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Abdication de Henri V. Au courage politique, épître en vers. La fête du 4 Mai. Par Louis Tirel,...

De
107 pages
Comon (Paris). 1851. In-8° , 108 p..
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ABDICATION
DE
HENRI V.
Aux grands Maux
Les grands Remèdes !
RECTA BREVISSIMA.
Devise de M. Guizot.
AU COURAGE POLITIQUE,
EPITRE EN VERS.
LA FÊTE DU 4 MAI,
SATIRE,
PAR
LOUIS TIREL,
AUTEUR DE LA RÉPUBLIQUE DANS LES CARROSSES DU ROI.
PRIX : 1 FR. 25 CENT.
DEUXIÈME ÉDITION.
PARIS ,
COMON, EDITEUR-LIBRAIRE, QUAI MALAQUAIS, 15,
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
MAI 1851.
ABDICATION DE HENRI V.
AU COURAGE POLITIQUE.
LA FÊTE DU 4 MAI.
IMPRIMERIE DE MADAME DE LACOMBE,
RUE D'ENGUIEN, 14.
ABDICATION
DE
HENRI V.
Aux grands Maux
Les grands Remèdes !
RECTA DREVISSIMA.
Devise de M. Guizot.
AU COURAGE POLITIQUE,
Epître en vers.
LA FÊTE DU 4 MAI.
PAR
LOUIS TIREL,
AUTEUR DE LA REPUBLIQUE DANS LES CARROSSES DU ROI.
PARIS ,
COMON, ÉDITEUR-LIBRAIRE, QUAI MALAQUAIS, 15,
ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
MAI 1851.
AVANT-LIRE.
La foi ne se commande pas, c'est un don du ciel
que je n'ai pas encore reçu en faveur de Messieurs
les fusionnistes de l'Assemblée nationale, quoiqu'ils
s'évertuent à me crier de leur voix la plus douce et
en apparence la plus convaincue :
« Nous reconnaissons que les peuplés s'appartien-
» nent et nous voulons, en conséquence de ce principe,
» que la monarchie appelée de nos voeux, prenne
» sa base dans la volonté nationale.
» Nous ne sommes pas (on eût dû mettre ici la
» négation PLUS,) légitimistes par droit divin... Loin
» de cela ! nous prouverons que jamais en France
» la monarchie n'a eu la prétention d'une origine
» céleste !
» Nous ne croyons plus au droit divin, à la sainte
» ampoule et à toute la défroque de la vieille cheva-
» lerie.
» Nous ne voyons de salut pour la France que
» dans la reconstitution d'une monarchie héréditaire.
— 6 —
» Nous demandons que la monarchie ait pour
» base la manifestation de la volonté nationale, etc.»
Malgré la loyauté et les talents de MM. les fusion-
nistes, mon esprit, à mon insu et malgré moi, les
tient en suspicion de diplomatie raffinée, ce qui
m'empêche et m'empêchera longtemps de me jeter
avec pleine et entière confiance dans leurs bras...
Veulent-ils me séduire et me tromper ? je ne le
crois pas ; mais ce que je crois fermement c'est qu'ils
s'abusent et se trompent eux-mêmes en mettant en
ce temps, au rebut, un principe et des croyances
qu'on avait honorés du titre d'éternels, et pratiqués
pendant quatorze siècles.
Habitués à diriger les hommes, ils pensent, aujour-
d'hui comme jadis, pouvoir le faire à l'aide des mê-
mes moyens dont ils se sont déjà servis: voilà selon
moi leur erreur.
La catastrophe de février, tout indigne et mon-
strueuse qu'elle fût, est désormais un fait accompli.
Elle nous a apporté avant le temps, la coupe eni-
vrante de toutes les réformes sociales, le peuple y a
trempé ses lèvres ; au milieu de l'amertume et du
poison même, il a trouvé certain breuvage à sa con-
venance et dont il n'entend plus désormais être
privé: il faut donc sagement ouvrir la porte à tout
ce qui lui est bon et salutaire, en la tenant close à
tout ce qui est pernicieux et désorganisateur.
Eh bien! voilà, je crois, ceque Messieurs de la fusion
— 7 —
voulant nous ramener à la monarchie TRADITIONNEL-
LE ou du DROIT DIVIN , ce qui pour moi est la même
chose, ne comprennent pas bien ; ils veulent, nous
fusionner par compression, en nous faisant reculer
avec Henri V, d'un siècle, ou au moins de soixante-
trois ans, tandis qu'à mon avis, ils devraient le faire
par EXPANSION , en nous faisant marcher en avant
avec les D'ORLÉANS.
C'est dans ce sens que j'ai écrit, moi, sans prendre
le moins du monde la vaine et insignifiante précau-
tion de voiler ou déguiser ma pensée. Je dis franche-
ment et loyalement ce que tout le monde a dans le
coeur et sur le coeur depuis soixante-deux ans; mais,
pourtant, ce que personne n'ose dire et avouer tout
haut.
Notre pauvre société, à force de raffinement et de
subtilité, de politique et de diplomatie, n'est plus
qu'un grand bal masqué où chacun se déguise sous
un masque quelconque et s'enferme dans son domino
pour intriguer sans se compromettre et sans crainte
d'être reconnu. Détestable système ! À bas les masques!
et montrons-nous tels que nous sommes : qui légiti-
miste, qui bonapartiste, qui orléaniste, qui répu-
blicain ou socialiste même. Dans toutes ces classes
d'hommes, il n'y en a bien positivement que deux,
les AMIS DE L'ORDRE et les promoteurs de L'ANARCHIE.
Ce qui me console et me rassure complètement, c'est
que les honnêtes gens de toutes nuances, nobles,
bourgeois et ouvriers sont en plus grand nombre e
forment l'immense majorité de la nation. Nous ne
— 8 —
périrons donc pas; seulement, nous pouvons payer
notre salut en sacrifiant plus ou moins de notre li-
berté, si nous tombons dans les mains des blancs ou
dans celles des rouges. Voilà l'écueil à redouter.
Du reste, on ne fera jamais marcher la France en
écrevisse ; ses emblèmes naturels étant le vieux coq
gaulois et le lion de juillet.
Toute fusion qui n'aura pas pour but comme pour
résultat de sauvegarder le DROIT NATIONAL, sera aussi
insuffisante qu'incomplète.
Les d'ORLÉANS sont le symbole vivant de ce prin-
cipe fondamental, ils portent avec eux le respect à
la foi jurée, la sincérité d'exécution pleine et entière
et sans restrictions aucunes de ce droit sacré. Toute
confiance leur est acquise à cet égard.
On eût dû les prendre comme point de centre de
la fusion et non vouloir les éteindre dans les préten-
tions de M. le comte de Chambord, qui, méconnais-
sant lui, le droit national, ne veut rentrer en France
qu'en qualité de roi ! et comme Roi!!
Les fusionnistes de la monarchie traditionnelle,
s'ils sont sincères, doivent fournir des garanties cer-
taines de leur intention bien prononcée de ne jamais
revenir à celle du droit divin. La garantie que je
leur demande est l'unique admissible ; s'ils la rejet-
tent, ce sera pour moi la preuve qu'ils gardent en
eux, une arrière-pensée pour un avenir éloigné....
pour une pensée comme celle de Charles X au 25
- 9 —
juillet, devant conduire au rétablissement du Gouver-
nement personnel et absolu...
