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Abrégé chronologique, pour servir à l'histoire de l'Église gallicane pendant la tenue de l'Assemblée nationale ([Reprod.]) / [par l'abbé Pierre-Jacques-Hippolyte Charlier]

De
80 pages
impr. de Crapart (Paris). 1791. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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RESË^
PfeRGAMON PRESS
-,H£idinglon Hill Hall,O>ff«rdOX30BW, UK
POUR SERVIR A L'HISTOIRE
DE L'ÉGLISE G ALLlCA^r
PENDANT LA
DE L'ASSEMBLÉE
À P A. R 1 S,
De l'Imprimerie de CRAPART, rue d'Enfer,
près la place Saint -Michel N«. iîî^.
A a
'AVERTISSEMENT.
L'ÀSSËMBÏ.KE Nationale a donné au Çlergu
de France uneT!onstitutiôn. On porte des ju*
gemens ,tdùl>â-fait opposées sur Ce. nouveau
tendent que la Constitution au Clergé ren-
ferme la plus pure substance de la doctrine
et de là discipline primitives') et qu'elle doit
faire, renaître parmi nons les siècles d'or du
Christianisme. Les autres soutiennent qu'eue
attaque les dogmes de l'Eglise, et sa disci-
plinè essentielle et -qu'elle ouvré une large
porte à l'hérésie et au schisme. Dans. ce con-
traste d'opinions quel parti prendra le sitn-
ple Fidèle le Catholique peu instruit? Sa.
décision peut être prompte et sûre. Le Souve-
̃ raiti Poàtjfe et les Evêques de' Fnancè ont
condamné la. Constitution du Clergé par des
Actes authentiques. Si l'autorité avôit be-
soin d'appui, elleen trouveroit dans les, écrit
qu'on a publiés sur cet objet. Le Pape, no*v
Prélats, et tous les Prêtres habiles de ce
Royaume, ont fouillé dans l`es trésors de l'E-
criture et de la Tradition. Ils eri dint tire des
faits et des raisônnemens, qui sont demeuré*-
sans réponse ils ont détruit les -principes
fondamentaux du régime Ecclésiastique qu'on
veut substituer au Gouvernement établi par.
Jésus-Christ même. Tout est dit pour un en-
tant de l'Eglise Galijc««e, s'il est docile à la
Mais malgré sa soumission ce Fidèle
peut affermit ;̃" sa foi par des considérations
étrangères au fonds de la doctrine: c'est ce
que nous appellerons des Préjugés légitimée
contre la Constitution du Clergé.
De quel côté se trouvent les Ecclésiasti-
jouissoierit précédemment
de l'estiment de la cOQ fiance publiques ? Est-
ce parmi les a,pprobateurs, ou parmi les adver-
saires \îe la Constitution du Clergé? Ont-ils
donô abjuré tout-à-coup la vertu, et la fidé-
lité aux devoirs du Sacerdoce? Sont-ils de-
venus en un instant les ennemis de la belle
qui brilloit dans Sion s'obscurcir
ainsi (i)?. V-
De quel côté se trouvent les Ecclésiasti-
qnes scandaleux pour qui les peuples'n'a-
voient précédemment que du mépris et de
parmi les adversaires, de là Constitution du
.Clergé La grâce en a-t-elle donc fait tout*-
à-coup des Saints, de dignes Ministres de là
nouvelle alliance ? Sont-ils devenus en uft
instant les amis de la sainte sévérité des rèf
gles Apostoliques ? Comment les jvaîesd'if-
gnominie qui prôfanoient le SajaCiUaire
ont-ils pu se changer en vases d'honneur?
De quel côté se trouve le grand nombre
des Ecclésiastiques? Est-ce parmi les appro
bateur,s, ou parmi les adversaires dej la. Cons-
A3
fitution du
la prestation du 's"ërinèri|; solemnél qu'oii à
exigé des Ministres de Religion, pour les'
forcer de maintenir le nouvel ordre Canoni-
que. Au fceste, si. Jâpiûsjjart "des Ecclésias-
droit-il alors dft
petit nombre attaque aVec blii? dé force la
̃ grand nombre ne là idefénu. Les passions son
pour le serment; la Conscience est' contre le
serment.' ̃/̃ ."̃-̃• ̃ .'•: V-.
'ii'Quélle;ré.fô.rrhc'saTBtairélessystêhie''Con$-
titutionnel à-t-il opéré? Ces Elections aux.;
quelles excepté ceux
qui èri ont le droit ôrit-êllès déjà comme
les Elections des; premiers siècles donné à
l'Eglise des Ignace» des Polycâfpës deS
dés Cypriêns, des Àthànases, des
^«guètins ? Grand Dieu Quels lecteurs et
quels. Elus nous a procuré la régénération
universelie de cet Empire
Nous laissons à d'autres le soin de traiter
à fonds ces Nous
nous bornousà un seul c'est la suite des opé-
rations de l'Assemblée Nationale, relatives
au Clergé de France. Les manœuvres qui ont
précédé accompagné et suivi les Décrets
Constitutionnels sur l'Eglise Gallicane, res-
semblent parfaitement aux manœuvres qui
tint précédé accompagné et suivi les gran-
des bérésies pu les schismes fameux» On croit

djArjus d'Eutichès }
geois de Viclef, de Luther
et de Calvin. On voit reparaître tout-à-la-
fois, et Us intrusions violentes de l'Arianis-
et la barbarie des' Tconoclast.es et l'hyper
crisie raffinée et la grossière
ignorance des Albigeois, et les déclamations
emportées' des Viclefistes set 1^. férocité des
Luthériens et des Calvinistes. Mais le détail
et le rapprochement des faits fdoivent être
siècles, futurs. Il s'agit feulement ici de four-
Chronologique, qui
doit les gïiid.er dans leur travail. Mous nom
prQ'posous cïc faire par ordre de dates l'c-i
nurnérx-itioji des qu'ils
auront a raconter •: nçus yoùjons préparer
les sommaires tles
rojjt pour la postérité. •:̃
A4
C H R O N 6 L O G I QXJ Ë j
POUR SERVIR A L'HISTOIRE
DE L'ÉGLISE GALLICANE
Pendant la tenue de l'Assemblée Nationale;
ANNÉE M. DCG. LXXXIX.
