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Abrégé élémentaire des principes de l'économie politique ([Reprod.]) / [G. Garnier]

De
260 pages
chez H. Agasse (Paris). 1796. Économie politique -- France -- Ouvrages avant 1800. 3 microfiches ; 105*148 mm.
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ABRÉGÉ ÉLÉMENTAIRE
DES PRINCIPES
UfiCONOMIE PO LIT IQ U E.
Libiair© rue des
y«n 4« de la République.
̃m y
AVERTISSEMENT.
Cet Abrégé n'était pas defliné si
paraître (éul II faifàit partie d'un
ouvrage -de plufieun volumes dont
la publication Ce trouve retardée par
différentes ci r confiances. J'ai tente
que dans un moment où l'on paraît
tanin fonger à cette Aette facrêe dont
chaque génération en chargée envers
celle qui fe prépare à lui fuccéder
où l'on offre journellement à la jeu»
neffe des livres élémentaire» fur toutes
les fciences qui doivent entrer dans
fon éducation, des Il'ment d économie
politique ne feraientpas Uns utilité.
Cette fdenoe û importante pour
le bonheur des nations, fi indifpen-
fable pour ceux que la conftitution
de leur pays appelle à la direction
des affaires publiques,.fi utile à tous
les autres pour Tadminiftration de
leur fortune particulière cette feience
fi abftraite et fi généralement mé-
connue, dans l'étude de laquelle le»
plus grands philofophes (i) dont-pu
fe défendre de quelques erreurs, cft
peut-être de toutes les feiencet
celle où le befoin d'un ouvrage de
ce genre fe fait te plus fentir,
Nous pondons une foule d'ex»
cellens traités particuliers fur les
différente! matières de l'économie
politique; mais un livre qui raffembl©
ions les principes de cette fcience 4
qui enchaîne toutes les vérités dont
elle fe compose en les «0n)ectifl«nt
un ordre méthodique pour n'en
(r) fcc?

a d
former qu'un feul corps de doctrine,
en un livre qui nous manque abfo-
lument et c'eft peut-être à cette
caufe qu'il faut s'en prendre fi cette
fcience a fait 9 jufqu'à ce moment,
auJTi peu de progrès parmi nous. Je
n'ai certainement pas h* prt-tentioii
d'avoir entrepris une auflî grande
tâche encore moins d'avoir pu la
remplir dans une brochure de a à
300 pages, mais j'ai voulu l'indiquer.
L'ouvrage le plus parfait et le plus
complet qui exiHe fur l'économie
polïtique celui de Smith fur la
Nature es les Caufes d& la rkheffk
des naÛQus ( ouvrage que nous ne
poffédons pas encore dans notre tan-
gue ) manque d'ordre et de mé-
thode ;-et par cette raifon il n'en
pas propre à diriger des commen-
çons malgré l'étendue et la netteté
̃1i
fes fauteur tyacê,
ce qu'il femble un ph.n trop cir-
confcrit Four la vafte carrière qu'il
avait à parcourir; auiîï fon -génie
qui n'a ru fe contenir dans ces bornes
étroites, a fait à chaque pas, des
cxcurfions et s'til îaiii chemin fai-
fant de tous les objets qui fe font
offerts à lui. Trop foigneux peut-
être d'éviter dans fa doctrine, toute
ïefiembîance avec celle des écono-
mifleWrinçais irs'cll propofé de
déduire raccroiffement de la richeffe
des nations de deux caufes feulement,
qui font, i°J. le perfectionnement'
des facultés du travail; .l'accumula..
tion des capitaux; et il a voulu affeoif
le plan de tout 1"ouvrage fur cette
divifion dont les deux branches
forment le titre de fes deux premiers
livres. Mais dès le début il s'efl
vu entraîner par la fécondité de, fon
vij
a tia
ftijet hors des limites qu'il s'était.
tracées et prefque tout fon premier
livre traite des échanges des mon*
naies9 du prix des cAofis des parties
tonftk-aantes de ce prix 9 de fis mirix.-<
ttons réelles ou apparentes &c. tout..
matières qui peuvent être 9 jufqu'à
un certain point, regardées comme
des conféquences du perfectionne-
ment du travail mais qui ne font
pas liées à cette caufe d'une maniere
affez évidente et aflfez immédiate,
pour en,, .être déduites comme d'un
principe.
