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PAGE GABARIT

22 pages
  • revision - matière potentielle : constitutionnelle
  • revision - matière potentielle : du cadre juridique
  • revision
  • cours - matière potentielle : la révolution
  • exposé
  • cours - matière potentielle : des prochaines années
  • redaction
  • leçon - matière potentielle : citoyenne
  • cours - matière potentielle : des séances du conseil
  • cours - matière potentielle : trai - tement au niveau judiciaire
VEND. 12 - SAM. 13 AOÛT 2011 - 12-13 RAMADAN 1432 - N° 6333 - PRIX 10 DA - FAX : RÉDACTION : 021 67 06 76 - PUBLICITÉ : 021 67 06 75 - TÉL : 021 67 06 51 - 021 67 06 58 PAGES 3, 4, 5 et 6 YADH BENACHOUR DIRIGE LA HAUTEINSTANCE CHARGÉE DES RÉFORMESPOLITIQUES EN TUNISIE«L'intégrité moraled'un chef d'Étatest un élément-cléde gouvernement» E di tio n d' A lg e r - IS SN II II - 00 74 PRÉVUE PAR LE NOUVEAU CODE ÉLECTORALUne autorité permanentepour superviser les élections LES ÉMIGRÉS FONT LEURS ACHATS À ALGERRuée surl'électroménageret les vêtements PAGE
  • coût de l'eau
  • bab el-oued
  • pacte national
  • wilayas
  • wilaya
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  • pouvoirs
  • communes
  • commune
  • tion
  • politique
  • politiques
  • projet
  • projets
  • droit
  • droits
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PRÉVUE PAR LE NOUVEAU CODE ÉLECTORAL
Une autorité permanente
pour superviser les élections
PAGE 7
YADH BENACHOUR DIRIGE LA HAUTE
INSTANCE CHARGÉE DES RÉFORMES
POLITIQUES EN TUNISIE
«L’intégrité morale
d’un chef d’État
est un élément-clé
de gouvernement»
PAGES 3, 4, 5 et 6
LES ÉMIGRÉS FONT LEURS ACHATS À ALGER
Ruée sur
l’électroménager
Photo : Samir Sid et les vêtements
PAGE 10
VEND. 12 - SAM. 13 AOÛT 2011 - 12-13 RAMADAN 1432 - N° 6333 - PRIX 10 DA - FAX : RÉDACTION : 021 67 06 76 - PUBLICITÉ : 021 67 06 75 - TÉL : 021 67 06 51 - 021 67 06 58
Edition d’Alger - ISSN IIII - 0074
Photo : DRBitumier
maudit ERISCOOP
Il va falloir probable- P Soirperiscoop@yahoo.frment se débarrasser de
Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - Page 2la malédiction qui frappe
le bitumier «Oued Guete-
rini» pour que son pro-
priétaire, Hyproc, puisse Scandale chez
le vendre par adjudica-
tion.
Ce rafiot, qui a été
construit en 1980 dans un leader islamiste
un chantier norvégien,
e fils du leader d’un parti islamiste a été pris en fla-est mis en vente depuis
grant délit de copiage au dernier examen du bac. Le2009. Mais, jusqu’à ce
jour, il ne trouve pas Lscandale a fait l’objet d’un rapport détaillé rédigé par
d’acquéreur sérieux et la direction du centre 4159 dans la wilaya de Tébessa, rap-
Hyproc, filiale portent nos sources.
de Sonatrach, Il est utile de rappeler que l’autre fils, aîné, de ce
devrait user chef islamiste est très réputé sur la côte
de plus d’ar-
ouest d’Alger pour ses «affaires».
guments pour
en trouver.
Bouteflika et Ouyahia
se partagent la semaine
Bouteflika et le gouvernement se partagent laLeçon citoyenne
semaine durant tout le mois de Ramadan. En ce
La résistance citoyenne sens, les dimanche, lundi et mardi sont consacrés
des habitants de la cité aux auditions des ministres et les mercredi, jeudi et
Bois des Pins de Hydra a
samedi pour les réunions du gouvernement. Ouyahia,
fait tache d’huile dans les
Belkhadem, Ould Kablia, Djoudi, Zerhouni et Temmarautres quartiers de la capi-
s’en trouvent, dès lors, pris pour toutetale. Ainsi, les habitants de
la semaine par des réunionsla cité AADL de Douéra
marathon, eux qui assis-comptent, cette semaine,
observer un sit-in de pro- tent à toutes les audi-
testation devant la direc- tions ramadanesques.
tion générale de l’AADL
pour interpeller ses respon-
sables sur l’urgence de la
prise en charge des Un jour, un sondage
espaces communs de leur
cité. Il s’agit, notamment, Pensez-vous que le selectionneur national, Vahid Halilhodzic, doit se
de la mise en valeur de l’es- montrer sévère avec les éléments «indisciplinés» de la sélection ?
pace vert, des aires de jeux
pour les enfants et la mise
OUIen service des ascenseurs.
Des presta- NON
tions fac- sans opinion
turées
pour les
locataires Résultats du dernier sondage
mais non Pensez-vous que le gouvernement algérien fait tout
effectives. pour la libération des marins algériens otages en Somalie ?
OUI : 15,41%
NON : 78,68%
SANS OPINION : 5,91 % Déposez votre réponse sur le site
du Soir d’Algérie
www.lesoirdalgerie.com
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Fouad BOUGHANEM NOTRE JOURNALFax : 021 67.06.56 19, rue du CNRA Tél. : 036 91 48 59 mail.com fait sienne cette citation de Joseph Pulitzer, fondateur duZoubir M. SOUISSI1, Rue Bachir Attar (Cours de la Révolution) Fax : 036 84 18 37 BATNA journalisme moderne :
er Mohamed BEDERINAPlace du 1 -Mai - Alger - Tél. : 038 86.54.22 TIZI-OUZOU 5, rue des Aurès - Batna «Il (son journal, ndlr) combattra toujours pour le progrès
GÉRANT-DIRECTEURTél. : et les réformes, ne tolérera jamais l’injustice et laFax : 038 86.61.76 Bt Bleu,cage C Tél./Fax : 033.80.24.20
DE LA PUBLICATION :021 67.06.58 - 021 corruption ; il attaquera toujours les démagogues de tousTélex : 81095 (à côté de la CNEP) BÉJAÏA
Fouad BOUGHANEM les partis, n’appartiendra à aucun parti, s’opposera aux67.06.51 eBLIDA 2 étage, gauche 19, rue Larbi Ben-M’hidi classes privilégiées et aux exploiteurs du peuple, neDIRECTEUR
103, Avenue Ben-Boulaïd Tél. : 026 22.87.04 (rue Piétonnière), relâchera jamais sa sympathie envers les pauvres,COMPTES BANCAIRES : DE LA RÉDACTION
Blida Fax : 026 22.87.01 Béjaïa-ville 06000 demeurera toujours dévoué au bien public. Il maintiendraCPA : Agence Nacer BELHADJOUDJA radicalement son indépendance, il n’aura jamais peurTél./Fax : 025 40.10.10 - MASCARA Tél. : 034 21.14.51
Hassiba Ben Bouali P.A.O. : «Le Soir» d’attaquer le mal, autant quand il provient de laTél. : 025 40.20.20 Rue Senouci Habib Fax : 034 21.18.60
N°116.400.11336/2 ploutocratie que de ceux qui se réclament de la pauvreté.»PUBLICITÉ CONSTANTINEVend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE3
Supplément numéro 14
L’Entretien du mois re(1 partie)
Réalisé par Mohamed Chafik Mesbah
«Il faudrait pour le bonheur des Etats que les philosophes fussent rois et que les rois fussent philosophes.» Platon in La République
TUNISIE
YADH BEN ACHOUR
Président de la Haute Instance
de réalisation des objectifs
de la révolution, de la réforme politique
et de la transition démocratique
Le professeur Yadh Ben Achour recevant MCM au siège de la Haut instance.
Un parcours exceptionnel
Lorsque le peuple tunisien s’est soulevé en provoquant le départ précipité de l’ancien président Zine El Abidine Ben
Ali, après un moment d’étonnement où j’ai été déconcerté par la vacuité de ce pouvoir dictatorial considéré inexpu-
gnable, je me suis ressaisi en décidant, aussitôt, de consacrer un supplément de «l’Entretien du mois» à une discus-
sion que je souhaitais de niveau académique avec une personnalité tunisienne représentative dans le bouillonne-
ment qui secouait, de fond en comble, le pays.
on souhait initial consistait, ini- le propos qui m’avaient beaucoup étonné : lettre de démission, publiée en annexe de en un combattant courageux et déterminé
tialement, à pouvoir rencontrer «Bien sûr, le professeur Yadh Ben Achour, cet entretien, est révélatrice du courage ? Cette question lancinante n’a cessé de
le général Rachid Ammar, le chef qui est un excellent ami et un attachant qu’il lui aura fallu. Par-delà le statut de tarauder mon esprit.M d’état-major de l’armée tunisien- compagnon de route, est la personne idoi- «l’intellectuel organique», son exemple Dieu, Grand Dieu, qu’est-il advenu de
ne. Par déformation professionnelle, allais- ne pour s’exprimer sur la situation actuelle permet d’évoquer tout le rapport de l’intel- notre patrie, l’Algérie, dont les élites, qua-
je dire autant que par propension intellec- en Tunisie. Votre choix est très heureux. lectuel à la politique. C’est le mode de siment toutes résignées au désordre des
tuelle, j’ai toujours eu tendance à magnifier Vous pouvez, d’ailleurs, le contacter, direc- conduite de l’homopoliticus qui nous inter- choses, se contentent d’assister passives
les militaires qui se transformaient en faci- tement, de ma part. Voici ses coordon- pelle. Nous sommes au cœur de la dualité au mouvement irréversible de l’Histoire ?
litateurs de processus démocratiques. Il en nées.» d’attitude qui caractérise le comportement Que le professeur Yadh Ben Achour me
a existé peu mais ils font sens. Je n’ai pas Le contact avec le professeur Yadh Ben de l’homopoliticus caractérisé par un pardonne cette digression. Ne croyez sur-
pu, pour des considérations évidentes, réa- Achour, d’abord au téléphone, ensuite par balancement jamais tranché entre «éthique tout pas que ces développements nous
liser l’entretien projeté. J’ai, par ailleurs, courriel et, enfin, lors d’une rencontre au de la conviction» et «éthique de la respon- éloignent du sujet principal de l’entretien,
récusé, rapidement, l’hypothèse de rencon- siège de la Haute Instance fut, toujours, sabilité» selon la remarquable analyse du le parcours intellectuel et professionnel du
trer M. Abdessalem Djrad, le secrétaire simple, convivial et chaleureux. A la hau- célèbre sociologue allemand Max Weber. professeur Yadh Ben Achour et son appré-
général de l’UGTT, car malgré le rôle du teur de mes attentes, incontestablement. En clair, l’homopoliticus peut-il concilier ciation de la situation actuelle en Tunisie.
syndicat tunisien dans l’issue du bras de Je ne vais pas m’étendre sur l’itinéraire entre le comportement moral et l’efficacité Encore une fois, j’ai choisi de réaliser cet
fer avec le régime de l’ancien président intellectuel et professionnel du professeur de l’action ? Tout le drame des élites entretien avec le professeur Yadh Ben
Ben Ali, cette personnalité avait brillé par Yadh Ben Achour, par ailleurs fidèlement arabes se résume à ce questionnement Achour parce qu’il est l’illustration vivante
l’ambiguïté de sa position antérieure vis-à- retracé dans la bio- express qui accom- essentiel encore sans réponse. de l’intellectuel partagé entre un état d’in-
vis du chef d’Etat déchu. Il restait, effecti- pagne cet entretien. En réalité, l’entretien Une problématique qui renvoie, aussi, quiétude du monde et une volonté d’œu-
vement, la possibilité d’un entretien avec avec le professeur Yadh Ben Achour, au libre arbitre comme déterminant de la vrer à le transformer positivement.
Rached El Ghannouchi, dirigeant histo- autant que son parcours personnel, susci- volonté de l’intellectuel. L’intellectuel peut- Le professeur Yadh Ben Achour, disons-
rique du mouvement Ennahdha. J’avais tent l’intérêt en ce qu’ils permettent d’abor- il échapper aux contingences matérielles nous, avait démissionné, courageusement,
pris contact avec cette personnalité, mais der, à travers une illustration parfaite, la du moment pour adopter une conduite dic- du Conseil constitutionnel, bravant l’autori-
pour juger, aussitôt, qu’il était préférable problématique de l’intellectuel face à sa tée par le seul critère de jugement moral té de l’ancien président Ben Ali. Le voilà,
de différer ce projet de rencontre afin de société. que lui impose sa conscience ? A se référer aujourd’hui, assumant courageusement la
revenir de manière plus approfondie sur le Souvent, certains commentateurs natio- à l’itinéraire du professeur Yadh Ben tâche difficile de conduire à bon port la
Achour, la réponse, indubitablement, est transition démocratique de la Tunisie, dephénomène de l’islamisme et de son essor naux se sont, volontiers, gaussé des déve-
en Tunisie. loppements que je commets sur le statut oui. Yadh Ben Achour est l’exemple de cet tous côtés menacée.