Mois de Janvier, Février, Mats et Avril»
Les Lettres de convocation aux Etats-
Généraux sont expédiées d'après le Rapport
fait au Conseil le 27 Décembre de tannée
.précédente, par Un Ministre ennemi de l'Au-
tel et du Trône.
La représentation du Tiers-Etat, déjà por-
tée au double de celle des de^x autres Or-
dres se trouvé triplée par la manière dont
les Assemblées electives du Clergé* sont com-
posées: On y appelle tous les Curés du
Royaume dès-tors le Clergé ne doit plus
être qu'une Division du Tiers^Etat} les Curés
doivent- y dominer.
<*),
Pourassurer le succès de cette combinai-
n/rison d'Assemblées électives du Clergé, on
t4che par de perfides manœuvres, 4 aliéner
les, Curés de leurs Evêqùes. On fait circule*
plu\ outré. On compose des lettres qui por*
tent faussement la signature générale des Cu-
rés CesleUtesexhorteiit lés Cu-
tés d'un autre Diocèse fort éloigné de celui
d'où eUes semblent partir à secouer la ty-
rannie du Corps Episcopal elles les avertis-
le tems est venu; où il faut se déli-
vrer du scandales de son'insolente apulence,
et distribuer ses dépouilles aux
ment utiles. Elles parviennent à leuf desti-
nation précisément quand les Bailliages sont'
assemblés. Elles sont lues, applaudies coin-
rnentées. Elles allument la haine du second
Ordre contre le premier 'elles excitent des
"préienllions de la cupidité et le fanatisme
de l'indépendance. Des émissaires ^droits iii-
l'aiTgmeulatiort des portions congrues dépend
auchj/ix que feront les Curés; et que leur
sort ne sera pas amélioré, si les Etêques do-
minent dans les Etats-Généraux.
Les caaseâ produisent leurs effets. Presque
par-tout i le^Evêques sont insultés; bafoueii:
ou on les exclut nommément de la Députatioxi j
ou on les admet comme par grâce, ce fu-
« BestèJjoimeW. Pans plusieurs Bailliages e
choix lora^ç sur des Curés qui sont l'o£Pr<»-
bre du Sanctuaire et .la balayure du Tena-.
(9)
pie. Cest ainsi qu'un Thibault, un Massieu,
un Marolles, un DUloh un Gouttes un
aux Etats-
Généraux, y jj>ouV y soutenir les droits dei'E-
flise Catholique » et préserver son autorité
des atteintes de la Puissance civile.
5 Mai. Le Roi fait solemnellement,
Versailles l'ouverture des EtatSTGénéraux.
6 2 3. Juin. Les trois Ordres
commencent à tenir leurs séances chacun a
part. Les (Cures forment plus des; deux tiers
de l'Ordre du Clergé le reste est Composé
d'Evêques^ des Chanoines, d'Abbés Commen.
dataires, et de' Réguliers.
Avant l'ouverture des Etats-Généraux il
existoit eh France trois sectes qui avoierit
juré une haine implacable à la Religion Ca-
tholique celle des Philosophes,, celle des
Protestaûs et celle des Jansénistes. Plu-
sieurs chefs de ces trois part is *dominbierit
donc aaturel qu'ils se réunissent pour opérer
la ruine dé leur ennemie commune.
Mais/avant de fixer un plan-pour la des»
truction de la Religion Catholiqne, il falloit
détruire l'ancienne Constitution du Royau-
me yîen confondant les trois Ordres. Il fal-
loit donc anéantir l'Ordre du Clergé-
On pouvoit compter sur l'appui de M.
Necker, élevé dans: le Protestantisme et
̃^ imbu depuis des principes Philosophiques»
Le Ministre Genevois qui avoit déjà pris
tant de précautions pour diviser l'Ordre du
t>°)
Clergé, se charge encore d'y attiser le feu
de la discorde •, et d^ehtretenir, par tous les
moyens de corruption qu'il peut employer,
le soulèvement des Curés contre le Corps
Episcopal.
On ne se borne pas aux'moyens de corrup-
tion. Pour accoutumer le peuple au mépris
de ravaler les Evêques. Quand on croit avoir
suffisamment excité l'aversion populaire, o
essaie d'accélérer par la violence l'oeuvre dé
l'impiété. Alors la cour des États-Généraux
se remplit de bandits qui outragent journel-
lement par des menaces et par des coups
les Députés Ecclésiastiques fidèles à leur
conscience.
23 Juin.: Séance du Roi aux Etats-Géné-
raux. Il y fait lire une Déclaration qui main-
tient la distinction des Ordres.
