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CHRONOLOGIQUE
DES
NDS FIEFS.
ABRÉGÉ
CHRONOLOGIQUE
D -E S
GRANDS FIEFS
DE LA COURONNE DE FRANCE
AVEC
LA CHRONOLOGIE
DES PRINCES ET SEIGNEURS
Qui les ont voffédés jufquà leurs réunions â la Couronnei
OUVRAGE
Qui peut fervir de Supplément à Y Abrégé Chronologique
de l'Hijloire de France, par M. le Préfident Hénault,
A PARIS,
Du fonds de MM. Desaint & Saillant,
Chez ONFROY, Libraire, Quai des Auguftins, au
Lys d'Or.
M. D C C. L X X X V.
Aye Approbation & Privilège du Rois
A SON ALTESSE/
MONSEIGNEUR
LE DUC/S OU VER AIN
DE BOUILLON,
VICOMTE DE TURENNE,
Duc d'Albret & de Château-Thierry
Comte du
Bas Armagnac Baron de la Tour,
de Montgâçon & de Cazillac Pair, &
Grand-Chambellan de France, Gou-
verneur & Lieutenant-Général, pour le
Roi du Haut & Bas Pays & Province
d'Auvergne > &c, &c.
Monseigneur,
L'objet de cet
àF~QTRE
y) E.
En effet n ayant pour but que de cort^-
Jerver à la mémoire de la France } Hù flaire
de ceux qui en ,çm; pojfédé les Grands.
Fiefs trop de droit à cet hom-
pufffe khaper a Votre
Altesse.
Je h* entreprendrai point M.ONSEI-
GNEWM} de retracer à vos yeux une Gé--
néalogie au. annoncent & Contiennent trop-
bien Les generejijes qualités de votre drne
mais au moins tous ceux que vos bontés
leur 'fêle -leur reconnoijfance attachent
aux intérêts de Votre Altesse fe
rappelleront-ils avec plaijîf en' lifant cet
Ouvrage tous les divers événemens qlti ont
confacré la gloire & ï ancienneté de votre
On verra que dès les temps les plus-
reculés, les plus grands Princes de l'Europe
en recherchaient l'alliance avec empr.ejfe-
ment3& quellen étendit fes branches pr.ejque
toutes fondues dans celles de nos Rois ,que
pour 'augmenter fon lujlre & fon éclat. La-
Vicomte de Turenne qui joui oit des droits.
régaliens fit marcher les Seigneurs d'O-?
E PITRE. vïj
a iy
liergues de pair avec. les Comtes d'Auvergne
leurs aînés.
Oniait auffi que Catherine de Médias 5
quoique née Souveraine <S* devenue Reine
de France, fe faifgzt honneur d'en defçendre
par fa Mère f & d'en porter les marques
Sous le Regne de ffenri IF l'alliance
que fit avec l'héritière des la March le pre-
mier Duc de Bouillon de votre Maijon
fembla n'avoir été pour fon Fils qui échan-
gea Sedan contre F Auvergne qu'un che~
min que la fortune lui préparoit pour ren-
trer à fon tour } dans la pojfeyïon de ce
premier Fief de vos Ancêtres.
Quand tous ces grands titres MON-
SEIGNEUR manqueroient à Votre
Altesse l'honneur d'être Neveu de l'in-
comparable Turenne qui immortalifa par
fes exploits la gloire du dernier Regne,
vous fhjfïroit pour le difputer aux plus
orgueilïeufes Maifons de l'Europe.
Catherine de Médicis faifoit tant de cas de la Maifon
d'Auvergne qu'elle écartela toujours avec les Armes de,
fon Père celles« de la Tour d'Auyergne & de Boulogne
«}ui de fa Mère,
friij EFITRE.
Tous mes vœux feront comblés Mû$%.
SEIGNEUR^ Votre Altesse, veut-
bien permettre qu'en donnant le jour à cet.
Ouvragç l'honneur d'y paraître fous vos.
Aufpicësyen ajfure le mérite & lefuccès.
sle f'uis avec le plus profond refpeclj,
MONSEIGNEUR^
DE Votre 'Ait es se h
très-humble &
x AVERTISSEMENT.
Iès Gaules même avant la naiffance de
Jésus 'Christ, dans le temps qu'ils
habitoient la Souabe & la Franconie, ou
France Orientale. C'étoit le Pays de Pha-
ramond, iffu de la Race Royale des.
François,
Après avoir déduit tous ces faits, Du-
moulin' ajoute qu'il a vû, dânsles Archi-
ves de l'Abbaye de S. Germain-des-Prés
des Chartes de Donations d'anciens Fiefs,
faites au Monaftère de cette A'bbaye, par
Childebert I, Roi de France; fils de Clo-
vis I, C'eft de ces François que les Lon>
.bards ont pris l'ufage des Fiefs } qu'ils,
ont .transporté en Italie.
Dans la fuite, & fous la féconde Race
vde nos Rois les Fiefs ou Récompenfesi
militaires, qui, par leur primitive inftitu-
tion, n'étoient accordés qu'à vie à con-
dition du fervice commencèrent de-
venir infenfiblement héréditaires d'a-
bord par des Conceffions particulières
& non par un Droit publiç .& général::
d'où il fuit que la véritable Origine des:
Fiefs ? tels qu'ils font à prêtent en Fraa-
AVERTISSEMENT.
ce, vient de ce que les Rois de la*fe-»
condé Race envoyoient dans les Provin-
ces des Commiflaires qu'on àppelloit
Ducs 3 Comtes & Marquis pour admi-
niftrer la Juftice & défendre les Limites
du Pays les Rois leur donnaient, a cet
effet ''3 des Commiflions & pour leur fub-
ffiance & celle de leurs Lieutenans,
ils leur abandonnoient la jouiffance de
grands & amples Territoires. fous le
nom de Feod ou Feodum. •
Comme leur Emploi ou Gouverne-
ment n'étoit que par Commiffion & à vie,
les Fiefs n'étoient auffi alors que des
Usufruits qui finiffoient avec l'Emploi.
Mais fur la fin de la féconde Race de
nos Rois., & le commencement de la
troifiéme ces Gouverneurs Ducs
Comtes ôc. Marquis qui n'étoient aupa-
ravant que Commiffaires à vie, devinrent
Officiers perpétuels, & leurs Fiefs plei-
nement héréditaires. Ils s'emparèrent de
leurs Duchés Comtés & Marquifats
fous Louis leTainéaMi & fous Hugues
Çapet & en conféquence ils diftrl-
xii AVERTISSEMENT..
huèrent à leurs Parens, Amis ôc Ad^é'
rans en pleine propriété, partie de leurs
,Terres & Juftiçes qui étoient du Do-
maine Royal, qu'ils n'accordoient aupa-
ravant qu'en Bénéfice & à vis, fous l'Au.
torité Royale,
Ces derniers s'appellèrent Vicomtes &̃
Barons: ils firent d'autres Subalternes,
qu'ils nommèrent Capitaines,.
Va s s au x, Capitaneos, Vajfos,x Vaf-
fallos Valvajfores, &c. auxquels ils don-
nerent auffi des Fiefs & des Juftiçes par
des fous-inféodations, & ainfi en defcen-
dant,&tous fous l'obligation d'être recon-
nus Supérieurs de dégré en dégré, & de
faire des Services militaires, & autres. Ces
Ducs, Comtes & Marquis. y joignirent
certaines Redevances en dëniers, grains
& volailles qu'ils avoient coutume de
lever fur les peuples de leur Gouverne-»
ment & qui leur tenoient lieu de gages..