C’est l’interview publiée, en son temps, de l’intellectuel organique, envisagé, je intellectuel qui est la conscience toujours Cet engagement, il s’y résout sans
par le quotidien français le Monde qui a n’en démords pas, au sens gramscien du en éveil de la nation. concession. Pour preuve, les analyses
éveillé en moi le déclic qui a orienté ma terme. Ces commentateurs ont confondu, Sur ce registre, c’est avec émotion que lucides et courageuses que, dans cet
prospection vers le professeur Yadh Ben allègrement, entre l’intellectuel organique je conserve, enfouie dans mon esprit, cette entretien, il développe à propos, d’une part,
Achour, président de la Commission de qui s’impose une discipline d’action au sentence tragique du légendaire colonel du risque de dégénérescence du mouve-
réformes qui deviendra la «Haute Instance profit de la catégorie sociale à laquelle il se Lotfi, commandant de la Wilaya V de l’ALN, ment islamiste en Tunisie ou de la nécessi-
de réalisation des objectifs de la révolu- rattache et aux idées qui en découlent, lequel, s’adressant dans une missive écrite té, au grand dam, sans doute, des puristes
tion, de la réforme politique et de la transi- intellectuels disciplinés mais intellectuels de sa main appliquée à l’intention de son de la théorie démocratique, ou, d’autre
tion démocratique». tout de même, avec ceux qui ne sont que compagnon Si Slimane, feu Kaïd Ahmed : part, de la nécessité de faire de l’armée
Lorsque j’ai sollicité l’avis d’Isabelle les supplétifs des pouvoirs en place, des «Le destin de l’intellectuel consiste à mou- tunisienne un sujet conscient.
Mandraud qui avait réalisé l’interview, elle intellectuels sans âme, guidés par une rir pour sa patrie et les idées auxquelles il Il résiste, vaillamment, aux surenchères
approuva, sans réserve, mon choix. Je me conduite de trahison morale, des intellec- croit.» compréhensibles du mouvement
suis, attentivement, penché, alors, sur la tuels pervertis mus par l’appât du gain ou Il m’arrive, à propos de ce libre arbitre Ennahdha. Il semble devoir contenir, effica-
biographie du professeur Yadh Ben Achour la recherche des honneurs, voire, plus pro- qui fait agir l’intellectuel, de me souvenir cement, les velléités des pôles résiduels de
et j’avais pu noter qu’il avait été doyen de saïquement, la crainte de représailles de la aussi de l’odyssée singulière de mon cou- l’ancien régime. Saura-t-il, demain, tourner
la faculté des sciences juridiques, poli- part des puissants du moment. Le profes- sin chahid, Mesbah Hassen. Brillant étu- le dos aux sollicitations politiciennes qui,
tiques et sociales de Tunis. C’est tout natu- seur Yadh Ben Achour, illustration parfaite, diant à l’Institut d’études islamiques forcément, se feront jour pour ne pas alté-
rellement que je me suis adressé à mon à mes yeux, de l’intellectuel organique, d’Alger, mais peureux parmi les plus peu- rer son engagement d’aujourd’hui ?
ancien professeur, Ahmed Mahiou, mon évoque, dans l’entretien qui suit, avec reux d’entre ses camarades, nul n’aurait L’avenir seul nous le dira mais gageons,
directeur de recherche lorsque je préparais beaucoup de pédagogie ce qu’il est conve- parié, surtout pas sa famille, qu’il prendrait, plutôt, qu’il dit vrai lorsqu’il affirme qu’il se
ma thèse de doctorat en sciences poli- nu d’appeler «la trahison des clercs». un jour, le chemin de l’honneur, celui du gardera bien de courir le risque de perver-
tiques. Je voulais connaître son apprécia- Le professeur Yadh Ben Achour, favori- sacrifice suprême au service de sa patrie. A tir son parcours parfait pour des honneurs
tion sur la personnalité du professeur Yadh sé par la naissance, détenteur d’un statut l’insu de tous ses proches, répondant à combien factices.
Ben Achour. J’eus droit non seulement à social et intellectuel des plus valorisants, quelque appel émotionnel inaccessible à Mais je me garde de déflorer la teneur
l’appréciation mais, en sus, à une introduc- aurait pu se passer de ce bras de fer avec notre rationalité implacable, il rejoignit, un de l’entretien du professeur Yadh Ben
tion. Il est intéressant de signaler, à cet le régime du président Ben Ali. Lorsque sa beau jour, les rangs de l’ALN pour mourir Achour que je vous invite, plutôt, à décou-
endroit, la nature de la réaction du profes- conscience avait été heurtée par les choix au champ d’honneur à quelques mois de vrir par vous-même, avec la plus grande
seur Ahmed Mahiou. D’habitude réservé et auxquels l’aurait contraint sa loyauté au l’indépendance annoncée de l’Algérie. Quel attention. Il est difficile d’être plus péda-
peu porté aux épanchements émotionnels, chef de l’Etat qui l’avait nommé. Il avait, est ce mécanisme invisible qui a pu provo- gogue que lui, ni plus érudit lorsqu’il parle,
le professeur Ahmed Mahiou avait réagi pourtant, pris le pari de démissionner, non quer le déclic qui transforma l’étudiant avec conviction et amour, de son pays.
avec une spontanéité et une chaleur dans sans éclat, du Conseil constitutionnel. Sa Mesbah Hassen, sujet craintif et peureux, M. C. M.Le Soir
d’Algérie L’Entretien du mois Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE4
«L’intégrité morale d’un chef d’Etat
autrement. Vivre le départ du tyran constitue un événement Certains détracteurs ne manquent pas, à cet égard, deI - Itinéraire individuel :
heureux de mon existence, comme citoyen autant que juriste. vous reprocher de vous être accommodé des turpitudesMohamed Chafik Mesbah :
La présidence de la Haute Instance, je ne l’ai pas cher- de la dictature sous l’ancien président Ben Ali.Commençons notre entretien, si vous
chée. Elle se trouvait sur le tapis roulant. Je l'ai prise sans Considérez-vous que votre démission du Conseil consti-le voulez bien, par la fin. Dans l’une de vos déclarations
savoir avec précision ce que j'étais en train de faire, ni où cela tutionnel, accompagnée d’une lettre irrévérencieuse dit-publiques, vous avez déclaré, je cite : «J’ai toujours prié
me conduirait. Aujourd'hui, je peux affirmer que c'est une on pour l’ancien chef de l’Etat, a apuré ce passif ? DansDieu pour qu’il me prête vie jusqu’au départ de ce tyran»
œuvre passionnante, exaltante même. Dire que c'est un cou- quelles conditions avez-vous été amené à démissionnernon sans préciser que «ce vœu était exaucé». Alors que
ronnement, c'est nier ma propre philosophie de la vie. ? Quelles incidences sur votre vie d’après la démission ?l’ancien président Ben Ali a été chassé, précisément, du
Quand me suis-je accommodé de ce que vous appelez lespouvoir et que vous-même présidez la Haute Instance
L’évocation des Ben Achour suscite respect et consi- turpitudes de la dictature ? Entre 1987 et 1992, le régime dedes réformes politiques, considérez-vous que c’est là le
dération sur toute l’étendue du Maghreb. Une famille où Ben Ali n'était pas encore apparu sous son véritable jour. Ilcouronnement de votre vie ?
prospère le souffle intellectuel avec une rigueur morale était venu en principe mettre un terme aux dérives catastro-Yadh Ben Achour : Pour avoir une vie agréable, il ne faut
unanimement saluée. Quel pourrait avoir été l’impact de phiques du président Bourguiba. Le coup d'Etat de novembresurtout pas se faire d'illusions de ce type. Le couronnement
ce milieu familial sur votre parcours personnel ? 1987 a été accueilli avec allégresse par l'ensemble du peupled'une vie, pour nous tous, c'est toujours la mort. Les désa-
Laissez-moi, tout d'abord, vous dire que la bonne réputa- tunisien. Au cours de ses premières années, tout le peuplegréments que nous subissons souvent dans le courant de
tion d'une famille se gagne par l'éducation. Pour cela, il est tunisien avait cru au «changement», attaghyir. C'étaitnotre existence sont souvent dus à l’oubli de ce fait primor-
nécessaire que des principes d'éducation soient pratiqués au l'époque de la déclaration du 7 novembre, de la proclamationdial. La vie est un tapis roulant. Laissez ce tapis se dérouler,
fil des générations. Le principe le plus fondamental que j'ai du «Pacte national», de la révision constitutionnelle de 1988,sans chercher à vous substituer au mouvement qui l’anime.
reçu de ma famille et que j'ai inculqué à mon tour à mes de l'institution du Conseil constitutionnel et de la consolidationVous n'y arriveriez pas. Mais sachez surtout que vous finirez
propres enfants consiste à ne jamais laisser s'installer dans apparente des grandes libertés publiques.par tomber. Le malheur d'un homme comme Ben Ali, c'est
l'esprit d'un jeune enfant qu’il appartient à une élite sociale Ce qui s'est passé en 1992, l’année où j’ai démissionné dud'avoir oublié qu'il était mortel. Il s'est comporté, ainsi que son
quelconque. Sur ce plan, mon père était, véritablement, Conseil constitutionnel, c'est que celui-ci a eu à examiner unentourage, comme si la mort n'existait pas. Cette frénésie
l'exemple même de la modestie et de l'égalitarisme. Le reste projet de loi sur les associations. Ce projet, en fait, était des-d'accumulation de pouvoir et de richesse ne s'explique pas
dépend de l'intelligence de chaque individu. Nous savons que tiné à provoquer la mort de la Ligue tunisienne des droits de
cette dernière, par nature, est, inégalement, répartie. Il faut l'homme. Nous avons âprement discuté mon collègueBio-express
donner à cette intelligence le maximum de chances de se Abdelfattah Amor et moi-même la constitutionnalité de cette
développer davantage. Cela se fait par la culture. Je peux direLe professeur Yadh Ben loi scélérate. Un certain nombre de nos collègues étaient
er que le milieu familial dans lequel j'ai vécu, ses hommes et sesAchour est né le 1 juin 1945 à la d'accord avec notre analyse sur l'inconstitutionnalité manifes-
Marsa, en Tunisie. Il naît au milieu femmes, m'a appris la passion des livres, l'amour du débat, te de cette loi. Mais, au moment de la décision, nous nous
d’une famille de la haute bour- en toute chose, y compris les plus futiles d'entre elles, la sommes retrouvés, totalement, isolés. Dans la lettre que j'ai
geoisie tunisienne pétrie de cultu- recherche des idées neuves et le sens de l'humour. La famil- envoyée au président de la République, je lui avais signifié
re, d’humanisme et de piété. le de mon enfance a été un véritable régime d'assemblée. que cette loi était non seulement inconstitutionnelle, mais
Son père Mohamed Fadhel Mon ascendance appartient au milieu zeïtounien, du côté qu'elle contrevenait à la «conscience juridique».Ben Achour, grande figure intel-
paternel, comme du côté maternel. C'est dire que nous étions
lectuelle et religieuse en Tunisie,
extrêmement attachés au respect des préceptes religieux, En vous référant à la notion de l’«intellectuel orga-a occupé successivement les
quelle que soit leur nature. Pendant le Ramadan, parfonctions de doyen de la faculté nique», si chère à Antonio Gramsci, ou à celle de
exemple, la maison se transformait en un véritable lieu dede la chari'a et de théologie, l'an- l’«éthique de la conviction» mise en relief par Max Weber,
cienne université de la Zitouna et culte. Parmi les marques familiales distinctives, nous commé- par distinction à l’«éthique de la responsabilité», pensez-
mufti de la République jusqu'à morions, collectivement, la bataille de Badr, au cours d'une vous que les intellectuels arabes, maghrébins en particu-
sa mort. cérémonie d'une extrême intensité émotionnelle. Mais, dans lier, ont failli à leur devoir vis-à-vis de leurs peuples?
Ces attaches familiales expliquent l'attrait de Yadh Ben ce climat, la liberté de parole et l'autonomie personnelle fai- Des intellectuels, hélas nombreux, l’ont fait. Ce sont ceux
Achour pour les études. Après avoir suivi les cycles primai- saient l'objet d'un même culte. C'est là, dans ce milieu très que j'ai appelés dans «Politique, religion et droit dans le
re et secondaire à Tunis, il s’inscrit, pour les études supé- religieux, que j'ai appris que la première religion de l'homme monde arabe», les «intellectuels administratifs». Les juristesrieures, à l’université de Paris où, tour à tour, il obtient la maî-
est sa liberté. Evidemment, ce principe de base ne peut être sont des modèles du genre. Avec quelques autres collègues,trise de droit (1968), le diplôme d’études supérieures de droit
ni admis ni compris par les esprits étroits. L’idée d'un hommepublic (1969), le diplôme d’études supérieures de sciences nous les avons combattus, dans des confrontations parfois
«ami de Dieu» et non «esclave de Dieu», je ne l'ai d'ailleurspolitiques (1969) et le doctorat d’Etat en droit (janvier 1974). extrêmement pénibles. Mais il serait erroné de généraliser ce
pas inventée. Je l'ai reprise à mon père qui surnommait l'unIl est major du concours d’agrégation en décembre 1974. jugement.
de ses disciples et amis, quasiment son fils, le cheikh HabibDans l’intervalle, il entame une brillante carrière universi-
taire à Tunis où il accède, successivement, aux grades d’as- Belkhodja, «Habib arrahmân». «Il ne faut jamais avoir peur de
II- La Tunisie sous Ben Ali, état des lieux :sistant, de maître-assistant, de maître de conférences, puis Dieu, mais toujours l’espérer» : voilà ce que j'ai appris dans
Lorsque l’ancien président Ben Ali avait pris la suc-de professeur agrégé. ma famille.