Juin. Beaucoup d'Ecclésiastiques, in-
fidèles à leurs mandats, par jures à leurs sèr-
mens, abandonnent la Chambre du Clergé
pour se rendre dans celle du Tiérs-Etât. On
les reçoit avec les démonstrations de la plus
sincère affection. Démonstrations pei Sdës
qui masquent la haine la plus intime I
Le même jour* lapidation de M. lV.rc%e-
vêque de Paris. On le choisit pour Ctre le
premier Martyr de la Religion ÇatbolicUe
dont il est le défenseur. On veut montrer
d'avance à quels attentats on osera se porter
dans la suite puisque déja on peut im-
punément faire attaquer ce vertueux Prélat,
.(,,Il
en <ïù Rot,
au milieu du peuple qu'il a tant td-ifié, et
pvar les.màins dçs 'malheurcujc'qu'il a' si sou-
27 Juin* Les, deux premiers Ordres àub-
jugués par1 la violence vont se précipiter et
se pewlre dans la JShambre du Tier§-Etat,
qui a déjà, Usurpé la qualification
bïée Nationale. ̃
Mois de Juillet. Dès le moment de la
confusion* des Ordres, le plan des ennemis
de la Çpi3! est irrévocablement fixé pour dé-
truire la Religion Catholique en France. On
auroit bien voulu l'anéantir d'un seul coup
mais-on a craint là résistance. du Peuple. On
.aime mieux l'attaquer sourdement et la
ruiner par dégrés en affectant le plus grand
respect pour elle et le plus vif désir de lui
rendre sa splendeur primitive. On se propose
i°.de dépouiller l'Église Gallicane pour l'as-
servir, en -assujettissant Oses Ministjres à re-
cevoir leur salaire des mains de leurs op-
presseurs^ 20..d'asservir l'église Gallicane
pour l'avilir» en forçant ses Ministres d'à-
cheter leur salaire par là soumission à des
Décrets qui attaquent les vérités Catholiques;
3o. d'&vilir l'Eglise Gallicane pour la détruira
en contraignant ses Ministres de tirer eux-
mêmes les, conséquences des faux principes
que la crainte de perdre leur salaire leur -aura
fait adopter.
On procède à l'exécution de ce plan (l'ir-
jéligi.yn, II s'egi$soit d'abord de dépouiller
l'église Gallicane. Or, elle possédoit deux
sortes de propriétés des biens-fonds et (tes
dixmes. Les biens-fonds étoient la dotation
que la piété, des Rois et des Fidèles avoit at-
tachée à l'Église j pour fournir aux frais du
culte ^"au soulagement des pauvres, et à l'en-
tretien des Ministresde la Religion. Les dix-
mes étoient. le dédommagement que* la Na-
tion assemblée à Worms sous le règne de
Charlemagne, avojt accordé àl'Eglise, pour
l'indemniser des biens-fonds queCharks-Mar-
tel lui avoit ravis. Un croit devoir commen-
cer par l'abolition des dixmes.
4 Août. Dans l'horreur .de cette nuifdé-
saslreuse, aii milieu .des transports de l'or-
gie la plus effrénée-, -une '.voix s'élève et pro-
pose de appar-
Ce raehat est
décrété sans discussion.'
8 Août. On fait la motion d'envahir tous
les biens-fonds appartenais à l'Eglise Galli-
cane) et de salarier ses ministres., en laissant
néanmoins aux Titulaires actuel* la totalité
de leurs revenus. Cette motion prêt ^ce est
repoussée.
10 Août. On propose de décréter la sup-
pression totale des dixmes, sans rachat. La
journée se puasse à discuter. La nuit suivante/
on fait arriver de Paris les motions du Palais-
Royal, qui demandent les têtes de onze Kvé-
ques et de seize Curés. On veut faire l'essai
Me .la méthode qu'on
O3)
dans la suite, de proscrire pour effrayer, et
d'effrayer pour contraindre.
il Août. La séance s'ouvre sous les aUs-
pices de la terreur les listes de proscription
circulent dans 1 Assemblée: Le Clergé, saisi
d'étonnemént et de frayeur, fait le sacrifice
des dixmes leur suppression totale., sansra-
çhat, est déerétée. Un Curé a cheveux blancs,
le remords et le désespoir peints sur la figure,
se lèVe et s'écrie « Quand vous nous adjû;
» riez, au nom du Dieu de pais; de nous réu-
i> nir âyous, c'étôit donc pour nous égor-
ger ?»" Un rire féroce,
gé est la seule réponse qu'on daigne
cette demande. •;
Dès cet instant beaucoup de Cures s ap-
perçoivent, qu'on.les a trompés déplorant,
mais trop tard, leur égarement involontaire,
ils se rallient aux Evêquès et aux autres Ecclé-
siastiques, qui ont eu Se garantir de la séduc-
tion. :̃̃
22 On propose de Décréter le libre
exercice de tous les cultes. Cette proposition
prématurée n'est pas admise.
29 Septembre. Un Décret invite les Cha-
pitres, les Paroisses, les Monastères, les Com-
munautés et lés Confrairies à envoyer aux
Hôtels des Monnpies une grande, partie de
leur argenterie. On veut diminuer la. ma-
• jesté du oulte et habituer le peuple à voir
employer à des usages profanes les objets
sur lesquels il étendoit son respect pour là/
Religion, Les plus nches ornemeas des Egli^-
(H)
ses sont prûmptemenfckacrifiés à -la spécieuse
raison de la nécessité, publique. Hélas Ceux
Sanctuaire serviront- a payer des horde» de
brigands, pour lesquels il n'y aura rien.de
sacré, sur la terre. Nos religieux ancêtres
quand ils déposoientlettrs offrandes att'ïnilieu
du temple -.ne, cfoyoient sûrement pas pré-
parer des ressources pour ceux qui dévoient
un jour établir l'abomination dans le lieu
saint.
