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1813-1871 : (extrait d'une brochure allemande) / [traduit par Théodore Hubler]

26 pages
impr. de Duverdier et Cie (Bordeaux). 1872. 30 p. ; in-16.
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1813-1871
EXTRAIT D'UNE BROCHURE ALLEMANDE
AU PROFIT DE LA SOUSCRIPTION NATIONALE
50 CENTIMES
A BIENTOT
SI LA FRANCE LE VEUT
BORDEAUX
LIBRAIRIE FERET & FILS
15, COURS DE L'INTENDANCE, 15
1872
1813-1871
(EXTRAIT D'UNE BROCHURE ALLEMANDE)
Ce n'est pas ordinairement la perte
réelle que l'on fait dans une bataille
qui est funeste a un Etat, mais la perte
imaginaire et le découragement, qui
le prive de s forces mêmes que la for-
tune lui avait laissées.
MONTESQUIEU, Grandeur et Déca-
dence.
A BIENTOT
SI LA FRANCE LE VEUT
BORDEAUX
IMP. DUVERDIER ET Cie, DURAND, DIRECTEUR
7, rue Gouvion
1872
LA CHARITÉ, S'IL VOUS PLAIT!
Ce modeste opuscule vous demande la charité
pour la France.
Traduction imparfaite tirée d'un recueil alle-
mand : A travers Mers et Continents, il vient, en
vous disant ce qu'ont fait nos ennemis, vous
supplier de faire davantage.
Il vous mendie un regard sympathique et une
obole pour la grande Patrie en deuil, qui attend
de votre générosité les moyens de se guérir et
de revivre.
RÉGÉNÉRATION
POLITIQUE ET MILITAIRE DE L'ALLEMAGNE
Quand les flammes de Moscou incendié eurent
enlevé à Napoléon son quartier d'hiver si avanta-
geux et tant désiré, et que, pour traîner la guerre en
longueur en évitant une bataille décisive, les hom-
mes d'État russes, secondés par le fanatisme patrio-
tique du peuple, eurent fàit un désert de leur propre
pays, l'immense armée du conquérant perdue dans
les neiges devait périr par le froid et la faim.
Tandis que le désastre de la Bérésina, suivi de
défaites partielles, achevait l'oeuvre de désorganisa-
tion, les hommes du parti allemand en Prusse, alors
seuls populaires, comprirent que l'heure était venue
pour l'Allemagne de prendre les armes et de secouer
— 8 —
le joug de l'étranger. Ils trouvèrent la patrie debout.
Les Stein, les Scharnhorst, les Gleisenau, les deux
frères de Humboldt, etc, avaient seuls, au milieu de
l'affaissement de leur pays humilié, travaillé à la
régénération politique et militaire de la Prusse.
Malgré le mauvais vouloir d'un roi faible et de son
entourage dépourvu d'énergie, poussés quelquefois
jusqu'au dégoût pour ne pas dire au désespoir, ils
ne cessaient de lutter pour obtenir les réformes né-
cessaires à la réorganisation des forces intellectuelles
et morales de l'Allemagne.
Chaque pas en avant, chaque résolution nouvelle
devaient être arrachés de force au roi et au parti
rétrogade, lequel, soit par habitude, soit par condes-
cendance aux volontés du chef de l'État, répondait à
la confiance et à l'enthousiasme des patriotes par la
force d'inertie qui paralysait dès son début l'oeuvre
de régénération déjà tentée en 1810, sous l'égide du
grand Frédéric de Humboldt.
Le brusque changement de fortune des armes de
Napoléon devenait pour les plus petits princes de
l'Allemagne le précurseur d'une révolution politique
— 9 —
en Europe. Il fallait, pour la faire triompher, pro-
fiter du désarroi des Français et se mettre aussitôt à
l'oeuvre.
Ce ne furent pas les souverains, mais seuls en-
core les grands patriotes allemands, qui, avec l'aide
du peuple, saisirent l'occasion et mirent tout en
oeuvre pour arriver à l'affranchissement d'abord, à
la grandeur ensuite.
Les hommes du parti allemand s'isolèrent donc de
la cour, où dominaient les usés et les réactionnaires,
et sans abandonner le roi, ils s'affranchirent vis-à-vis
de lui, se réservant ainsi leur initiative. Dans le but
de la régénération commune, ils s'affilièrent toute
l'Allemagne, pour l'avoir prête au premier signal
le jour où il s'agirait de renverser la domination
française.