Le professeur Yadh Ben Achour a occupé, également, les cession du président Bourguiba, il avait — avec le pacte
fonctions universitaires les plus prestigieuses celles, notam- national, notamment — manifesté de bonnes disposi-Comment expliquer cette propension des Benachour
ment, de directeur du Centre d’études, de recherche et de tions pour favoriser l’ancrage démocratique de laà choisir les études juridiques en s’y vouant passionné-
publications de la faculté de droit et de sciences politiques Tunisie. Comment expliquer sa volte-face ? Ce revire-ment ? Vous-même y avez consacré toute votre carrière
de Tunis (1980-1987) puis de doyen de la faculté des ment était-il dans la nature du système dont il a hérité ?académique avec, il est vrai, des incursions remarquéessciences juridiques, politiques et sociales de Tunis
Résulte-t-il, plutôt, d’une part déterminante de volonta-sur la sociologie et la science politique. C’est plus un(1993-1999).
risme individuel ?héritage ou une vocation ?Le Professeur Yadh Ben Achour a eu, également, une
Il ne s'agit pas d'une volte-face. Je pense que Ben Ali étaitintense activité internationale. Il a été, successivement, Le «‘âlim» qui a en quelque sorte constitué mon modèle
animé aux premiers temps de sa prise du pouvoir par demembre de la Commission arabe de droit international (1982- de référence n'est pas limité aux études juridiques. Il s'agit à
1984), membre du conseil d’administration de l’université bonnes intentions. Il a certainement cru à sa mission rénova-la fois d'un théologien, d'un spécialiste du langage, d'un juris-
Sédar-Senghor du Caire (1989), conseiller juridique de la trice. Il était entouré d'hommes politiques expérimentés ette, d'un historien, d'un exégète et, à ses heures, d'un philo-
Minurso (1991-1992), membre de l’Institut de droit internatio- intelligents. Mais, après les incertitudes des premiers temps,sophe ou d'un mystique. La formation universitaire moderne
nal, juge, puis président au tribunal administratif de la son installation définitive au pouvoir a laissé à l’homme «réel»que j'ai suivie n'a rien à voir avec ce type de formation tradi-
Banque africaine de développement (2005) et membre du tout le loisir de s'épancher et de se développer. L'hommetionnelle.
Comité d’experts chargé de l’élaboration du rapport sur le «réel» n'a aucune élévation d'esprit, ni culture véritable. Il dis-La spécialisation y est bien plus poussée. Cependant, j'aidéveloppement humain dans le monde arabe élaboré par le
pose d'une malice «flicardière» — excusez le terme — de basgardé de mon milieu familial le sens des «humanités». Ma for-Pnud (2007). Le Professeur Yadh Ben Achour a exercé, par
étage qui ne convient pas à un chef d'Etat. Les meilleurs demation de juriste n'a jamais été un obstacle à cette soif deailleurs, en qualité de professeur associé à l’université
l'équipe qui a pris le pouvoir se sont retirés. N'ayant pluscuriosité pour une culture plus vaste. D'où mes incursionsLaurentienne en Ontario, au Canada (2005-2008).
aucun contre-pouvoir en face de lui, Ben Ali a alors plongé,Le Professeur Yadh Ben Achour n’a pas été en reste dans constantes dans certains champs du savoir qui ne font pas
la participation à la construction de la Tunisie moderne. Il a avec une véritable ivresse et une irresponsabilité totale, danspartie de ma spécialité.
été membre du Conseil économique et social (1987-1988) la jouissance du pouvoir absolu. Sa deuxième femme et son
choisi par le président défunt Habib Bourguiba, puis membre entourage n'ont fait qu'aggraver cet instinct irrépressible deC’est sur la base du prestige familial ou de votre
du Conseil constitutionnel (1991-1992) où il a été désigné par jouissance.expertise scientifique que l’ancien président Ben Ali vous
le président déchu Zine El-Abidine Ben Ali. Il démissionne,
a choisi pour être membre du Conseil constitutionnel et,
non sans fracas, du Conseil constitutionnel lorsque le prési-
Il serait difficile de nier les aspects positifs de l’hérita-avant lui, le président Habib Bourguiba pour être membredent déchu a voulu imposer une loi sur les associations des-
ge laissé par le président Bourguiba dont le souvenir, audu Conseil économique et social ?tinée à étouffer, légalement, la Ligue tunisienne des droits de
demeurant, semble être évoqué avec respect en Tunisie.Sur ce terrain, je ne crois pas que le prestige familial ait eul’homme. La lettre de démission qu’il adresse à l’ancien pré-
Si vous deviez dresser le bilan de la gouvernance soussident tunisien lui vaut, quasiment, d’être exilé à l’intérieur de un poids quelconque. Je n'ai jamais su exactement, du temps
son pays. Auteur prolifique, maîtrisant parfaitement la cultu- l’ancien président Ben Ali, vous considéreriez que l’héri-de Bourguiba, comment je suis entré au Conseil économique
re arabe et française, le Professeur Yadh Ben Achour a publié tage du président Bourguiba a été, plutôt, fructifié ou,et social, dont je n'ai jamais été le président contrairement à
pas moins de douze ouvrages de fond et quatre-vingt-trois plutôt, dilapidé ?ce que prétendent certains. Je n’ai, non plus, d'ailleurs jamais
articles académiques. Président ou membre de nombreux Ben Ali n'a pas remis en cause les avancées sociales desu comment j'en suis sorti.
jury de thèses de doctorat, il a acquis un statut académique Mais cela m'a permis de participer, sous la présidence de Bourguiba, notamment le développement des droits de la
qui en fait une référence en matière de droit et de théories femme. Ceci étant, Bourguiba n'est pas un homme sanssi Mohamed Ennaceur, à des débats et des projets de
politiques.L’intérêt de son abondante production intellectuel-
faute. Il était le seul à disposer de la légitimité nécessaire, deréformes très intéressants, en particulier ceux relatifs au sys-le porte, en particulier, sur les thèmes qu'il aborde, notam-
la profondeur historique, de l'intelligence indispensable, de latème éducatif. Quant au Conseil constitutionnel, dans lequelment les rapports de l’islam à la pratique politique.
culture universelle, pour préparer la Tunisie à vivre une vieje suis entré en 1988, et duquel j'ai démissionné en 1992, ilSignalons, dans ce contexte les deux ouvrages qu’il a publié
faut dire que, par mes centres d'intérêt, mes cours et mes réellement démocratique. Il a totalement raté cette mission: Aux fondements de l’orthodoxie sunnite (PUF, Paris, 2008)
et La deuxième Fatiha, l’islam et la pensée des droits de recherches, je faisais partie naturellement du lot des «éli- qui ne l'intéressait pas, par rapport au culte de sa personnali-
l’homme» (PUF, Paris, 2011). C’est, pourrions-nous dire, tout gibles». J'y suis entré à un moment où on ne se doutait pas té. Bourguiba, en effet, était dévoré par un instinct narcissique
naturellement, qu’il a été choisi, en janvier 2011, pour prési- démesuré. Cela a englouti toutes les potentialités de cetencore de ce qui adviendrait par la suite. Je ne suis pas par-
der la Commission nationale des réformes politiques qui se tisan de l'intellectuel isolé dans sa tour d'ivoire. On peut se homme exceptionnel. Mais il avait au moins une qualité, une
transforme, dans la même année en «Haute Instance de réa- rendre utile en mettant son expérience et ses connaissances vertu. Comme tous les vrais et grands politiques, l'argent ne
lisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique
au service du bien commun. Les rouages de l'Etat en font par- l'intéressait pas. Cela est revenu aujourd'hui dans la mémoi-
et de la transition démocratique».
tie. re des Tunisiens.
TUNISIE
YADH BEN ACHOUR,
président de la Haute intance de
réalisation des objectifs de la révolution,
de la réforme politique et
de la transition démocratiqueLe Soir
d’Algérie L’Entretien du mois Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE5
est un élément-clé de gouvernement»
L'homme «aux mains propres», voilà, institutions de l'État. Mais elle doit fonction-
pour nous aujourd'hui, la figure de ner de manière tout à fait autonome, sans
Bourguiba. La leçon que Ben Ali n'a pas su recevoir d'ordres ou d'instructions de qui-
retenir de Bourguiba c'est que l'intégrité conque. Elle a pour tâche d'examiner et de
morale d'un chef d’Etat, en politique, est un proposer aussi bien les réformes politiques
élément-clé de son gouvernement. Voilà ce nécessaires, que les projets de textes juri-
que Ben Ali a totalement dilapidé. diques qui doivent les soutenir. Elle a égale-
ment pour tâche d'examiner et de donner un
Vous avez souvent déclaré que l’an- avis, en coordination avec le Premier
cien président Ben Ali, du moins le systè- ministre, sur l'activité gouvernementale. Sur
me qu’il avait mis en place, «utilisait le dernier point, il faut malheureusement
droit pour violer le droit». Pouvez-vous constater que le flux ne passe pas de maniè-
illustrer votre propos en vous référant à re appropriée. Le gouvernement n’accepte
l’organisation institutionnelle du pays pas de bonne grâce de se soumettre aux cri-
sous l’ancien président Ben Ali et au tiques. Les rencontres entre les membres du
mode de fonctionnement des pouvoirs gouvernement et le Conseil de l'Instance
durant cette même période ? sont, extrêmement, rares. Nous avons reçu
Utiliser la loi pour vider le droit de sa sub- deux fois le Premier ministre et une autre fois
stance, telle a été la méthode de gouverne- le ministre des Affaires sociales. Cela est
ment de Ben Ali. Le malheur c'est qu'il a trou- positif, mais pas assez, cependant, pour
vé assez de juristes pour l'aider. Ce sont ces pouvoir discuter une politique gouvernemen-
juristes que je ne comprendrai jamais. Notre tale dans son ensemble. Or, les problèmes
Constitution, nos lois, sont devenus des politiques de notre pays ne manquent pas.
pièges contre le sens du droit et la matériali- La difficulté, c'est que lorsque l'instance s'oc-
té des droits. Prenez l'exemple de la cupe de ce qui la regarde, il lui est reproché
Constitution. Elle a subi un certain nombre d'outrepasser ses compétences et même de
Yadh Ben Achour, enfant, aux côtés de son père et du Président Habib Bourguiba.de révisions qui l'ont totalement défigurée. Il mordre sur celle de la future Assemblée
en est de même des grandes lois qui concer- constituante. Lorsqu'elle n'arrive pas, pourd’un système autoritariste parvenu à ses deux logiques. Cet aboutissement a fait l'ob-
nent la vie politique, comme le code électo- des raisons qui lui sont étrangères, à exercerlimites ultimes ou la résultante de l’in- jet de négociations extrêmement ardues et
ral, les lois sur les associations, les partis ses attributions, comme en matière d'exa-fluence démesurée de la famille Trabelsi difficiles entre le Premier ministre de
politiques, la presse, etc. men de la politique gouvernementale, il luisur le processus de prise de décision l'époque, Mohamed Ghanouchi, et les com-
est reproché alors sa passivité et sa faibles-national? posantes principales du Conseil national de
Entre les instances de consistance se. C'est ainsi que, injustement, l'instanceLes deux se conjuguent. L'excès de pou- protection de la révolution. L'appellation si
politique, tel le RCD, et les institutions est devenue la cible de toutes les critiquesvoir et l'opprobre moral. Sur tous les fronts, fastidieuse de l'instance est le produit de
bureaucratiques à l’instar de la police et faciles et des points de vue inconsistants.Ben Ali a dépassé toutes les lignes rouges. cette négociation difficile. L'instance porte,
des autres services de sécurité, où se Les textes qui sont à l'ordre du jour deofficiellement, le titre de : «Haute Instance de
sera situé, selon vous, le centre de gravi- l'Instance ont tous un rapport direct avec laréalisation des objectifs de la révolution, deIII – La Haute Instance :té dans le régime de Ben Ali? préparation des élections. Il s'agit des projetsla réforme politique et de la transition démo-
Professeur, permettez-moi cette imper-La police, en particulier la police politique, sur les partis politiques et leur financement,cratique». Une fois mise en place, le 17 mars
tinence. Vous n’éprouvez pas de gêne àen était le centre de gravité. Il faut que les sur les associations, sur les médias et la2011, la Haute Instance a eu à résoudre la
présider une instance en charge dechercheurs élaborent une théorie de «l'Etat communication audiovisuelle et sur la pres-question de sa représentativité, fortementréformes politiques essentielles censéepolicier», à partir de l'expérience de Ben Ali. se. Cela rentre directement dans les attribu-contestée. Il a fallu ensuite surmonter toutespermettre l’accès de la Tunisie au systè-L'Etat policier induit, dans toute la société, tions de l'Instance. Par ailleurs, je rappelleles difficultés découlant du caractère quelqueme démocratique alors que les instancesdes effets d'une perversité complète. Il que l'Instance n'a pas de pouvoir de déci-peu hétéroclite de la Haute Instance.exécutives actuelles jusques, dans unedétruit l'autorité étatique. Il provoque le sion. C'est à l'exécutif provisoire de décider.N'oublions pas en effet que nous sommes
certaine mesure, le Premier ministre lui-désintéressement de la chose publique. Il Mais ces projets dérangent énormément cer-passés successivement d'une simple com-
même constituent un héritage de la dicta-favorise, dans l'esprit civique majoritaire, tains partis. Ils ont inventé cet argumentmission d'une vingtaine d'experts en
ture ? Vous pensez que la démarche estcette mentalité de la débrouillardise, de la cousu de fil blanc, selon lequel l'Instancesciences juridiques, à une Haute Instance
cohérente et s'est transformée en Parlement et usurpe lescomposée de 72 personnes, pour aboutir
légitime? pouvoirs de l'Assemblée constituante.enfin à une assemblée réunissant plus de
Je suis désolé,Liberté et rationalité doivent aller de 150 personnes, sans compter le groupe des
le Premier Quelle est l’organisation interne de lajuristes. Le caractère disparate de l'instance
ministre ne consti-concert. La liberté démocratique consiste à Haute Instance ? Nonobstant les commis-explique un certain nombre de ses pro-tue pas un hérita- sions spécialisées, comment se dérouleblèmes. Cela a été aggravé par le fait que,élaborer, à partir d'un débat d'idées générali-élaborer, à par- ge de la dictature. la mise en harmonie des travaux d’ex-travaillant toujours dans l'urgence, la HauteIl fait partie de perts avec avis et recommandations dessé, des solutions aux problèmes du présent et Instance n'a même pas eu le temps d'élabo-tous les respon- partis, associations et personnalités pré-rer un règlement intérieur. Par ailleurs, lades plans d'action pour la gestion du futur. sables politiques sents au sein de la Haute Instance ?compétence de la Haute Instance n'était pas
qui ont observé La «Haute Instance de réalisation desdéterminée avec précision. Enfin, le mode de
réserve et hostilité objectifs de la révolution, de la réforme poli-prise de décision n'était pas homogène.