Les Vicomtes & Barons & leurs Vaf-*
faux en firent de même à l'égard de çeux
à qui ils accordoient des héritages par
fpus-inféoda.tion; & comme les premiers,
AVERTIS SÈMENT, xîi)
p'rètoient ferment de fidélité au Roi, &
étoient obligés de le fuivre & l'affilier en
guerre, ils exigèrent là même chofe de
leurs Vaffaux j lefquels dé leur part, ne
pouvant par èux-rhêmes faire valoir les
Terres x& Héritages compris dans les
Concernons qui leur avoient été faites
en cédèrent une partie ou a des, Gens de
guerre de leur fuite ou à des Labou-
reurs & Côlons & ceux-ci à d'autres fu-
bordinérrient retenant toujours des mar-
ques de fupériorité er1 impofant à leurs
Vaffaux; hommes &Tenanciers des fujé-
tions, Redevances & Devoirs Féodaux
avec le Droit de Retour & de Gonfoli-.
dation en certains cas, exprimés ou non
exprimés. i°. Par raccompliffement de la
condition appofée dans l'A£te d'inféo-
dation..2'. Par parage faille dans les Cou-
turnes qui l'admettent. 3°. Par Acquêt.
4°. Par Mariage. j°. Par Commife pour
Félonie. 6°. Par la Confifcation. 7°* Par
Retrait ou Droit de Prélatin. 8°. Par
Succeffion régulière ou irrégulière.
Ainfi ont commencé les Inféodations
xiv AVERTISSEMENT.
& fous Inféodations les Fiefs & Amè«
res-fiefs fe font multipliés & font deve-
nus héréditaires & patrimoniaux.
Bafnagé fur le Titre'des Fiefs de li
Coutume de Normandie examine en parti-
culier ce qui regarde l'établiffement des
Fiefs en cette Province. Il obferve 'que
dans le temps que tous les Fiefs devinrent
en France patrimoniaux & héréditaires
c'eft-à-dire fous le Régne de Hugues
Capet qui fut reconnu Roi,.en 987 la
Normandie n'étoit pas fous la Domina-
tion de nos Rois, parce qu'elle avoit été
cédée en 9 1 2 par Clzarles le Simple 3 à
Rollon. ou Raoul, Chef des Normans il
eft vrai que c'étoit à titre de Fief, & à la
charge de la Foi & hommage mais l'on
fçait que dans ces temps-là les Grands
canaux, de la Couronne exercoient tous
les. Droits de Souveraineté > & ne fe
croyoiënt tenus qu'à la fimplê cérémo-
nie de l'Hommage & du Serment de fi-
délité.
Philippe Augufte avoit conquis la
Normandie s le Poitou, la Saintonge j
xv
l'Anjou, le Maine la Touraine, & au-
tres Provinces ainfi qu'on le dira dans
font lieu. Le Roi Saint.Louis rendit a
Henri III Roi d'Angleterre quelques.-
unes de ces Provinces & en retint quel-
ques-autres principalement la Norman-
die Vp% un. Traité de J'année 1259, fait
entre ces deux Princes. Mais toutes ces
Provinces revinrent depuis à là France,
par les Conquêtes de? Rois CharlesiV 6ç
Charles VII comme nous le dirons dans
la faite.. ^̃'•~v.v:: V ̃̃̃̃,
Pour comprendre fans^étonnenientié
démembrement. de la .Moiiarchie Fran-
çoi/e dont noûs venons de parler, il
faut faire attention à l'état où étoit la
France, lors de cette grande révolution.^
fous les Régnes de Louis le Fainéant & de
Hugues-Capet & il faut confidérer les
défordres affreux qui avoient commencé
vers le déclin de la Race de Charlema-
gne & qui durèrent pendant le Régne
des premiers Rois de la troifiéme Race.
Tous les Auteurs qui, depuis deux
fiécles, ont débrouillé les Hiftoires de
WÎ AVERTISSEMENT.
ce temps-la y ont fait la peinture dé cèè
défbrdrës. & Sous le Régne de Charles
le -S iffipûj qui commença à régner en
M l'année 898 le Royaume de France
étoit en telle confufîon qu'on peut
mieux le préfumer que l'entendre par
Les Hiftoires .y.» dit Pithôu, i|y; 1. de
fon Hiftoire des Comtés de Champagne
& de Brie. « Chacun qui avoit quelque
puiffance commença de pêcher en eau
trouble 3 &- s'accommoder de ce qu'il
put ce qu'ils continuèrent àufli har-=»
b-dim'ent fous Hugues-Capet qui n'ofa
ou ne put les dépogéder étant d'ail-
leurs empêché à maintenir & àfïurer
un nouvel Etat mais il fe contenta
d'être reconnu comme Seigneur Do-
a minant de fes Pairs & Baroris n'étant
point en état ni les premiers Suc-
» ceffeùrSj de faire, à cefujet des Loix
» & des Réglemens.
Les Grands Vaifaux qui réfiftoient au
Roi avec tant de licence éprouvoient
la même chofe de la part de leurs infé-
rieurs. Comme tout fe faifoit par vio-
lence
Avertissement, xVij
b.
lence, chacun en ufoit félon le pouvoir
qu'il avoit & les grands Vaffaux qui
défobéiffoient au Roi, & qui ufurpoient
fon Domaine fous fes yeux en rendant
leurs Fiefs & leurs Gouvernemens héré-
ditaires & patrimoniaux ne pouvoient
rien reprocher à leurs inférieurs qui ne
faifoient que les imiter & il leur étoit
difficile, & même impoffible de les con*
traindre.
Les Grands Officiers ( dit un Auteur
» moderne ) eurent la même néceffité
de tolérer que leurs fubalternes s'arro-
» geaffent femblable propriété de leurs
=3 pofleffions j fous les mêmes conditions
3) de Foi & de Services
Mais le Roi Phüippe Augujle étendit
beaucoup fon Domaine & fon Autorité
par fes Conquêtes & il fit quelques Or-
donnances au fujet des Seigneuries & des
Fiefs.
Au refte l'on voit dans toutes les
Hiftoires & autres Livres, lepeu defub*
Hévim
pli] AVERTISSEMENT.
ordination qu'il y avoit alors entre ces
divers Seigneurs par les guerres perpé-
tuelles qu'il y avoit, non feulement entre
tous les Vaffaux du même Seigneur,;
mais encore entre les Vaffaux & les Sei-
gneurs dont ils relevoient ils faifoient
même la guerre au Roi. Toutes les Hi-
flaires font mention de ces guerres qui
ont duré bien avant fous la troifiéme
Race de nos Rois.
Il eft vrai qu'à mefure que les troubles
s'appaifoient, les Grands Vaffaux & leurs
établirent fur la matière des
Fiefs quelques Régles .qu'ils firent ob-
ferver c'eft de là que nous font venues
les différentes Coutumes du Royaume,
& les Coutumes locales tout y eft ma-
tière féodale cette matière eft immenfe
elle embraffe prefque toutes les Quêtions
de notre Droit François.