.6 Octobre. XeRoi est fait prisonnier dans
son palais et mené en triomphe a Paris
par un peuple ivre de sang.
1 o Octobre. M. de Taleyrand-Périgprd
Evêque d'Autun, xenouvelle la motion d'en-
vahir tous' les biens-fonds de l'Eglise Galîi-
cane>et de salarier ses Ministres, sans lais-
spr aux Titulaires actuels la totalité de leurs
revenus. Cette motioii est fort applaudie on
en ordonne l'impression-. v
il ,Octobre: M. le Comte de Mirabeau
propose de consacrer le principe fondamen-,
tal de la motion renouvelléejpar M. l'Evêque
d'Autun, en décrétant 'que les biens-fo\nds
Nation.
t3 Octobre. La proposition faite la Veille
par M. le Comte de. Mirabeau est dis itée.
On soutient hautement que la pureté de la
Religion Catholique exige l'envahisserdent
général des propriété foncières du Clergé
(iS)
François; et que l'Egée Çâllicane reprén-.
dr4 toute sa splendeur dès qu'elle sera sa-
45 Octobre. On apprend au Clergé sié-
geant .dans l'Assemblée, comment on fera
mourir avec le glaire des Loix les Ecclé-
siastiques' fidèles à leur devoir, qui échap-
Mandement de M, l'Evêque de Tiréguier
Mandement publié d'après une lettre du Roi,
qui demande aux Evêques des prières publi-
ques pour lui et son Royaume Mandement
dont tout le crime est d'être vrai. Cette afi
faire est ajournée à la semaine suivante.
L'Assemblée cesse de tenir ses séances .à
Versailles pour les transférer à Paris.
Plusieurs Députés, attachés à la Religion
Catholique et menacés de perdre la vie,'
quittent leur terre natalë et vont chercher
dans une terre étrangère le libre exercice de
leur culte, et la sûreté de leurs jours. M.
l'Arcl-evêque de Paris est du nombre de ce*
illustres fugitifs.
Octobre. L'Assemblée tvégè pour fa
première fois à Paris, dans le palais Archié-
piscopal..
20 Octobre. On répand parmi le peuple
que tout est perdu, si le Clergé n'est pas dé.
Les motions, à ce
sujet, infestent le Parais-Royal la liste des
défenseurs de l'Eglise y- est affichée, avec
promesse de douze cents livres tout ci-
22 Octobre., On décrète que le Mande-
menf.de" 'M. l'Évêque de Tréguier sera remis
au Çbâtetët de Paria, pour y être jugé sans
appel. Dans la suite, les Magistrats de ce
Péntifede la vraie
d'accusation,
23 Octobre. On reprend là discussion de
la proposition faite par'M: le Comte de Mi-
rabeau relati v ement à la propriété des biens-
Fonds du Clergé.. «
3i Octobre. On veut emporter d'assaut le
Décret qui adjugerai la Nation la propriété
des biens-fonds Ecclésiastiques, Des six heures
du matin, le parvis de 'VEglise Cathédrale se
remplit de bandits soldés: les cours de | ï'Ar-
chevêche en sont inondées. 1!? n'ont pas en-
core, il est vrai leurs piques à Jamain; mais»
ils font les plus horribles menaces. M. le
Duc de la Rochefoucauld monte a la tribune:
il annonce que le Décret est attendu avec
une impatience qui peut devenir cruelle}- il
ajouteque ce Décret est néceis^ire ppuij ceux
même qûipouvpient jadis le çra.indrev Malgré
la vigueur de l'attaque, le Décret n'es|t pas
emporté*
Y Novembre. L'assemblée ne' tient point
de séapce. On déclare publiquement au Pa-
lais,-Royal que le lendemain il n'existera pas.
un. seul Ecclésiastique dans Paris, si l'usur-
pation totale des biens-fopds. du Clergé «'est
pas décrété^ V
B
<̃ 2 Novembre..La cohorte des bandits /ar-
més de leurs piques,» investit l'Archevêché.
A mesure que les réputés y. entrent, on les
assure que les Catolins (i) seront exterminais,
si l' Assemblée rie donne pas à la Mat ion tous
les biens-fonds du Cierge. On arrache enfin
'le Décret suivant.
«L'Assemblée' Nationale décrète que tous
<i sition de pourvoir
«, d'une manière "convenable aux frais du
« culte, à T*eritretien, de, ses Ministres et au
« soulagement des pauvres, sous là suryeil-
,« lance, et d'après les instructions despro-
̃« yinces
Phii à,e cent Députés ^effrayés par les me-
naces du Palais-Royal s'étoient cachés pour
paroftre à la séance.
Ainsi la spoliation de l'Église Gallicane
est décrétée dans la maison même du Pontife
idë là Capitale. On ira bientôt siéger au.
^Vlanège des TuileHes pour renverser la
Monarchie dans son propre Palais.