Qu'on me taxe d'entêté ou de défiant à l'excès,
je ne dis pas non, car je pense des légitimistes, quel-
ques patriotes qu'ils soient devenus depuis un ou
deux mois, ce que l'Empereur en pensait sous son
règne et après:
Les blancs resteront toujours blancs !
Vaine et inutile fusion que celle entreprise au nom
d'un homme ou d'une simple famille : c'est la fusion
des principes qu'il s'agit de réaliser : c'est le droit
divin qu'il faut éteindre dans le droit national : c'est
dans ce sens que j'ai écrit l'opuscule qu'on va lire.
Et tant que ma solution, remède héroïque, j'en con-
viens, ne sera pas accomplie, il n'y aura n'en défait,
car la droiture et la bonne foi seront, comme tou-
jours tenues cachées sous le gobelet de nos diploma-
tes et hommes d'État : vieille rouerie dont je neveux
plus avec la France entière.
TIREL.
1.
PETITE LEÇON
DE
CATÉCHISME FUSIONNISTE.
UN LÉGITIMISTE ET UN ORLÉANISTE.
L'ORLÉANISTE. — Pardon, Monsieur, je suis bien
ici à l'Assemblée nationale de la rue Bergère ,
s'entend ?
LE LÉGITIMISTE. — Vous y êtes parfaitement.
Monsieur, que désirez-vous?
L'ORLÉANISTE.—Monsieur, je désire me fusionner,
si toutefois vous voulez bien avoir l'indulgente bonté
de me donner quelques bonnes raisons pour lever
certains doutes qui m'assiègent encore, et vaincre la
résistance instinctive qui, jusqu'à ce jour, m'a tenu
éloigné de vous.
— 12 —
LE LÉGITIMISTE. — Rien de plus facile, Monsieur,
veuillez vous asseoir et causons.
L'ORLÉANISTE. — C'est précisément pour cela ,
Monsieur, que je suis venu vous faire ma petite vi-
site : je vous demanderai donc ce que c'est que votre
fusion?
LE LÉGITIMISTE. — C'est, Monsieur, l'alliance de
deux partis ou systèmes divisés, réunis et fondus
ensemble pour n'en plus former qu'un seul, prati-
quant les mêmes idées et marchant d'un commun
accord au même but.
L'ORLÉANISTE. — La fusion dans ce sens, Mon-
sieur, ne pourrait-elle pas être considérée plutôt
comme l'abandon d'un droit, en faveur d'un autre
droit qui lui serait opposé, et de façon à faire pré-
dominer l'un de ces deux droits d'une manière ab-
solue et exclusive aux dépens de l'autre; ce qui, dans
ce cas, constituerait une véritable absorption, et non
une entente cordiale, ainsi que je l'ai toujours com-
pris?
LE LÉGITIMISTE. — Eh ! Monsieur, l'entente cor-
diale marche toute seule ; mais deux principes dia-
métralement opposés ne pouvant pas plus s'unir et
se concilier ensemble que ne le feraient le feu et l'eau,
que la lumière et les ténèbres, que les lignes droites
et les lignes courbes ou brisées, il faut nécessaire-
ment que nous procédions par l'absorption pour
ne plus former qu'un tout identique, un tout uni-
- 13 -
que et homogène dans son ensemble comme dans
toutes ses parties.
L'ORLÉANISTE..— Alors, Monsieur, la fusion ou
réunion, que vous tentez de réaliser entre les deux
branches delà maison de Bourbon tend à ce but, et
doit arriver en définitive à ce résultat ?
LE LÉGITIMISTE. — Indubitablement, Monsieur, et
il ne saurait; en être autrement; car les deux bran-
ches de la maison de Bourbon , partant du même
tronc, de la même souche, ne peuvent et ne doivent
faire corps à part, distinct et séparé; leur nature et
leur essence étant de tous points les mêmes.
L'ORLÉANISTE. — Mais , Monsieur , en prenant
matériellement votre solution sur l'exemple de l'ar-
bre, du tronc et de ses branches, que vous me présen-
tez comme figure, je vous dirai à mon tour : Ne
voit-on pas dix rameaux, dix fleurs et dix fruits
différents sortis de la même souche, parce que, par
le perfectionnement, la main des hommes les a écus-
sonnés, entés et greffés de dix sortes ou espèces
diverses, ce qui constitue l'amélioration, le progrès ?
LE LÉGITIMISTE . — Progrès... Progrès..., oui,
sans doute; mais, détestable progrès, Monsieur, al-
liance bâtarde qui ne sert au moral qu'à jeter le
trouble et la perturbation partout, le désordre et la
confusion dans tous les esprits, et à n'enfanter que,
des systèmes monstrueux !
L'ORLÉANISTE, — Voyons, discutons sans colère
ni passion, et répondez-moi catégoriquement, s'il
- 14 —
vous plaît, Monsieur. — Est-ee que vous auriez
cent espèces, que dis-je, mille espèces de fruits ma-
gnifiques et savoureux, de fleurs doubles plus suaves
et plus éblouissantes les unes que les autres, fleurs et
fruits qui font l'ornement et la somptuosité de vos
tables, l'agrément de vos parcs et de vos jardins , si
la race humaine s'en fût tout bonnement tenue aux
sauvageons, aux fleurs simples, comme aux fruits
aigres et rabougris de la création, sans avoir jamais
cherché à améliorer et perfectionner les races aussi
bien que les espèces, par le croisement et la culture
intelligente de ces races et de ces espèces ?
LE LÉGITIMISTE. — Soit, Monsieur; mais il n'en
est pas de l'ordre intellectuel, des lois, de la morale,
des institutions et des gouvernements, des régies
qu'établit la société, des droits que donne et consacre
le ciel lui-même, comme de l'ordre brut et maté-
riel dont vous semblez vouloir vous prévaloir dans
cette discussion.
L'ORLÉANISTE. — Eh ! Monsieur, je me prévaux
tout bonnement de ce que je vois, de ce que je sens,
de ce que je touche de ce qui est palpable et
raisonnable pour moi, voilà tout; mais je vous
l'avouerai franchement, Monsieur, je ne comprends
rien, je n'entends rien à la mysticité de votre pré-
tendu Droit Divin pour fonder ou reconstituer une
monarchie Nationale , droit dans lequel vous voulez
me fusionner quand mêmel ou pour mieux rendre
votre secrète pensée et justifier mes soupçons, m'é-
teindre et m'absorber avec les d'Orléans, prétendant
que c'est pour mon bien et le leur , dans leur propre
- 15 —
intérêt... comme dans celui de la France entière, que
vous travaillez à votre fusion par absorption.
LE LÉGITIMISTE. — Comment, vous ne concevez
pas, Monsieur, que Dieu n'a créé des nations que
pour leur donner des Directeurs, des Gouvernants des
Rois de son choix... de même qu'il a établi ici-bas
son représentant vivant, son Vicaire Général sur le
trône pontifical de Rome, pour mener, conduire et
gouverner toute la chrétienté, suivant ses sages et
immuables Lois?