On peut mettre au premier rang des
Grands Vaffaux qui ont fait des Régle-
mens fur cette matière, les anciens Ducs
de ils étoient plus autorifés
que les autres leur pouvoir étoit fondé
AVERTISSEMENT, xîx
bij
fur un Traité de l'année 912 par lequel
( comme on l'a déjà obfervé ) Charles le
Simple avoit cédé la qui fut
depuis appellée Normandie à Rollon
ou Raoul Chef des Normands à la
charge feulement de la Foi & Homma-
ge. M Auffi ce Prince Normand & fes
=» fucceffeurs avec leurs Barons & les
»• Evêques de leur Duché, & autres Sages
il) hommes ( comme dit le Prologue de
3) l'ancien Coutumier ) firent divers Ré-
» glemens généraux fur plufeurs matiè-
« nés, & entr'autres fur les Fiefs cc. L'Au-
teur de cet Ancien Coutumier les a re-
cueillis. Ce Monument eft donc le plus
ancien qu'on ait en France fur les ma-
tières féodales car quoique. cet Ancien
Coutumier n'ait été compofé que fous
le Régne de S. Louis, environ l'an 1 22^
il contient pourtant les Coutumes & les
Ufages que les premiers Ducs de Nor-
mandie avoient établis comme l'Au-
teur.le dit dans le Prologue.
L'on en ufa de même dans les autres
Provinces du Royaume, & il y en a des
to AVERTISSEMENT.
preuves qui n'en laiffent aucun doute.;
Nous en trouvons la première preuve
dans les Ajfifes de Jérufalem elles four-
niffent, fur ce fu)et, un témoignage bien
autentique. Tout le monde fçait que le
Royaume de Jérufalem fut établi en i 099 9
lors de la première Croifade dans la-
quelle étoient prefque tous les Seigneurs
François, avec leurs Faffaux & Arrières*
Faffaux, Après la Conquête de Jérufa-
lem, Godefroy de Bouillon qui en fut élu
Roi & qui n'en voulut cependant ja-
mais prendre le Titre, convoqua d'abord
une affemblée des Etats de ce nouveau
Royaume. On y établit des Loix ou des
Coutumes on en fit un Recueil qui fut
appelle les -AJJifes de Jérufalem fous ce
Titre les Loix', Statuts & Coutumes
accordées aû Royamne de par
Godefroy de Bouillon l'an 1 099 par
l'avis du Patriarche & des Barons.
Cette première Croifade n'étoit, com-
me on vient de le dire prefque compo-
fée que de François de, toutes les Pro"!
yinces. Auffi ces sïj/îfesne furent dreffées
xxj
b.iiji
que fur les Ufages & les Coutumes qui
s'obfervoient en France ainfi l'on peut
connoître dans cet Ouvrage mxeux que
dans tout autre, quel étoit l'ufagele plus
commun & le plus général de ce Royau-
me, au fujet des Conftitutions des Fiefs
& des Arrières-Fiefs. Le Chapitre 144 eft
conçu en ces termes Les hommes dou Chief
Seigneur puevent partie de leurs fiés donner
f5 démembrer pour partie dou Service. Voilà
l'origine des Démembremens, même des
Réunions car la partie démembrée étoit
toujours regardée comme dépendante du
Fief, & comme y étant toujours atta-
chée.
Nous tirons la feconde Preuve de l'An-
cien Coutumier de Champagne; c'eft un
Recueil de divers Réglemens faits par
les Comtes de cette Province* Le plus
ancien de ces Réglemens eft de l'année
I224, & le dernier eft de l'.année 1299*
L'Article 14. eft conçu en ces termes
Coutume efl en Champagne, que les Châ-
telains & Barons de Champagne, donnent
bien, en- fié & en hommage de leur héritage:
«ij
aux Gentils-Hommes, & les en puent re->
prenre à hommes 3 en récompenfations de
leurs fervices ainf en ufé de
toujours y mais p. ils lor vendoient ou en-
prefaoient argent ils ne le pouvoient faire.
Cet Article ne parle que de Sous-Inféo-
dations faites a des Gentils laommes-;
parce que dans ce tems-là les Roturiers
ne pouvoient pofféder des Fiefs.
La Coutume de Bretagne nous four-
niroit une troifiéme Preuve & ainfi la
plupart des autres Coutumes du Royau-:
me que nous pafferons fous Silence pour
éviter la prolixité.
Il falloit préfenter au Le£leur ces Prin-^
cipes avant de paffer à l'Hiftoire des
Réunions que nos Rois ont faites en
différens tems des Pièces importantes
de l'Etat qui en avoient été autrefois
démembrées & éclipfées.
xxiit
b iv
PRÉ FACE.
%^t Harlemagne, qui n'avoit hérité du Roi
Pepin, fon père, que du Royaume deFrance qu'il
lui avoit fallu même partager avec Carloman, fon
frère non feulement polféda lui feul cette Cou-
ronne, mais y joignit encore, par fes Conquê-
tes, toute l'Italie, ( l'exception du bout du
Royaume de Naples & de la Sicile ) toute l'Al-
lemagne par la deftrucHon des Saxons & la fou-
million des Efclavons en deca de la Viftule & de
l'Oder toute la Hongrie, une partie de la Dal-
matie, & une partie de lJ£fpagne enfin il fut
proclamé à Rome Empereur d'Occident.
Quelqu'abfolu que ce Prince fût dans fes Etats,
il donna origine aux Principautés qui s'y formè-
rent dans la. fuite par les Gouvernemens de plu-
fieurs Provinces du Royaume qu'il con féra à des
parens & à des fujets qui l'avoient bien fervi dans
fes Conquêtes, lefquels Gouvernemens pallèrenr a
leurs enfans. Ces familles s'établirent ainfi dans
ces Provinces qu'on leur avoit confiées &, profi-
tant des conjoncturels, s'approprièrent ce qui avoit
été commis à leur fidélité, & crurent faire encore
beaucoup d'en reconnoître les Rois pour Souve-
rains & de leur en rendre hommage.
Louis le Debonnaire & fes fucceffèurs de la
Race Carlovingienne furent des Rois faibles,
indolens & fainéans plus capables de régir de;
xxiv PRÉFACE.
Monastères, que d'être chargés du Gouverna
ment de tant d'Etats. Leur foibleffe les força, pour
rattacher des créatures de démembrer la Mo^
narchie, & de donner a titre de Gouverne-
mens, toutes les Provinces du Royaume deforte
qu'à la fin du neuvième fiécle l'état de la Mo-
narchie Françoife fe trouva peu-prés femblable
à celui ou nous voyons l'Empire d'Allemagne.
Elle avoit un Chef & des Membres qui en
compofoient le Corps. Le Prince étoit très puif-r
fant lorfqtl'il étoit uni avec eux & très-foible,
lorfquil ne s'agiflbit que de fes intérêts particu-
liers. Ces Membres étoient les grands Vaflaux
poneneurs des Provinces de la Monarchie, dont
leurs Auteurs avoient changé le Gouvernement en
Domaines héréditaires & il étoit tel de ces
Vaffaux, qui, par l'étendue de fon Fief Ôc par
le nombre de fes Sujets, étoit plus puiffant que
le Roi,
Ne choirait-on pas propofer une chimère fi l'on
avançoit que le Corps Germanique pourra être
un jour affujetti à un feul Prince que tous les
Ele&orats & les autres Domaines de tant de
petits Souverains qui le composent, feront fou-
mis à fa puiffance que toutes ces Maifons s s'éva^
noiiiront & que l'Empereur deviendra le Maî-
tre defpotique de tant d'Etats.