à l'égard du régime de Ben Ali. Il a mêmecorruption et de la compromission. Il cultive tique et de la transition démocratique» estNous avons pratiqué, selon les circons-
affirmé, expressément, que «Ben Ali était unl'instinct de violence et d'agression. Dans ce composée de deux organismes. Letances, le mode de décision consensuelle et
traître». Pour le reste, nous faisons avec cetype d'Etat, les valeurs sont détruites, y com- «Conseil» constitue l'organisme représentatifcelui de la votation. La procédure de votation
que nous avons. Cela fait partie de la matu-pris la valeur la plus sacrée, celle du respect et politique. Il est composé de personnalitésa été considérée par certains partis qui ne
rité du peuple tunisien. Il accepte des solu-de la vie et de l'intégrité physique. L'Etat poli- nationales, d'organismes non gouvernemen-disposaient pas de la majorité des voix,
tions boiteuses, sur le plan de la logique abs-cier, c'est un retour à l'état de nature, dans taux et associatifs, de partis politiques et decomme une procédure de marginalisation. Ilstraite, mais ces solutions sont acceptées enlequel la volonté subjective tient lieu de loi. représentants des régions. Le «Comité d'ex-se sont alors abrités sous le parapluie duvue du bien commun. La logique du passé etC'est la négation de la société civile. perts» constitue l'organisme technique dontconsensus pour contester un certain nombrede l'ancien ordre, celle du nouveau et du la tâche essentielle est de préparer les pro-de décisions. La Nahdha s'est retirée deuxrévolutionnaire, resteront en confrontation auPourquoi, selon vous, l’insurrection jets de textes juridiques à soumettre à l'exa-fois de l'instance pour cette raison, une fois à
cours des prochaines années. Il faudra dudu peuple tunisien, ou la révolution si men du conseil. Les experts présents aul'occasion du report des élections de juillet à
temps pour revenir à l'apaisement généralisévous préférez, fut spontanée sans rôle cours des séances du conseil ne participentoctobre, une autre fois à l'occasion de la dis-
et au retour à la concorde définitive.essentiel des partis et associations syn- pas au vote. Cependant, le rôle du comitécussion du projet de décret-loi sur les partis
dicales et professionnelles, encore moins d'experts est décisif. C'est au sein du Comitépolitiques et leur
La Haute Instance que vous présidez ades leaders politiques ? Comment expli- financement.
connu bien des difficultés depuis sa créa-quez-vous que cette insurrection interve- Malgré toutes
tion. Quelles ont été les étapes essen- La première expérience de démocratie poli-nue de manière intempestive n’ait pu être La première-ces difficultés, la
tielles d’une mise en place, apparemmentni contrariée ni dévoyée malgré toutes les Haute Instance a tique en Tunisie a vu le jour au sein dedes plus laborieuses ? Quels furent lestentatives enregistrées ? réussi à achevergrands obstacles rencontrés par la HauteDe manière spontanée, et non pas de l'instance de réalisation des objectifs de lal'essentiel de saInstance depuis sa création ?manière intempestive. Il s'agit d'une explo- mission, préparerLa Haute Instance a été confrontée aux révolution. C'est un point que les détrac--sion de fureur et de rage, mais d'une ratio- le cadre généralmêmes problèmes que toutes les institutionsnalité et d'une sagesse étonnante. Explosion qui servira à l'or- teurs de l'instance oublient d'évoquer.de cette période transitoire. Tout s'est faitde rage et de fureurs contre l'opprobre et la ganisation des
dans une certaine improvisation et sous labassesse de l'ancien régime. Rationalité et élections pour
pression des événements. Il a d'abord fallu,sagesse, par la nature des slogans, la légiti- d'experts qu'ont été élaborés tous les textesl'Assemblée constituante.
à la fin du mois de janvier 2011, concevoirmité des demandes, le sens du sacrifice, relatifs à l'élection de l'Assemblée consti-
une solution qui tienne compte à la fois de lal'absence du sentiment de vengeance, la tuante. Il en est ainsi de la loi électorale pro-Quel est le positionnement de la Haute
logique institutionnelle, celle de la premièrefraîcheur de ses partisans. Sur ce point éga- prement dite, du décret-loi instituant la HauteInstance par rapport à l’environnement
Commission de réforme politique, à caractè-lement, il faudra encore quelques années Instance électorale indépendante, et desinstitutionnel en place en Tunisie ? De
re exclusivement technique, et de la logiquepour théoriser le sens, la profondeur, les décrets d'application de la loi électorale.quelles prérogatives dispose-t-elle ?révolutionnaire incarnée par le «Conseilmotivations de cette révolution. Aujourd'hui, nous sommes en train de discu-Quelles sont ses missions ?national de protection de la révolution». La ter de trois projets fondamentaux, en relationLa Haute Instance est une «autoritéHaute Instance, créée par le décret-loi n° 6Au total, la chute du régime du prési- avec les élections. publique indépendante». Elle fait partie desdu 18 février 2011, constitue la synthèse desdent Ben Ali, c’est, selon vous, l’échec Suite en page 06
TUNISIE
YADH BEN ACHOUR,
président de la Haute intance de
réalisation des objectifs de la révolution,
de la réforme politique et
de la transition démocratique
Photos: DR.Le Soir
d’Algérie L’Entretien du mois Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE6
votes, les élections au sein de l'Instance seSuite de la page 05
sont caractérisés par le pluralisme, la trans-Il s'agit des projets de textes sur les partis
parence, le consensus ou parfois le votepolitiques et leur financement, sur les asso-
majoritaire. Il est important de le noter. Laciations, sur la communication et les médias,
première expérience de démocratie politiqueet enfin sur la presse.
en Tunisie a vu le jour au sein de l'instance
de réalisation des objectifs de la révolution.A propos d’experts, justement, que
C'est un point que les détracteurs depensez-vous de ces récriminations qui
l'Instance oublient d'évoquer.évoquent un détournement de souverai-
neté en faisant état de l’appropriation du
La Haute Instance doit statuer – si ellepouvoir de décision au sein de la Haute
ne l’a déjà fait – sur des questions essen-Instance par un groupe de juristes qui
tielles dans la vie politique et institution-vous seraient, personnellement, inféo-
nelle de la Tunisie. Loi électorale, loi surdés ?
les partis, loi sur la presse, notamment«Détournement de souveraineté» ! Vous
sont à son ordre du jour. La démarche nedevez poser la question aux membres du
préjuge-t-elle pas de ce que pourrait déci-Conseil. Ces derniers, d'après mes connais-
der l’Assemblée constituante, autrementsances, ont le plus grand respect pour le
plus légitime que la Haute Instance ? Cegroupe de juristes qu'ils apprécient non seu-
ne serait pas risqué si l’Assembléelement pour leur compétence mais égale-
constituante estimait nécessaire de déju-ment pour leur neutralité. «Juristes qui me
ger la Haute Instance ?seraient personnellement inféodés»! Voilà
Je réponds en premier lieu que nous neune accusation totalement dénuée de fonde-
savons encore rien de l'étendue des compé-ment. Les juristes qui font partie du groupe
tences de l'Assemblée constituante. Se limi-d'experts appartiennent aux différentes facul-
tera-t-elle à l'élaboration d'un texte constitu-tés de droit du pays : les deux facultés de
tionnel ou bien exercera-t-elle en mêmeTunis, la faculté de Sousse, la faculté de
temps le pouvoir législatif ? Il est par consé-Sfax, la faculté de Jendouba et l'institut de
Lettre de démission du Conseil constitutionnel adressée à l’ancien président Ben Ali.quent aberrant, de ce point de vue, de sou-Kairouan. Le groupe d'experts comprend,
tenir que l'Instance empiète sur les compé-également, des juges judiciaires, des juges encore dominé par des personnes totale- symbolique d'une grande portée par rapporttences de la Constituante. En second lieu,administratifs et des avocats. Avant de les ment impliquées dans le fonctionnement de à la pratique politique ancienne. Devant lestout ce que
l'ancien régime. La tâche du gouvernement critiques qu'il a suscitées de la part de lal'Instance a pro-
provisoire est donc extrêmement difficile. majorité des membres de l'instance, en par-duit rentre, stric-La Haute Instance est une «autorité publique D'un côté, il ne peut procéder à une éradica- ticulier au sujet du caractère excessivementtement, dans les
tion systématique des administrations et des emphatique des dispositions relatives àindépendante». Elle fait partie des institu- attributions qui lui
services, car cela pourrait se retourner l'identité arabe et islamique du pays, et duont été reconnuestions de l'État. Mais elle doit fonctionner de contre lui, mais d'un autre côté, il doit mon- paragraphe relatif au refus de la normalisa-par le décret-loi
trer le maximum de loyalisme et d'engage- tion avec «l'entité sioniste», le texte initial amanière tout à fait autonome, sans recevoir numéro 6 du 18manièreecevoir
ment du côté de la révolution. Il serait désas- fait l'objet de plusieurs modifications. Et cesfévrier 2011 orga-
d'ordres ou d'instructions de quiconque. treux que le gouvernement oublie son devoir dernières ont toujours été le fruit de négocia-nisant l'instance.
