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A l'Assemblée nationale, 1789 ([Reprod.]) / [signé: Mittié,...]

De
34 pages
[s.n.]. 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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x
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NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
15 BRIDGE STREET MILL BRIDGE STREET
WITNEY ̃ OXFORDSHIRE OX8 6YH
Téléphone: (0993) 776396 Fax: (0993) 779043
A
Nosseigneurs,
LA France doit fa refiauration & fa gloire
à vôtre courage, à vos lumières le Français
tiendra fou bonheur d'un Gouvcrnemene
formé & conduit par votre fageffe, par vo-
tre patriotisme mais quels que foient les
avantages de la liberté, de la propriété de
l'égalité, &c., il refte à délirer un bleu, non
moins précieux, la iantc.
La Nation efpère de votre humanité que
vous daignerez prendre en conûuerauon
un objet auûi important.
Ce n'efl point, ici, une déclamation contre
les abus, contre les perfonnes intéreilees à
2
les entretenir, c'eft un expofé des maux que
1'exercice de ma profeflion m'a mis à portée
de connaître.
Si une bonne fanté rend les homme* pro-
pres au travail 0 le produit de leurs travaux
fait la richeffe de l'Etat fi une nombreufe
population en eft la force & le foutien, la
France eft le feul Royaume, où ces objeu
ne (oient) jamais, entrés dans le plan, dans
les vues de fon adrainitlration. Il femble que
le Minière ait, toujours, compté pour rien,
la fanté & la vie des hommes, par le peu de
foin qu'il a pris de leur conservation.
Il n'y a point d'Etat où les Sujets à
l'égard de leur fanté, foient plus qu'en France,
à la merci de l'ignorance & de la charlata-
aerie.
D'une extrêmité du Royaume à l'autre, les
Lois les Règlemcns, à ce fujet font fans
vigueur les Municipalités fans attention
(ans vigilance.
La métropole même, & fous les yeux du
Minière, en donne un exemple ^aufli honteux
pour le Gouvernement que funefle aux
Citoyens. e
La Police, la Société Royale de Médecine,
dont le devoir & HnlUtution font de veiller
fur ce qui intéreffa la fanté du Peuple
ï
Aii
accordent
par de lâches considérations des'permiflions,
desprivilègcSjqui font une Source de maux
infinis.
Le prix qu'on met à ces privilèges, à
ces peimifltpns ou le crédit du proteéteut,
eft la mefure des facrifices q.a'on leur faiç de.
la viç Ce trafic d'approbations
provoque enhardk l'avide &
téméraire, ignorance multiplie les dangers
& les v*4times deviennent innombrables.
Les, remèdes adirtiniflrcs par des gens, fans
lumières & fans talent font pçrjr beaucoup
plus de malades qu'il n'en mouri-oit fi privés
de pareils fecoors^ils étaient à la
fimpie Nature»
Je n'entrerai point dans l'énumcration ni
dans les détails des maux & des abus qui
méritent de fixer l'attention de l'AfFemblcc
nationale, & des adminiftrations. provinciaks
je me bornerai à parler d'une maladie qui,.
feule ,.affecle autant d'individus, que toute*
les autres maladies enfemble.
Cette maladie., dont l'Europe cft infeclce,
depuis la découverte de l'Amérique, a faic
les plaies les plus cruelles à tous les Etars,
particulièrement à la France*
Le Royaume a perdu, au moins, tfo's
4
millions d'hommes, par ce fléau, depuis la fin
du quinzième fiècle plus de fix millions ont
traîné une vie languiffante, & donné Yuû£-
tence à une race d'êtres faibles, maléficiés
qui s'eft éteinte à la deuxième, ou troifième
génération, après avoir vécu, plus à charge
qu'utile à l'Etat.
Aujourd'hui, fur vingt-cinq millions d'hom-
mes, en France, on en compte plus de deux
cent mille attaqués de cette maladie ce
nombre le renouvelle quatre fois par an, &
fait, à-peu-près, un million de malades, de ce
genre, dans le cours de chaque aunée.
De ce million d'individus, plus de douze
mille nouveaux nés meurent de ce mal
peu de tems après leur naiffance foit en
nourrice foit aux Enfans Trouvés les
premiers infe&ent leur nourrice celles-ci
leurs enfans»
Parmi les adultes, quinze mille meurent,
trente mille languiffent & fe reffentent, toute
leur vie, de l'effet des remèdes.
De plus, le nombre des fouffrans & des
morts eft, beaucoup, augmenté, depuis que
le Gouvernement inflruit des ravages que
ce mal fait dans les campagnes, a chargé la
Société Royale de Médecine de preferire iss
remèdes les plus convenables.