La' plupart des morceaux intéref*-
fans de fon, ouvrage s'y trouvent jetés,
comme au hasard et placés fous des
titres qui Semblent leur être tout-à-
fait étrangers. Une digreffiôn/tâjfo-
rique fur les variations qu'a fubies la
valeur de for et de l'argent, pendais
INI)
îe cours
cil contenue dans un chapitre fur le
revenu de la propriété foncière. Une
autre, fur les banques de dépôt coupe
le cours d'une difeuffion fur ce qu'on
nomme la balance du
diflèrtation fur l'utilité d'un droit mo-
déré de feigneuriage fur les mon-
mies eft amenée par l'examen du
traite de commerce entre le Portugal
et l'Angleterre. Enfin, c'eft au cha-
pitre des gratifications -qu'il faut aller
chercher fes principes de la légiflation
du commerce des grains. Rien n'eft
fan. doute plus lumineux ni plus
inftrucfif que cet juîie-
ment célèbre mais ceux qui com-
mencent l'étude de économie poîk
tique courent le rifque de ne recueillir
ci. cette lecture que des idées con-
fufes et embarraffées, fi une main
t4u« Bercé' ne leur aide à raflern-.
ix
blet les vérités que l'auteur a dif-
perféesfur fa route à les ordonner
et -à les rattacher les unes aux autres
fuivant les régies de ranalyfe.
On ne fera donc pas furpris que
j'aie fuivi un tout autre plan que
celui de Smith mais peut-être me
pardonnera-t-on moins facilement de
m'être écarté, fur pluneurs points
Importans de la doctrine de cet
auteur et d'avoir contredit quelques-
uns de Ces principes fondamentaux.
Ma jeftifîcation à cet égard exi-
gerait des difcuffions que la forme
de cet ne faurait comporter.
On voit que je n'ai prefque fait autre
chofe que de mettre y à la fuite les
uns des autres, une férie de texte»
dont chacun demanderait d'être dé"
veloppé avec beaucoup d'étendue.
Toute autre forme muâmxét plu»
fieurs volumes 3 encore f de quelque
manière qu'un pareil ouvrage'
traité, je ne fais s'il pourrait jamais
fuppléçry dans cette • feience, à la.
nécelTîté de renseignement verbal qui
a l'avantage de fuivre pas-à-pas le*
progrès du difiçiple, de fe régler for
fa marche et de tâter; l'une aptes
)"autre, les foutes de fon infcelli*
gence.
Outre les difficultés communes à
toutes les fdences abûraites, Fétudè
de l'économie politique offre encore
des écueil, qui lui font particulier».
\m matière» que cette feience ©nft«
braffe font familières à tout le monde
il n'y a perfonne qui ne Ïen foie
occupé plus ou moins; elles tou-
chent de toutes parts à notre fortuiie,
e'efî-à-dire à l'objet qui appelle le
plus univedellement l'attention des
'iommes et excite le plus constamment
leur intérêt elles fe préfentent à nous
dans tous les inilans et tiennent aux
affaires lès plus communes deçfat vie.
Ainfi dans cette Science y chaque
membre de la fociété eft observa-
teur et dès le moment où il com-
mence à avoir avec Ces fembiablea
des relations intéreffées il adopte,
fans s'en douter une théorie quel-
conque, qu'une pratique de tous les
momens ne fait que fortifier de plut
en plus dans fon efpric.
Maïs cette théorie qui efl lr ré»
fultat de Fobfervation et des calculs,
de l'intérêt privé eft nécefîairement
f on rapplique à l'intérêt gê-
nérai. C'eft furtout ici qu'il faut fe
défendre avec foin de ce mode de
taifonner qui efl là ordinaire et qui
eompofe toute la logique de la muU
SI}
par l'analogie. L'économie politique
eft à cet égard fi fofe le dire,
comme l'agronomie) où les obfer-
valions les plus julles 9 les calculs
les plus exacts ne donneraient que
des réfultats trompeurs,
vateur rapportait fes obfervations et
Ces calculs à fa pofition particulière j
au lieu de fe placer
tion, au centre commun de tout te
fyftême. Les principes qui peuvent
fervir de guide pour Tadminiflration
d'une fortiane privée et ceux fur
lefquels doit fe diriger la fortune pu-»
blique non feulement diffèrent en-
tr'cux mais fe trouvent fouvent di-
rectement contraires. Ainfî par
exemple dans les coffres d'un parti-
culier le numéraire efl une vraie
zicheife une partie intégrante des
Mens qu'il poffede et qu'il peut con
facrer à fes jouiflànces mais fous
le rapport de l'économie publique,
ce numéraire n'efl autre chofe qu'un
inlîrument d'échange totalement
diltinct des richefles qu'il fert à faire
circuler. La fortune d'un individu
Ce groflk par l'épargne la fortune
publique, au contraire reçoit fon
accroiffement de l'augmentation des
consommations,
Cependant tout naturellement et
à moins d'une étude particulière le*
perfonnes appelées à radminiftration
des affaires nationales feront portées
à appliquer à l'exercice de leur fonc*
tion publique des règles de con*
duite dont elles fe font bien trou-
vées jusqu'alors dans leurs affaires
privées et qui portent d'ailleurs
»yeç elles un caractère d'évidence il
Siv
frappant, qu'on ne croit pas devoir
prendre la, peine de les' foumettre à
un nouvel examen.