4 Novembre. Le Roi, captif dans Paris
envoie son acceptation du Décret qui con-
•.fisque. au profit de la Nation tous lesbiens-
fonds du Clergé.
il s'agit maintenant d'exécuter cet affreux
laisser passer plus d'un^àbls'aVànt de porter
-̃ ̃_ ̃ vl \S, f-- 't i V-I •̃ ̃ « p
( i8)
leurs mains impies sur le patrimoine de l'E-
glise Gallicane. Pour familiariser le peuple
avec un tel sacrilège Us entreprennent de
l'aguerrir à outrager \a Religion Catholique
et ses Ministres. Ce jour même, on donne
pour la première fois', sur le Théâtre Fràn-
Ëis, l'abominable Tragédie intitulée Charles
f. Cette pièce a pour but de faire rejaillir
sur la Religion Catholique l'horreur du mas-
sacre de la Saint Barthélemi. A la même
époque les quais et les carrefours de Paris
sont tapissés de caricatures infâmes, qui re-
présentent les Evêques étendus entre les bras
torale pour payer ces instrumens de débauche.
Dans les mêmes lieux on vend des brochures
grossières, où les Religieux sont figurés sous
emblème d'animaux revêtus d'un habit Mo-
nâstîque. i
Décembre. M. le Couteulx de Cante-
leu, ami de M. Necker, fait la motion de
mettre en vente pour quatre cents millions
de biens-fonds du Domaine et du Clergé > en
assurant aux Ecclésiastiques la possession du
reste de leurs propriétés foncières. La dis-
cussion de cette motion est renvoyée au leu-
demain. V
18 Décembre. M. Treilhard propose in'ci-
demment d'enlever en entier au Clergé la.^
biens-fonds; de se charger de toutes ses
jobîigations envers les pauvres; de le réd ire
il. un salaire, et de ainsi au.v
O9)
Ba
ioix de la' primitive Eglise. Cette proposi-
tion incidente n'est pas admise.
pour retarder t'exécution du vol national dont
on va flétrir la France observe qu'il a'éU
décrété, le* 2 Novembre précédent, qu'on ne
disposerait des biens-fonds Ecclésiastiques,
que d'après les instructions des Provinces.
Un rire amer est la réponse qu'on fait à cette
observation. On décrète qu'il sera mis en
fonds du Domaine et du Clergé, Cependant
les assignats qui doivent réaliser le produit
de la vente avant qu'elle soit consommée
né sont pas créés sur le pied de papier-mon-
noie on espère que, sans cette précaution,
les François s'empresseront de commencer
l'effroyable brigandage auquel on les invite.
2 1 JD/ce/hbre. On fait ta motion d'ad-
mettre au rang de citoyens actifs les. Non-
Cathohques, les Comédiens et les Bourreaux.
Le prix de cette motion est vivement senti;
parce que si dans la suite on accorde à tous
les citoyens actifs le droit d'éliré, les Evêques
et les Curés, elle doatfe l'espoir. de faire choi-
sir les Ministres de Jésus-Christ par. des Ido-
lâtres, des Juifs, des Mahométans, des Pro-
testans, des Comédiens et des Bourreaux.
On la décrète au bout de. trois jours.
(i) Agent-Général du. Clergé Pépnté Paris
< 30 )
ANN É E C,
4 Février- On se préparè à là spoliation
entière dû Clergé. Pour l'opérer, il tàut ex-
citer une grande effervescence dans les Pro-
vinces. En conséquence, on fait venir le Roi
à laséance. Il y prend l'engagement demain-
tenir et.- défendre, de tput son pouvoir la
Constitution- que l'Assemblée donne à la
principes de ce nouvel ordre de choses.
Apïès la sortie duRoi; on propose de décréter
que tous les Députés prêteront individuel-
ieraent Ji l'instant même, le serment civi-
que, selon cette formule: « Je jure d'être
« fidèle à la Nation, à la' Loi, et auRojj.et
de maintenir de tout mon pouvoir la Gons-
titution décrétée par rAssenJblée'Natio-
« nale et acceptée par le Roi ». Le Décret
en est porté. Aussi-tôt les membres présent
la séance montent successivement !a
tribune; et' prêtent le serment, suivant la
formule décrétée. Les membres absens îêont
notés ils ne seront .admis aux séances de
rA^ssemblée qu'après avoir prononci
même serment dans son sein.. Ainsi -ces Dé-
putés qui ne siègent à l'Assemblée gtfen
vertu d'un forment d'obéir aux Mandats i ioot
on les avoit chargés, et qui depuis ont an*
nulle ce serment par un Décret; ces marnes
Doutées prétest
.̃<̃ >
B3
serment de maintenir une- Constitafion qui
n'existe pas encore, et ciui commandera bien-
tôt i'bérésie et le schisme.
il' Février. M. Treilhâf d- fait la motion
de supprimer les Ordres Religieux, et d'a-
fcofir les, Voeux commencer,
à discuter cette motion et la discussion est
continuée les deux jours suivans.
i3 Février. Pendant la discussion de la
motion relative à l'état Religieux, M, f*Êt»ê-
qtiè de Na-ncy veut an^ëter le torréôt dç
blasphèmes que des Orateurs vomissent du
haut de la tribune. Il' demande que la ïfeli-
gjon Catholkjue Apostolique et ïloma]nè>
soit déclarée sans délai la Religion de l'État.
Aussi-tôt.tout ce que là fUreur de lvirréligion*
peut suggécer d'injures est mis en usage
pour écarter cette depaande. Elle est" écartée;
et le Décret suivant est enfin rendu.
̃" « L'Assembler Nationale comme
article que la Loi ne re-
«• coanoîtrh .plus les Voeu* Monastiques sû-
« lexnr.els' des personnes de l'un et de' l'autre
« sexe. En coa«équence, elle déclare cjoe --le*
« Qrdfes et Congfégations Régulières daa».