Voilà pourtant ce qui eft arrivé à l'E,mpire
François dans le cours de neuf fiécles par une
Politique auffi fine que conflanre & bien entendue,
JLçs Rois de France ont réuni à leur Couronne
PRÉFACE. xxv
"7Z grands Fiefs qui faifoient ombre a leur puif-
fance fans parler même d'une infinité de Villes
& d'Arrières-Fiefs, dont ils fe font emparés. Le Roi
feul eft devenu le Maître abfolu de fon Royau-
me, que tant de Réunions ont rendu le plus
puiffant des Etats de l'Europe.
Ces Réunions d'oeuvre de la Politique
de nos Rois, font confondues & affez peu dif-
tinguées dans l'Hiftoire générale de France i il eft
même plufieurs grands Fiefs dont on n'y fait au-
cune mention les Hiftoriens s'attachant aux feuls
événemens mémorables ont négligé d'expliquer
ces Réunions fi importantes & fi néceflàires à dé-
velopper. Il eft étonnant que ces grands hommes
qui ont décoré & qui décorent aujourd'hui nos
Académies, n'ayent pas encore traité cette matière.
Combien feroit grande la gloire d'un Auteur
qui étendroit fes foins & fon travail à donner
au Public VHifioire de la Réunion des Grands
Fiefs à la Couronne ainfi que celle de tous les
autres Etats de l'Europe. Avec quelle avidité li-
roit on les Réunions des xz Royaumes d'Efpa-
gne, des 10 Royaumes de la Grande-Bretagne
des 17 Provinces des Pays-Bas ? Quelle çuriofité
ne feroit point excitée d'apprendre comment s'eft
formée la puiffance des Electorals, la Monarchie
de Hongrie ? Que de Réunions à rechercher dans
le Nord, & enfin les différentes révolutions qui
ont conduit à l'excèys de grandeur où l'on voit au-
jpurd'hui les Empires de Ruffie & de Turquie!
Quant à l'Ouvrage que nous donnons préfen*
kxvj PRÉFACE.
tement au Public; il contient feulement la Chro-^
nologie des Princes & Seigneurs qui ont poffédé
les Grands Fiefs de France & l'époque de leurs
Réunions à la Couronne.
Il faut observer que les Grands Feudataires jouif
foient jufqu'aux différentes Réunions de leurs Fiefs
la Couronne, des Droits Régaliens comme de
s'intituler par la Grace de Dieu de faire battre
Monnoye de nommer des Gouverneurs de
lever les Impofitions & d'entretenir des troupes.
Les fils puînés du Roi Jean n'eurent pas dans
leurs appanages les Droits Régaliens mais ils
obtinrent du Roi Charles VI la jouiffance des
împofîtions de nommer des Gouverneurs &
d'y entretenir des troupes.
Les Princes appanagés depuis le Régne de
François I n'ont joui, dans leurs appanages, que
du Domaine utile 5 le Haut Domaine apparte-
nant à la Couronne c'efl: pourquoi nous n'en
parlons point.
Nota. On ne doit point prendre à la lettre le mot
Conquêtes, qui fe trouve en tête des Chapitres de Flan-
dres, Artois &c. comme fignifiant fîmplement un droit
acquis par la voye des Armes; mais entendre que les Rois
font rentrés par cette voye, dans la- porteffion des ces
anciens Fiefs; dont la Souveraineté a toujours- appartenu à
la France. Il en eft de même à l'égard du mot Acquittions
mis en tête de la Lorraine, qui fe trouve aujourd'hui réunia
a la Couronne par des voyes plus pacifiques.
A la fin de l'Ouvrage fe trouvent quelques Corrections
& Additiùons qu'il fera bon de confulter.
D 1 V I S I O N
DU ROYAUME DE FRANCE.
J.e Royaume de France eft compofé ravoir
1° Des 'douze Grands Gouvernemens dont les Députés
comparurent aux Etats de 1614.
II° Des Conquêtes de Louis XIII & Louis XIV Et
des Açqcifitions de Louis XV.
Les douze Grands Gouvernement anciens Domaines de
la Couronne, font 5
Page
i° L'Ifle de France
i° La Picardie, S
30 L'Orléanois, 41
40 La Normandie, 105
j° La Champagne, 13}
6° La Bourgogne, 14Y
70 La Bretagne 189
80 La Guyenne, zi6
9° Le Languedoc ? 23
1 o° Le Lionnois 571
il' Le Dauphiné, 415
ii° La Provence, 44S
Les Conquêtes de Louis XIII & Louis XIV & les Accjtiifîtjons
de Louis XV font
i° La Flandre 48S
i? L'Artois, 504
3° La Franche-Comte, 5-09
40 La Lorraine 'ji&
,0 Le Barrois^ 5 "5
TABLE
DES
GRANDS VASSAUX
DE LA COURONNE DE FRANCE.
TA B JL E
CMRONO L OGIQ U E
DES RÉUNIONS
DES GRANDS FIEFS
DE LA COURONNE DE FRANCE.
Explication des Lettres Initiales.
Il
C. veut dire Comté.'
D. Duché.
E. Ev-êché.
P. veut dire rrip.cipautc*
R. Royaume.
Vie. Vicomte.
Vil. Ville.
A
ABRÉGÉ
CHRONOLOGIQUE
• DES
GRANDS.FIEFS
DE LA COURONNE DE FRANCE,
ET
DES PRINCES QUI LES ONT POSSÉDÉS.
PREMIERE PARTIE.
GRANDS GOÙVERNEMENS,
ANCIENS DOMAINES DE LA COURONNE.
ISLE DE FRANCE ET PICARDIE.
I S L E D
l'un des douze grands
Gouvernemens de France qui font la
2 Grands Gouve.rnemenS)
I S-L E DE F S A N C E.
ordinaire de ce Royaume, a la Picardie au nord, la
Champagne à l'orient, la Beauce & l'Orléanois
au midi, & la Normandie au couchant. Sa lon-
gnenr eft de 54 lieues & fa largeur de prefque
autant. Paris efl fa capitale, comme de tout le
Royaume.
L'Iffe de France fut habitée anciennement
des Parifiens qui combatirent avec beaucoup de
valeur contre les Romains pour la défenfe de
leur liberté fous,la conduite de Camalogénes.
Les Béllovacés 8c les Sylvanecres, dont on com-
prit les terres dans la Belgique feconde & dans
la Lionnoife quatrième habitèrent auffi le mê-
me pays. Childebert III, fils de Clovis, eut en par-
tage, le Royaume de Paris qui renfermoit une
partie des, Lionnoifes & toute l'Aquitaine.
ANCIENS Domaines. 5
A ij
COMTES DE PARIS.
DUCS DE FRANGE, COMTES DE PARIS.
Sf 5 Roi Ut,
86g Ebbes,
S9S ROBERT II.
.913 H 17 cO£s I.
S t s Hugues II.
5)87
gjj. ROBERT 1, dit le Fort,
Du: de France, Comte de Paris & d Orléans.