Quand on réfléchit à .cette grande
influence que les notions populaire*
exeretnt fur Tadminiflraiion de la
îichefie des Etats à ces préjugés fi
opiniâtres qui relent enracinés daim
cette partie du gouvernement i
cette aÛurance imperturbable avec
laquelle tant d'hommes ublics, dans
tous les pays «, prônent encore de
vieilles erreurs prufci ites depu:s long.
Items par la f hiiofoj. h:ie à cette con-
fiance intrépide avec laquelle ils en»
traînent la fortune>nationale dans de*
précipices déjà fameux par piufieurs
ottaârophes 9 on fe convainc de j It»
en plus de la néceflîté indiffenfa"
ble pour tous les peuples qui jouif.
xr
faire de Téonomie politique une par*
tie eflèntielle de l'éducation de la jeu-
neffe.
J'ai dclîlné grofliérement la char-
pente d'utr édifice qui eâ encore s
conftruîre malgré la richeflè et l'a-
bondance des matériaux que nou«
pondons; f je pouvais infpirer à
quelque main plus habile le defl'ein
de les difpofer et de les mettre en
place, j'aurais réuûl au-delà de met
efpérances.
ABREGE
A
A B R É G
DES
PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES
DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE.
INTRODUCTION.
̃ JLê'éconqmie politique clans
le feas le plus étendu de ce mot, efl
une fcience qui a pour objet de çonG-
dërer les lois de l'organifation des fo
humaines -et de rechercher le$
moyen. qui peuvent rendre ces foçié-
tés heureufes et puilTantes*
Pour qu'une ifociété parvienne M
:ie0fé de bonheur et de puiffance dont
̃fi© eA fufcéptibk il faut
l«. Que le pouvoir y foit fàeement
:â2lrib^é.
(2>
a*. Que l'abondance des
plus nombreuse
(relativement à la nature et à l'éten-
due au territoire ) y fubfîfb avec
jùiànce»
Les lois relatives à la formation et
et celles rela-
tivea à la formation et diftribution
dei divifent l'écononâe
politique en deux brancher»
La première fe nomme Cmplement
)wUtiqui
La féconde eft partkuliêïemenit
défignèe' fous le nom
politique*
C'eft feulement de cette féconde
branche de politique que
nous nous pTppoî0119 de nous occu-
per. Tout ce que nous av<™s il dire
fur Sa fociàé
A
où règne une fage diflnbutïora du
pouvoir itant celle qui jouit de plus
de liberté, celle où toutes les facultés
phyfiques et intellectuelles font plus
à portée de s'étendre et de fe déve-
lopper où les droits de chacun font
plus refpectés et mieux protégés 9
cette fociété fera nécelairemenf par-
là dans la iïtuation la plus favorable
au progrès de fort îndullrie et à
Faccmiffemem de fes rkhejfes.
Le premier objet à confidérer dans
f économie politique; ce font les lois
ou principes d'après lefquels les
richeifes fe forment dans une fociété
en général, et fe diftribuent entre
les différens membres qui la corn*
pofent.
Le fécond, ce font les lignes
d'après lefquels on peut juger de
l'étendue de la richeffe nationale, de
ion progrès ou de fon déclin.
des deux
examiner queUe peut être l'action
du gouvernement fur la richefle natio-
nale et quel fyflême d'économie
politique il lui convient d'adopter.
