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Chapitre 1
Sur unarbre perché
Où l’on croise une petite fille qui se prend pour un pigeon, un papa qui aurait préféré être ailleurs et une voisine qui ressemble à un pitbull et qui est partout.
– Non, je ne veux pas ! – Charlotte, pour la dernière fois je te demande de descendre, nous allons être en retard ! – Non, non, non et non ! – Mais nom d’un petit cornichon à pattes, tu ne peux quand même pas passer le reste de ta vie là-haut ! – Et pourquoi pas ? Les oiseaux le font bien ! À partir d’aujourd’hui, je suis un pigeon ! – Mais Charlottounette, tu n’es pas un pigeon, tu es une petite fille ! Tu ne voles pas, jusqu’à preuve du contraire ! Alors descends, s’il te plaît. – Non, non, non et re-non ! Je ne redescendrai jamais sur terre, je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas ! Je veux rester rêver là-haut ! C’est à ce moment-là que papa intervient : – Puisque tu ne veux pas descendre, je monte ! Maman essaie bien de le retenir, mais trop tard, papa est déjà perché sur les premières branches du grand chêne qui pousse devant la maison. Il faut dire qu’avec son gros ventre, elle n’est pas très efficace en ce moment, maman. Les trois premiers mètres, papa les franchit avec légèreté, et même avec une certaine élégance. Puis il fait une erreur fatale, il se souvient qu’il a le vertige… Alors papa s’accroche très fort au tronc, on dirait un koala géant. Il devient très pâle, puis franchement blanc, et enfin, sans doute pour mieux se confondre avec les feuilles du chêne, il devient tout vert… – Chéri, ça va ? demande maman. En guise de réponse, papa secoue la tête pour dire non. Bien plus haut dans l’arbre, Charlotte, elle aussi, commence à changer de couleur ; et soudain, elle se met à hurler ! – Je veux descendre, je veux descendre ! – Vas-y tout doucement, dit maman. N’aie pas peur, rejoins papa, et tout ira bien. – Mais bien sûr que non, tout n’ira pas bien ! Je suis incapable de l’aider ! J’ai la tête qui tourne, les bras qui tremblent, les dents qui claquent et les jambes en coton ! Que veux-tu que je fasse si elle parvient à me rejoindre ? Je veux descendre ! conclut papa avec un air pitoyable. – Moi aussi ! hurle Charlotte du haut de sa branche.
La situation devient difficile quand arrive notre voisine madame Henriette et là, d’un seul coup, elle devient impossible, cauchemardesque ! – Vous voulez que je vous apprenne à réveiller tout le quartier de si bon matin ! Voulez-vous que j’appelle la police, pour leur montrer comment vous vous occupez de vos enfants ? Maman se tourne vers madame Henriette, elle penche légèrement la tête sur le côté et un curieux petit sourire apparaît au coin de ses lèvres. Ses yeux habituellement d’un joli brun noisette sont devenus noirs, et même d’un noir foncé, un noir inquiétant comme une nuit sans lune et sans lampe de poche. – Occupez-vous de vos poissons et laissez mes enfants tranquilles ! Je n’ai besoin ni de vos conseils, ni de vos menaces ! Il faut dire que les poissons en bocal sont les seuls êtres vivants à avoir été aperçus chez notre voisine, et cela
depuis des années ! Alors maman se tourne vers moi, elle me sourit, elle fait « Ahhhhh » et elle tombe sur la pelouse. J’appelle tout de suite les pompiers.
Ils sont drôlement rapides, les pompiers ! Moins de trois minutes plus tard, une camionnette rouge arrive, sirène hurlante. Trois pompiers jaillissent, ils se ruent sur maman, ils l’allongent sur un brancard et deux minutes plus tard, maman ouvre les yeux ! – Ce n’est rien, madame, un simple malaise. Mais dans votre état, il ne faut prendre aucun risque. Nous allons vous emmener à l’hôpital pour vérifier que tout va bien et je pense que ce soir vous serez rentrée chez vous, dit celui qui semble être le chef. Alors, du haut de son perchoir, Charlotte appelle à l’aide : – Je veux descendre, je veux voir maman ! – Elle fait quoi, là-haut, la gamine ? demande le chef des pompiers. – C’est un scandale ! hurle madame Henriette. – Taisez-vous ! répond maman, reprenant d’un seul coup des couleurs. – Je crois que je vais être malade ! murmure papa. – Mais en plus, ils sont deux ! dit un autre pompier. – J’appelle la grande échelle, conclut un troisième pompier.
Quand le deuxième camion de pompiers arrive, la moitié du quartier est regroupée devant la maison, la tête en l’air. Maman a repris quelques forces et les pompiers déjà sur place tentent de rassurer Charlotte qui, de sa branche, laisse couler des flots de larmes.
Une grande échelle, c’est vraiment très grand et pas facile à manœuvrer… Alors, ce qui n’aurait pas dû arriver arrive. L’arrière du camion rouge heurte le mur du jardin de madame Henriette… Il y a un léger crac, puis un autre plus fort, plus long… Chacun se tourne pour voir basculer le mur du jardin de madame Henriette. Tout doucement, comme à la télé quand il y a des ralentis, les briques se couchent sur les magnifiques géraniums dans un nuage de poussière et de pétales roses mêlés… Madame Henriette devient de la même couleur que le camion des pompiers.
– Ne vous inquiétez pas, je maîtrise, dit le chauffeur en passant la tête par la fenêtre. Il fait une savante manœuvre pour amener l’échelle juste au bas de l’arbre et, au passage, arrache d’un seul coup une douzaine de rosiers fraîchement taillés, voisins des défunts géraniums… Notre délicieuse voisine se rue alors sur le chauffeur du camion, le chignon en bataille et l’œil du pitbull qui vient de voir passer un chat ! Pendant ce temps-là, deux soldats du feu montent à l’échelle pour récupérer Charlotte et papa. Pour Charlotte, c’est facile : trop heureuse de voir les secours venir à elle, elle saute dans les bras du premier pompier et se laisse descendre jusqu’à terre. Pour papa, c’est beaucoup plus compliqué ! Impossible de lui faire lâcher prise, et plus difficile de prendre dans ses bras un papa qui fait près de 2 mètres et pèse au moins 10 kilos de trop… En tout cas, c’est ce que maman dit tout le temps. Après avoir décroché un doigt, puis un autre, puis un troisième jusqu’au dixième, après avoir déplié un bras puis un autre et recommencé avec les jambes, enfin détaché de l’arbre, papa descend. Le quartier tout entier applaudit. Sauf madame Henriette, mais elle, c’est différent, elle a un peu de mal à bouger, vu que pour la calmer deux policiers arrivés en renfort sont assis sur son dos !
– On va être terriblement en retard ! – Vous avez un rendez-vous ? demande le capitaine des pompiers à maman. – C’est le premier jour de classe, il faut que nous soyons dans dix minutes devant l’école ! Le pompier est par nature un homme qui sait rouler vite et prendre ses décisions à la même vitesse. – Tout le monde dans le camion ! dit-il.
Voilà comment, cette année, nous avons fait notre rentrée des classes à bord d’un camion de pompiers, en traînant derrière nous le fil à linge de madame Henriette, petites culottes et chaussettes au vent.
Chapitre2 Unefamillemodèle
Où l’on comprend qui est qui, mais pas toujours qui fait quoi, et encore moins pourquoi, et où l’on comprend qui raconte l’histoire.
Un pour Un
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