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Les Caves du vatican

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Les Caves du Vatican

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The Project Gutenberg EBook of Les Caves du Vatican, by Andre Gide Copyright laws are changing all over the world. Be sure to check the copyright laws for your country before downloading or redistributing this or any other Project Gutenberg eBook. This header should be the first thing seen when viewing this Project Gutenberg file. Please do not remove it. Do not change or edit the header without written permission. Please read the "legal small print," and other information about the eBook and Project Gutenberg at the bottom of this file. Included is important information about your specific rights and restrictions in how the file may be used. You can also find out about how to make a donation to Project Gutenberg, and how to get involved. **Welcome To The World of Free Plain Vanilla Electronic Texts** **eBooks Readable By Both Humans and By Computers, Since 1971** *****These eBooks Were Prepared By Thousands of Volunteers!***** Title: Les Caves du Vatican Author: Andre Gide Release Date: October, 2004 [EBook #6739] [Yes, we are more than one year ahead of schedule] [This file was first posted on January 20, 2003] Edition: 10 Language: French Character set encoding: ISO-8859-1 *** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LES CAVES DU VATICAN *** Produced by Walter Debeuf Les caves du Vatican Sotie Andr Gide.� LES CAVES DU VATICAN LIVRE PREMIER Anthime Armand-Dubois _Pour ma part, mon choix est fait. J'ai opt pour l'ath isme social. � � Cet ath isme,� je l'ai exprim depuis une quinzaine d'ann es, dans une � � s�rie d'ouvrages..._ Georges Palante. Chronique philosophique du _Mercure de France_ (D c. 1912) � I. L'an 1890, sous le pontificat de L on XIII, la renomm e du docteur X, � � sp�cialiste pour maladies d'origine rhumatismale, appela Rome Anthime � Armand-Dubois, franc-ma on. � -- Eh quoi? s' criait� Julius de Baraglioul, son beau-fr re, c'est votre � corps que vous vous en allez soignez Rome! Puissiez-vous reconna tre � � l�-bas combien votre me est plus malade encore! � A quoi r pondait� Armand-Dubois sur un ton de commis ration rench rie: � � -- Mon pauvre ami, regardez donc mes paules. � Le d b�onnaire Baraglioul levait les yeux malgr lui vers les paules de � � son beau-fr re; elles se tr m�oussaient, comme soulev es par un rire � � profond, irr pressible; et c'�tait certes grand-piti que de voir ce � � vaste corps demi perclus occuper cette parodie le reliquat de ses� � disponibilit�s musculaires. Allons! d cid ment leurs positions taie�nt � � prises, l' loquence� de Baraglioul n'y pourrait rien changer. Le temps peut- tre?� le secret conseil des saints lieux... D'un air immens ment � d�courag�, Julius disait seulement: -- Anthime, vous me faites beaucoup de peine (les paules aussit t � � s'arr�taient de danser, car Anthime aimait son beau-fr re). Puiss -je, � � dans trois ans, l' poque du jubil �, lorsque je viendrai vous� � rejoindre, puiss -je vous trouver amend ! � � Du moins V ronique� accompagnait-elle son poux dans des dispositions � d'esprit bien diff rentes: pieuse autant que sa soeur Marguerite et que� Julius, ce long s jour Rome r �pondait� l'un des chers entre ses� � voeux; elle meublait de menues pratiques pieuses sa monotone vie d ue, �� et, br hai�gne, donnait l'id al les soins que ne r �clamait� d'elle aucun � enfant. H las! elle ne gardait pas grand espoir de ramener � Dieu son � Anthime. Elle savait depuis longtemps de quel ent tement tait capable � � ce large front barr de quel d ni. L'abb Flons l'avait avertie:� � � -- Les plus in branlables� r solutions, lui disait-il, madame, ce sont� les pires. N'esp rez plus que d'un miracle. � M�me, elle avait cess de s'attrister. D s les premiers jours de leur� � installation Rome, chacun des deux po�ux, de son c t , avait r gl son � � � � � existence retir e: V ronique� dans les occupations du m�nage et dans les � d�votions, Anthime dans ses recherches scientifiques. Ils vivaient ainsi l'un pr s de l'autre, se supportant en se tournant le dos. Gr� ce quoi � � r�gnait entre eux une mani re de concorde, planait sur eux une sorte de � demi-f licit� , chacun d'eux trouvant dans le support de l'autre l'emploi� discret de sa vertu. L'appartement qu'ils avaient lou par l'entremise d'une agence � pr�sentait, comme la plupart des logements italiens, joints d'impr vus � � avantages, de remarquables inconv nients. Occupant tout le premier tage � � du palais Forgetti, via in Lucina, il jouissait d'une assez belle terrasse, o tout aussit t V �ronique s' tait� mis en t �te de cultiver des � � aspidistras, qui r ussissent si mal dans les appartements de Paris;� mais, pour se rendre sur la terrasse, force tait de traverser � l'orangerie dont Anthime avait fait aussit t son laboratoire, et dont il � avait t convenu qu'il livrerait passage de telle heure � � telle heure � du jour. Sans bruit, V ronique� poussait la porte, puis glissait furtivement, les yeux au sol, comme passe un convers devant les _graffiti_ obsc nes; car � elle d daignait� de voir, tout au fond de la pi ce, d bordant du fauteuil � � o� s'accotait une b quille, l' norme dos d'Anthime se vo� ter au-dessus � � d'on ne sait quelle maligne op ration. Anthime, de son c t , affectait � � � de ne la point entendre. Mais, sit t qu'elle avait repass , il se � � soulevait de son si ge, se tra nait vers la porte et, plein de hargne, � � les l vre�s serr es, d'un coup d'index autoritaire, vlan! poussait le� loquet. C' �tait l'heure bient t o , par l'autre porte, Beppo le procureur� � entrait prendre les commissions. Galopin de douze ans ou treize, en haillons, sans parents, sans g te, � Anthime l'avait remarqu peu de jours apr s son arriv e Rome. Devant� � � � l'h�tel o � le couple tait d'abord descendu via di Bocca di Leone, Beppo� sollicitait l'attention du passant ay moyen d'un criquet blotti sous une pinc�e d'herbe dans une petite nasse de jonc. Anthime avait donn dix � sous pour l'insecte, puis, avec le peu d'italien qu'il savait, tant bien que mal avait fait entendre l'enfant que, dans l'appartement o il � � devait emm nager le lendemain, via in Lucina, il aurait bient� t besoin � de quelques rats. Tout ce qui rampait, nageait, trottait ou volait servait le documenter. Il travaillait sur la chair vive.� Beppo, procureur-n , aurait fourni l'aigle ou la louve du Capitole. Ce � m�tier lui plaisait qui flattait son go t de maraude. On lui donnait dix � sous par jour; il aidait, d'autre part, au m nage. V ronique d'abord le � � regardait d'un mauvais oeil; mais du moment qu'elle le vit se signer en passant devant la Madone l'angle nord de la maison, elle lui pardonna � ses guenilles et lui permit de porter jusqu' la cuisine l'eau, le � charbon, le bois, les sarments; il portait m me le panier