Jt\_ Oeert LE FORT, grand capitaine, brave 8c héu'reux,
defcendolt de Childebrand frère de Charles Martel & on-
cle de Pepin Roi d'Aquitaine. Il fut partifan, tantôt du
jeune Pépin, tantôt de SaJoinôn qui s'empara dé la cou-
ronne d'HerÊipée, Roi de Bretagne. Charles le Chauve s'at-
tacha Robert le Fort qu'il invertit de tout le pays entre la
Seine & la Loire le fit créer au parlement de Cornpiégnc
en 8Si,Duc & Marquis de France, Comte de Paris. Le Roi
ajouta peu-à-près au grand diftricr. le comté d'Anjou & une
partie du dûché de Bourgogne. Il vainquit plufieurs fois
les Normans, & fut tué par eux en Anjou l'an Z66. Eudes
fon fils lui fuccéda,
t66. EUDES,
Ce Prince fucccda à fon père étant fort jeune. Les Nor-
mans étant venus aflîéger Paris en 885 il fe fgnala contre
eux.par fa valeur & fa conduite en leur refiftant vigou-
reufement j exploit qui commença de lui concilier l'efîime
& l'amour des François. Le roi Charles le Gros étant mort
4 GRANDS GOUVERNE MENS,
l S L E DE FRANC£.
en 888,Eudes fut fait Régent du Royaume & élu Roi, fui-
vant la Coutume pour gouverner jufqu'à la majorité de
Charles IV dit le Simple. Ce Prince eut desconcurxens
dans la régence qui lui donnèrent bien de l'occupation. En
8yr les Seigneurs François remontrèrent à Eudes que
Charles atteignoit fa quinziéme année & qu'il étoic
tems qu'il lui remît la couronne fur fan refus, Herbert
Comte de Vermandois conduifit Charles à Reims le pro-
clama Roi & le fit facrer. Les partifans des deux Rois prirent
les armes la guerre civile s'échauffa & dura jufqu'en E96
qu'Eudes reconnut Charles pour Roi. Il mourut en 898.
Robert fon frère lui fuccéda dans le duché de France les
comtés de Paris & d'Orléans, & dans ce qu'Eudes tenait
du duché de Bourgogne.
8S3. ROBERT IL
Ce prince fut le principal négociateur du traité que
Charles IV fit en 911 avec Rollon chef des Normans à
qui il céda le duché de Normandie. Robert ne perdit point
de vûe un trône que fon père avoit occupé. En 92.1, il Ce
mit à la tête d'une conspiration contre le Roi, où entrèrent
prefque tous les Seigneurs françois. Les rébelles prirent les
armes & s'étant aflêmblcs à SoifTon*, y élurent pour Roi,
Robert, & le firent facter à Reims le zg Juin 9zz. Char-
les, quoiqu'effrayé d'une fi funefte nouvelle ne perdit
point courage. On en vint à une bataille,l'année fuivante, le
15 Juin 913 auprès de Solfions, oti les deux Rois étoient à la
téce de leurs armées & combattoient en perfonne. Il y eut
cent mille hommes qui périrent dans cette malheureufe
journée. Charles perça lui-même d'un coup de lance Robert
ANCIENS DOMAINES. £
Au}
COMTES S D E PAR I S.
qu'il renverfa mort. Le régne de Robert fut court. Il avoir
époulé Béatrix fille de Pépin 1 comte de Vermandois. Il
laiffa plufieurs fils,héritiers de fes projets & de fon ambition.
Hugues l'aîné lui fuccéda dans toutes fes pofleffions.
913. HUGUES I.
Il fuccéda au Roi Robert fon père dans le duché de
France & dans les comtés de Paris & d'Orléans. Il eut tou-
jours devant les yeux le trône que fon père avoit occupe
mais les différentes conjonctures & le mérite des Rois,
fous qui il vécut, le continrent & il les reconnut tou-
jours, quoiqu'il parut en quelque forte plus puiflant
qu'eux. En 9 39 il s'allia étroitement avec Othon', Roi de
Germanie, dont il époufa la four, & avec Guillaume I,
duc de Normandie, & Herbert Comte de Vermandois fi
fier & redoutable en ce tems la. Hugues s'empara de
Reims en 940 s'allia, tantôt avec le Duc de Normandie
tantôt avec le Roi Louis IV, pour dépouiller le jeune Ri-
chard fils de Guillaume puis il le fecourut. Il délivra de
prifon le Roi, & le retint lui-même priConnier jufqu'à ce
qu'il lui eût cédé la ville de Laon. Il mourut à Dourdan le
16 6 Juin 956 fous le régne de Lotaire. Il ne laiffa point
d'enfans de fa première femme Etilde, fille d'Edouard I y
Roi d'Angleterre j mais de fa feconde, nommée Edwige
fille d'Henri, Roi de Germanie, il eut trois fils; Huguec IIa
Eudes & Othon.
9f6. HUGUES 11 dit Capet
Duc de France Comte de Paris
de France.
Si les Seigneurs François ont eu droit d'élire A un Roi après
6 GRANDS Gouverne m en s
ISLEDEFJtxlNCE.
la mort de Louis qui- ne laifToic point d'enfans ils ne
pouvoient jetter les yeux fur un plus digne prince que Hu-
gues Capec 'j & lui feul pouvoir relever la majefté du trône
,affaiblie. Hugues avoir toutes les qualités qui pouvaient le
rendre rcfpedablc'; & ces qualités juilifièrent le choix,
qu'on avoir fait de lui. La loi fondamentale fembloit l'exr
clure, puifqu'il n'éroit point de la maifon Royale qui avoit
encore un prince en âge & en étaede régner; c'éroit Charles,
Duc de Lorraine fils du Roi, Louis IV mais il paroîc que
cette loi n'étoit pas alors fort en vigueur. Pepin favoit le
premier violée, dans le huitième fiécle en faifant dépofer
Childeric III. Elle ayoit été enfreinte depuis dans plufieurs
cfeclions récemment dans celle de Robert, aycul de
Hugues Capet. Bien des Auteurs ont avance que, pour facili-
ter fon élection il,avoir cédé à tous les grands Va/Taux le
domaine &la propriété de leurs fiefs. Ceftàquoi ilnepenfa
jamais & ce qui ne lui fut point demandé. Depuis plus
d'un fiécle ils étoient en poflefîîon & ce nouveau Roi fe
fcroit trouvé bien 'S'il eût voulu heurter contre plus
de cinquante princes qui gouvernoient leurs Etats comme
Souverains, en rendant néanmoins l'hommage & le fer-
vice, daps les occa/îons^aui Rois leurs Seigneurs fuzerains.
Il eût écé accablé bien vue fous les forces, de ces grands
VafTaux. Il eft pourrant vrai que l'élection d'Hugues les
affermit dans leurs usurpations car les Rois Carliens
fembloient avoir quelques droits de réclamer le domaine
Jçs provinces u.furpées mais Hugues., élu par ces grands
Vafl'aux eux-mêmes, n'avoir ni tirre ni prétexte auffi ni
lui ni fes fucceffeurs n'en eurent jamais la moindre idée,
Hugues Çapet par fon élection réunit à la couronné
Anciens Do ma i n e s. 7
Aiv
COUT. E S DE PARI S.
Paris, Orléans & plufieurs villes de l'Ifle de France & de
l'Orléanois qui avec celles que les Rois pofledoient en-
core ça Picardie Se en. Champagne comme Laon Noyon
& Reims, commencèrent de'donner an peu plus d'e'rendtie
au domaine Royal. Il-établit ion fiége à Paris &,pour affu-
rer fon trône, en prévenant l'inconftance des Seigneurs & les
événemens qui pouvoient arriver, il affocia au trône fon
fils aîné Robert, jeune Prince d'une grande efpérance } qt^i
fut facré à Reims le i Janvier 988.