de loyauté envers la révolution. tions et de concessions. Le texte ne couleEnfin, pour-
pas d'une seule source. Pour cette raison, ilquoi oublie-t-on si souvent de rappeler querencontrer au sein de la Haute Instance, je Evoquant le risque de dévoiement du ne peut satisfaire tout le monde. Il est desti-l'Instance ne fait que proposer des projetsn'avais, avec plus des deux tiers du groupe processus démocratique, vous soulignez né à être signé par l'ensemble des acteursqui doivent être adoptés, en fin de parcours,d'experts, aucun lien de connaissance per- que «l’ivresse de la liberté est une mau- de la vie politique en vue d'engager chacunet conformément au texte sur l'organisationsonnelle, ni, à fortiori, d'amitié. Les collègues vaise chose pour le peuple». Vous insis- d’eux à respecter les principes démocra-provisoire des pouvoirs publics, par le titulai-que je connaissais personnellement ont été tez, au contraire, sur ce que vous consi- tiques intangibles sur lesquels sera édifié lere du pouvoir législatif, le président de lachoisis sur la base de leur seule compéten- dérez le corollaire de la liberté en affir- futur système politique de la Tunisie.République.ce. Je peux même dire qu'avec ces derniers, mant que «la liberté nécessite de la mesu-
dans le passé, je n'avais pas toujours eu des re et de la discipline». A qui s’adresse, «En démocratie il n’y a pas de victoireFinalement quels sont les résultatsrapports particulièrement amicaux. En choi- exactement, cette mise en garde ? ni de défaite absolue», dites-vous.d’étape de la Haute Instance ? Quel estsissant les experts, j'ai précisément agi dans Liberté et rationalité doivent aller de Comment vous assurez-vous du respectl’échéancier adopté par la Haute Instancele sens totalement contraire à celui que l'on concert. La liberté démocratique consiste à de ce principe dans le fonctionnement depour réaliser son plan de charges ?veut m'imputer. C'est-à-dire que j'ai fait en élaborer, à partir d'un débat d'idées générali- la Haute Instance? Comment, selonNous sommes au début de l’été. Sur lesorte de choisir des personnalités avec qui je sé, des solutions aux problèmes du présent vous, ce principe pourrait être pris enplan du cadre électoral, la Haute Instance estn'avais aucune relation personnelle. Mais et des plans d'action pour la gestion du futur. compte dans la nouvelle Constitution ?en train d'achever sa mission. Cela ne veutque voulez-vous ? Il faut bien trouver un Cette liberté est une conquête difficile qui se Le mode de prise de décision par consen-évidemment pas dire que sa mission est ter-bouc émissaire à ses frustrations. Je dois situe entre la tendance au désordre et la ten- sus, qui est celui de la Haute Instance, estminée. Il lui reste à examiner et débattre survous avouer que j'ai refusé d'intégrer dans le une applicationles questions de politique générale d'ici legroupe des personnes qui me l'avaient stricte du principerendez-vous historique du 23 octobre 2011. Ce qui s'est passé en 1992, l’année où j’aiexpressément demandé et qui étaient spé- qu'en démocratieNous devons espérer que sur ce point lecialement venus me rencontrer pour cela. démissionné du Conseil constitutionnel, il n'y a ni défaite nigouvernement fera preuve d'assez de sages-Sans porter atteinte à la modestie, je pense victoire absolue. Ilse et de responsabilité pour accepter ce prin-être assez bien placé pour juger la valeur c'est que celui-ci a eu à examiner un projet ne s'agit pas d'uncipe si important dans cette phase transitoiredes juristes. Par ailleurs, parmi les détrac- principe de droitoù n'existe aucune assemblée représentati- de loi sur les associations. Ce projet, enteurs, il en existe qui ont échoué plusieurs constitutionnel,ve élue, aucun parlement, aucun organe defois devant des jurys que je présidais il y a fait, était destiné à provoquer la mort de la mais d'un précep-dialogue. La Haute Instance est le seul lieufort longtemps. Leur manque de qualification, te politique.où pourrait s'instaurer le débat démocra-évidemment, ne peut, d'après leur jugement Ligue tunisienne des droits de l'homme. L’affirmation qu'entique.personnel, leur être imputé. Nous connais- démocratie il
sons fort bien cette rengaine : ce n'est jamais dance au totalitarisme. n’existe «pas de victoire absolue, ni de défai-Vous êtes optimiste sur le respect deà cause de soi-même qu'on échoue, mais à Elle nécessite par conséquent une disci- te absolue» résume les deux principes-clésces échéances ? Il n’existe pas d’entravescause du jury. Ce sont ces personnes-là qui pline sociale qui se manifeste par l'organisa- du gouvernement démocratique. Le premier,à l’avancement de vos travaux ? Lesont lancé l’accusation dont vous faites état. tion des partis politiques et des associations, c'est que le parti qui a gagné les élections nepôles de pouvoir résiduels de l’ancien
par les règles du jeu qui nous permettent de doit pas transformer sa victoire électorale enrégime se sont, donc, résignés au chan-Comment se déroulent les travaux de débattre sans violence ni blocage des institu- une entreprise de domination ou d'exclusiongement démocratique ? Certains nou-la Haute Instance ? Vous avez souvent tions, par le règne de la loi dans un État de des groupes minoritaires, quelle que soit leurveaux acteurs apparus sur la scène poli-évoqué le consensus comme fondement droit, par l'équilibre des pouvoirs et l'indé- nature. Autrement dit, il lui est interdit detique ne risquent-ils pas d’entraver leessentiel du fonctionnement de cette pendance du pouvoir judiciaire. consommer, intégralement, les fruits de safonctionnement de la Haute Instance ?Haute Instance. Des personnalités Effectivement, la liberté démocratique n'est victoire, même si cela lui était, juridiquement,Trop de questions en une seule. Je vaisinfluentes et des partis importants sur la pas une ivresse. Elle présuppose la discipli- possible. me contenter de répondre à la question cen-scène politique ont, épisodiquement, ne. L'ivresse de la liberté conduit à l'anarchie Le deuxième principe, c'est que le per-trale sur «les pôles de pouvoir résiduel demanifesté leur désaccord jusqu’à quitter, et l'anarchie nous ramène à la dictature, dant électoral accepte la règle du jeu enl'ancien régime». La révolution signifie l'ap-parfois, la Haute Instance. Quelle évalua- sous une forme ou une autre. L'ivresse de la reconnaissant sa défaite et en se soumettantpropriation par le peuple tunisien d'un certaintion, personnellement, faites-vous de l’es- liberté assassine les libertés. à la loi du parti majoritaire. Autrement dit, il luinombre de principes vitaux pour une vie poli-prit démocratique, fondement lui-même Quelle innovation essentielle apporte est interdit d'interrompre le processus démo-tique saine, c'est-à-dire une vie démocra-de tout consensus, qui règne au sein de le pacte républicain que vient d’adopter la cratique, de refuser sa soumission à la loi,tique. Sans parti dirigeant, cette révolution nela Haute Instance ? Haute Instance ? S’agit-il d’un consensus encore moins d'entrer en dissidence par l'uti-s'est pas donnée la possibilité de procéderComme je vous l'ai expliqué tout à l'heu- avéré destiné à imprimer la vie politique lisation de la violence. par elle-même au travail de rénovation et de re, le travail de l'Instance s'est fait dans une en Tunisie dans une perspective straté- Tout ce qui lui est reconnu, c'est de s'op-purification des élites gouvernantes, descertaine improvisation. Nous avons, gique ou tout juste d’un accord de bonne poser et de combattre la loi majoritaire paradministrations, de la justice, des servicesconstamment, travaillé dans l'urgence avec conduite temporaire jusqu’à l’élection de des moyens pacifiques et démocratiques telspublics, de l'université, des syndicats, desun sens tout à fait minimum de la discipline. l’Assemblée constituante ? que la presse, les associations, les partis,organisations nationales, des entreprisesLa règle du consensus, sauf exception, a Le Pacte républicain constitue, pour l'es- l'édition, les manifestations pacifiques et lespubliques. Pour cela elle doit compter sur letoujours été respectée. Je vous ai expliqué la sentiel, un rappel des principes de la révolu- réunions publiques.gouvernement provisoire. Sans parler deraison pour laquelle certains partis politiques tion, avec des précisions concernant le M. C. M.l'hypothèse dans laquelle un responsable deont suspendu leur participation aux travaux caractère civil de l'Etat, la séparation de la A suivre demain l'exécutif provisoire actuel est lui-même unde l'Instance. Mais en définitive, cette derniè- religion et de la politique, l'égalité homme-responsable de l'ancien régime, il faut recon- «Nos manières d’être musul-re a été le lieu d'éclosion de notre première femme, la liberté syndicale et le droit denaître que l'ensemble du gouvernement pro- mans nous ont souvent empêchésexpérience démocratique dans l'histoire grève, la liberté totale de croyance et d'ex-visoire baigne et travaille dans un milieurécente de notre République. Les débats, les de progresser»pression. A ce titre, il constitue une ruptureLe Soir
d’Algérie Actualité Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE7
TRANSPORT PRÉVUE PAR LE NOUVEAU CODE ÉLECTORAL
DE VOYAGEURS
La desserte Une autorité permanente pour superviser les élections
Le gouvernement Ouyahia a entamé, dès mercredi, l’exa- tiques du pays, constitue une d’opération» ! Assurément, il n’yTizi-Ouzou-Alger manne providentielle pour les aura plus bousculade pour sié-men de la première loi liée aux «réformes politiques» lan-
partis du pouvoir et avec laquel- ger dans les différentes commis-cées par Abdelaziz Bouteflika, celle portant régime électora-coûtera 50% plus cher le ils entretiennent des clien- sions électorales, à l’avenir. le. Une nouvelle loi qui enterre définitivement les fameuses
tèles. «Infiltrer» la prochaine Un autre point a enfin étaitLes transporteurs de voyageurs par bus commissions nationales de surveillance des élections de
structure chargée des élections tranché, lors de la mêmeassurant la liaison entre Tizi-Ouzou et Alger Saïd Bouchaïr, tant décriées par le passé.
sera, à coup sûr, une préoccu- réunion du gouvernement etont décidé d’augmenter le tarif du transport. Kamel Amarni - Alger (Le ment consacrée à cette loi et qui
pation majeure pour les diri- après de très longs débats.Le ticket qui coûtait précédemment 120 DA Soir) - «Désormais, c'est-à-dire s’était prolongée sur deux jours,
geants du FLN, du RND, du C’est celui relatif au maintienest passé à 180 DA, soit une augmentation à partir des élections législatives mercredi et jeudi.»
MSP du PT, etc. C’est d’autant des minima exigés en termesde 50%. Cette hausse, qui est rentrée en de mai prochain, il n’y aura plus Les ministres partisans,
plus vital pour eux que le projet d’audience électorale lors desapplication dès la reprise du service par les d’installation de commission membres de l’Alliance présiden-
de loi examiné mercredi et jeudi trois dernières élections pournationale de surveillance des tielle donc, étaient les plustransporteurs ce jeudi, suite à leur grève de
introduit une autre nouveauté chaque partis pour pouvoirplus de 40 jours, n’est, bien entendu, pas élections, de quelque nature «entreprenants» lors des
majeur : «Le gouvernement a prendre part à la prochaine :que ce soit. La nouvelle loi sur débats. «Les réserves de cer-du goût des usagers qui la trouvent exorbi-
supprimé les indemnités qu’il «Certains ministres invoquaienttante. Ce n’est pas l’avis des opérateurs qui les élections prévoit, en substi- tains ministres FLN mais surtout
allouait jusque-là aux représen- le nouveau contexte internatio-tution, une autorité permanente du MSP étaient très vives»,justifient cette nouvelle tarification par une
et indépendante chargée de la nous confie-t-on encore. «Avec tants des partis ou des candi- nal pour plaider la levée de cetquestion de rentabilité et l’augmentation des
dats aux différentes élections obstacle et permettre aux petitssurveillance et de la supervision une telle structure, et en atten-charges sociales et autres prix des intrants.
qui siègent dans les multiples partis de participer aux élec-de toutes les élections», nous dant d’en connaître la compo-«Le prix du carburant, des pneuma-
confie une source proche du sante définitive, ce sont des commissions, tant nationales tions. Ce qui n’était pas l’avis detiques et autre pièce détachée ont été
que locales». Ouyahia, de Belkhadem etgouvernement. positions bien ancrées quiaugmentés plusieurs fois depuis dix ans
Ce nouvel organisme «dont seront menacées. Le système Une mesure qui fera beau- quelques autres. alors que le prix du billet est resté le même
on n’a pas encore fixé la déno- des quotas qui assurait un cer- coup de frustrés et pour cause : Le Premier ministre explique-depuis qu’il a été fixé à 120 DA, en 2000»,
mination officielle, sera une ins- tain confort aux uns et aux figurer dans une quelconque ra, lui, que ces minimas sontnous explique un membre de cette corpora-
titution autonome dotée de autres ne sera plus là pour repê- commission électorale consti- nécessaires pour mettre fin aution pour qui cette augmentation décidée de
tuait un enjeu de taille, et pour trabendo de certains chefs delarges prérogatives. Elle sera cher les recalés.»façon unilatérale par les transporteurs, est
installée prochainement par Pour mettre fin aux tergiver- les prétendants et pour les parti qui, à chaque échéanceconforme aux dispositions réglementaires
décret présidentiel», ajoute sations de certains ministres, états-majors des partis. électorale et faute de base et dequi stipulent, selon notre interlocuteur, que
notre source. A travers elle, le Ouyahia eut recourt à l’impa- Pour cette mission spéciale candidats, versent dans la “loca-la fixation du tarif du ticket est libre sur toute
gouvernement cherche à don- rable argument : «Il s’agit, là, et temporaire, qui dure seule- tion” de leurs cachets aux candi-desserte lorsque celle-ci dépasse les 30
ner un sérieux gage de garantie d’une décision prise par le prési- ment 45 jours, chaque représen- dats indépendants qui trouvent,km. De fait, toutes les destinations intermé-
quant à la régularité des futures dent» ! tant percevait pas moins de 3 eux, le moyen de contournerdiaires assurées sur le même trajet connaî-
élections. «Elle est inspirée des millions de dinars ! «Désormais, l’épreuve de la collecte detront une augmentation. La liaison Tizi-
recommandations du rapport de L’argent ne coulera chaque parti doit rémunérer lui- signatures monnayant argent».Ouzou-Béjaïa connaîtra, elle aussi, une
la commission Bensalah qui plus à flots même ses propres représen- C’est dire que cette loi ne va pashausse de 50%. De 120 DA, elle passera à
constitue une référence incon- lors des élections tants», nous confie notre sour- faire beaucoup «d’heureux»200 DA. Même si notre interlocuteur le réfu-
tournable mais surtout obligatoi- Cette nouvelle donne poli- ce. «En tout cas, l’Etat ne mettra dans la classe politique. te, cette décision, qui a tout l’air d’être le fruit
re pour toutes les lois, sur ins- tique qu’induira la constitution plus aucun sou dans ce genre K. A.d’un compromis entre les transporteurs et la
truction du président.» de cette nouvelle structure
Direction des transports, qui, elle, veut faire
D’ailleurs, et à en croire toujours contraindra les états-majors desjouer la concurrence entre les différents La loi sur les associations
la même source, «cette structu- partis de l’Alliance et «assimi-
modes de transport, peut, a priori, s’avérer
re n’était pas prévue dans la lés» à revoir en profondeur leurs examinée aujourd’huiruineuse pour les propriétaires de bus qui
première mouture préalable- stratégies électorales.