Ces trois objets divifent cet abrégé
en trois parties.
A 3
De la formation des
et de leur diflributïon.
CHAPITRE PREMIER.
De ce qu'on dç/tgne fous nom de
A outes les chofes matérielles dont
l'homme peut faire ufage pour fais-
faire un befoin ou une jouiifance
de fenfualité de famaifîe ou de
vanité, font comprifes fous le nom
de rkhtffes.
La lifte immenfe des êtres que
l'homme a appropriés à fes besoins
ou à Ces goûts efi fans bornes, et
on peut y ajouter tous fes jours.
Ainfi, 9 par exemple au moment où
(tf)
on a découvert dans le tabac la pro-
priété de procurer une fenfation
cette plante inutile jufqu'alors a
paffé dans la claffe des rkhejjls.
L'homme ne peut faire ufage de
ces chofes qu'en détruifartt ou en
uUnt en elles la propriété qui en
a fait des richeflès. C'eA ce qu'on
nomme conjbmmation,
Ainfi les richenes k déBgnent aufli
fous le nom de ,!lofts confommabks»
Il y a des cbpfes qui fervent ioimé*
diatement aux befoins et aux jouir.
fances de la vie; d'autres qui n'y
fervent que d'une manière médiate
et indirecte, en facilitant feulement
les moyens de fe procurer les pre-
mières. Tels font les inUrutnens de
métier ou de commerce 9 tant morts
que vivons c'eft-à-dire les outils
mi machines, l'argent de la circu-
(7)
A4
lation les chevaux de labour et de
charroi, &c. Quoique ces dernières
ne foient pas moins Sujettes que les
autres à s'ufer et à fe détruire,
cependant comme eUes ne font pas
directement applicables à nos befoios
ou à nos jouiflances ce font les pre-
mieres feulement qu'on ¿¡flingue par
le nom de chofis
Le nom générique de rkheffes s'ap-
^plique néanmoins aux unes et aux
autres quand il eft pris dans fon
acception la plus étendue.
Il y a des ehofes cerfommobtes qui
font détruites à l'inûant même ou
elles font mHes en ufage; telles font
toutes celles qui fervent à la nourri-
ture d'autres dont la confonima-
tion ,-plus ou moins lente telles
font celles employées pout le vête-
ment, la parure le logement et
plufîeurs autres commodités de la
vie. Un habit
quelques années une maifon dure
quelquefois plus d'un tîécle de la
vaiflelle d'or et d'argent, des diamans
font encore d'une confomination plus
lente.
(V)
C HA PI T R E IL
De 1 Origine des Riche/fis.
i, /« de toutes les
c'eA la terre en. comprenant fous
ce nom les eaux qui la couvrent.
Tout ce qui fert à nourrir l'homme
ou les animaux dont il fe nourrit
tout ce qu'il emploie à fe vêtir 9 fe
parer 9 fe loger et gënéralement tout
Ce qu'il fait fervir directement ou
indirectement à fes befoins et à feu
joinifiànces eÛ recueilli a la furface
ou puifé dans les entrailles de la terre.
On doit donc la confidérer comme
la fource, primitive et inépuifable de
tout ce qui eu fufceptible d'être
approprié à la confommation. On
jpéu^ auiïi la confidérer comme le
prètoier e| le plus puiflànt de tous
les iïiilrumens de travail. Ces.diverfe»
io)
manières d'envifager les propriétés
de la terre ont donné naiffancc
à des Syûêmes différens, qui néan-
moins conduifent en définitifau Hiêm©*
résultat.
Le moyen par lequel l'homme puife
a cette fource pour fournir à fe#
confommations c'eâ le travail.
Ainfi deux circonâances première»
conflituent le degré de richefle d*wn«
nation.
i°. L'abondance de la fource f c'eft-
à- dire, l'étendue et la fertilité natu-
geifte du territoire.
20. Lapuiffance du maym9 c'eil-à*
éim9h$uan$hénhquaUiéduttàmil
La première de ces deux circonf*
tances eft au-deffus du pouvoir de
l'homme. La féconde dépend prefque
entièrement de l'activité et de i'Jbatei*
ligence de ceux qui compofent 11
nation,
(u)
Ç H A PITRE III.
De la Terre,
ON peut divifer la terre en terre
reproductive et en terre non
ductive.