9.87. Réunion à la Couronne.
Le duché de France & les comtés de. Paris & d'Orléans.
fput réunis à la couronne,
m
8 GRANDS Go-uvernemens,-
PICARDIE.
P I C A R D I E.
LA CAR qui a le & l'Artois
au feptentrion, la Champagne à l'orient, l'ifle
de France au midi & la Normandie & l'Océan
au couchant étoit habitée anciennement de dif-
férens peuples qui en fuivant les mêmes coutu-
mes & les mêmes loix ne laUToient pas de for-
mer autant de. Républiques indépendames les
unes des autres. Dans la divifion des Gaules faire
par Augure les Ambianiens, les EfTuens les
Véromanduens les Oromaniîens & les Mori-
niens, furent compris dans la Belgique féconde
&, comme ils avoient été fubjugués les derniers par
les Romains, l'envie de recouvrer leur liberté les
obligea les premiers à fe liguer avec les François
les divers pays dont ils s'emparèrent ayant été
réunis long-rems auprès, formèrent une province
qu'on appella Picardie. Quelques uns en tirent
le nom des hérétiques Bégards qui répandirent
le venin de l'Héréfe dans quelques villes d'Alle-
magne & des Pays-Bas fous l'empire de Louis
de Bavière. Mais, les Picards étant beaucoup plus
anciens que la fecte des Bégards, il y a plus d'ap-
parence que ces peuples furent ainfi appellés de
ANCIENS DOMAINES.
COMTES DE y E R M. AN U 0 I S.
l'ufage des Piques dont ils fe fervirent les pre-
miers.
La plus grande partie de cette province étoit
autrefois comprife dans la Flandre & elle en fut
détachée fous Philippe-Augufle pour les droits
de la Reine libelle d'Alface, fille de Baudouin IV.
Vermandois.
Après que les Romains eurent conquis les
Gaules, Augufle ayant trouvé à propos de parta-
ger la 'Gaule Belgique entre quatre provinces con-
filaires, les Véromanduens furent compris dans la
Belgique féconde. La ville de Saint-Quentin eft
aujourd'hui la capitale du Vermandois. Cette pro-
vince fut donnée à Pépin petit-fils de Bernar4
Roi d'Italie.
ïo Grands Gouvernemens
PICARDIE.
COMTES DE VERMANDOIS.
sis PEPIN.
$j<j Bernard.
îyi Herbert I.
^oo Herbert II.
s88H.es.bert III.
joij Al be ht II.
I81Ç O T H O N.
3044 H.E E A ER.T IV.
1077 A B I L -E.
LUS R A.OV L I.
iiçi RAOUL IL
̃ 1 1 1% Elisabeth.
iPHUIPFt.
1181 'Eieouoiie,
ÏX15 Réunion la Couronne..
8i8. PEPIN I.
JLj.N-8i8 commença la Diiiaftie detGonites ck Vermaiv
dois. L'empereur Louis I, ayant fait aveugler fon neveu
Bernard Roi d'Italie, eut de fi cuifans remords de ce fuppli-
ee, que pour le réparer, il donna le Vermandois à Pépin
fils de Bernard. Pepin fe mêla aux buerres civiles des enfans
de Louis le Débonnaire, & mourut en 87J. lailfa troip
fils, Bernard 3 Herbert & Pepin.
875. BERNARD I:
Bernard mourut fans enfans en 891. Ses deux, frères Her-
bert & Pepin, partagèrent le Vermandois.
8jz. HERBERT I.
Herberr fuccéda à Bernard L, & eut pour Con partage
Pétontie & Saint- Quentin, qui étoient les deux capitales du
Vermandois Pepin fon frère eut les comtés de Senlis &
de Valois. ( Voyez Valois. ) Herbert eut une longue guerre
avec Baudouin II, Comte de Flandres, dans laquelle il tua.
le frère de Raoul Comte de Cambray. Baudouin., pou.z,.
Anciens DOMAINES. it
COMTES DE V ES M A N I) 0 I S.
s'en venger, attira dans une entrevue Herbert, qui y fut
aHàffin.é l'an 9,0if. Herbert II fon fils lui fuccéda,
300. HERBERT IL.
Ce Prince fut fameux par fa puiffance & par (on efprit
factieux. Il trahit le.Roi Charles, le Simple, qu'il retint plu-
fieurs années en prifon. Il mourut en 945 livré aux re^
mords les. plus cuiîans. Il laiffa quatre fils, Albert fon fuc-
cefleur Herbert Comte de Meaux Robert qui fut Comte
de Champagne & Hugues élevé au (iége de Reims, étant
encore au Bexceau fource de grands troubles dans.cette
églife. Herbert tailla auflî deux Elles Alix qui époufa Ar-
noulI, Comte de Flandres morte en ç,éo & i'Eutgarde
femme de Guillaume l, Duc de Normandie puis de Thi-
baut j Comte de Blois morte en 979.
943. ALBERT 1.
Il fuccéda à Herbert II, fon père. Il entra auffi bien que
lui dans toutes les guerres £c les factions des régnes de
Louis IV, & de Lotàire. Il foutint iafruclueufement l'E-
piccopat de Hugues l'enfant fon frère dans le fiége de
Reims. Il époufa Gerberge fille de Gilbert Duc de la
Baffe-Lorraine, & mourut en s 88 laiiîant Herbert III
fon fuccefTeur & Ludulfe Evcque de Noyon.
988. HERBERT III.
Il mourut en 101 j & laiffa deux frls Albert & Othon.
101;. ALBERT II.
12 GRANDS Gouvernemens;
PICARDIE.
IOlj. OTHON.
Il mourut en 1044 laiffant pour fucceffeur fon fils Her-
bert IV.
1044. HERBERT IV.
II a£lifta au facre de Philippe I. Il époufa Adéle Comte/Te
«e.Valois & de Crefpy fille de Raoul II & mourut en
1 077 laiflant Adéle fa fille unique pour héritière. En ce
Prince finit la première Maifon de Vermandois. du fang
de Charlemagne.
1077. ADELE,
Comtejfe de Vermandois & de Valois.
Eile hérita de Simon, ton oncle maternel, des comtés de
Valois, de Crefpy & de Bar-fur-Aube. Elle époufa en
ic77,Hugues de France, fécond fils du Roi Henri 1,&,après
fa mort, Renaud II, Comre de Clermont en Beauvoifis. Hu-
p es de France fut un des chefs de la première Croifade 5
où il fediftingua. Il en fit une féconde en 1 10 1. II fut bleue
à mort dans une bataille contre les Sarrafins & mourut à
Tarfe en Cilicie le i Octobre 1 ioz on le furnomma le
Grand. II laiffa d'Adéle Raoul I Simon, Evêque de Noyon,
& Henri tige des Seigneurs de Beaumont en Vexin. Adéle
mourut en 1 1 1 ç>. Raoul fon fils lui fuccéda.
1 1 1 9. RAOUL I dit h Vaillant.
II fut auffi Comte d'Amiens & de Crefpy Seigneur de
Péronne & Sénéchal de France. Il fit une grande figure à la.
cour des Rois, Louis VI & Louis VII qu'il fervit fidéle-
ANCIENS DOMA.INES.
̃COMTES DE FERMANDOIS.
jnent&heureufement. En 1 147, il fut Régent du Royaume.