perdront des clients au profit du rail qui Le gouvernement reprend ses réunions, aujourd’hui samedi,ment préparée par le ministre de Le système des quotas, la
paraît concurrentiel. Le prix du billet étant avec un autre ordre du jour spécial consacré, cette fois, à l’examen
l’Intérieur. Son introduction, sur fraude électorale en d’autres
fixé à 120 DA sur la liaison Tizi-Ouzou- du projet de loi relatif aux associations. «Un projet de loi largement
proposition de Ouyahia, a susci- termes, a toujours été une règle,
Alger. inspiré du rapport Bensalah, lui aussi», affirme-t-on de bonne sour-té par ailleurs un très long débat non écrite certes mais bien
S. A. M. ce. K. A.
lors de la réunion du gouverne- ancrée dans les traditions poli-
ALIMENTATION EN EAU
Sellal reconnaît des difficultés mais rassure
Le ministre des Ressources coupures d’électricité qui entraînent naison des ressources superfi- sainissement n’a pas totalement l’ENTV n’a pas voulu se prononcer
des dysfonctionnements. cielles, souterraines et non conven- réussi (résiliation du contrat conclu sur l’affaire de Béni Haroun et l’ac-en eau se veut rassurant sur
Néanmoins, Abdelmalek Sellal tionnelles. Voire l’Algérie dispose de avec l’allemand Glessen Wasser à tion de l’Agence nationale des bar-l’alimentation en eau potable
Annaba). Toutefois, Abdelmalek rages et transferts, en cours de trai-semble confiant quant à la résorp- réserves inégalées depuis vingt ansdans le pays, même s’il recon-
tion progressive de ces contraintes, grâce à l’amélioration notable des Sellal constate, satisfait, la présen- tement au niveau judiciaire.naît des difficultés.
un défi qui doit être relevé. Et d’au- moyens de stockage (73 barrages ce plus importante des sociétés Néanmoins, M.Sellal a concédé
Abdelmalek Sellal, qui avait été
tant que le chef de l’Etat, persuadé nationales dont Cosider chargée de l’existence de «lacunes» et unopérationnels à moyen terme).auditionné mercredi dernier par le
réaliser cinq barrages à l’est du «manque de professionnalisme»que «les Algériens ont droit à une Quant à la tarification de l’eau,
chef de l’Etat, était l’invité, le lende- pays et Hydrotechnique avec deux dans la gestion du secteur. même qualité de service public», Abdelmalek Sellal a écarté toute
main, du journal du soir de la télévi-
avait la veille instruit le gouverne- projets. D’autre part, l’invité de Chérif Bennaceurrévision à terme, une option «irré-
sion nationale. Certes, le bilan du
ment de déployer «les moyens versible pour le moment», selon lui.
secteur évoque un taux de 94% en TRANSFERT D’EAU nécessaires pour améliorer les A charge, cependant, de dévelop-
matière de raccordement des conditions d'accès à l'eau potable per l’économie de l’eau sur la base IN SALAH- TAMANRASSET
ménages aux réseaux d'alimenta- dans les zones éparses». Et dans la d’une démarche «solidaire et équi-
tion en eau potable. Egalement, la 85% de la population régulièrement alimentéemesure, selon l’invité de l’ENTV, où table» des citoyens, le respect des
dotation quotidienne en eau potable la gouvernance de l’eau se déve- normes de qualité et des délais de Concernant le transfert de l'eau de In Salah vers Tamanrasset, sur
par habitant est passée à 170 l dis- 3loppe, les capacités de stockage se réalisationsdes projets hydrau- 750 km et par un apport quotidien de 100 000 m , le ministre des
tribuées dans plus de 73% de sont améliorées et les réserves liques, ainsi que la maintenance Ressources en eau a indiqué que 80 à 85% de la population de la ville
chefs-lieux de commune, en même hydriques du pays garantissent une des ouvrages et équipements de Tamanrasset est alimentée quotidiennement et régulièrement en eau
temps que la distribution en continu sécurité d’approvisionnement au hydrauliques et leur exploitation 4 mois après l'inauguration de ce projet. Les localités restantes seront
est de plus en plus une réalité dans moins durant deux années de dans des conditions optimales, raccordées de façon progressive en fonction de l'évolution des travaux
plusieurs villes. Néanmoins, M. sécheresse. A ce propos, M. Sellal selon le chef de l’Etat. de renouvellement des réseaux de distribution. C. B.
Sellal a tacitement reconnu que a évoqué les grands barrages qui Certes, la gestion de l’eau, «un
nombre de petites agglomérations jouent le rôle de réservoirs straté- bien de la collectivité nationale et EAUX MINÉRALES
et localités rurales connaissent des giques régionaux (Béni Haroun à une ressource précieuse qu'il faut
difficultés d’approvisionnement, l’Est, Koudiat Acerdoune au Centre savoir préserver» est «un service Les permis d’exploitation suspendus d’octroi
qu’il explique notamment par les et Gargar à l’Ouest) par la combi- public et cela restera quel que Les permis d’exploitation des eaux minérales ont été suspendus
soient les choix opérés pour ses d’octroi, selon Abdelmalek Sellal qui explique cette suspension par laDESSALEMENT DE L’EAU DE MER modes d’exploitation et de gouver- révision du cadre juridique et la réorganisation du marché. Et cela même
nance», affirmait le président de la si plus de 40 permis ont déjà été octroyés. C. B.Les stations réalisées n’ont rien coûté à l’Algérie
République, même s’il estime qu’il
Concernant le programme de dessalement de l’eau de mer, «est important de veiller à l'équilibre
Abdelmalek Sellal a assuré que le coût de l’eau produite reste proche IRRIGATION AGRICOLEéconomique des établissements de
du coût de l’eau produite par les barrages. Voire les 13 stations de des-
gestion de l'eau par l'amélioration 80% des eaux usées traitées utiliséessalement prévues dont 5 déjà réceptionnées n’ont rien coûté à l’Algérie de leurs performances». Et dans la
dans la mesure où leur réalisation implique un investissement étranger L’Algérie dispose d’une capacité installée en stations d’épuration demesure où le recours à l’expertise
même si la partie algérienne s’est engagée à acheter les quantités 600 millions de mètre cubes par an, permettant de traiter 80% des rejetsétrangère s’avère nécessaire même
d’eau traitées. des eaux usées, qui sont épurées et réutilisées pour l’irrigation agricole. si le mode de gestion déléguée des
C. B. C. B.services publics de l'eau et de l'as-Le Soir
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SIDI BEL ABBÈS TÉLÉMÉDECINE
Un blessé grave et des arrestations Pour un accès équitable aux soinssuite à des affrontements
CHU d'Oran, lesquels proposeront leur dans les zones enclavées. Le ministreLa première séance de télémé-
savoir-faire à treize établissements de la Poste et des Tic estime, pour sadecine a eu lieu jeudi au CHUentre bandes rivales publics hospitaliers du Sud (Adrar, part, que la télémédecine qui nécessiteLamine-Debbaghine à Bab El-Oued
Tamanrasset, Tindouf, Illizi, El-Bayadh, des équipements sophistiqués «est uneTard dans la soirée de mercredi dernier, le populeux (Alger) en présence du ministre de
quartier Kaïd-Rabah, dans la ville de Sidi Bel Abbès, a été le Ouargla, Ghardaïa, Naâma, Laghouat, technique développée qui permet unla Santé, de la Population et de la
Béchar, Biskra et El-Oued). Le ministre diagnostic et un suivi précis de la mala-théâtre d’un affrontement d’une rare violence entre deux Réforme hospitalière et celui de la
bandes rivales, l’une de Filaje Rih et l’autre de Kaïd-Rabah. de la Santé estime que les zones die». En présence de nombreux spé-Poste et des Technologies de l’in-
Une bagarre qui fait suite à un contentieux les opposant. enclavées, toujours en attente de la cialistes et professeurs de médecine,formation. Cette technique, nou-
Les belligérants munis d’armes blanches et de fusil à har- réalisation de nouveaux CHU à sept cas ont été exposés à partir develle en Algérie, a permis de relier,
pon, se sont affrontés quelques heures après la rupture du Laghouat, Béchar et Ouargla, ont gran- l’hôpital de Laghouat, lors de ce pre-dans un premier temps, le CHU ex-
jeûne. Selon nos sources, plusieurs jeunes du quartier Filaje dement besoin de cette technique. mier essai. La séance aura permis àMaillot à l’hôpital de Laghouat.
Rih, armés jusqu’aux dents, sont venus régler leur compte à La télémédecine permet ainsi l’ac- l’équipe pluridisciplinaire, grâce à unL’opération s’inscrit dans le cadre
leurs antagonistes suite à l’agression de l’un des leurs il y a cès des citoyens de toutes les régions travail interactif, en temps réel, d’établird’une convention signée le 23 juillet
quelques jours. du pays aux soins de manière équi- les diagnostics et d’en définir les traite-dernier, entre le ministère de la Santé
Dans la mêlée, qui a duré une bonne partie de la nuit, un table. Cette opération permettra entre ments adéquats. La télémédecineet le département de Benhamadi. Elle
jeune a été gravement blessé. Alertés, les éléments de la autres d’améliorer la qualité des soins assure ainsi un «maillage» entre levise à interconnecter cinq centres hos-
police se sont déployés pour cerner la rue théâtre de la rixe et «de sortir de l’assistanat médical», corps médical d’après Ould Abbès.pitalo-universitaires (CHU) du nord du
et empêcher d’autres jeunes d’accourir pour aider leurs souligne le ministre de la Santé. En Après cette première expérience, lepays aux treize hôpitaux des régions
amis. effet, la mise en place de ce réseau ministre de la Santé assure que les 12des Hauts-Plateaux et du Sud tout en
Trois personnes ont été arrêtées alors qu’un blessé a été assurera les applications de téléconsul- autres hôpitaux bénéficieront de cettecontribuant à l’amélioration de la prise
évacué vers les UMC du CHU de la ville. Ce n’est que vers tation, de téléassistance, de télédia- technique d’ici fin 2011, en attendanten charge médicale des habitants de
l’aube que le quartier a commencé à retrouver son calme gnostic, de télé-expertise et de forma- d’être élargie à l’ensemble des hôpitauxces régions. Il s’agit des CHU (d'Alger
grâce à la présence dissuasive de la police. Mustapha-Pacha, Bab El-Oued, Béni- tion continue à distance de jeunes du territoire national.
A. M.
Messous), le CHU de Constantine et le médecins et patriciens, notamment W. Z.
LA CARAVANE ALGÉRIENNE DÉMARRE AUJOURD’HUI D’ALGER
CHORFA (BOUIRA)
Obsèques 800 tonnes de secours pour la Somalie
Somalie pour participer au président somalien. «NousLa caravane algérienne humanitaire s’envolerade Abderrahmane Chibane sauvetage de vies dans ce allons aussi travailler avecaujourd’hui, à midi, en direction de la Somalie.
pays qui meurent par cen- des organisations humani-Mehdi Mehenni - Alger délégation de 12 personnesLe président de l’association des oulémas musulmans algé-
taines chaque jour. «Nous taires arabes et musulmanes(Le Soir) - A l’occasion d’une fera d’abord escale en Égyp-riens, Abderrahmane Chibane s’est éteint hier à Alger à l’âge de
aurions pu avoir plus de 800 qui connaissent parfaitement93 ans, des suites d’une maladie. Les obsèques de celui qu’on conférence de presse orga- te, puis au Kenya pour ensui-
tonnes de denrées alimen- les lieux et qui peuvent nousappelait communément le faiseur de biens et l’élite intellectuel- nisée hier à Alger, le prési- te rejoindre Mogadiscio, la
le de la religion dans son village natal de Chorfa, relevant de la taires si nous avions patienté épargner tout éventuel dan-dent de l’association Irshad capitale somalienne, actuel-
wilaya de Bouira, se sont déroulées au cimetière de Sidi Amr encore quelques jours. Mais ger», a-t-il ajouté. Enfin, etwa Islah, Nasserddine lement sous l’autorité du
Chérif, en présence de sa famille et des milliers de citoyens de que voulez-vous, la situation pour conclure, le présidentCheklal, a fait savoir que gouvernement central.
la région. Plusieurs personnalités politiques entre autres, est très urgente et toutes les de l’association Irshad wacette action a connu une «Nous avons préféré acheter
Abdelaziz Belkhadem, Ghoulamallah, ministre des Affaires reli- meilleure adhésion des les denrées alimentaires en 30 secondes un enfant perd Islah a salué l’initiative du
gieuses, El Hadi Khaldi, ministre de la Formation profession- Algériens par rapport à la question sur place à la vie», s’est-il désolé. président de la République
nelle, Ali Benflis, Ali Bouguerra wali de Bouira, Ahmed Taleb El Par ailleurs, et concer- qui a fait don de 10 millionscaravane pacifique de Mogadiscio car les prix sont
Ibrahimi, Ali Benhadj, ex-FIS et Abdelkader Gaci, sénateur FLN nant les risques d’enlève- de dollars aux trois pays deGhaza en 2009. «Ceux qui trop élevés au Kenya. C’est
étaient également présentes. ment, de racket et autre, vu la Corne de l’Afrique, espé-meurent de balles et ceux qui d’ailleurs notre ambassadeur
Kamel Gaci
périssent de famine ne sont sur place qui nous a fourni la le climat d’insécurité qui rant, toutefois, que cet argent
pas pareils», a-t-il dit, en allu- fourchette des prix», a-t-il règne actuellement en sera plutôt accordé exclusi-
sion aux martyrs de Ghaza, précisé. Ce ne sont pasSomalie, Nasserddine vement à la Somalie où laLe ministère sauvagement assassinés moins de 800 tonnes de den- Cheklal a fait savoir qu’une situation est beaucoup plus
par l’entité sioniste au début rées alimentaires qui seront demande de protection a offi- dramatique. de la Solidarité nous écrit de l’année 2009. Ainsi, cette distribuées à travers la ciellement été adressée au M. M.