La terre reproductive eft celle qui
l'aide 'du tems, et le plus fouvent
annuellement peut reproduire ce
qu'on en a féparé. Telle eft là terre
qui fournit la nourriture à l'homme
et aux animaux utiles à l'homme.
La terre non repmJmtive e& celle
que ne reproduit pas, au moins d'une
panière qui Toit feiifible pour nous,
ce qu'on en a retire. Telle eu celle
qui donne les carrières et les mines*
La terre reproductive, cultivée ?
ou non cultivée fournit aux be-
foins des hommes. La terre non
C 12)
reproductive n'eft d'aucune utilité
lî die iiVil exploitée.
La culture a deux effets fur la
terre reproductive; iu. celui de
fubflituer des végétaux utiles à la
place de ceux que la nature produit
indifféremment a°. celui d'ajouter
à la fécondité naturelle de la une»
ARTICLE PHEMïll.
Des Propriétaires de la terre*
Les, hommes qui habitent nm
une ou bien la poffedent tous en
commun ou reconnaiflent ptrml eux
des propriétaire qui la pondent pfir
portions dillincte».
Dans le premier cas, la terre relfo
inculte et. les homme» ne jowiffent
que de ce qu'elle produit fpontané^
ment. S'il eiiHe quelque coin de la
(
terre où les habitans cultivent en
commun, pour fe partager les fruits
c'eft un régime contraire aux incli-
nations naturelles de l'homme 5 et qui
ne peut fe maintenir qu'à la faveur
de circonftances extraordinaires.
Les peuples chez; lefquels on ne
reconnaît pas de propriété foncière 9
vivent du produit de la chaffe ou de
la pêche, et font délignés fous le nom
de peuples chajjeun ou bien ils
vivent de la chair et du lait de troue
peaux qu'ils conduifent avec eux et
font défignés fous le nom de peuples
La plupart des fauvages de
fÂmérique font des peuples ckafi
feurs. Les Tartares et les Arabes font
les principaux peuples paftturs,
Ces deux états font confédérés
comme les premiers dégrés- pour
arriver à la ùvilifathm vers laquelle
paraît tendre naturellement l'efpece
humaine. Ce fonç
Tartares et des Arabes qui gou-
vernent aujourd'hui la plupart des
empires de f Europe, de î'Àfie et
de l'Afrique que leurs pères pa£-
teurs ont conquis fur les detcendans
des Romains, qui eux-mêmes avaient
commencé par la vie paflorale. La
culture et la civilifation reculent de
plus en plus leurs limites fur le Globe,
et reflèrrent journellement le nombre
des peuples chaOèurs et des peuples
paâcurs.
Dans les fodétés civilifées la
terre efl partagée en propriétés par.
ticulierss.
Quelle qu'ait pu être la caufe ori-
ginaire de ce partage il eft indif-
penfablement néceffaire pour Texif»
tence de ces fociétés qu'il foi*
maintenu car fans la certitude de
recueillir paifiblement les fruits de
la culture perfonne ne prendrait la
peine de cultiver la terre.
Dans quelque état que fuît la fo-
ciété, il n'y a que les perfonnes qui
recueillent les richeffes en première
main qui foient naturellement indé-
pendantes toutes les autres dé-
pendent de celles-là pour leur fub-
fiflance.
Chez les peuples ck&ffmrs tout
ebaffeur eu libre et indépendant;, fa
ncheffe confît dans le nombre
d'animaux qu'il tue il y trouve fa
nourriture et fon vêtement le chaf-
feur le plus fort et le plus adroit eft
le plus riche.
Chez les peuples paftiurs ceux
qui ne pofledent pas de troupeaux
( Itf)
font dans la dépendance abfoiue de
ceux qui en poffedent.
Chez les peuples agriculteurs et
toute la nation eft auflt
dans la dépendance des propriétaire.
pour fa fubiiftance j mais cette dé»
pendance eft à peine fenfible à
caufe i° de la force des inftitutioiîs
publiques qui affiajetir le droit de
propriété 2°.. de la multitude de
bénins artificiels qui fubjuguem les
propriétaires; -s 30. enfin, de la com-
plication de(rapports réciproques qui
lient les individu les uns auxautre8.
Il n'en eft pas moins vrai que les
propriétaires y font, comme ailleurs
les feuls diftributeurs des richelîès
et que c'eft de leur main que tous
les autres habitans et même te»
premières perfonnes de l'Etat re-~
çoivein leur fublîftance.