Jlépoufa Aliénor fille de Thibaut III, Comte de Cham-
pagne, laquelle il répudia fous un prétexte frivole en 1 141.
Il eu fut excommunié par le Pape Innocent II. Après la mort
d'Aliénor, il époufa Pétronille feconde fille de Guillaume,
Duc de Guyenne. Du premier lit il*eut Hugues né en 11 17,,
fondateur, avec S. Jean de Matha, en 1 1 y 8 de l'Ordre de la
Trinité. Il mourut en izoï & fut canonifé fous le nom de
S. Félix de Valois, qui étoit fon nom de Religion. Raoul 1
mourut en 11 î z & laiffa du fécond lit Raoul II qui lui
fuccéda Elifabeth & Eléonore.
njt. R A O U L II, dit le Lépreux.
Il mourut fans alliance en 1 1 64. Ses deux foeurs parta-
gèrent fa fucceiîîonj Elifabeth l'aînée eut le Vermandois
& Eléonore le Valois & Saint-Quentin.
1164. ELISABETH.
Elle avoit époufé en 1 j 6 Philippe d'Alface, Comte de
Flandres, dont elle n'eut point d'enfans. Elle ft une dona-
tion à fon mari des deux provinces du Vermandois & de lA-
miénois. Elifabeth mourut en uSz.
Philippe prétendit, en vertu de la donation que lui avoit
faite la Comteffe Elifabeth fa femme être fon héritier
mais Eléonore Comtefle de Valois fœur d'Elifabeth ré-
clama contre cette donation & foutint qu'elle étoit con-
traire aux Loix & que fa fœur n'avoit pu la priver Je fa
GRANDS Gouvernemensj
̃PICARDIE.
fuccelïîon.EIéonore avoir époufé en quatriémes nôces Mat-
thieu III Comte de Beaumont-fur-Oyfe Grand Chani-
brier du Roi Philippe Augure qui engagea la Comtcfle
n'ayant point de, faire ceffîon.au Roi de tous fes
droits. La Cômtefle y consentir, & fit une donation en for-
me au Roi des congés, de Vermandois &. d'Amiens. Rien
n'étoit plus à la bienféance de Sa Majefté pour couvrir l'Ifle
de France, î'aflurer de toute la Picardie & en faire la jon-
(lion avec l'Artois qui devoir lui revenir un jour pour la
dot de la Reine: ainfi le Roi ne balança pas à accepter cette
donation s & fit fans doute des conditions avàntageufes au
Comte & à la ComrelTe de Beaumont. Il envoya enfuitc
âommer le Comte, de Flandres de remetre ces deux comtés
à la légitime héritière ne découvrant pas encore l'intérêt
perfonnel qu'il y avoir. Le Comte n'etoir pas difpofé à céder
sinfi deux provinces. Ii s'alluma une guerre très vive
entre le Roi & le Comte, qui prévint même rôn Souverain,
& entra en Picardie avec une armée. Le Roi marcha Contre
lui avec des forces fupérieures, & força le Comte à deman-
der la paix. Il céda au Roi tout le Vermandois & l'Amie-
nois. LeRoi lui lai/Fa Saint-Quentin; encore fut-ildit dans
le Traité que le Roi pourroit racheter cette ville en tout
tems, moyennant Co mille francs.
Il 1 1 j i Réunion à la Couronne.
Ceft ainfi que le Roi réunit à fa Couronne l'importarte
ville d'Amiens & toUt le comté de Vermandois, frontière
de fes Etats & qui en afluroient le repos.
Anciens Domaines*- j£
A vitf
COMTES S D E V A L 0 1 S.
VA L O I S.
L E Valois eft un duché en l'Ifîe de Fran.
ce. Raoul fils de Gauthier II Comte de Vexin
& d'Amiens Se- d'Adélaïde fille d'Herberr
Comte de Senlis l'eut pour patrimoine. C'étoit
une dépendance du comté de Vermandois.
S:BNI.18.
Cette ville eft dans le duché de Valois, & étoit
une dépendance du comté de Vermandois.
\6 GRANDS Gouvernêmêns>
PICARDIE.
COMTES ET DUCS DE VALOIS.
Sji Pépin j.
501 Pépin II.'
551 Her.bek.'O
940 B E R. n a a. ».
555 Raoul 1.
587 Raoul II.
104; Simon,
1077 ^Réunion au VetmAndoh.
Il«8 3IAB.
1170 1. Réunion à la Couronne.
1285 C H ar le de France.
131c Philippe de France.
1318 1. Réunion à la Couronne.
1344 Philippe d'Orléans.'
'37? 3. Réunion à la Couronne.
1391 Louis I. d'Orléans.
1407 C H A R LES d'orléans.
146j Louis 5 Il. d'Orléans.
1458 4. Réunion àlaCemonne-
PREMIERS COMTES DE VALOIS.
851. PEPIN I.
IL T o 1 T frére de Bernard I,; Comte de Vermandois.
( YoyexVermandois.) Il eut pour fon partage dans l'hé-
ritage de fon frère, les Comtés de Senlis & de Valois. Il efk
la tige des premiers Comtes de Valois. Il mourut en 301
& laiffa pour fucceffeur Pepin fon fils.
,501. PEPIN II.
Il mourut en 5 3 1 & laifla Herbert & Bernard.
<>$%. HERBERT.
Il mourut en 94o fans enfans Bernard, fon frçre, lui
?4o. BERNARD
ANCIENS DOMAINES. 17
B
C 0 :H TE S D E- VA L 0 l S.
s4o. BERNARD.
Il s'intrigua beaucoup fous le régne de Louis IV tantôt
pour, tantôt contre lui. Il mourut en 9 jj laiflanc pour
'héritier Raoul I fon fils unique.
<> RAOUL I.
il hiouruE'eh ^87 laiffant pour fucciffeur Ton fils
Raoul II.
9S7. RAOUL H.
Il fut Comte de Crefpy & de Valais, jufcju'à l'ab 104^
qu'il mourut. Simon ion fils lui Succéda Adéle fa Elle
•époufa 'Herbert ;IV"<3 Comte de Vermandois.
•i-04-j. SIMON.
Jf Il vécut très -faintement & ne fe maria point. îl a été
:béatifié. Il mourut en 1077.
1077. ADELE.
'Réunion' du Comté de Valois du Comté de 'Vermandois.
Adéle fœur de Simon mariée à Herbert IV Comte de
Vermandois fuccéda à fon frère. Voyez Vermandois
-¡¡nuée 1077 ).
t8 GRANDS Gouvernemens,
P I C'A R D I E.
SECONDS COMTES DE VALOIS.
'it6i. JEAN I, âitTrifian.
Il étoit fécond fils du Roi S. Louis, & eut le Valois en
apanage. Il naquit à Damiette en 1x49- Il époufa lolande
Comtefie de Nevers, dont il n'eut point d'enfans. Il mou-
rut de la pefte devant Tunis, où il avoit accompagné le
Roi fon père en 1170.
1170. • 1. Réunzon à la Couronne.
Parla mort de Jean, le Valois fut réuni à la Couronne.
TROISIÈMES COMTES DE VALOIS.
ii8j. CHARLES de France.
Il étoit fecond fils du roi Philippe le Hardi, qui lui
donna en apanage les comtés de Valois d'Alençon & du
Perche en Parifis apanage qui affoibliffoit confidérable-
ment le Domaine. Il ne faut pas croire-pourtant qu'il pof-
fédât ces Comtés au même titre que les anciens Comtes
car outre qu'il n'avoit pas les droits Regaliens, la jurif-
diftion reflortiflbit au Parlement & le Roi y levoit des
importions. Ce Prince fit un grand bruit dans le monde.
