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A La croissance du monde socialiste : URSS et pays du CAEM
I Le cas de l’URSS
a)
La croissance
α
) La situation au lendemain de la seconde guerre mondiale
-
Après la seconde guerre mondiale, l’URSS est une nouvelle puissance territoriale suite
aux annexions dont elle bénéficie. Elle garde Staline à sa tête comme secrétaire
général du PCUS qui bénéficie du prestige de la victoire face à l’Allemagne nazie et à
ses alliés. L’URSS a un statut de grande puissance en 1945 qu’elle partage avec les
USA. Elle se donne des responsabilités internationales comme par exemple de
participer à la création de l’ONU tout en étant porteuse d’une idéologie et d’un modèle
économique qui fascine une partie des européens et principalement des intellectuels.
-
C’est un pays immense touché profondément par la seconde guerre mondiale qui
laisse des séquelles dramatiques. Le prix de la victoire est très lourd et les régions
motrices de l’URSS d’avant la guerre ont été détruite (régions à l’Ouest de l’Oural)
par la présence de l’armée nazie. Pendant la guerre, le système soviétique a décidé
d’implanter les industries à l’Est en déplaçant des millions de personnes afin de
soutenir l’effort de guerre. A la libération, il faut remettre en valeur les régions
détruites. Les pertes humaines sont considérables : entre 20 et 25 millions de morts et
un déficit de la population active très important alors que le modèle de développement
était un modèle essentiellement extensif qui utilisait de plus en plus de main d’oeuvre
et de plus en plus de ressources. Il y a 2 millions d’ouvriers et 6 millions de
kolkhoziens en moins.
-
Pour ce modèle qui va être maintenu se pose alors la question du manque de main
d’oeuvre qui ne pourra, du reste, pas être réglé par l’arrivée de travailleurs étrangers.
La solution sera en fait l’emploi des femmes car la population manque d’hommes.
C’est un pays traumatisé démographiquement et matériellement et il connaît de plus
une désorganisation spectaculaire de son économie : il y a une situation
de pénurie,
l’inflation est de +35% en 1943, il y a paupérisation et le niveau de vie des ouvriers a
baissé de 50%. La situation monétaire est très mauvaise par la dépréciation de la
monnaie ce qui oblige le gouvernement à créer une nouvelle monnaie et 1947 : on
échange 1 nouveau rouble contre 10 anciens quand on apporte moins de 20 000
roubles et contre 20 anciens quand on en apporte plus de 20 000. Cette réforme est
assez dramatique car elle élimine certes la spéculation mais aussi une partie de
l’épargne ce qui ne pourra pas faciliter le redémarrage de l’économie. Face à cette
situation très difficile, Staline maintien le choix d’une croissance par un
développement socialiste planifié avec une priorité donnée à l’industrie lourde. Il
l’impose également aux nouvelles républiques d’URSS. Le système est étendu et
imposé par la force aux Pays Baltes et à la Biélorussie. Il faut imposer le modèle avec
dogmatisme en introduisant une mutation sociale profonde et éliminer les anciennes
élites, si elles ne sont pas déjà parties, au profit du prolétariat et sous la tutelle du
PCUS. Les mêmes questions se posent pour les pays qui vont former le bloc de l’Est.
La croissance est d’abord envisagée pour reconstruire puis pour dépasser les objectifs
atteints avant la guerre.