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Fichier PDF - Notes De Lecture - Finances et développement ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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NOTESDE LECTURE
mondiale se ramènera au plus petit Une mondialisation light dénominateur commun, soit un ensemble de règles frêles et inefficaces. rudimentaire de la théorie économiqueNous risquons alors d’avoir trop peu qui s’applique rarement en pratique etde gouvernance partout, parce que les va à l’encontre de l’histoire. Durant leurgouvernements nationaux abdiquent phase de décollage, la majorité des paysleurs responsabilités sans que per-développés d’aujourd’hui ont active-sonne prenne la relève.» ment encouragé l’industrialisation parPour M. Rodrik, au lieu de rêver de des mesures telles que le contrôle desgouvernement mondial, il faut ren-changes, les subventions et la restrictionforcer l’État-nation. Il propose à cette des importations et des investissementsfin sept principes de réforme globale directs étrangers. Cela vaut aussi pourqui restaureraient pour une large part la Chine et l’Inde dans le passé récent etl’autonomie que les pays ont perdue même dans une certaine mesure de nosdepuis que le système de Bretton jours. Cette politique ne garantit pas laWoods n’est plus. réussite, mais peu de pays pauvres ontCes principes sont séduisants, Dani Rodrik réussi à décoller sans en passer par là.encore qu’ils posent quelques grandes Il faut aussi tenir compte de ladifficultés d’application. Le principe The Globalization Paradox o souveraineté nationale. Même si len 7pose par exemple que «les pays Democracy and the Future of the programme vanté par les fondamen-non démocratiques ne peuvent pas World Economy talistes est le bon, rien ne justifie dejouir dans l’ordre économique inter-W.W. Norton & Company, New York and London, l’imposer à des gouvernements cen-national des mêmes droits et privilèges 2011, 288 pages, 26,95 $ (toilé). sément souverains. Chaque pays a leque les démocraties». La Chine n’est ani Rodrik est un critique dedroit de se tromper, tant qu’il ne faitpas rangée habituellement parmi les longue date de l’ordre interna-pas grand tort aux autres. Le systèmedémocraties, puisque c’est un État à dernDelles doivent être souples et donnerier ouvrage fait suite à un livrepourtant, elle a accompli des miracles tional en place. Son excellentinternational a besoin de règles, maisparti unique sans élections libres. Et décrivant l’impact souvent dévasta-aux gouvernements nationaux uneen termes de croissance et de réduc-teur du commerce international surlarge faculté d’expérimentation. C’étaittion de la pauvreté. Si l’on pénalise les marchés du travail et les politiquesle cas dans l’ancien système de Brettonla Chine parce qu’elle n’est pas une sociales nationales. Il développe ceWoods, qui au moment de sa splen-démocratie, on risque de mettre en thème et l’amplifie en y incluant ladeur réussissait merveilleusement àpéril ses accomplissements. On cher-mondialisation financière. Il traite aussipromouvoir la croissance économiquecherait aussi des ennuis. La Chine aura de la légitimité démocratique de l’ordreet à concilier l’autonomie nationale ettrès bientôt la plus grande économie international actuel. Pour conclure, M.l’ordre international.du monde et ne prendra pas bien ce Rodrik examine comment il serait pos-Le fondamentalisme de marché vagenre d’interférence. sible de réformer l’économie mondiale.souvent de pair avec l’idée que les États-Cela soulève une question plus La cible n’est pas la mondialisationnations sont passés de mode, qu’ils sontgénérale. À quel groupement politique en soi. L’auteur défend fermementminés par les communications et less’adressent les propositions de réforme le capitalisme et la mondialisation,forces du marché planétaires interna-de M. Rodrik? Le système de Bretton capables si l’on s’y prend bien de pro-tionales et de plus en plus supplantésWoods et le système de libre marché duire un développement économiquepar des institutions supranationales.qui lui a succédé ont tous deux été rapide. Ce qu’il vise, c’est l’«hypermon-L’aboutissement logique de ce proces-façonnés par les États-Unis et leurs dialisation», qui passe par l’éliminationsus est le gouvernement mondial. M.alliés les plus riches en fonction de totale des obstacles au commerce et à laRodrik doute qu’un gouvernementleurs priorités à l’époque. Maintenant finance, ainsi que par une stricte limi-mondial soit chose faisable. Il est encoreque le Brésil, la Chine, l’Inde et d’autres tation de la liberté des gouvernementsmoins sûr qu’il soit souhaitable :géants économiques se profilent à l’ho-nationaux d’intervenir dans leur éco-«Le monde est trop divers pour querizon, l’équilibre des forces mondiales nomie intérieure. C’est le programmel’on soumette les nations à des règleschange. Sans l’appui de ces futures soutenu depuis plusieurs décennies parcommunes, même si ces règles sont lesuperpuissances, aucune proposition les «fondamentalistes du marché» dansproduit de processus démocratiques.de réforme ne peut aboutir. Il sera inté-les rangs des économistes et au sein deLa normalisation et la réglementationressant de voir comment les idées de certaines institutions internationales.mondiales ne sont pas seulementM. Rodrik seront reçues dans ces pays. M. Rodrik s’oppose à la thèse fon-impraticables, elles sont indésirables. Robert Rowthorn damentaliste sur deux plans. Primo,La contrainte de légitimité démo-Professeur émérite, ce programme repose sur une versioncratique signifie que la gouvernance Université de Cambridge
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