Point de troupeau sans berger, Monsieur , et ce ne
sont pas les moutons qui les choisissent et les élisent,
leurs bergers.
L'ORLÉANISTE Tant pis pour ces pauvres mou-
tons, Monsieur, car bien des loups se font bergers
pour les conduire, et ils ne négligent jamais de les
tondre de près ou de les dévorer suivant les appétits
gloutons de leur bon plaisir.
Puis, Monsieur, je fais une grande différence en-
tre le gouvernement du spirituel et celui du tempo-
rel... entre l'âme et le corps qui ne sauraient être
conduits et dirigés ni par les mêmes lois, ni par les
mêmes moyens, séparation, du reste, parfaitement
tranchée, chez nous.
D'ailleurs, les bases de notre religion révélée sont
des mystères impénétrables, qu'il est interdit à
l'homme de pouvoir sonder et pénétrer ; elle admi-
nistre et règle tout par LA FOI. Tandis que dans l'or-
dre ordinaire politique, tout se règle par des lois
positives et certaines, oeuvres de la simple science des
hommes, si sujets à l'erreur. Le commandement de
— 16 -
nos armées, la direction de notre haute administra-
tion, le poids écrasant de nos impôts et l'excessive
ampleur de nos budgets, ne permettent aucune fic-
tion : là, tout est matériel ou se matérialise par la
nature comme par la force même des choses ; c'est
précisément cela, Monsieur, qui a fait dire à JESUS,
notre divin maître :
MON ROYAUME N'EST PAS DE CE MONDE!
Et vous voudriez, Monsieur, après une aussi ma-
nifeste et éclatante déclaration, nous faire croire à
un DROIT DIVIN, implanté par le Ciel, et à tout ja-
mais, dans une simple famille aussi chargée de nous
gouverner de père en fils pour toute l'éternité ; c'est
une hérésie inventée contre Dieu lui-même, qui a
voulu laisser son libre arbitre à l'homme pour se
conduire à sa fantaisie dans la ligue du bien ou
dans celle du mal, à ses risques et périls, et dont il
recevra le châtiment ou la récompense au jour du
jugement dernier.
LE LÉGITIMISTE. — Ainsi, Monsieur , vous ne
croyez pas à la possession de la couronne en vertu
d'un droit primordial, traditionnel, d'un DROIT
DIVIN, enfin?... Vous niez cette possession auguste et
légitime, consacrée dans notre histoire par quatorze
siècles d'exercice, de ce droit conféré à l'antique fa-
mille de nos rois?— Quelle passion ou quel aveu-
glement, Monsieur !
L'ORLÉANISTE. — Je ne pense être ni passionné ni
aveugle, en acceptant l'hérédité terrestre, celle créée
_ 17 -
par les hommes, le gouvernement de fait; mais je
persiste et persisterai toujours à vous répéter que
l'arrêt du ciel est trop positivement formulé pour
laisser prise à aucune espèce d'interprétation :
« Mon royaume n'est pas de ce monde! »
Vouloir passer outre, c'est commettre une flagrante
usurpation, une affreuse tyrannie, non seulement con-
tre les hommes, mais contre Dieu lui-même dont on
invoque le nom....
LE LÉGITIMISTE. — Ah ! Monsieur, soyez-en bien
convaincu : en fait dé gouvernement comme de culte,
lorsque LA FOI nous manque, nous ne marchons plus
sur cette misérable terre, hérissée de difficultés et
d'embarras, qu'a tâtons et en véritables aveugles,
sans pouvoir distinguer ce qui nous sert de ce qui
nous nuit ; nous heurtant inconsidérément contre le
sage et salutaire garde-fou placé, par la main de
Dieu, autour de l'abîme des révolutions pour nous
en garantir ou nous empêcher de nous y précipiter.
L'ORLÉANISTE. — Je vous comprends, Monsieur ;
mais ce salutaire garde-fou n'a été lui-même qu'une
vaine et insuffisante barrière qu'ont souvent franchie
et renversée les pouvoirs spirituels eux-mêmes, en ex-
communiant, déposant et chassant de leurs trônes ,
les rois qui résistaient à leurs volontés...!
Le peuple n'a point inventé LE PLUS SAINT DES DE-
VOIRS, la rébellion contre la tyrannie et les tyrans ;
ce sont les ministres du ciel qui ont eux-mêmes re-
mis cette arme terrible en ses mains, en le déliant
de sa soumission, de sa fidélité, de son obéissance
envers les rois parjures..
- 18 -
LE LÉGITIMISTE. — Votre doctrine est par-dessus
tout révolutionnaire, Monsieur, et ennemie de ce
Peuple que vous prétendez servir ; puisqu'à chaque
jour, à chaque heure, il peut, sous le plus vain pré-
texte, accuser, déposer et chasser son roi!...
L'ORLÉANISTE. — Vous outrez mes sentiments et
faites violence à ma raison, Monsieur! car, bien que
je reconnaisse la SOUVERAINETÉ NATIONALE dans
toute sa puissance et sa force, je n'admets pas, qu'une
fois le peuple lié par l'imposante majorité sortant du
suffrage universel, en faveur de quelque candidat
que ce soit, ce peuple puisse se délier, suivant son
caprice et bon plaisir , tant que les conditions par
lui imposées, acceptées et jurées par son roi, chef ou
président, n'ont pas, de leur fait et consentement, été
méconnues et violées.
La nation qui agit autrement devient parjure elle-
même, et ne mérite plus d'être comptée au nombre
des peuples civilisés.
Quant à ma doctrine sur le DROIT DIVIN, elle est
parfaitement formulée dans ces deux beaux vers de
Voltaire, que je vous cite ici, pour ne plus y re-
venir.....
« Le premier qui fut roi fut un soldat heureux;
a Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux! »
LE LÉGITIMISTE. — Bien, Monsieur, vous tombez
de plus en plus en plein Radicalisme ; mais en reje-
tant notre droit traditionnel, notre droit divin enfin,
que prétendez-vous donc mettre à la place?
L'ORLÉANISTE. — Le droit national ! Monsieur.
— 19 —
LE LÉGITIMISTE. — Qu'est-ce que votre droit na-
tional ?
L'ORLÉANISTE. — C'est le droit de tous contre la
volonté d'un seul ; par exemple, le droit non contes-
table, je crois, de trente-six millions de Français, con-
tre les prétentions de Mgr. le comte de Chambord,
HENRI V seul, prétendant ne vouloir rentrer en France
qu'au titre de premier citoyen, de roi, notre cou-
ronne lui étant inféodée quand même !
LE LÉGITIMISTE. — Pourquoi celte prétention ne
serait-elle pas accueillie, car elle est fondée, Mon-
sieur ; Henri V est le seul et véritable roi tradition-
nel de la France! le seul roi héréditaire, en posses-
sion légitime de la couronne?