« Iesaueîs il. se fait de pareifs Vo^us, senjP
a et 'demeureront; supprimés en FrantCi san*
« qu'il paisse en établi cfë semblables â
« Taven-ir..
« Tous les individusde Tun *ef l&ufre sexe
« actuellement existans dans les d'offres
« pourront en. sortir, en faisant îeuc
«. ration à la if tinicipalît^ du
.("«̃̃>̃
« désigné des maisons où seront 'tenus 'de 'se
« retirer ceux qui ne voudront pas profiter
« du bénéfice du présent-Décret. Il sera fait
« uri traitement convenable aux uns et aux
autres.
« Les Religieuses ne pourront être forcées
« à se réunir en d'autres maisons que celles
« quelles ont ftit leurs Vœux.
« Déclare au surplus l'Assemblée Natîo-
,et nale excepter de la disposition du Décret
« les Maisons chargées de l'éducation publi-
« que, et les étâblisseniens de charité )vs-
« qu'à ce que l'Assemblée en ait délibéré
Février. Le motif du Décret concer-
nant Jes Religieux del'ua et de l'autre sexe,
est dé les faire sortir de leurs cloîtres, pour
s'emparer de leurs propriétés. Il faut donc se
hâter de les couvrir d'opprobre:; afin de les
faire égorger dans la suite, si,: contre' toute,
attente, la plus grande partie d'entr'eux se
refuse à l'apostasie. C'est à quoi l'on travaille
dès ce jour même. Vers six heures du Soir,
le Palais -Royal se remplit de prostituées
vêtues en Religieuses de tous les Ordres.
Elles se promènent avec des G ardes-N«itio-
na les attaquent les*passans et se permet-
tent, dans ce repaire de l'infamie, les airs et
les propos de la plus dégoûtante lubricité.
Elles disent à ceux qui les reconnaisse] ît et
s'étonnent de cè travestissement Nous a ris
reçu dix écus et l'habit pour jouer ette
farce. Ce jour est un Dirnanche: le Pet iple,
C23)
B4
qui s'est promené au Palais-Royale se retire
persuadé que l'effet du Décret porté la veille,
adéja été de 'débarrassée lès Maisons Reli-
fieuscs d'une foule de libertines, dignes sans
doute du dernier mépris.
Février. On fixé, par un Décret, la
pension des Religieux qui sortiront des cloî-
tres. ̃ ̃. ̃ ̃ ;r •̃ i.
16 Mars. On fixe, par un Décret, !a pen-.
sion des Religieux qui resteront dans les
cloîtres.
xo Avril. 1! est tems de consommer ta
spoliation de l'ÉgRse Oallicane. Le désir de
partager ses dépouilles enflamme cette classé
d'hommes qui environne constamment t'As-
semblée, les banquiers et ..les; agioteurs d.^
Paris. En outre, lés nouveau* Corps Admi-
nistratifs composés presqu'entièrement de ce
qu'il y a de plus corrompu dans le Royaume
demandent, au nom du peuple, que le Clergé
soit totalement dépouillé. La raison de leur
zèle est facile ,à deviner. L'administration,
des biens fondi Ecclésiastit/ es ravie au
Clergé doit être donnée aux Départeraens
l'aliénation de ces mêmes biens doit être con-
fiée aux Municipalités. Ainsi ori pourra voler
à son gré, et surN les revenus et sur les ventes.
Il est donc tems que les Représentans du
Peuple François le transforment en tin ]?eu-
pie de VOLEURS, et qu'ils abandonnent à sa.
féroce cupidité les biens-fonds consacrés au
culte de son Dieu, au .soulagement de ses.
pauvres, et à l'entretien des Ministres de
Religion.
On propose de décréter i\ que, des la
présente année, les biens-fonds Jjicclésia&ti-
seront administrés dans toute l'étendue
du Royaume» par les Assemblées de Dépar-
temens et de Disjricls, ou par leurs Direc-
toires*, 2°. que, dès la présente année, tout
Ife Clergé serâ stipendié en argent; que,
dans l'état de dépenses publiques de chaque
annie il sera porté une somme -suffisante
pour fournir aux frais du culte, au soulage-
ment des pauvres, aux pensioris du Clergé
actuel, et au salaire du Clergé futur On
commence à discuter cette proposition et la
discussion est continuée les jours suivans.
12 Avril. Dans le cours de la discussion,
une voix s'élève du côté où siègent les Députés
impies p'est le dernier cri de la conscience
d'un apostant (2). Il demande, que, par un
Pétrel ,1a Religion Catholique, Apostolique
et Romaine soit reconnue pour la Religion
de l'Etat. et son culte pour le seul culte pu-
blie autorisé par la Loi. Cette demande, qui
se'trouvait formellement énoncée dans tous
les cahiers des Bailliages, 'excite le plus vio-
(t) On entend par Clergé actuel les Eccléôiastiquei
«]<ii sont actuellement Titulaires de Bénéfices les Re-
ligieux de .l'un .et l'autre sexe, soit qu'ils sortent des
cintres, soit qu'ils y restent r et les Chanoinesses sé-
culières. On entend par Clergé futur les Ecclésiastique
qui entreront à l'avenir dans l'exercice des fonctions
publiques de la Religion.
(2) Dom Gerle Chartreux.