En ii8?j il fut inverti du Royaume d'Arragon & prit le
titre de Roi. En 1507 il époufa Catherine de Courtenay,
héritière ie l'Empire de Conftantinople comme fille uni-
que de l'Empereur Philippe mais tout cela n'étoit que des
titres qui ne lui produifoient aucun avantage, & il n'en re-
tira guères plus du Vicariat du Saint Siége que lui conféra
le Pape Boniface VIII & pour lequel il paffa en Italie Se
Anciens Domaines. 15
*Bij SBiij
COMTES DE VALOIS.
y fit quelques exploits. Il fetvit plus utilemenr la France
en Guyenne & en Flandres. Le Roi, fon frere, ajouta, à fon
apanage le Comté de Chartres & lorfqu'il époufa en 1 150
Marguerite d'Anjou, fa première femme, fille de Charles Il,
Roi de Sicile il obtint que ce Roi lui abandonnerait les
-deux Comtés d'Anjou & du Maine; ce que le Roi, fon frere,
ratifia De plus il les érigea en Pairie. Il mourut de para-
l.yfie le 16 Décembre ijaj âgé de j; ans. Philippe fon
fils aîné lui fuccéda.
i31J. PHILIP 1? E de ïrance:
Il étoit ne''en 1193, fut Régent du.royaume après là
mort de Charles IV, & lui fuccéda à la Couronne en 1 j 18
fous le nom de Philippe VI.
13x8. 2. Réunion a la Couronne.'
Par l'avènement de Philippe au trône lé Valois j le
Chartrain, l'Anjou & le Maine furent de nouveau réunis
à la Couronne.
QUATRIÈMES COMTES DE* VALOIS,'
1344- P H I L I P P E Duc d'Orléans:
Philippe VI, étant devenu Roi en I3i8_, il donna la
Comté de Valois, à titre de Pairie par lettres du 16 Mars
1 ? 44 à Philippe fon cinquiéme fils, qui mourut fans en-
fans le i Septembre 1375.
Pagination incorrect» date Incorrecte
NF 43-120-12
Saut de pagination
Texte complet
22 GRANDS
PICARDIE.
1375. 3. Réunion à la Couronne.
Par la mort de Philippe décédé fans enfans le Comté
dc Valois retourna à la Couronne.
DUCS DE VALOIS.
1392. L O U I S, Duc d'Orléans.
Le Roi Charles VI donna, par lettres du 1 9 Juillet
le Comté de Valois à Louis fon frère en faveur duquel il
fut érigé en Duché en Juillet 1406. Voyez Orléans.
1407. CHARLESj Duc d'Orléans.
Il étoit né en 1 j? r. ( Voyez Orléans. )
1 465. LOUIS S d'Orléans.
il étoit né le 27 Juin 1461. A fon avènement à la Coti-
,tonne, le Valois y fut réuni. (Voyez Orléans)
14? 8. 4. Réunion h la Couronne.
PONTHIEU
ANCIENS
B iv
COMTES DE PONTHIEu'
PONTHI EU.
̃JLj E PoNTHiEueft une contrée de France
dans la BafTe-Picardie elle a pour confins le Bou-
îonois l'Artois, l'Amiénois', le Vimeu & la
Mer.
Les Comtes de Ponthieu defcendent de Hu-
gues, qui eut Enguerand de Gifelle fille de
Hugues Capet.
COMTES DE PONTHIEU.
,939 HERLUiN.
5F4 Guillaume 1.
J70 Guillaume II.
987 Hucues I.
«ooo Emguïb.ani> I.
1054 Hugues II.
lofi ENGUERAND II.
ioji Gui.
jo8o Agnès.
11 30 Guillaume III.
II7I Jean I.
IlSj GUILLAUME IV.
IZIO J E A N II.
1110 M A E. I E.
1150 Jeanne.
1173 D. F E iC n A n D.
izSi D. L o 1. 1. s.
8 JEleonore.
CEDO U AR.D I.
I3O7 E D O U A R. D II.
131S Edouard III.
13VJ Ecouar.d IV.
1 3 80 Réunion'; la Couronne*
9i9. HERLUIN, Comte de Pontkieu.
IL eut guerre contreArnoul, Comte de Flandres, qui
lui prit la ville de Montreuil; mais Herluin la, recouvra
& mourut en 974* laiflant fon Comté à Guillaume fon
fils.
&4 Grands Go.uvernemens,,
P I C A R DIE.
9^4. GUILLAUME I.
Il eut. une longue guerre contre Arnoul Comte de
Flandres qui lui enleva Guifnes, Boulogne & Terroii.me.,
Avec le fecours de Richard, Duc de Normandie, il re-.
eouvra GuiCnes & Boutonne. Il mourut en $>?o & laiffa.
trois fils, Guillaume II fon fuccefleur Arnoul qui eut en-
partage le Comté de Boulogne, & Hugues qui fut Comte
de Terrouane.
570. GUILLAUME II.
Il mourut en 51S7 & iai/Ta pour fuccefTeur fon fils
Hugues,
387. HUGUES I.
Il époufa Gifelle fille de Hugues Capet qui, pour fa.
dote lui céda dcs droits qu'il avoit fur Ahbeville. Il mou-
rut l'aniooo îaiiïantEnguerand I fon fils pour fucceiîeur,
1000. ENGUF.RAND I.
Il mourut en 1054; fon fils Hugues II lui fuccéda.
1054. HUGUES II.
il mourut en 1051 Enguerand II fon fils lui fuccéda
Se Guy.-
105.1. ENGUERAND- II.
Il fut tué dans une rencontre en 1051 j il ne laiffa point
ti'enfans fôn frère Guy lui fuccéda.
Anciens Domaines. 2?
COMTES D E P0NTH1EU.
IOJZ. GUI.
Il vécut jusqu'en 1080 Se ne laifra qu'une fille unique
nommée Agnès, qui fut fon héritière.
.1080. AGNÈS.
Elle époufa en 109 y Robert comte d' Alençon, & mou--
rut l'an 1130; Con fils Guillaume fuccéda aux Comtés de
Ponthieu & d'Alençon.
iijo. GUILLAUME III,ditTalvas.
Il avait fpccédé en 1 1 1 1 Robert fon père, au Comté
â'Alençon; & en ;ii;o il fuccéda à Agnès fa mère, au
Comte de Ponthieu, Il époufa Adéle de Bourgogne dont
il eut deux fils Guy comte de Ponthieu marié à Béatrix
de S. Pol, & mort avant fon père, laiffant Jean I Comtes
de Ponthieu. Jean II fils de Guillaume fat Comte d'A-
iençouSç de Seez. Guillaume III mourut en 1171.
ji7i. JEAN I.
Il mourut en 1 185 Guillaume IV Ion fils lui fuccéda'
1185. GUILLAUME IV.
II demanda en mariage & l'obtint Alix de France
faeur du Roi Philippe Augufte quoique le bruit courut
que le roi d'Angleterre Henri II l'avoit eue eafa puiffance,
& en avoir eu un fils. Le Comte méprifa ce bru'.t il l'é-
poufa en i 191 & mourut en izio laiffant de ce ma-
riage Jean, II, & Marie.