L'ORLÉANISTE. — Oui, si la France fût restée
absolutiste comme avant 1789: mais à cette mémo-
rable époque elle s'est émancipée, et la vieille mo-
narchie, dans la personne de Louis XVI, adopta le
réginie constitutionnel, la cocarde et le drapeau
tricolore ; système national dont elle ne se départira
plus, puisqu'il a été scellé de son sang par soixante-
deux ans de tourmentes, de révolutions incessantes.
LE LÉGITIMISTE.— Soit, Monsieur ; mais si l'ancien
régime a cédé la place au nouveau ; Henri V a, sous
ce régime même conservé son droit héréditaire in-
attaquable.
L'ORLÉANISTE. — Erreur, Monsieur, car la tenta-
tive liberticide et à main armée qu'osa entreprendre
son aïeul Charles X en 1830 pour abattre la consti-
tution qu'il avait jurée, et nous ramener d'un seul
— 20 —
bond, par une reculade de quarante-deux ans, à
l'ancien régime de 1788, ne lui réussit pas ; il fut
vaincu, détrôné et envoyé en exil par le peuple,
Monsieur, qui substitua à sa dynastie, une autre dy-
nastie, celle des d'Orléans, aujourd'hui en posses -
sion, elle, de l'hérédité nationale, la seule légitime
et légale qu'on puisse réclamer, et les d'Orléans,
n'ayant rien fait, rien entrepris pour la compromettre
ou la perdre, ils sont toujours dans la plénitude de
leurs droits.
LE LÉGITIMISTE. — Ainsi, Monsieur, vous dressez
le sang contre le sang! Et c'est précisément ce que
notre fusion veut empêcher.
L'ORLÉANISTE. — Mes idées sont les vôtres, mon
coeur partage vos sentiments pour le but. Mais, Mon-
sieur, dans la question à vider pour la France, il
s'agit bien moins de. mettre d'accord les deux bran-
ches divisées de la maison de Bourbon, que les prin-
cipes qu'elles représentent. Il faut concilier deux
droits qui s'excluent mutuellement : le droit divin et
le droit national ; quant aux individus, comme ils
sont sages, prudents et bien élevés, ils s'entendront
toujours ensemble.
Quoiqu'à votre reproche de vouloir élever le sang
contre le sang, je puisse répondre que cet exemple
a été donné et réalisé, non par les d'Orléans, mais bien
par la mère de votre prétendant, qui, quoique femme,
vint en 1832 soulever le Midi et la Vendée contre le
trône de juillet ; crime dont elle fut, hélas ! trop sé-
vèrement punie par son séjour à la citadelle de
Blaye, pour que j'insiste davantage sur ce sujet.
- 21 -
LE LÉGITIMISTE. — Je crois m'apercevoir, Mon-
sieur, à l'aigreur et à la rigueur de tons vos argu-
ments, que vous êtes moins venu ici pour vous fu-
sionner à notre système que pour vouloir au contraire
nous fusionner au vôtre ; terminons donc ce stérile
entretien aussi bien pour vous que pour moi, homme
de foi et de convictions profondes, et dites-moi quel
serait votre projet de fusion...?
L'ORLÉANISTE. — Mon projet est bien simple ;
mais il faut plus que du courage pour le réaliser, il
faut de l'héroïsme quasi-surhumain, Monsieur !
LE LÉGITIMISTE» — Parlez, Monsieur, rien n'est
au-dessus des forces et du courage des chevaliers
français !
L'ORLÉANISTE. — Je le sais, Monsieur, en fait de
leur vaillante épée ; mais j'en doute au point de vue
de leur abnégation personnelle, de leur fabuleux
amour-propre et de leur douteux désintéressement.
LE LÉGITIMISTE. — Dites, Monsieur.
L'ORLÉANISTE. — Non, Monsieur, mon système
serait beaucoup trop long à vous développer en cet
entretien : voici mon petit mémoire que je vous con-
fie, parcourez-le froidement, à tête calme et re-
posée: nous nous reverrons ensuite s'il y a lieu..,
Je ne vous demande qu'une bien simple faveur,
Monsieur, c'est de me passer la rudesse de la forme
en faveur de la sincérité du fond, car je suis l'ennemi
juré des circonlocutions, surtout de cette fausse sa-
gesse qui gâte et pervertit les hommes en faisant, des
— 22 —
natures les plus droites et les plus loyales, des poli-
tiques et des diplomates consommés dont l'unique
science est de s'abuser et de se tromper mutuelle-
ment, sur ce faux principe; Toutes vérités ne sont
pas bonnes à dire ; comme si mentir, dissimuler,
tromper, devaient dans le coeur des hommes d'état
remplacer les trois vertus théologales...
Adieu, Monsieur.
LE LÉGITIMISTE. — Au revoir, Monsieur.
L'ORLÉANISTE en se retirant. — J'en accepte l'au-
gure, Monsieur, car l'espoir de vous revoir est déjà
pour moi le présage d'un commencement de fusion
sincère, claire, nette et si bien tranchée, que nul
ne pourra plus élever aucun doute de franchise et
de loyauté, sur notre but comme sur nos moyens.
ABDICATION
DE
HENRI V.
Continuation du Poisson d'AVRIL de M. de Villemessant.
Dans son dernier numéro, LA CHRONIQUE DE
PARIS, adonné à ses abonnés, l'ingénieux et a-
grèable POISSON D'AVRIL de L'ENTRÉE SOLENNELLE
DE HENRI V DANS PARIS !!!
Le mois des surprises n'étant pas encore ter-
miné (1), qu'il me soit permis à mon tour d'en
fournir une à mes lecteurs, qui, si elle était au-
thentiquement approuvée comme une réalité,
serait à coup sûr la meilleure des solutions cher-
chées jusqu'à ce jour.
Je la livre en toute pureté de conscience aux
ardents fusionnistes du journal l'Assemblée natio-
(1) Cet écrit, retardé par des causes indépendantes de ma
volonté, devait, paraître, le 25 avril dernier.
— 24 —
nale, MM. Guizot, Mole, Duchâtel, Dumon, de
Salvandy, Berryer, Pastoret, Montalembert, De
Noailles et De Valmy, comme le plus simple
moyen de nous faire trouver, sans trop nous ef-
frayer, face à face devant LA MONARCHIE TRADI-
TIONNELLE ET COMPLÈTE dont ils veulent par ré-
miniscence doter le pays.
Rêve qui voudra, debout ou endormi ; quant
à moi, je vais fournir sérieusement les spécula-
tions d'un esprit, qui pour n'être celui ni d'un
profond diplomate, ni d'un homme politique con-
sommé, n'en manqueront pas pour cela de netteté
et de franchise; au contraire, n'aspirant à être
le MINISTRE de personne... je dirai plus facile-
ment toute la vérité, rien que la vérité, sur les
choses de ce temps, comme sur les choses de
l'ancien régime; voyons :
En premier lieu, qu'est-ce qu'une nation ?
La Nation.
C'est une certaine agglomération d'hommes
vivant sous les mêmes lois, en communauté de
moeurs et de langage, dans une circonscription
territoriale déterminée.
Ainsi, qui dit Nation française dit 36 millions
de citoyens.
Le Droit Divin.
