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PREMIERE PARTIE :
DES CIVILISATIONS PERENNES AU RENDEZ-VOUS DE LA MODERNITE
CHAPITRE 1 : LE PLUS VIEIL HERITAGE DU MONDE. LES CIVILISATIONS ASIATIQUES
“ Un jeune pays vieux de cinq mille ans ” affirme l’office national du tourisme de la république de Corée. L’histoire
des pays de l’Asie méridionale et orientale est ancienne et présente une indéniable continuité, malgré quelques
ruptures. On peut distinguer trois périodes historiques :
- le temps long de l’Asie, continent à la fois unifié et contrasté
- le choc de l’Occident à qui la première révolution industrielle et la croissance démographique donnent les
moyens de la colonisation et de la première mondialisation économique, avant le premier conflit mondial
- la “ renaissance de l’Asie ” dans le second XXème siècle, temps de l’indépendance recouvrée, ainsi que du
décollage et du rattrapage économiques, face à l’Occident : l’ancien conquérant a réveillé son grand concurrent
I/ DE VASTES COMMUNAUTES
1/ L’Asie orientale et méridionale est fille de l’Himalaya, “ château d’eau de l’Asie ”
L’Asie vit au rythme de la mousson qui l’unifie :
- mousson : alternance de la saison sèche et de la saison des pluies dans toute l’Asie des rizières.
- l’hiver, les vents du nord-est soufflent du continent asiatique refroidi vers l’océan Pacifique, plus chaud.
- l’été, l’air tropical est aspiré par la dépression thermique et dynamique qui s’est formé au- dessus de la Chine. Des
déluges s’abattent alors sur la Chine centrale et l’Himalaya qui comptent de 7 à 10 mètres de précipitations annuelles,
le record mondial.
Un paysage exceptionnel combinant une hydrologie puissante, une végétation luxuriante et une population
surabondante :
- civilisation du végétal et de l’eau (riziculture, pêche) dans les plaines rares mais totalement humanisées.
- l’Asie des moussons est un immense espace rural (700 000 villages en Inde) :
- espaces densément peuplés et maîtrisés (depuis le XIIIème siècle en Chine où est inventée la double récolte
annuelle de riz, depuis le XVIIIème siècle en Inde qui retient l’eau dans des
tanks
), où on peut parler de
“ tyrannie hydraulique ” par l’importance capitale de la riziculture.
- montagnes forestières et régions isolées, où on trouve plutôt la culture du brûlis, peu -peuplées mais occupant
la majeure partie du pays (60% en Chine). Ces terres sauvages et leur faune hantent l’imaginaire collectif (lion
du Pendjab dans le symbole de Singapour, la “ cité du lion ”).
Les fléaux de ces régions viennent d’abord des populations nomades du désert, de l’Asie centrale et des
steppes mongoles.
Ces grandes invasions posent un problème historique : les Mongols, les Mandchous et les Mohgols
sont-ils ou non, par les perturbations et les destructions qu’ils ont occasionnées, à l’origine des blocages et des
freinages des mondes indien et chinois jusqu’à leur réveil contemporain ?
2/ L’hindouisme et le confucianisme ont combiné pérennité religieuse et pérennité sociale
- importance de la dimension religieuse dans tous les domaines (politique, philosophie, morale). La hiérarchie de castes
en Inde et le culte des ancêtres en Asie orientale semblent immuables.
- deux grands foyers, la Chine et l’Inde, ont rayonné sur tout le continent et ont répandu, respectivement, le
confucianisme et l’hindouisme, même s’il ne faut pas négliger les religions locales (chamanisme en Mongolie,
shintoïsme au Japon qui vénère les
kami
ou divinités) :
- le monde hindouisé rassemble une grande partie du monde indochinois (Birmanie, Thaïlande, Cambodge) ainsi
que l’Indonésie (Java, Bali).
- il faut en particulier souligner l’expansion du bouddhisme qui comporte trois variantes :