Suite à l’article intitulé «Ils attendent depuis huit mois leurs
misérables 4000 DA : Handicapés sans pensions !» paru dans LES ACTES DE PROFANATION DE CIMETIÈRES
votre quotidien (page 4) en date du 9 août 2011, je vous
demande de bien vouloir insérer les précisions suivantes : SE MULTIPLIENT À SIDI-AÏCH
- Les versements des pensions des personnes handica-
pées se font par les services des Directions de l’action socia- Plus de 150 tombes vandalisées au village Tilwacadile et de la solidarité à travers les 48 wilayas de manière régu-
lière dans les délais prescrits par la réglementation en à vendredi, a-t-on appris d’une source 240 tombes ont été saccagés. Durant leLes actes de profanation des
vigueur ; locale. Des actes odieux qui n’ont pas même mois de décembre, un acte simi-cimetières se multiplient dans la
- les versements sont effectués au profit de communes par manqué de susciter colère et indigna- laire est commis au cimetière devallée de la Soummam. En effet,
le biais des trésoriers communaux ; tion parmi les villageois. Des plaintes Remila, à 5 km de Sidi-Aïch, avec 53pas moins de 5 cimetières des vil-- les retards signalés, de temps à autre, aux services com- ont été déposées auprès de la brigade tombes vandalisées. lages avoisinant la ville de Sidi-pétents de l’administration centrale de notre secteur concer- de Gendarmerie nationale et le com- Vers le mois d’avril dernier, de nom-
Aïch ont été vandalisés depuisnent un nombre très limité (2 à 3 de communes) et non pas missariat de Sidi-Aïch pour identifier les breuses tombes ont été profanées dans
«tout le territoire national» ; l’apparition de cet étrange phéno- auteurs de ces profanations. un autre cimetière du village de Tighilt,- ces dysfonctionnements sont dus, dans la plupart des mène vers la fin de l’année 2010. Il convient de signaler que les dans la commune de Tibane, relevantcas, à des raisons internes aux communes concernées ; En l’espace d’une semaine, c’est enquêtes diligentées par ces mêmes de la même région de Sidi-Aïch. - quant à la commune de Bordj El-Bahri, citée dans l’ar-
dans deux autres cimetières des vil- services de sécurité pour les précé- Si les enquêtes des services deticle, le versement a été admis en dépense en date du 30 juin
lages d’Izghad et Tilwacadi que plu- dentes affaires similaires n’ont toujours sécurité n’ont pour l’instant rien révélé,2011, au titre du premier semestre 2011 ;
sieurs dizaines de tombes ont été sac- pas abouti. Il faut souligner que ces cas au sein de population locale, on n’hési-- enfin, les portes du ministère de la Solidarité nationale et
cagées. de la Famille étaient —et demeurent— toujours ouvertes au de vandalismes enregistrés à Izghad et te pas à désigner les radicaux isla-
mouvement associatif représentant de cette catégorie de Dans la village de Tilwacadi, situé Tilwacadi ne sont pas isolés. mistes d’être les instigateurs de ces
population considéré comme partenaire privilégié dans le trai- dans la municipalité de Souk Oufella, Pour rappel, le premier cimetière lâches actes de profanation des tombes
tement des préoccupations de nos concitoyens handicapés. quelque 150 tombes ont été profanées ciblé est celui de la ville de Sidi-Aïch, au dans la région.
par des inconnus dans la nuit de jeudi mois de décembre dernier, où plus de A. K.
CCOOMMMMUUNNIIQQUUÉÉ DDEE WWAATTAANNIIYYAA
ANNABATTEELLEECCOOMM AALLGGÉÉRRIIEE
Nouvelle promotion spéciale Ramadan 23 harraga atteignent les côtes sardes (Italie)
chute des tarifs appliqués les 25 harraga qui ont réussiLes vingt-trois harraga, dont une jeune fille, ayantAppelez vers la France au même tarif qu’en Algérie
par les passeurs qui sont leur coup se trouvent lespris le large de la plage de Sidi Salem, commune d’ElNedjma continue de célébrer avec ses clients le mois
descendus jusqu’à 50 000 quinze qui ont échoué àBouni, dans la wilaya d’Annaba, sont arrivés mardisacré du Ramadan et leur offre la possibilité de commu-
DA, par personne, alors qu’à poursuivre leur aventure ladernier sur les côtes de la Sardaigne (Italie). niquer avec leurs proches et amis en France au même
son apogée la harga coûtait semaine dernière. Avec laLes 23 émigrants clan- informer de leur arrivée sainstarif qu’un appel local.
trois fois plus. Un autre grou- réussite du groupe des 23,En effet, pour seulement 10 DA la minute, les clients destins, originaires en majo- et saufs sur l’île italienne. Le
pe de 15 harraga, qui a tenté une information transmise dede toutes les offres Nedjma, à l’exception de ceux de la rité d’Annaba, ont accompli phénomène de la harga a
One et de La Star, peuvent effectuer des appels vers tous de prendre la mer la semaine bouche à oreille sur la placela traversée à bord d’une connu une baisse ces der-
les réseaux fixes et mobiles en France. Cette promotion dernière, a vu sa tentative publique, la harga sembleembarcation de fortune équi- nières semaines, selon des
est valable jusqu’à la fin du Ramadan pour les clients échouer en raison d’une mer reprendre de plus belle àpée d’un moteur de 40 che- jeunes des cités populaires
post-payés et jusqu’au 22 août inclus pour les clients vaux. Selon les parents d’un d’Annaba intéressés par une démontée et de la présence partir de la plus importante
prépayés. Grâce à ces promotions exceptionnelles et des harraga, leurs enfants traversée vers l’autre rive de dans la baie d’Annaba des côte algérienne réputée pour
inédites, Nedjma réduit les distances et vous rapproche bateaux des gardes-côtes. ce genre de traversée. les ont contactés par télé- la Méditerranée. Cette situa-
de vos familles et amis. phone portable pour les tion a été à l’origine de la Certains affirment que parmi A. BouachaLe Soir
d’Algérie Actualité Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE 9
CONSTANTINE
Le pont Sidi Rached fermé pour travaux
Annoncée comme étant «imminen- caractère urgent et provisoire. A savoir, un
cintre métallique érigé sous l’arche n°5, ette» depuis déjà plusieurs années par
des travaux de consolidation effectués ledifférents responsables, l’opération
long des voûtes composant la partie «gare»dite «urgente et plus que nécessaire»
du viaduc.de réhabilitation du pont de Sidi
Rached, un des principaux ouvrages
Une nouvelle réorganisation d'art de Constantine, «menacé de dis-
de la circulationparition», de l’aveu même de ces res-
«Afin de permettre aux équipes de réha-ponsables, sera, enfin lancée le 21 août
bilitation du pont de Sidi Rached d’entamerprochain.
des travaux sur cet ouvrage, un nouveauC’est, en effet, le premier responsable du
plan de circulation sera mis en application àsecteur des travaux publics, M. Remache,
partir du 21 août, et ce, pour une durée dequi l’avait annoncée, mercredi dernier via
70 jours» a indiqué, jeudi le chargé de lales ondes de la Radio nationale, chaîne 1.
communication de la mairie au sortir d’une«Le pont de Sidi Rached sera fermé à la cir-
réunion de coordination entre les servicesculation pendant 70 jours à partir du 21 août
de la DTP et ceux de l’APC de Constantine. prochain et cela, afin de permettre aux
Cela étant, la station des bus de l’avenueéquipes de la société en charge de l’opéra-
Rahmani-Achour (Bardo), desservant lation, la Société algérienne des ponts et tra-
ligne de la nouvelle-ville Ali-Mendjeli seravaux d’art (Sapta) en l’occurrence, d’enta-
transférée vers la station de Khemisti, cellemer les travaux de confortement du pont.» sa déclaration à la radio d’insister sur «la dégagée. desservant la ligne du Khroub, implantéeEt de préciser que «la Société algérienne nature urgente des travaux sur cet important Il s’agit, entre autres de l’étude globale juste à l’entrée du pont de Sidi Rached serades ponts et travaux d’art (Sapta), une ouvrage d’art» et a demandé aux citoyens sur le glissement de terrain réalisée dans transférée vers la station d’El Fedj (Kouhil-entreprise publique réquisitionnée pour la
«d’être patients et compréhensifs quant aux les années 1990 par les Français de Lakhder), assurant les dessertes d’Aïn
circonstance travaillera en étroite collabora-
conséquences qu’engendrera la fermeture Semecsol, de celle confectionnée en 2006 S’mara et Ibn Ziad. Aussi, le stationnementtion avec un expert italien, retenu par la DTP
de cet axe routier». par des experts canadiens visant l’établisse- le long de la rue Tatache-Belkacem, à partir
pour mener à bien cette opération à laquel-
de Bab El Kantra jusqu’à l’entrée de la rueSéculaire qu’il est, le pont suspendu de ment d’un plan de réhabilitation du viaducle une enveloppe financière de 80 milliards
Si Abdellah sera interdit. De même pourSidi Rached, qui fêtera son centenaire dans ou encore le comité d'experts concernés parde centimes a été consacrée».
l’avenue Rahmani-Achour.quelques mois – il fut ouvert à la circulation la prise en charge des problèmes dus auToutefois, aucune indication concernant
Farid Benzaiden 1912 — a fait l’objet, faut-il le rappeler, glissement (DTP, DH, ONA, SNTF) installéla nature des travaux à entreprendre, enco-
d’une dizaine d’études d’expertise, confec- par la wilaya de Constantine en 2009.re moins les conclusions auxquelles est par-
tionnées par des bureaux d’études de Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous lesvenu cet «expert italien aux compétences CHLEF
renommée internationale sans pour autant ponts et rien de «solide» n’a été entrepris, siavérées», n’a été fournie par ce respon-
sable. Ce dernier s’est contenté en fait dans qu’une solution fiable et pérenne n’en soit ce n’est, rappelons-le, quelques mesures à Six hectares réduits en
cendres à Beni-BouatabBORDJ-BOU-ARRERIDJ Les éléments de la Protection civile
ont réussi à circonscrire le feu qui rava-
geait, depuis deux jours, près de 6 haUn député dénonce de la forêt du mont de Béni-Bouatab, à
l’extrême est de la wilaya de Chlef.
«L’intérêt général constitue la dernière des importantes enveloppes budgétaires Accusateur, il met en exergue le cas de plu- Un relief montagneux d’une altitude
préoccupation des élus (…), votre assem- débloquées par l’Etat. Pour ce député, ce sont sieurs membres de l’APW ayant bénéficié de dépassant les 1 000 m qui a rendu très
blée qui constituait un fardeau pour la les intérêts personnels qui priment au sein de logements sociaux qu’ils auront vendus, et difficile la tâche des pompiers. Outre la
wilaya, le citoyen et l’Etat est devenue l’assemblée qui dirigent «le groupe ou le dis- bénéficié par la suite d’autres logements par- dureté du relief, s’ajoute la canicule.
aujourd’hui un danger pour la sécurité de socie». Interpellé par l’état dans lequel se ticipatifs. «Il est parmi vous ceux qui ont failli Des routes ont été coupées, empê-
la wilaya.» trouve le secteur de la santé dans la wilaya, élire domicile au bureau du directeur de chant les citoyens de rejoindre leurs
Ce sont les propos du député Djoudi Djoudi s’interroge sur le rôle de l’assemblée. l’agence de wilaya du foncier», s’indigne-t-il. domiciles, et des maisons ont été éva-
Moundji à l’adresse des membres de l’Assem- «Où était votre assemblée quand les secteurs Dans ce sens, le député évoque la dilapida- cuées.
blée populaire de la wilaya de Bordj-Bou-Arre- de la santé tombaient en ruine, quand dix tion de 300 lopins de terrain urbanisables Le feu a pris lundi matin et a pro-
ridj. Scandalisé par la session de l’APW de directeurs exécutifs ont été chassés de façon dans l’unique commune d’El-Bordj, pointant gressé avec le vent soufflant très fort,
juin, qu’il qualifie de «farce» dans une corres- humiliante de leurs logements de fonction, du doigt les membres du conseil de direction avant qu’il soit maîtrisé définitivement le
pondance adressée au président et aux distribués par la suite à des gens non méri- de l’agence. Il témoigne de l’incapacité de jour suivant.
membres de l’APW, Djoudi brosse un tableau tants, dont certains ne dépassant pas l’âge de l’APW à ouvrir une enquête concernant les
peu reluisant de l’assemblée. «Tout le monde 21 ans à cette époque ?» s’interroge Djoudi. Il sommes colossales dépensées par les com-
Deux mortssait que la wilaya est effectivement dirigée par évoquera également les pénuries d’eau qui munes de Djaafra et Ouled Khlifa. Pour
un des élus et l’ancien président de l’office de durent depuis des années, la dilapidation du conclure, le député dit libérer sa conscience, dans un accident
wilaya», peut-on lire dans cette missive. Pis foncier, le développement, et le non-respect ne pouvant garder silence face à tout ce qui
encore, Djoudi accuse l’APW d’être impliquée des lois de la République. Il cite également les se trame et toutes les injustices faites aux de la circulation
de manière directe dans la détérioration du «honnêtes journalistes» menacés pour leurs citoyens.