La NATION ou ces trente-six millions de ci-
— 25 —
toyens, s'appartient-elle à ELLE-MÊME, ou peut-
elle être inféodée à UN SEUL HOMME de façon à de-
venir sa propriété à TOUT JAMAIS, propriété trans-
missible de race en race jusqu'à la fin des siècles,
lui constituant ainsi sans contrat syllanagmati-
que, librement discuté et légalement passé, un
DROIT prétendu DIVIN, comme si le ciel ne nous
eût pas laissé notre LIBRE ARBITRE?
Voilà de ces questions qu'il ne s'agit que de
poser pour les résoudre: puis, en fait, que
pourrait un homme seul contre tous?...
Je renvoie ceux qui voudront discuter, à la su-
blime réponse du père des Horaces.
Il me semble que la question du DROIT DIVIN de-
vrait, une bonne fois pour toutes, être mise hors
de cause, en plein dix-neuvième siècle comme
nous nous trouvons; et qu'onne devrait rien nous
demander à ce titre; car, à l'exemple des augures
de Rome, les plus fervents défenseurs de cette
fiction ne pourraient se regarder sans rire.
Le Droit National.
Reste donc LE DROIT NATIONAL pour tous et
par TOUS, si bien senti, que je croirais commet-
tre un sacrilège si j'osais le mettre en discussion.
Je ne connais qu'une théorie sur ce droit
imprescriptible et sacré, la voici :
Je crois que, quand une nation a volontaire-
ment passé un contrat avec un homme pour l'é-
2
— 26 -
tablir son chef et la gouverner, quand ELLE lui
a dit : « Voici le pacte que je me suis fait dans
» ma toute-puissance souveraine ; j'y ai inscrit
»; mes.dmitsjet mes devoirs, comme j'y ai inscrit
» les tiens : j'ai même, formulé le serment que tu
» devras, me donner,en présence de DIEU ! Vois,
»lis et réfléchis : si tu acceptes mes conditions, tu
» seras mon ROI et jet t'obèirai tant que tu seras
» fidèle à tes serments ; mais le jour où tu les
» violeras, toi ou les tiens, je rentrerai de plein
» droit dans ma souveraineté populaire, tu ne
». seras plus pour moi qu'un factieux, dont je ferai
» un proscrit, pour mettre un plus honnête
» homme à ta place. »
La nation ainsi liée ne peut à son gré et
bon plaisir se délier elle-même sans commettre,
toute NATION qu'elle est, une forfaiture indigne
d'un peuple civilisé et qui se respecte.
Dans ma théorie, le pouvoir souverain reste
indestructible dans la main de la nation, et à tout
jamais. C'est lui qui mérite le titre de DROIT
DIVIN, en vertu du vox POPULI ; mais une fois dé-
légué, ce pouvoir'nepeut plus, je le répète, être
ressaisi légalement qu'en raison d'une violation
du mandataire ou par un accord amiable entre
les deux parties contractantes de rompre ou de
modifier le contrat ; le recours illégal à la force
brutale quand mêmer est un acte injuste et d'a-
troce barbarie.
- 27 —
Le Suffrage universel.
Le DROIT NATIONAL défini et reconnu, comment
s'exèrce-t-il? En prenant le voeu de chacun sur
les questions fondamentales à résoudre, ce qui
donne tout naturellement naissance au SUFFRAGE
UNIVERSEL; au vote général du peuple, sauf- les
incapacités légales prévues par la loi.
Du reste, je n'admets le suffrage UNIVERSEL
que dans les deux cas exceptionnels où lu nation
a à se prononcer sur le choix de son gouver-
nement et sur celui de son chef. Dans tous les
autres, ils peuvent être vidés par le SUFFRAGE
RESTREINT ; c'est-à-dire en exigeant de l'électeur,
un cens, une capacité, qui donnent à la société
une certaine garantie morale et matérielle ; une
garantie, même, de la sincérité et de la loyauté
de son VOTE, ne fût-ce que celle du domicile
réel.
L'ancien Régime.
Ces deux grands principes fondamentaux éta-
blis, d'une part, le,DROIT,NATIONAL, d'autre part
le SUFFRAGE UNIVERSEL, voyons s'ils ont été res-
pectés et pratiqués pendant la période de ,14 siè-
cles dont les apôtres du.droit.divin nous vantent
la quiétude et le bonheur? Aucunement : on peut
dire et affirmer (l'histoire est là pour le prouver)
que la nation a été constamment confisquée et
— 28 —
exploitée au profit de deux classes privilégiées,
LA NOBLESSE et LE CLERGÉ, écrasant le pauvre
peuple de redevances, de droits féodaux, de
dîmes et des plus odieuses corvées, jusqu'à l'épo-
que de 1789, où ce peuple, las de son avilissement
et de sa misère, de son esclavage enfin, releva sa
tête et osa regarder en face ses exploiteurs et
oppresseurs en leur réclamant l'égalité des char-
ges et des droits; I'ÉGALITÉ et la LIBERTÉ en un mot.
1789-1790-1791, Cocarde et drapeau tricolore; ,
Constitution de la nation française.
La voix du peuple devenue puissante par les
lumières de la civilisation, fut entendue, et de sa-
ges réformes en furent la conséquence. Un pacte
d'alliance intime fut élaboré, discuté et adopté
par le pouvoir ROYAL lui-même qui transforma
ainsi son DROIT ABSOLU et DIVIN en DROIT LÉGAL et
NATIONAL, réglé par la constitution.
Dès ce moment la NATION, sans une goutte de
sang répandu, avait reconquis tous ses droits,
proclamé son indépendance et adopté son dra-
peau et sa cocarde aux trois couleurs, noble
symbole qui a pleinement justifié la prophétie du
général Lafayette, en faisant glorieusement le
tour du inonde.
Opposition de la Noblesse et du Clergé à l'établissement
du nouveau régime.
Mais l'accord constitutionnel de la France et
de son Roi n'était ni dans les goûts ni dans les
— 29 —
intentions des deux ordres, jadis privilégiés, LA
NOBLESSE et LE CLERGÉ.
Le premier voulut se montrer plus royaliste
que le Roi, et le second plus inflexible que DIEU
LUI-MÊME ; de là, entente de complots, d'intrigues
et des conspirations, non seulement pour s'op-
poser, mais renverser, même par les armes, le
nouveau régime établi.
Les Emigrés à Coblentz et à-l'armée de Condé.
L'émigration organisa sa cour à Coblentz et re-
mit son drapeau blanc, qui n'était plus que le dra-
peau d'une faction et d'une révolte, contre celui
adopté par le roi constitutionnel, entre les mains
du prince de Condé, généralissime de ses armées :
elle eut ses ambassadeurs auprès des souverains
étrangers, auxquels elle montra les chemins
de la France ; en un mot, elle fit cause commune
avec les ennemis les plus acharnés de la PATRIE ,
prétendant, avec leur concours, la vaincre,
l'asservir et la ramener violemment au joug de
l'absolutisme et du bon plaisir; à l'antique temps
des immunités et des privilèges.
Véritables Causes de la mort de Louis XVI.
Je ne crains pas d'affirmer ici, que ce fut en
grande partie à la révolte impie du clergé et de
la noblesse contre les voeux et les ordres exprès
du Roi LOUIS XVI, que ce bon et sage monarque
2.