5
A "j
Cette Compagnie, au lieu d'employer ceux
que j'avais indiqués comme les meilleurs
& les feuls pour remplir les vues du Gouver-
nement, a par font inftruction fommaire
répandu l'erreur & le poifon dans le Royau-
me tous deux s'ouvrant une circulation
nouvelle, ont accru le fléau, ont produit des
maux pires que ceux auxquels le Miniflère a
voulu remédier; & cette partie fouffrante
de la Nation, eft facrifiée, de propos délibéré,
à la jaloufie, à l'infuffifance à la mauvaife
foi de ces Médecins (a).
Jamais Machiavélifmc n'a fourni un exem-
ple de cruautés plus réfléchi que celui que
la Société Royale, par fa conduite avec le
Gouvernement, par fon procédé avec moi,
donne, à l'égard de ma découverte & de fon
infiruâion fommaire.
Cette compagnie de Médecins aristocrates,
qui facrifie tout à l'envie de primer, s'aidant
de l'intrigue, à défaut de talent, pour envahir,
pour s'arroger, exclufivement à tout autre
corps de Médecins ee qui concerne la fanté
des Sujets, & ce qui a rapport à la médecine,
(a) Pen excepte quelques uns fans avoir aucune
relation avec eux je les cftime 8c les honore à taufe-
4c leur talent & de leurs qualités pcrfonncllcs.
.6
Cette Compagnie, dis-je, par esprit dé parti,
par animofité de .Corps, aime mieux voir
foufFrir fans fecours, ou faire périr, par ceux
qu'elle prefcrit, des milliers de Citoyens,
plutôt que d'employer les remèdes propres
à leur guérifon; parce que ces remèdes font
découverts & enfeighës par un Membre de
la Faculté de Médecine que la, Société,
Royale rivalifé.
Bicètre l'hofpice de Vaugirard lès Hôpk
taux civils, les Dépôts de Mendicité» du
Royaume, où l'on reçoit les malheureux, ne
fuffifent point à tous .ceux qui fe pféfenteat,
& encore quels fecours leur donne-t^on
Il faudroit qu'un ami de l'humanité, qu'une
âme compatiflante" vifitât ces afyles de
douleurs & de miferes; pour être témoin des
piaux qu'on fait fouffrir à ces malades, fans
péceffité, fans fruit pour leur guçrifon.
L'erreur, le préjugé, l'ignorance le remède,
la méthode font par-tout les mêmes, &
par -tout ils ont les mêmes inconvénient.
Les traiteraens font longs, cruels, aveu*
glcs, difficiles, compliqués inconféquens
défagréables, çoûteux,infuffifans, quelquefois
mortels; 8c toujours accompagnés des risques
ou des accidens inféparables de la nature 4
de l'avion du, remède j la plumait des tttft&dei
7
A iv
font enfermés, pendant leur traitement, ou
ne peuvent raquer à leurs travaux ordinaires.
Daillcurs il répugne autant à la faine
raifon, qu'il eft contraire à la bonne pratique.
de vouloir que le plus mauvais remède, le
moins connu, & dont l'adminiftration ejl
aveugle, s'applique & convienne, indiftinfte-
ment, dans tous les cas & à tous les Sujets:
cela eft auffi abfurde qu'il le feroit de vouloir
peindre tous les objets, avec une feule couleur.
Cette manière de faire la médecine eft le
comble de l'ignorance. C'eft un charlatanifme
auffi humiliant pour l'art, que préjudiciable
au genre-humain.
Cet expofé, que j'ai affaibli confîdéré
fous tous Ces rapports examiné dans tous
fes détails, offre i'afped le plus affligeant à
l'homme fenfible, préfente les efuets les plus
défaftreux à l'homme d'Etat.
Il eft difficile de calculer, & d'imaginer les
torts que cette maladie fait à la population
aux arts aux métiers, aux roanufaduros, au
commerce, à la navigation, & les ravages
qu'elle caule dans les campagnes, dans les
grandes Villes, fur-tout dans les ports de,mer,
où elle eft plus difficile à guérir.
Ce que le Particulier fouffre, ce que le
Gouvernement dépenfe ce que la Nation.
8
perd en argent en travaux en hommes
font une Comme de maux, de dommages qui
intéreûent, également la politique & l'hu-
manké.
Cependant ce fléau, qu'on dit fi grand,
qu'on croit fi dangereux, n'efl tel que par la
manière fàulle, inconséquente do l'envifager,
& par les remèdes infuffifans & meurtriers
qu'on employé..
Les hommes, dans tout ce qui les intéreiïe,
cherchent & s'étudient à faire le moins mal,
ou pour le mieux dans beaucoup de chofes,
ils y font parvenus. Le contraire eft arrivé à,
l'égard de cette maladie.