Un semi-remorque a heurté, lundi,
développement dans la wilaya, et ce, en dépit écrits reflétant le développement de la wilaya. W. Z.
un véhicule stationné sur la bande d’ur-
gence sur le tronçon passant par la
TIZI-OUZOU localité de Thâaleba, commune de
Oued Sly, 13 km à l’ouest du chef-lieu
de wilaya, tuant sur le coup un hommeGabegie et gestion désastreuse des services âgé de 30 ans. Le passager âgé de 27
ans, grièvement blessé, rendra l’âme
après son admission à l’hôpital de
Sobha suite à une hémorragie interne.de l’hydraulique, selon l’APW
Il convient de signaler que les deux vic-
La grogne suscitée par les une situation paradoxale qui se d’un autre, par la vétusté et la cor- laxisme, la mauvaise gestion expli- times sont des commerçants habitant la
caractérise, d’un côté, par la dispo- rosion qui affecte les réseaux d’ad- quent la rareté du précieux liquidepénuries récurrentes d’eau commune de Chettia sise au nord du
nibilité de la ressource mais qui duction dans la majorité des com- et accentuent la souffrance despotable au niveau de nom- chef-lieu de wilaya. Une enquête a été
n’arrive pas dans les robinets de munes. citoyens», se désole-t-on à l’APW. breuses localités et communes ouverte par la gendarmerie.
nombreux ménages de la wilaya et, «L’absence d’anticipation, le S. A. M.de la wilaya de Tizi-Ouzou n’a
pas manqué de faire réagir Deux motocyclistesl’APW qui dénonce «la gabegie AÏN TÉMOUCHENT
et une gestion désastreuse» percutés par
des responsables du secteur Découverte macabre à la cité Hai-Zitounede l’hydraulique. une voiture
Dans une déclaration rendue Deux motocyclistes ont été percutésUn corps sans vie d'une octogénaire en début de composition a été découvert, avant-hier, à la
publique, le P/APW stigmatise «le par une voiture sur le chemin commu-cité des 214 logements à Hai-Zitoune au chef lieu-de wilaya, apprend-on d'une source officielle.
discours rassurant» de la direction nal reliant Oum Drou à la commune deSelon la même source, ce sont les voisins de la vieille dame qui ont avisé la police après qu'ils
de l’hydraulique qui, selon lui,
Lebiadh Medjadja sise à 7 km de la villeeurent constaté son absence durant plusieurs jours et aussi à cause des odeurs qui se dégageaientavait laissé croire que le problème
e de Chlef. de son appartement situé à la cité des 124 logements au 4 étage.a été défensivement réglé avec le
Ce tragique accident a causé la mortLa police et la Protection civile de la ville se sont rendues au lieu précité et après avoir ouvert laraccordement des localités sud de
sur le coup d’un jeune homme de 23la wilaya au barrage de Koudiat porte dudit appartement, ils découvrent le corps en état de décomposition de la défunte (B. H.) âgée
ans et de graves blessures à l’autreAsserdoune et par l’alimentation de de 82 ans. Son corps a été immédiatement transporté à la morgue de l’hôpital Ahmed-Medeghri de
jeune âgé 19 ans. Ce dernier a été éva-celles du nord de la wilaya à partir Aïn Témouchent.
du barrage de Taksebt dans un cué à l’hôpital de Ouled Mohamed parUne enquête a été ouverte par la police pour déterminer les causes exactes de la mort de cette
délai qui ne devrait pas dépasser le les éléments de la Protection civile. vieille femme.
30 juin passé. Il est relevé, en Zakarya MahfoudS. B.
outre, dans la même déclaration,
Photo : D.RLe Soir
d’Algérie Actualité Vend. 12 - Sam. 13 août 2011 - PAGE 10
LES ÉMIGRÉS FONT LEURS ACHATS À ALGER
Ruée sur l’électroménager et les vêtements
Il y a quelques années encore, quand nos émigrés
débarquaient au pays, c’était pour panser les blessures
de l’exil et se ravitailler en saveurs et en souvenirs du
bled. Aujourd’hui, les choses ont changé. Autre-temps,
autres mœurs. Nos émigrés viennent passer leurs
vacances en Algérie mais également pour s’approvi-
sionner en produits moins chers.
Irane Belkhedim - Alger (Le constantinois. Ils repartent bre-
Soir) - Mourad, vendeur dans douilles et je n’y peux rien».
une vieille boutique d’artisanat Mourad est formel, ces achats
située à la place Maurice-Audin, sont souvent des cadeaux qui
sourit à la question. «Les émi- seront offerts à des amis ou à
grés et les touristes sont comme des proches d’outre-mer
les criquets, ils rasent tout puisque avec ses camarades, il
quand ils rentrent ici». Une belle emballent beaucoup de paquets
métaphore pour résumer la et les décorent avec la fameuse
situation. La grande boutique étiquette «plaisir d’offrir».
est garnie de jolis articles, c’est C’est pendant la période des
une véritable grotte à merveilles vacances, précisément entre
où l’on retrouve toute sorte de les mois de juillet et août que la
produits artisanaux. De la vais- boutique enregistre une affluen-
selle en poterie ou en céra- ce des émigrés et de quelques
mique, des peintures sur toile, touristes. «Dans l’année, ils
des tableaux dessinés avec dif- commencent à taper à notre
férentes couleurs de sable, des porte à partir de mai. L’activité
tapis berbères brodés, des se meurt en hiver», estime
bijoux, des bracelets provenant Mourad. Les vacances, une occasion de s’approvisionner en souvenirs du pays.
du Sud et des robes tradition- Agé d’une cinquantaine d’an-
l’artisanat. «J’achète ce qui est sa marchandise chère. «Ils dans ma boutique». Une anec-
nelles. Trois commerçants s’af- nées, Abderaouf traînait dans la
produit ici. Par exemple, les viennent ici, examinent mes dote qu’il raconte fièrement.
fairaient à s’occuper des clients boutique à la recherche d’un
tableaux qui représentent La articles et font immédiatement Peu prolixe, le commerçant visi-
qui affluaient, l’un d’eux discu- cadeau pour son épouse, il a fini
Casbah, ils sont très beaux, ce la conversion du dinar à l’euro. blement frileux, refuse de décli-
tait même en italien avec un par choisir un joli bracelet targui sont des choses que je garde Puis ils repartent. Ils n’achètent ner son identité. «Quand même,
touriste. qui coûte 4 000 dinars. Il a déjà
chez moi pour être dans l'am- jamais rien ici !». ne me demandez pas plus que
«D’une manière générale, acheté deux robes berbères
biance du pays. J'aime aussi les Ouverte depuis deux ans, la ça !».
les émigrés achètent tout ce qui pour ses deux filles âgées de
roses de sable, elles sont exo- boutique propose différents pro- Ces émigrés achètent d’ici
leur rappelle l’Algérie. Il m’arrive dix et douze ans. «Je ne suis
tiques et évoquent un pays loin- duits informatiques. Micro-ordi- parce que les prix sont nette-
de leur proposer des articles pas kabyle mais je tiens à ce
tain. J’achète également des nateurs portables ou fixes, anti- ment moins onéreux», précise
marocains ou tunisiens mais ils que mes enfants soient impré- bijoux atypiques, des tenues virus, souris, casques… Le le vieil homme emballant un
refusent. Ils réclament un pro- gnés de la culture du pays».
d’intérieur, généralement c’est jeune propriétaire se réjouit de robot d’une cliente. Produit fran-
duit traditionnel local», affirme Etabli en France depuis long-
pour offrir». l’affluence de la clientèle dans çais fabriqué en Turquie, lit-on
Mourad. Toutefois, ces clients temps, Abderaouf revient au
Dans sa maison à Montréal cette rue commerçante, notam- sur l’étiquette du produit écrite
ne trouvent pas tout ce qu’ils pays une à deux fois par an.
où elle vit avec son mari et ses ment des acheteurs étrangers, en arabe.
cherchent, particulièrement les «Une fois pour la famille et la
filles, Khadidja décore son inté- des Cubains, des Ukrainiens,
choses d’antan qui évoquent le seconde pour mes enfants pour rieur de différentes tasses de des Chinois et des Turcs. Ruée sur les vêtements
passé, l’histoire et la tradition qu’ils connaissent mieux le pays thé, de la vaisselle en porcelai- «Ils débarquent générale- pour enfants
locale. «Par exemple, le tadjine et ses traditions». L’occasion
ne colorée ou dorée, de boîtes à ment du port d’Alger. Ils vien- Vivant au Canada depuis
algérien moulé dans le cuivre et pour ce père de famille de s’ap-
bijoux et de cendriers tradition- nent s’approvisionner ici quand presque 20ans, Khadidja a
fabriqué à Constantine est provisionner en souvenirs du
nels. Un «trésor» qu’elle a déni- ils se baladent en ville». Ne acheté il y a quatre ans à Algerintrouvable sur le marché. Il fau- pays et d’offrir des cadeaux à
ché à Ryadh El Feth. Un décor maîtrisant aucune langue étran- un pull de sport portant le nomdrait le commander chez l’arti- ses amis français. Il ne se prive
aux parfums du bled auquel elle gère, Kamel estime que ce n’est de la star franco-algérienne du
san». pas : Dattes, couffins tradition- y tient, c’est sa fierté et ses ori- guère un problème, il se foot Zidane. Une belle affaire
Une situation que Mourad nels, sacs en cuir et différentes
gines. débrouille pour s’entendre avec qu’elle n’a pas voulu rater. «Je
justifie par la hausse des prix de sortes de gâteaux, Abderaouf
sa clientèle étrangère. l’ai payé à 1 000 dinars, ça ne
la matière première, ce qui a fait le plein. «C’est indispen-
Côté électroménager, deIls boudent l’informatique et coûtait pas trop cher et ça a faitpoussé les artisans à réduire sable, chaque fois que je suis
nombreux émigrés se ravi-se ruent sur l’électroménager plaisir à ma jeune fille».leur production. L’abondance ici, je fais des achats. C’est obli-
taillent ici, profitant de la diffé-Kamel, propriétaire d’un Propriétaire d’une boutique
n’est plus permise. «Je leur ai gé», assure-t-il. rence des prix. Un vieux ven-magasin de micro-ordinateurs de prêt-à-porter enfants à
plusieurs fois proposé des tad- Chaque fois qu’elle revient
deur, rencontré au marchéet d’accessoires informatiques Didouche-Mourad, Hakim
jines marocains ou tunisiens, au pays voir les siens, Khadidja
Clauzel confie que parmi sasis à la rue Hassiba-Ben-Bouali, déballait sa nouvelle marchan-
mais ils demandent le tadjine traîne dans les commerces de
nombreuse clientèle, des émi-assure que les émigrés trouvent dise. Il se prépare certainement
grés et des touristes européens pour la fête de l’Aïd. Des chaus-
et asiatiques notamment. «J’ai sures de femmes ornaient sa
des amis qui vivent en France et petite vitrine aux côtés de
qui s’approvisionnent chez moi. tenues pour enfants. «Les émi-
Ils m’appellent avant de venir. grés achètent surtout des vête-
Ce n’est pas uniquement des ments pour enfants», déclare le
cadeaux qu’ils veulent offrir jeune homme.
mais des produits à usage per- Ses articles provenant de
sonnel», dit-il. Dans sa petite France sont des démarques,
boutique, s’entassent toute convertis en dinars, le calcul est
sorte de produits électroména- facile à faire. Les prix sont net-
gers, des marques françaises tement inférieurs. Le prix le plus
réputées pour la plupart. De la bas d’un article est de
vaisselle, des ustensiles de cui- 500dinars et le plus cher est
sine, des articles de décoration, entre 1 000 et 1 500 dinars.
des lustres, des mixeurs, des «C’est normal, nos prix sont
fers à repasser et des robots. faibles par rapport à ceux pro-
«Ma marchandise provient de posés en France», insiste
France. La semaine dernière, Hakim, estimant que tous les
un Français était rentré dans ma ans, en été surtout, les émigrés
boutique, examinant ma mar- viennent flairer les bonnes
chandise, il m’a dit que ce affaires chez lui. Il a sa clientèle.
n’était pas la peine de partir en I. B.
Les émigrés achètent surtout des vêtements pour enfants. France parce qu’il y avait tout
Photo : New Press.
Photo : Samir Sid.