— 30 —
dut, non seulement la perte de sa couronne, mais
celle même de sa tête auguste, fauchée par le
couteau révolutionnaire.
Car ce fut l'invasion impie et forcenée du sol
sacré de la patrie, par les Brunswick et les
Clairfait, qui détermina et hâta cette mons-
trueuse catastrophe!....
Oui, si les réformes de 1789 eussent été fran-
chement acceptées et loyalement exécutées PAR
TOUT LE MONDE, si la fusion qu'on veut faire
aujourd'hui se fût faite, alors, rien de ce que nous
avons vu, sans pouvoir encore le comprendre,
n'eût surgi; TOUT se fût réglé et passé dans la
paix la plus profonde, sans que la France eût à
gémir sur les crimes atroces qui se commirent en
ce temps, sans que l'Europe entière eût été bou-
leversée de fond en comble, sans que le vieux
levain du COMMUNISME et de l' ANARCHIE, semence
mal étouffée, ne menaçât de germer aujour-
d'hui dans une foule de cerveaux.
Si ce que j'affirme est exact, pourquoi, par
des voies et des chemins détournés, tenter encore
de nous ramener au même point ?
But occulte des Fusionnistes.
Pourquoi de nouveau vouloir nous imposer le
prétendu DROIT DIVIN déguisé sous le nom de
MONARCHIE TRADITIONNELLE?
Pourquoi, dans notre France qui ne respire
— 31 -
que l'ÉGÀLITE, qui sue la DEMOCRATIE par tous les
pores, vouloir la gouverner à l'aide de l'ARISTO-
CRATIE des CROISADES, quand cette autre aristo-
cratie, bien inoffensive sans doute, des banquiers,
boutiquiers et des enrichis, n'a pu parvenir à se
faire accepter, et nous a suscité la catastrophe
de FÉVRIER, en criant, contre elle-même : VIVE LA
RÉFORME !
Les diverses castes nobiliaires que nous avons
vues fonctionner devant nous depuis Louis XV,
ont-elles jamais sauvé un TRÔNE ? Non, et je me
contente de citer des dates et des faits à l'appui
de ma négation :
La noblesse sous Louis XVI, comme je l'ai
déjà dit, fit la perte de ce monarque et de sa
monarchie;
Celle de NAPOLÉON fit également sa ruine, puis-
que pour la doter et lui créer des apanages en
pays étranger, il entretint une guerre perpétuelle,
épuisant ainsi la France jusqu'à son dernier
homme et son dernier écu : la France, lasse et
épuisée, l'abandonna enfin, ainsi que tous ses
généraux et dignitaires anoblis par lui et qui le
payèrent de la plus noire ingratitude...
Celle des CROISADES, qui reparut en France en
1815, après plus de vingt années d'exil, sans
avoir nen oublié, rien appris, fit, en moins d'une
année, crouler le trône de Louis XVIII, par ses
cruelles vengeances et ses insatiables exigences
de prédomination et de soif du pouvoir.
- 32 -
Rentrée de nouveau en 1816, elle composa la
Chambre Ardente, qualifiée de Chambre Introu-
vable par le vieux roi lui-même, qui fut obligé de
la dissoudre, pour éviter une nouvelle chute, qui,
du reste, ne fut qu'ajournée au règne de son frère,
ainsi que l'avait si bien prévu la sagesse de ce roi,
quasi-libéral.
Et, en effet, qui tint, qui conduisit la main du
monarque, gentilhomme et dévot à l'excès pour
signer les ordonnances de juillet? Ne fût-ce pas
les Tarin et les Polignac, les Fitz-James, et tant
d'autres ULTRA qui s'étaient nourris des idées du
pouvoir absolu dans l'exil et qui voulaient de
nouveau y ramener la France, en 1830, comme
aux jours de Louis XIV et de Louis. XV.
On tressaillait de joie quand, dans la conver-
sation intime, on entendait dire à CHARLES X,
que son frère n'avait fait que régnotter; que, pour
lui, il ne reconnaîtrait jamais le chiffon de papier
qu'on lui avait légué (la Charte) et qui ne pouvait
enchaîner en rien le DROIT DIVIN dont il était investi.
La noblesse bâtarde, inventée pour étayer le
trône de LOUIS-PHILIPPE, fut aussi la première à
l'abandonner et à crier, comme je l'ai déjà dit :
Vive la Réforme!
Et notez que dans' tous les noirs complots qui
ont tour à tour et à toutes les époques menacé
le repos et le salut de la France, la GRANDE, NO-
BLESSE, comme on se plaît à l'appeler, y a tou-
jours pris part ou s'est plu à les diriger.
— 33 —
En 1792 ce sont les chevaliers du POIGNARD
qui font leur équipée dans les appartements
même des Tuileries ;
En 1800, ce sont les POLIGNAC et les CA-
DOUDAL qui font sauter la rue Saint-Nicaise avec
une machine infernale pour se débarrasser du
vainqueur de l'Italie ;
En 1812, c'est le légitimiste MALET qui,
s'évadant de sa prison, vient fracasser d'un
coup de pistolet la mâchoire du Gouverneur
de Paris à la place Vendôme, pour s'emparer
de la ville au nom du Roi et renverser le trône
impérial;
En 1815 , ce sont les agents occultes du
pavillon de Marsan, dénoncés alors par un con-
seiller à la cour royale de Nîmes, Madier de
Montjau, qui soudoient des bandes armées,
encouragent les Trestaillons et les vils assassins
du maréchal Brune.
Et pendant les 18 ans du règne de Louis-Phi-
lippe, les conspirateurs et les assassins lui lais-
sent-ils un moment de repos, un jour de trêve?
Non. Et, dans presque tous ces noirs attentats,
que voit-on, que prèsente-t-on partout ?... Par-
tout, l'argent ou le bras des Carlistes, depuis la
rue des Prouvaires jusque dans les paisibles con-
trées du Midi et de la Vendée, que la MÈRE du
PRÉTENDANT au TRÔNE TRADITIONNEL essaie d'éga-
rer et d'entraîner dans les horreurs de la guerre
civile, toujours au nom du droit divin, héroïne in-
- 34 -
fortunée et qui clôt par la honte, sa liberticide
campagne à la citadelle deBlaye...
Voilà le parti moral et religieux, la race pure
et sans tache des descendants de SAINT LOUIS et
de HENRI IV, avec lesquels on veut nous FUSION-
NER, nous, vieux patriotes de 89, nous LÉGITI-
MES RÉVOLUTIONNAIRES de 1830 !
Les Fusionnistes du nouveau régime devenus Fusionnistes
en faveur de l'ancien.
Quoi! nous fusionner,... nous aplatir, nous
absorber, rentrer dans le néant, pour reconstituer
une MONARCHIE éteinte PAR LA GRÂCE DE DIEU !
Le mot est vrai, puisqu'il refuse à son dernier
rejeton la simple faveur d'un descendant.