Un faux préjugé, une routine aveugle, une
mauvais autorité, mal à propos relpeftée,
font caufe que dans les parties de l'Europe,
même les plus éclairées le genre humain
eft livré au plui mauvais traitement qu'il foiç
poflible de faire, ou d'imaginer.
Quoique ce traitement foit te plus incon-
fcque t le plus vicieux de tous ceux qui fc
toit en médecine, néanmoins, d'après ma.
doctrine eft le plus fufceptible de per-
fedion.
Jamais préjugé n'a été plus abfurde, plus
funefle que celui qui règne, à l'égard dç cc
Û£& il eH étonnant, que l'expérience de
9
trois fiècles n'ait répandu aucun jour fur f4
nature fur fon traitement. Il femble quc
l'ignorance & la déraifon Ce foient réunies,
pour concourir enfenjbïe à ¡la. honte -de
l'art & au malheur du genre humain.
Les Médecins, les Chirurgiens, anciens &
modernes, qui ont écrit fur ce mal, qui l'ont
traité, enclaves du préjuge, & de l'habitude,
n'ont rien dit de vrai, d'utile, n'ont rien fait
de réfléchi, de conséquente il femble qu'ils
ne fe (oient, jamais, fervi de leur bon fens,
ni des connaiiïances qu'xls pouvaient avoir
d'ailleurs, pour obferver les phénomènes qu'ils
-voyaient, pour fe rendre compte de ce qu'ils
pratiquaient.
Et même, il n'y a pas, dans tout le Royau-
4ne un feul homme de -l'art, qui fâche ce
qu'il convient de faire, da s cette maladie
ce qu'il fait, pourquoi il le) fait, ni ce qui
doit résulter de ce qu'il fait.
Aucun Médecin, aucun Chirurgien ne
connatt la nature du remède qu'il employé,
la propriété qu'il doit'avoir pour guérir; fous
quelle forme il opère, quelle cil fa manière
d'agir ,.la caufe de fes effets nuifibies ou
falutaires, d'où refaite, évidemment, qu'il nç
peut diriger les bons ni prévenir les mauvais.
La pratique de tous eft couverte du voile
10
le plus épais & conduite par l'ignorance la
plus abfolue. Joignez à cela, l'ufage du
remède le plus infidèle, le plus dangereux
que la Médecine connaiiïe, que l'art & la
nature produifent.
Malgré cela, ceux qui pratiquent ce genre
de traitement, ont l'aveugle préfomption,
ou la mauvaife foi d'affirmer, que cette
méthode eft la meilleure, quoique la feule
ignorance la confacre, quoique le feul intérét
la Ioutiennne d'atteler, encore, que le
remede qu'ils employent, eft le feul fpécifique
pour la guériftin d'une maladie, qui lui réfifte
fouveut, & à laquelle il attache auffi fré-
quemment une infinité de fuites fâcheufes.
Àflercion faufle dans fon principe, funefte
dans fes.conféqucnces, & démentie dans tous
fes points.
Les Médecins & les Chirurgiens, qui
prétendent que le remède ufité foit Je vrai
& l'unique pour cette maladie font en
médecine ce qu'efi en géographie le
Paysan, qui croit que l'horifon, où fe termine
ra vue, eft le bout'du monde.
Ces vérités font affligeantes pour les Mala-
des, & humiliantes pour les Gens de l'art (a) j
(4) Que les Médecins, les Chirurgiens qui en fêtons
Il
mais elles foht d'une trop grande importance,
pour n'être pas connues de tout le monde,
particulièrement du Miniftere. Comment
rerhédiec à des maux, dont on ignore la
nature & la caufe?
Pour arrêter ces maux dans leur fource, il
faut éclairer le Public & le Gouvernement,
& les faire revenir de leur opinion, en faveur
de ceux qui paffent pour bien guérir & bien
connaître la maladie & le remède.
Ces Médecine ces Chirurgiens font un
fecond fléau, dans l'Etat, plus deflrufteut,
plus dangereux que le mal même. Leurs
écrits ') leur exemple, leur pratique, ne
fervent qu'à perpétuer l'erreur; fortifier le
préjugé, entretenir une fauffe confiance.
Parmi ces Auteurs & ces Praticiens il ne
re trouve que des ignorans trompés, des
ignorans impofteurs, & des favaas qui aiment
à fe tromper & parmi les malades, des dupes
& des vidimes.
'Tous les Médecins, tous les Chirurgiens,
bleffés j eu qui ne les trouveront pas fondées, réfutent, (eu-
lement, une. de mes objectent. Je leur donne le choix de
jcetle cui'lcur fournira le plus de facilité pour me répondre;
Le devoir l'honneur lç public, teu| doit les engages

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