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3/10/2006.
Les villes d’Amérique latine
Sous l’effet de l’urbanisation croissante qui caractérise la période contemporaine, le système urbain a
profondément évolué en Amérique latine, modifiant souvent aussi l’armature urbaine. Avec un taux
d’urbanisation de 75% et 350 millions de citadins, l’Amérique latine entretient avec ses villes des liens
originaux, anciens : la conquête du Nouveau Monde les a historiquement initiés ; la force de la croissance
démographique et l’exode rural les a nourris ; leurs poids dans les économies nationales les a confirmés.
Dans la mesure où l’histoire du peuplement en Amérique latine s’inscrit, pour tous les pays, dans des
logiques d’immigration et dans des histoires assez comparables, allant de la colonisation à l’indépendance,
le système urbain de ce continent présente des facteurs d’homogénéité, mais la diversité des histoires
propres à chaque pays conduit nécessairement à poser la question des facteurs de dissemblances entre les
espaces urbains sud-américains. Il faut aussi se demander quelles sont les nouvelles formes urbaines
produites par les mutations structurelles des sociétés sud-américaines. Ensuite, il apparaît nécessaire de
mesurer la place des villes dans l’espace national qu’elles polarisent, leurs liens entre elles, les fonctions qui
les définissent et sous-entend l’organisation du réseau urbain. Enfin, il faut se demander si l’empreinte
urbaine ne renvoie pas à la fragmentation spatiale et économique et aux risques sociaux que connaissent ces
pays.
I-
Une réalité multiforme dans une Américain latine de plus en plus urbaine
A-
L’importance du fait urbain sur tout le continent…
Le taux d’urbanisation en Amérique latine est largement supérieur à la moyenne mondiale (48%) et
s’apparente aux pays du Nord dont le développement n’est pas comparable. Seul quelques pays, de petites
tailles, restent à majorité rurale : Guatemala, Honduras, Antigua et Barbade, Grenade, Haïti, Puerto Rico. En
revanche, dans les grandes entités territoriales, les taux d’urbanisation sont sup. à 80% : Brésil (81%),
Uruguay (93%), Venezuela (87%), Argentine (89%).
B-
… qui s’explique par des facteurs historiques communs…
Apports migratoires venus d’Europe ou d’Afrique : littoralisation et mondialisation précoce des sociétés et
des espaces urbains. Régimes coloniaux : systèmes centralisés(politiquement et économiquement), rôle
décisif des capitales (renforcé par les régimes autoritaires ensuite). Fin de la transition démographique +
pression foncière+insécurité rurale : accélération de l’urbanisation.
C-
… Mais qui ne doit pas masquer l’hétérogénéité de l’urbanisation sud-américaine.
Il faut d’abord constater de profonds déséquilibre dans le semis des villes
millionnaires: leurs positions sont
davantage périphérique et littorale que centrale et intérieure par rapport à leur espace national. Seuls deux
axes intérieurs sont très urbanisés (les Andes –entre Quito et Medellin- et l’axe Santiago/Buenos Aires).
Ensuite, tous les pays ne sont pas urbanisés de la même façon. Et ne présentent pas la même tendance
macrocéphalique (1/3 des Argentins vit à Buenos Aires ; alors qu’en Equateur, deux villes se disputent la
population urbaine : Guayaquil compte 2,3millions d’habitants et Quito 1,5million). Outre la diversité des
armatures urbaines, l’Amérique latine se différencie par des taux d’accroissement démographique divers
selon les agglomérations. Ex : le tx d’accroissement démographique annuel de Mexico est de 1%, alors que
celui du Mexique est de 2%. Certaines villes continuent d’attirer fortement pour des raisons sociales ou
politique. Ex : Santa Cruz en Bolivie ou Brasilia). Les agglomérations à tendance macrocéphalique voient
leur poids démographiques relatifs se réduire. Ex : Montevideo.
II-
Des réseaux urbains hiérarchisés
A-
Le poids des métropoles : la tendance macrocéphale de l’Amérique latine
On peut distinguer plusieurs formes de métropolisation en Amérique latine : avec des Etats à métropole
unique qui concentre le pouvoir politique, le capital, les richesses produites (80% du textile bolivien à La
Paz), mais dont l’attractivité n’est effective que dans l’espace national ; des Etats bicéphales avec séparation
des attributions pol et écos. (Equateur) ; ou tricéphales (Brésil qui partage les fonctions politiques passées –
Rio- et actuelles –Brasilia- avec la fonction commerciale, tertiaire et économique -Sao Paolo) ; des Etats où
dominent une mégalopoles (mexico, Buenos Aires, Sao Paulo), tentaculaire, saturée, à rayonnement
mondial.
B-
Les villes de l’« entre-deux »
Elles servent de relais, avec parfois une dimension internationale et novatrice, jouent parfois le rôle de
capitales administratives (Bucaramanga en Colombie, capitale du département de Santander), de capitales