Oh! Messieurs Mole, Guizot, Dumon, Du-
châtel, vous qui avez été pendant si longtemps
ministres ou présidents du conseil de S. M. LOUIS-
PHILIPPE , vous qui êtes tombés avec lui au 24
Février, et sans le concours officieux et officiel
desquels il ne serait sans doute jamais tombé
(car j'ai toujours entendu le peuple crier, avant,
pendant, comme après le 24 Février : à bas
le ministère! et jamais à bas Louis-Philippe), vous
venez, avec un air candide et serein, mais avec
le coeur plein de ruse ou d'audace, nous dire au-
jourd'hui que la MONARCHIE de JUILLET était IN-
COMPLÈTE, péchait dans sa source et son origine,
qu'elle ne pouvait se maintenir! Montrez-moi
- 35 -
donc le défaut d'adhésion et de concours qui lui
ont manqué : l'irrégularité et le vice de son ori-
gine. Si la Diplomatie vous a appris atout défi-
gurer, à tout nier, respectez au moins le voeu
national, les assemblées où vous avez siégé, les
décisions des conseils que vous avez présidés, et
plus encore, la mémoire d'un roi honnête hom-
me, qui s'est en partie sacrifié pour vous mainte-
nir au pouvoir.
Tout est niable en ce monde avec la souplesse
et la finesse de vos esprits; mais les faits accom-
plis sont là, et la puissance de DIEU LUI-MÊME ne
saurait les méconnaître.
Insurrection du DROIT DIVIN contre sa propre
CHARTE pour la renverser.
Que survint-il au Moniteur de 1830 (25 juillet) ?
Des ordonnances ROYALES violant la LIBERTÉ DE
LA PRESSE, celle de la TRIBUNE NATIONALE, et
confisquant la LOI ÉLECTORALE : En un mot, CHAR-
LES X déchirait de ses propres mains le PACTE qui
l'unissait à la nation française, pacte qu'il avait
juré devant les Députés de la France, et qu'en
son sacre, la main sur les saints Évangiles, il
avait, devant DIEU, promis de garder, respecter
et faire respecter fidèlement pendant toute la
durée de son règne.
Le coup d'État était de longue main prémédité ;
il ne s'agissait de rien moins que d'abolir les
— 36-
franchises constitutionnelles, d'annihiler tous les
faits postérieurs à la première émancipation du
peuple en 1789 et de nous ramener au système
du gouvernement absolu, qui avait pesé sur la
France avant cette grande régénération sociale
dont la noblesse et le clergé, unis à la ROYAUTÉ
du DROIT DIVIN, ne voulaient plus désormais tenir
aucun compte.
Le Peuple, attaqué par la Royauté, remporte sur elle
la victoire.
Le Roi, en se déliant de ses serments, délia
aussi du même coup le PEUPLE de ceux d'obéis-
sance et de fidélité qu'il lui avait prêtés : c'était
une guerre à mort, une révolution tout entière
qui devait enfanter une victoire.
Après trois jours de combats et de luttes achar-
nées, le roi fut vaincu, et le PEUPLE, vainqueur,
resta maître du champ de bataille.
Le vaincu voulut pactiser et traiter avec le
vainqueur : on lui répondit que sa couronne
avait roulé dans le sang et qu'aucun traité avec
lui et les siens n'était plus possible, qu'on n'en
voulait à aucun prix.
Les Députés, réunis, proclamèrent la vacance
du trône en fait et en droit, nommèrent le duc
d'Orléans Lieutenant Général du Royaume, en
attendant que la CHARTE CONSTITUTIONNELLE fût
légalement révisée. Cette opération terminée, ils
- 37 -
décidèrent que la COURONNE serait offerte à LOUIS-
PHILIPPE D'ORLÉANS; comme simple citoyen, non
parce que mais quoiqu'il fût BOURBON !
Louis-Philippe accepta la couronne, jura la
Charte constitutionnelle le 9 août, et fut ainsi,
par les représentants de la nation, élu ROI DES
FRANÇAIS.
Mais bientôt de faibles voix se firent entendre
pour blâmer ou contrôler cette élection.
D'un côté, les PARTISANS QUAND MÊME de la
Légitimité et du Droit Divin se récrièrent, en di-
sant que l'HÉRITIER LÉGITIME était Mgr LE DUC de
BORDEAUX , sans penser que son AÏEUL était, de
ROI parjure, devenu le PRISONNIER de la France
et inhabile à transmettre une couronne qu'il avait
jouée au jeu sanglant des batailles civiles,
qu'il avait bien et dûment perdue ; sans songer
enfin, comme je l'ai démontré dans les pre-
mières pages de cet écrit, que le Droit Divin n'est
et n'a jamais été qu'une usurpation, une confis-
cation du DROIT NATIONAL, en vertu duquel une
nation est toujours libre et maîtresse de se don-
ner un,chef de son choix, lorsque le, souverain
pouvoir devient légalement vacant chez elle.
Faites prédominer, si vous le pouvez, le Droit
Divin, aujourd'hui humblement couvert du
masque de Droit traditionnel, sur le Droit impératif
et rationnel de la NATION, et alors, mais seule-
ment alors, votre requête pourra être prise on
considération; sinon....NON.
5
— 38 —
Les BOURBONS de la branche AÎNÉE sont déchus
du trône, eux, leurs descendants, époux et
épouses de leurs descendants, par la déclaration
du 7 août 1830, renouvelée dans l'article 1er de
■la loi du 10 avril 1832, loi qui porte en outre
qu'ils ne pourront jouir en France d'aucun droit
civil.
Le Péché originel politique.
Cette peine, appliquée à un enfant bien inof-
fensif alors, cessera de paraître arbitraire et abu-
sive, si on veut bien la rapprocher de la LOI DE
DIEU, chassant ADAM et EVE du Paradis Terrestre,
pour une simple faute de désobéissance ; lors-
que la révolte de Charles X contre la Charte fut
cause de la mort de 3,000 citoyens dans les di-
vers combats qu'il ne craignit pas de livrer au
peuple, dans les rues de la capitale, sur le seuil et
aux croisées de leurs maisons.
Eh bien ! toute la descendance d'ADAM fut mau-
dite, et nous le serions encore tous aujourd'hui
sans le mystère de la Rédemption et les eaux du
baptême qui nous lavent en naissant de cette
souillure. C'est à M. le duc de Bordeaux à
trouver un Rédempteur et à se faire donner un
baptême d'absolution, que rend encore plus
nécessaire pour lui, l'équipée anti-nationale de
Madame sa mère, en Vendée, en 1832.
Les autres opposants à l'élection ROYALE de
— 39 —
LOUIS-PHILIPPE furent quelques ambitieux RÉPU-
BLICAINS, prétendant que les Députés du peuple
n'avaient pas mandat, et par conséquent n'a-
vaient pas le droit d'engager la nation comme
ils le firent.... qu'au moins, ils auraient dû faire
ratifier leur choix par le suffrage universel....
En vain leur direz-vous que le suffrage universel
n'existait pas alors ; précisément, vous répon-
dront-ils, il fallait l'établir.