Pour arriver à ce résultat, ils s'attachèrent un
grand nombre d'officiers en retraite ou encore au
service, les professeurs, et avec ceux-ci toute la jeu-
nesse des écoles. Ils disaient à l'Allemagne « que le
gouvernement, prisonnier dans Berlin occupé par
l'armée d'Augereau, n'était pas maître de ses actions,
— 10 -
qu'ainsi c'était au peuple à devancer l'assentiment
du roi et à combattre pour la cause sacrée de la
patrie. Quand le roi, aujourd'hui forcé par les
circonstances de désapprouver le mouvement, serait
libre, il se jetterait certainement dans la lutte engagée
pour la délivrance de l'Allemagne. »
Les officiers aimant réellement leur patrie, le
peuple entier, accordèrent toute leur confiance à ces
hommes. Aussi le baron de Stein, l'hôte de l'impéra-
trice douairière de Russie, put-il, en toute assurance,
prononcer ces paroles mémorables : « Les défaites
infligées par Napoléon ne touchent que les princes
allemands. Si l'on avait cru au peuple, si l'on avait
su s'en servir, pas un Français n'aurait passé l'Elbe
et encore moins la Vistule. »
Ce fut également Stein, qui depuis deux ans, sans
mission officielle, attisait à la cour de l'empereur de
Russie la haine contre la France. Au nom de ses
coreligionnaires politiques en Allemagne, il négo-
ciait avec l'ambassadeur anglais les secours de la
Grande-Bretagne et engageait l'empereur Alexandre,
qui, avec la majorité des Russes, voulait conclure la
— 11 —
paix à la frontière, à continuer la guerre d'accord
avec le peuple allemand, disposé à se grouper en
grande armée nationale.
Il correspondait également avec le ministre hano-
vrien, comte Munster. Celui-ci méprisait le mouve-
ment et objectait à Stein « que Prussien et Hanovrien
ne pouvaient tenir sous un même chapeau, sans que l'un
des deux veuille s'en coiffer au détriment de l'autre. »
Stein lui répondit : « Je ne pensais pas que V. Exc.
distinguerait en moi un Prussien. Je n'ai qu'une
patrie, qui s'appelle l'Allemagne. Je n'appartiens pas
à telle ou telle division territoriale surannée, mais
au pays. Nous mettons au-dessus des dynasties, la
Patrie. Je veux l'Allemagne forte, unie et indépen-
dante, maîtresse de ses destinées, pour reconquérir
sa place prépondérante entre la Russie et la France.
C'est l'intérêt du peuple et de l'Europe; l'Allema-
gne ne peut rester indifférente et passive grâce à une
constitution vieillie et tombant en ruine. »
Cependant, Gleisenau était à Londres. Aussitôt
après la nouvelle des désastres de Napoléon, désespé-
rant du roi et de son entourage, et plutôt que de
— 12 —
laisser son pays à la merci des Français, il proposa
au gouvernement anglais d'envoyer dans les pro-
vinces du Nord une armée d'occupation qui, après
avoir fait la conquête du pays, lui donnerait une
Constitution et les lois de l'Angleterre.
Mais si à l'étranger les grands citoyens dont l'Alle-
magne s'honore déployaient toute leur activité pour
le salut de la patrie, M. de Schoen, conseiller privé,
soulevait la Prusse orientale. Cet esprit créateur,
ce patriote infatigable, collaborateur ardent de
Stem, jeta le premier ce cri de ralliement qui reten-
tit aussitôt par toute l'Allemagne : « Il ne faut qu'une
étincelle pour faire grand feu. »
La Prusse orientale n'est pas un pays de hobe-
reaux. Le bourgeois et le paysan y vivent en com-
munauté d'idées et surtout réfléchissent. L'esprit
national, l'amour de la patrie, si vivaces parmi les
populations de cette province, dominaient l'égoïsme
froid, l'indifférence vaniteuse de l'aristocratie.
Aussi, Schoen et ses amis espéraient-ils que le roi.
poussé par Blücher et les princes appartenant au
parti national, se soustrairait à l'influence française,
- 13 -
maîtresse de Berlin et de Potsdam, pour venir s'en-
tourer d'hommes ayant la confiance de la Prusse, et,
avec leur concours, se mettre à la tête du mouve-
ment et combattre enfin pour la cause nationale.
A cet effet, Schoen et Auserwald, d'accord avec
l'autorité provinciale, résidant à Koenigsberg (Prusse
orientale), avaient délégué au roi Guillaume III
des hommes sûrs et dévoués à leur cause, pour
lui exposer l'impuissance où la catastrophe de.
Russie avait jeté l'armée française. Ils lui démon-
trèrent la désorganisation produite dans cette ar-
mée formée d'éléments si divers, et surtout parmi les
contingents allemands servant Napoléon, contre
leur gré, et qui, celui-ci tombé, ne se battraient pas
contre leur patrie. Sans doute, il y avait beaucoup
d'officiers attachés à la fortune du conquérant, ou-
bliant l'Allemagne au point de l'asservir si Napoléon
avait triomphé en Russie. Pour ces citoyens sans foi
ni loi, l'empereur des Français était une idole, mais
la masse préférait à un homme et à un maître, la
Patrie libre et puissante.
Ils lui montrèrent principalement les populations