( 25 )
lent tumulte: on ose dire qu'elle est propre
a rennnvellér dans le Royaume les guerre»
de Religion. 9n en renvoyé fa discussion au
lendemain. "̃̃
i3 Avril. le matin, les environs de la
salle sont occupes par la phalange des bandits
soldes. Au signal convenu /ils doivent pousser
des cris de rage et ces cris seront la plus
solide réponse qu'on fera aux raisons des Ca*
tholiques. Après^avoir disposé cét appareil
de terreur, on met en délibération Iademande
rélative à la Religion de l'État. La crainte
du Peuple empêcboit l'Assemblée d'abjiu*er
ouvertement la Religion de nos pères le de-
sir de la détruire l'emp,êchoit de confirmer
par une Loi son droit exclusif à la publicité
du eufre.' Elle eroit pouvoir se tirer d'embar-
ras par le Décret suivant.
« L'Assemblée Nationale considérant
» <|urelle n'a et ne peut avoir aucun pouVoi?
i> à exercer sur les consciences et les opi-
t> nions religieuses que la majesté de la Re-
» ligion, et le respect profond qui lui est dît,
» ne permettent. point qu'elle devienne le
», sujet d'une délibération considérant que
» l'attachement de l'Assemblée Nationale au
culte Catholique, Apostolique et Romain',
« ne sauroit être mis en doute au moment
$ même où ce culte va être placé au wng des
j> premières dettes de l'Etat, et où, ^pârun
» mouvement unanime de respect, elle à ex-
»primé ses s^ntimen» de la manière la plus
convenable à la dignité de la ReLgion et au
(26)
» caractère" <te l'Assemblée: décrète qu'elle
» ne peut ni ne doit délibérer sur la motion
Y proposée, et qu'elle va reprendre l'ordre
» du jour sur la matière des biens Ecclésias-
tiques. »
Ainsi la Religion est traitée comme son
divin' Auteur. Des soldats payens rendoiént
un hommage dérisoire à la Royauté de Jé-
sus-Christ et prodiguoient les insultes à ce
Roi immortel des siècles les impies de l'As-
semblée font une profession, simulée de res-
pect pour la Religion Catholique, et mé-
connoissent les droite dont elle est en posses-
sion depuis si long-tems.
Avril. On décrète la proposition faite
le 10 de' ce mois relativement à l'adminis-
t ration des biens-fonds de l'Eglise Çialli-
cane/au frais de son culte, au soulagement
de ses pauvres et à l'entretien de son
-Clergé. :'̃.̃'
:;i6 Avril. Oxx décrète i°. Que la Nation
regardera comme créanciers de l'Etat tous
tracte avec le Clergé 2°. Que l$s biens-fonds
ICceiésiastiques qui seront vendus en vertu
du Décret Ju 19 Décembre précédent, sont
afïranchis de toute hypothèque de la, ette
légale du, Clergé 3°. Que lès assignats au-
ront cours dejnonnoie entre toutes per on-
nes dans l'étendue du Royaume.
Voilà donc la preuve d'un sacrilège deve-
nûe monnoie en France; et chaque citoyen
forcé de recevoir en paiement le honteux
témoignage d'un crime.national.
19 Avril* Les Députés' Catholiques s'as-
semblent en particulier pour rédiger et si-
grfer une Déclaration sur le lDécret rendu le
13 Avril précédent, concernant laReligion.
Afin de mettre en évidence l'infamie de leurs
̃adversaires, ils se contentent de rapporter les
faits, sans y ajouter une se'uïe réflexion.
20 Avril. On porte ce Décret « L'Ordre
» de Malthe, lea Fabriquez, les Hôpitaux',
•» les Maisons et EtabUssèmens de charité
les Colleges, les Maisons d'institution et
» de retraite, administrées par des Ecclésias-
» tiques ou des Corps séculiers, ainsi nue les
» Maisons Religieuses occupées à Féduca-
» 1 ion publiques et au soulagement dés tua-
lades, continueront comme par le passé,
» et jusqu'à ce qu'il en ait été autrement
v oi'donné pAT le Corps Législatif .d'admi-
» nistrer leurs biens: et de percevoir, durant
la présente année seulement, les dixmes
» y a lieu à l'indemnité qtiepourrôit pré-
» tendre l'Ordre de Malthë et à subvenir
» aux besoins que lès autres Etablissement
» éprouveroient par' la privation des dix-
» mes. » • •'̃ .̃ ,̃,• .M'
On fixera bientôt, par des Décrets > la
pension du Clergé actuel eb le salaire du'
• Clergé futnr. Mais en attendant cette fixa-
,-lion on ne sauroit trop se hâter de parta-
décrétera que tous les biens-fonds Ecclésias-
tiques, excepté les forêts, seront aliénés. On
pressera les Municipalités d'en acheter^pour
les revendre on cherchera des, acquéreurs
jusque parmi les banqueroutiers. Si l'opinion
publique repousse encore ce forfait inoui
on fera de nouvelles créations d'assignats, et
on en inondera les Provinces pour que le$
citoyens, épouvantés sur l'avenir s'empres-
gent d'échanger ce dangereux ^papier contre
les propriétés foncières du Cierge. On frus-
trena^es dernières volontés des testateurs, en
décrétant qu'il sera statué pat le Corps Légis-
latif sur la conservation ou le remplacement
de leurs pileuses fondations. On dévastera les
bibliothèques des Chapitres et des Monastè-
res avec la barbarie des Goths ou des Van-
dalfesv on pillera les Sacristies ,des, Egli:es
supprimées, avec l'avidité d'Hé!iodore, ou
csera même envahir les biens-fonds des Hô-
pitâux, Maisons de charité, et autres Eta-
blissemens d'utilité publique.
