraître les bouleversements survenus sur le web au cours des dernières années, ils ne constituent qu’un début dont la suite est diffi-cile à imaginer… mais pas impossible. La difficulté consiste désormais à anticiper ce qui risque de changer dans cet uni-vers mouvant auquel nous avons déjà du mal à nous faire. Certains des éléments sont déjà apparents. Pour mieux comprendre leur impact sur l’avenir, le plus simple est peut-être de synthétiser le chemin parcouru tout au long de ces pages. À l’origine des mutations qui ont marqué l’émergence du web d’aujourd’hui, les webacteurs ne se contentent pas de surfer sur le web, mais participent, modifient les données et publient du texte, du son et des images en ligne. Connectés en réseaux avec leurs différences et leurs contradictions, ils enrichissent le web de leurs propres créations (Introduction). L’engouement des plus jeunes pour les réseaux sociaux ouvre la porte sur de nouveaux usages (Chapitre 1). Ils ten-dent à faire preuve de plus d’inventivité dans l’utilisation des technologies. Leur arrivée progressive sur le marché du travail oblige les institutions traditionnelles à s’adapter à des perturbations qu’elles auraient préféré éviter. L’approche consistant à observer les comportements est essentielle pour appréhender l’inéluctabilité des changements.
C’est parce que les utilisateurs changent et parce qu’ils modi-fient leurs pratiques quotidiennes, que la lente mécanique ins-titutionnelle finit par se laisser entraîner par la dynamique relationnelle à l’œuvre sur le web et dans le monde physique (Chapitre 2). Les deux logiques se heurtent, ce qui explique les avancées par à-coups et, en partie, par affrontements. Dans un tel contexte, les technologies facilitent l’établis-sement de relations et sont d’autant plus aisées à adopter qu’elles savent se faire de plus en plus discrètes (Chapitre 3). L’appropriation des outils du web est à la portée du plus grand nombre, celui-ci fonctionnant comme une plateforme performante sans qu’il soit besoin d’en maîtriser le fonction-nement intime. Les webacteurs se comptent maintenant par centaines de millions. Cette masse considérable crée suffisamment de contenu pour faire émerger des propriétés nouvelles (Chapi-tre 4). La difficulté consiste à les qualifier. Formules ambi-tieuses, « sagesse des foules » et « intelligence collective » cherchent à rendre compte des mécanismes à l’œuvre. Elles ouvrent la voie à une profonde transformation de notre approche de la connaissance et nous permettent de passer du « savoir » au « comprendre ». Les résultats sont si surprenants que certains chantres de mondes toujours nouveaux évoquent des processus magi-ques. Heureusement, les censeurs sont là pour souligner les limites et les dangers de ces processus d’où naissent de rares pépites d’or au milieu de tant de rebus. Les deux approches sont valables. Et le reconnaître suggère que les multitudes connectées entre elles, à la fois actives et participantes, pro-duisent des résultats suffisamment positifs pour justifier leur participation et suffisamment aléatoires pour qu’il soit nécessaire de rester vigilant (Chapitre 5). D’où la notion d’« alchimie des multitudes . » La dynamique en question n’a de sens et d’intérêt que dans la mesure où elle opère sur le réel. Dans le domaine de l’éco-nomie, par exemple, l’offre devient pratiquement infinie et permet ainsi de passer à une ère d’abondance et de diversité (Chapitre 6). Toujours plus impliqués dans la production, les
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232COMMENT LE WEB CHANGE LE MONDE
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webacteurs deviennent coproducteurs. L’impact sur les modè-les d’affaires des entreprises reste difficile à évaluer, mais la dynamique à l’œuvre indique que nous nous dirigeons vers une économie elle aussi relationnelle. Poussée par les employés désireux d’utiliser les outils du web pour améliorer leur collaboration et par les clients s’invi-tant dans la production, l’entreprise est conduite à ouvrir ses fenêtres (Chapitre 7). À l’intérieur, la mécanique institution-nelle des prises de décision et des processus de production est bousculée. Un nombre croissant de tâches sont réalisées « dans les nuages » avec tous les dangers que cela peut pré-senter, notamment en matière de sécurité. C’est ainsi qu’un nombre croissant d’analystes se retrouvent contraints de parler d’« entreprise liquide » qui, pour se développer, doit pouvoir se couler de façon souple et agile dans le flux d’infor-mations et accompagner les webacteurs dans leurs besoins et leurs attentes. Plus rien n’est fixe. Particulièrement chahutés, les médias sont concernés au premier chef par l’émergence des webacteurs producteurs, distributeurs et diffuseurs d’informations et de connais-sances (Chapitre 8). Désormais auteurs, les webacteurs trou-vent dans les technologies les outils qu’il leur fallait pour remettre en question certaines formes d’autorité.
Toujours risquée, toute prévision sur le futur du web serait d’autant plus hasardeuse que le contexte est plus complexe. Regarder en arrière, en revanche, peut aider à repérer les articulations clés. Les éléments les plus marquants de 2007 – un site, une expression bizarre et un objet – peuvent ainsi nous servir de guides. Le it ’ lle Facebook. Nous y tissons et entrete- s e s appe nons des relations sociales plus ou moins souples, plus ou moins contraignantes. Le potentiel est énorme, en particu-lier si les responsables de la société parviennent à trouver
L’ALCHIMIE DES MULTITUDES233
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