Mais que vaut leur argument en BONNE CONS-
CIENCE quand eux-mêmes, proclamant la RÉPUBLI-
QUE au 24 Février, annoncent au peuple que cette
forme n'est que provisoire et qu'il sera appelé à
voter plus tard pour choisir celle qu'il entendra
se donner, promesse qui n'a jamais été tenue,
tandis que leur République, imposée, est et
dure toujours, qu'il faut lui obéir à contre-
coeur et malgré soi. Ils avaient pourtant décrété
eux, le suffrage universel ; mais sans vouloir s'en
servir...
Les légitimistes et les ultra-républicains con-
testant, quoiqu'à deux points de vue diamétrale-
ment opposés, l'élection du 9 août, font une égalé
preuve de mauvaise foi dont le sentiment natio-
nal a depuis longtemps fait bonne et loyale
justice.
Et, en effet, à peine Louis-Philippe, présenté
au PEUPLE par Lafayette, comme LA MEILLEURE
DES RÉPUBLIQUES, était-il proclamé Roi DES
FRANÇAIS, que dans TOUTES les communes de la
— 40 —
France les citoyens s'assemblaient, se réunis-
saient , lui votaient des adresses de félicitations
et de dévoûment; déléguant leurs compatriotes
les plus distingués et les plus recommandables
pour venir à Paris, apporter au pied du Trône
Constitutionnel l'expression de leurs sentiments
d'attachement et de fidélité à la DYNASTIE NATIO-
NALE de JUILLET ; tandis que Charles X et sa fa-
mille traversaient la France en vaincus, pour aller
s'embarquer à Cherbourg, sans exciter d'autre
intérêt que celui de la PITIÉ pour leur aveuglement
et.leur folie...
Mais ce n'est pas tout : à l'adhésion populaire
des communes, vint se joindre celle de tous
les corps constitués et des, gardes nationales du
Royaume qui reçurent des mains du Roi le seul
véritable drapeau, national, surmonté du Coq
gaulois et portant pour devise, LIBERTÉ, ORDRE
PUBLIC ; promesse sainte et si religieusement ob-
servée pendant toute la durée du règne. ,
Quoi ! après dix-huit années de possession non
interrompue du TRÔNE libéral et constitutionnel
élevé par la NATION victorieuse de l'ABSOLUTISME,
SOUS le joug duquel on voulait la replacer; après
l'adhésion des communes, des corps constitués
et'dés gardes nationales, on viendrait, à ce grand
acte de politique pratique qui consacrait à tout
jamais le principe de la légale émancipation de
1789, on' viendrait, dis-je, contester la LÉGITIMITÉ
NATIONALE de la DYNASTIE DES D'ORLÉANS ? Si ce
- 41 -
n'était mauvaise foi ou folie, ce serait un CRIME
de LÈSE-SOUVERAINETÉ POPULAIRE.
Qui contestera, en conscience, que l'établisse-
ment de Juillet n'a pas reçu la sanction populaire
à une immense majorité? Eût-on jamais pu soup-
çonner même qu'un jour là légalité de cet éta-
blissement pourrait être mise en doute, pour un
simple défaut de formalité?
Depuis quand la forme a-t-elle emporté le
FOND?
A qui fera-t-on croire que le Droit Divin eût
été plus fort que le Droit National de 1830,
quand celui-ci venait de l'abattre et de le
vaincre?
Certes, la ratification par le PEUPLE eût été une
formalité sage et régulière : elle n'eût pas fait dé-
faut assurément ; mais elle 1 n'eût pas non plus
préservé la chute accidentelle de Louis-Philippe,
puisqu'il est tombé en pleine LÉGALITÉ et par un
simple tour de main au 24février 1848.
Contester les Droits des d'Orléans, c' est contester
les Droits Nationaux de la France ; c' est vouloir
lui arracher violemment touslesinstincts, tous
les sentiments de son coeur si libéral et si patrio-
tique, pour lui subtituer des instincts, des senti-
ments absolutistes ou anarchiques qui ne sont pas
les siens et qu'elle n'aura jamais ! rejetant aussi
bien de son sein les ROUGES que les BLANCS, et
voulant demeurer exclusivementTRICOLORE!
— 42 —
L'ORLÉANISME.
Qui refusera d'être ORLÉANISTE avec le jeune
duc de CHARTRES (Louis-Philippe), recevant dès
1781, non l'éducation privée de la cour, mais
l'éducation bourgeoise et libérale d'un prince qui
veut devenir HOMME ÉCLAIRÉ avant tout, et qui ne
se contente pas de s'instruire en apprenant les
langues mortes, mais tous les idiomes vivants :
l'anglais, l'allemand, l'espagnol et l'italien ; se
fortifiant de tous les chefs-d'oeuvre de la littéra-
ture, sondant les mystères de la chimie et delà
physique, les vérités de l'histoire naturelle et de
la botanique, l'esprit et la morale des lois, la
science si positive des chiffres, celles du dessin,
de l'architecture et des arts mécaniques, au
point de tourner, menuiser et forger comme le
font les simples ouvriers ; puis, enfin, apprenant
la médecine et la chirurgie en véritable élève,
ayant pratiqué dans les hôpitaux; travaux qui
lui valurent, plus tard, le bonheur de sauver
deux de ses semblables, aussi bien que l'eût fait
le plus intelligent praticien.
Qui refusera d'être orléaniste avec Louis-Phi-
lippe brisant au Mont-Saint-Michel, dès 1788,
l'odieuse cage de fer dans laquelle Louis XIV, ce
ROI modèle du droit divin absolu (au point de
dire L'ÉTAT, c'est MOI ! ), tint enfermé pendant
dix-sept ans, un homme de lettres dont les écrits
indépendants lui avaient déplu.. : et quoique cet
— 43 —
homme de lettres fût un, citoyen de la république
hollandaise et nullement l'un de ses SUJETS ?
Qui refusera d'être orléaniste avec Louis-Phi-
lippe, et ses frères, les jeunes ducs de Montpen-
sier et de Beaujolais, se faisant inscrire, le 9 fé-
vrier 1790, sur lés contrôles de la garde natio-
nale de leur district (Saint-Roch), rayant leurs
titres de PRINCE et inscrivant à la place : CITOYENS
de Paris?
Qui refusera d'être orléaniste avec Louis-Phi-
lippe se rendant en 1791 à Vendôme pour y te-
nir garnison à la tête de son régiment, le 14e dra-
gons dont il maintient la sévère discipline par
son exemple et en suivant ponctuellement les
exercices militaires ? Qui n'admirera l'humaine
et courageuse conduite du jeune colonel couvrant
de son corps deux prêtres réfractaires que la po-
pulace irritée veut fusiller, et les sauvant ainsi
d'une mort inévitable? Qui n'applaudira au sen-
timent fraternel du prince se précipitant àdemi-
vêtu dans un des endroits les plus périlleux du
Loir (un tourbillon), pour en arracher l'ingénieur
SIRET et conserver ainsi un père de famille à sa
femme et à ses enfants? Qui ne serait glorieux et
fier d'avoir reçu de la ville de Vendôme, la cou-
ronne civique votée par la municipalité de cette
ville à Louis-Philippe d'Orléans pour ces-deux
actions héroïques? (1)
(1) Cette couronne, religieusement conservée par la reine,
a été détruite par les Vandales de Février dans l'incendie du
château de Neuilly.

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