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A bas la discussion ! discours sur les inconvéniens de la logique et le danger du sens commun, par M. le Bon de La Clôture,...

De
15 pages
Corréard (Paris). 1820. In-8° , 16 p..
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A BAS LA DISCUSSION !
DISCOURS
SUR
LES INCONVÉNIENS DE LA LOGIQUE
ET LE DANGER DU SENS COMMUN ;
PAR M. LE BARON DE LA CLOTURE,
'ACA DEMIE DES BÊTES.
Téméraire !
On se rend sacrilége alors qu'on délibère.
VOLT. Mahom.
A PARIS,
Chez CORRÉARD, libraire, Palais Royal,
Et chez les Marchands de bêtises.
19 MAI 1820.
A BAS LA DISCUSSION !
DISCOURS
SUR
LES INCONVÉNIENS DE LA LOGIQUE
ET LE DANGER DU SENS COMMUN.
MESSIEURS,
Quand on éprouva le besoin d'expliquer les
Écritures saintes, d'accorder entre eux certains
testamens, de prouver l'authenticité de certaine
généalogie, de faire prévaloir la chronologie sa-
crée sur celles qui ne sont que profanes ; quand
on voulut fixer les notions à l'aide desquelles les
peuples pussent distinguer les vrais miracles, de
ceux opérés par les démons et par les anges des
ténèbres, il fallut bien établir des discussions
théologiques ; il fallut poser les principes de cette
science admirable, qui a servi et sert encore tous
les jours à confondre les sectaires et les athées ;
mais là eût dû se borner le domaine de la discus-
sion. — On a tout perdu , en faisant de l'art de
raisonner une science courante , une propriété
(4)
populaire ; en mettant, entre les mains de l'incré-
dulité religieuse et politique, une arme dont elle
pare d'abord tous les coups qu'il convient de lui
porter, et riposte ensuite avec une fermeté qui
déconcerte les plus intrépides missionnaires de
l'autorité légitime.
Dans ce siècle philosophique, le raisonnement
a passé de la classe moyenne jusques dans les
dernières classes de la société, et infecte les bou-
tiques , les écoles, les ateliers et jusqu'aux
échopes du peuple ;
Raisonner est l'emploi de toute la maison ,
Et le raisonnement en bannit la raison.
Malheur ! cent fois malheur au premier prince
qui a souffert que le raisonnement s'établit dans
la société ! Du jour où il a été permis au parois-
sien d'ergoter contre son curé ou son vicaire; du
jour où le syllogisme, avec sa pointe aiguë, est
venu presser les vérités les plus essentielles à la
discipline ecclésiastique et a l'ordre public qui en
découle, tout a été perdu. Le doute s'est créé un
large domaine des concessions faites par la crédu-
lité ébranlée; et de ce terrein si imprudemment
abandonné, il attaque aujourd'hui, insolent et
superbe, les principes de l'obéissance passive et
de la nécessaire subordination des peuples.
Après avoir remis en question les vérités que
la théologie avait si soigneusement établies, si so-
(5)
lidement démontrées, les logiciens ou raison-
neurs se sont complus à comparer des choses
qui ne devaient avoir ou du moins n'avaient au-
cun rapport nécessaire : la morale prêchée , et la
conduite particulière des prédicateurs.
Le Seigneur avait dit. : le royaume des Cieux
n'est pas, de ce monde. Si ce texte avait besoin
d'être commenté, c'était à leurs pasteurs (a) que
des peuples soumis devaient s'adresser pour en
obtenir les explications nécessaires. Au lieu de
cela , les logiciens animés d'un zèle qui n'est pas
selon la science, ont voulu fermer aux prêtres
l'entrée de tous les cabinets politiques ; ils vou-
laient réduire d'un seul coup , les ministres des
autels, à la condition la plus monotone. A les
en croire, les prêtres ne devaient s'occuper que
de prier Dieu, d'expliquer, dans le sens le plus
restreint, la morale évangélique , et de donner
aux peuples l'exemple de toutes les vertus qu'on
leur recommandait. En bonne foi, une pareille
vie convenait-elle aux grands sujets que l'Eglise
a fournis à l'Etat ? Est-ce ainsi qu'il faut raison-
ner?.... Prémisses, mineures, conséquences, est-ce
(a) « Si M. Madier de Montjau avait connaissance d'un com-
« plot dangereux à la tranquillité publique , c'était au procu-
« reur du roi qu'il fallait s'adresser. »
Ces deux raisonnemens sont d'une égale force, et doivent
frapper tous les bons esprits.
(6)
à cet usage que les fondateurs de la logique vous
avaient destinés ?
De ce que les apôtres étaient sobres, modestes,
et allaient à pied, les logiciens concluent qu'il est
ridicule de prendre, sur les onéreux sacrifices des
peuples, des sommes de cent mille francs, desti-
nées à doter un pieux fainéant qui abandonne
ses fonctions douces et paisibles, pour insulter,
disent-ils, dans des mandemens séditieux, aux
amis de la liberté publique.
Ce sont les logiciens qui, sous prétexte que
certains pieux personnages avaient fait voeu de
pauvreté, leur ont enlevé palais,châteaux, abbayes,
clos, terres , prés , vignes.... Ah ! quelles vi-
gnes !
Dieu prodigne ses biens
A ceux qui font voeu d'être siens.
Des chefs de la hiérarchie ecclésiastique , les
logiciens n'ont pas dédaigné de descendre aux
moindres curés; ils ont porté leur oeil inquisiteur
jusque dans le plus secret de leur vie domestique.
De pauvres curés employaient le produit de
leurs offices et les dîmes que leur payait la piété
des fidèles, à sauver des dangers du siècle et à
retirer, dans leurs saints domiciles, des nièces char-
mantes, des parentes chéries; et parce que ces
infortunées étaient presque toujours jeunes et jo-
lies, on allait jusqu'à calomnier les vertus hospi-

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