Ainsi sera consommée la spoliation de 1 F-
glise Gallicane c'est la première partie du
plan d'irréligion ibrmé par les dominateurs
de l'Assemblée. • i
Mais on n'attend pas' qne tous les détails
de cette première partie soient pleine ent
exécutés, pour entreprendre rexécurioà de
Va seconde on est impatient d'avilir l'E lise
Gallicane. Or il seroit dangereux d'attaquer
dirpctemenf. les dogmes dd' la foi le peuple
appercevroit à ÏÏmiant l'œuvfè des impies.
Jl faut <J|pc attaquer le gouvernement spi-
rituel de l'Eglise Catholique ) c'est-à-dire,
lui ôter «cette autorité spirituelle qu'elle a re-
çue de Dieu /pour maintenir l'unité de la
Foi. Ce moyen, qui voile le but rtiquei on
tend, offre encore l'avantage de flatter le
peuple, .en lui donnant la nomination de
ses Pasteurs et si l' Assemblée l'emploie
elle continuera de rendre ses attentats uliles
à la Nation, pour y trouver des complices.
Suivons la marche des ennemis delà Re:i-
2o Maiju^u'dU i3 Juillet. On propose,
pn discute, et on décrète la Constitution du
.Clergé. j1
Les Auteurs de cette Constitution ont il,
à propos de l'appeller Civile: et cependant on
,ne peut s'empêcher d'y reconnoître une Lé-
gislation sur des objets spirituels. En effet,
elle supprirhe des Eyêche's, en établit de nou-
veaux, ,'elle ou rétrécit le territoire, de
Métropoles en créé uuenouvellc augmente
ou dkninue le ressort de celles qu'elle 4oa-
serve- Elle réserve au Corps Législatif I».
faculté de statuer sur ^la suppression ij'é*-
rection est l'union des Cures. Elle détruit
joug les Chapitres, Donc elle ôte-, accorde,
étend ou restreint la Jurisdiction spirji-
tuélle. Eja outre, cette Constitution est
fondée sur des principes hérétiques. Car
elle réduit la primauté du Pape à 1'lion.
neur de recevoir d'un nouvel Ev#quo «oe
(3o)
lettré d'avis, par laquelle il lui fait part de
sa nomination ehe borne la supériorité des
'Evêques.sur les Prêtres au droit de présider
.dans le Conseil des Vicaires Episcopaux, et
fl'y recueillir les voix. Donc elle anéantit la
Hiérarchie Ecclésiastique établie par l'Au-
torité divine. Elle n'oblige ,pâs les Curés à
choisir leurs Vicaires pârmi les Prêtres ap-
prouvés par l'Evêque. Donc elle confond le
pouvoir de Jurisdiction, avec le pouvoir
d'Ordre. Enfin cette Constitution rien-
depuis plusieurs siècles en fâirant élire le*
Evêques et les Curés pari des Assemblées
cüufuses, où peuvç^ se trouver de vils his-
I rions,' et des sectaire» de tout genre.
Dés que cette monstrueuse production du
Comité Ecclésiastique est présentée à l'As-
M. l'Archevêque d'Aix établit la distinction
de^deux Puissances, et démoritre i'incçmpé-
tence du' Corps Législatif par rapport aux
objets qu'on prétend soumettre a sa décision.
Il demande que le Roi et l'Assemblée per-
mettent la convocatfcn d'un Concile fïaïio-
des Evêques que, si sa demjmde n'ait pas
admise ils ne participeront poïrit à fa ctéli>-
béràtion. On méprise une si juste réclama-
tion le.projet Constitutionnel est érigé en
Loi. La majorité, ignorante 'et fanatique
suit aveuglément les avis de ses Canon istes,
et les décisions de ses Théologicas. Ses prin-
(3i y
cipaux Cânonistés sont MM. Martinean
Treîlbàrd et Lànjuinais. Ses Théologiens par
excellence sont M* le Comte -de Mirabeau
Député Philosophe M. Barhave, Député
Protestant f et M. Camus Député Jansé-
niste. Ce ui-êi', après avoir tant de .fois dé-
fendu les forines Canoniques et lès intérêts
Novembre dernier une conscience et une
Théologie nouvelles. Elle, est en .effet bien
nouvelle, et bien étonnante, la Théologie de
rhomraé*qui ose dire publiquement (i) Nous
ayons assurément le ppuvoir de changer'
Ici, seroit-ïl plus nattirçî
de Crt>)re qu,e cet ancien Avocat du Clergé
dé% quHl fi vu se^ bienfaiteurs réduits à l'im-
^)ùissance de le pensionner, a jetté le mas-
que d'hypocrisie. dont il^'étoit toujours cou-
;vert.
Dans le cours de la discussion, M s j'E-
vçque de LyddaV,Snffragant de Basle, \qui
tfêpuis. niais alors if étoit Catholique^
soutient avec force les droits de il' Autorité
Ecclésiastique et insiste sur la nécessité de
tenir un Concile National.
Tandis que l'Assemblée travaille à recons-,
truire l'Eglise Gallicane sur de nouveaux
fondemens -les Prote$tans du .La-nguedoç
triomphent avec une insolente audace, des
conps qu'on porte à la .Religion qu'ils àbhor-
̃ (i) Dans la séance du prejnier Juinf