Si
B
S i le propriétaire ne cultive pas
lui-même fa terre, il faut, ou qu'il
force des efclaves à la cultiver pout
lui, ou qu'il obtienne par accom-
modement le travail des hommes
libres dans l'un comme dans l'autre
cas, il faut qu'il nourriflè et entre-
tienne ces ouvriers 3 le fur pi us des
fruits de la terre eft à fa libre difpo-
fîtiôn.
S'il ne fait pas préparer ces fruits
pour fa consommation ou fon ufage
par la propre famille fi fa commo-
dité, fa tranquillité exigent un travail
quelconque qu'il ne veut ou ne peut
faire lui-même il faut également
qu'il nourriffe et entretienne avec
une portion de ces mêmes fruits,
les personnes qui lui rendent tous
ces fervices.
Si quelqu'une de ces perfonnei
<i8)
11 affec d'habileté ou de nient
pour gagner plufieur* portions à
elle feule, alors elle fera comme
le propriétaire lui-même, et dillii-
buera itea portiouf qui excéderont fa
propre (ùbfiftancft à d'autres per-
fonnei dont elle retirera quelque
{•rvîcg en échange.
Ainfi toute perfonne qui aura
annuellement à fa ̃ difpoîîdiQii -f
(.n'importe à quel titre 9 ) plu-
ficurs portions de fubfiïtance fera
réputée, dans l'opinion générale
avoir autant de puilîance que le pro"
pnétairefur le travail cfautrui et fi
cette personne efl revêtue d'un pou-
voir public capable de contraindre
les propriétaires en cas de refis à
lui livrer ces portions de fubSÉance |
eUe fera. par le fait hors de la
dépendance des propriétaires, et les
tiendra au contraire dans la fieras®»
(
B a
Ainfi dans la
modernes
les chefs militaires et tous ceux qui
difpofent par l'opinion ou autre-
ment, de laforce publique tiennent
le fimple propriétaire dans leur dé-
pendance et ne biffent à celui-ci
que la portion de richefles qu'ils ne
jugent pas devoir s'attribuer à eux-
mêmes.
Dans l'inflitution originaire de
ces profeflions fans doute les
propriétaires n'ont pas entendu faire
autre chofe que payer un fervice,
mais ce fervice était de nature à
aflervir néceflkirement ceux mlm»
qui te payaient.
Article II.
Des rapports entre ta Population et
la Culture;
Il y a un rapport nécgflttre entre
Je degré de population d'un pays,.
et entre le genre d'emploi auquel
la fécondité de la terre y effc confe»
crée.
Si les fruits de la terre y. fervent h
nourrir feulement des animaux fart-
Tâges i comme chez les peuples
la population tendra à s'y
maintenir toujours au nombre d'indi-
vidus auxquels les hafards de la chaire
pourront fournir de la nourriture.
Si ces fruits font employés à nourrir-
des amiraux domeftiques comme
chez les peuples paffeurs «, alors la
population s'élevera en raifon du
nombre d'animaux que la terre in«
culte pourra entretenir et du progrès
de leur multiplication annuelle.
Si la terre eft cultivée la popula-
tion tendra à s'élever et à fe maintenir
au nombre d'individus auxquels la
terre, dans ''état actuel de
pourra fournir' année "commune 9
une fubfiftance convenable.
Ainfi un pays cultivé fera plus ou
moins peuplé, felon que les prié-
taires dirigeront ptus moins la
culture vers les végétaux propres à
nourrir l'hommne ou les: animaux fur
la chair defciuels il fe nourrit.
Si les propriétaires iont des guer-
riers et que leur intérêt ou leur
pafïïon dominante les porte à s'envi-
ronner d7un nombreux cortège et à
multiplier le pluspolîlble les hommes
vivant fous leur dépendance, alors
il éft vrajfembhble que tous leurs,
foins fe dirigeront vers la production
des fubfiÛances. Tel" eft en général
l'état des peuples cultivateurs dans
leur enfance tel était celui des
peuples de l'antiquité où fefclavage
était admis- et celui de l'Europe
fous le régime féodal.
Si les propriétaires font oififs et
voluptueux 9 s'ils aiment à élever
des chevaux pour leur amusement et
leur commodité, s'ils veulent cou-
fommer des mets et des vins étrangers
ou d'autres denrées venues de loin f
alors toute la terre employée à nourrir
les chevaux et les animaux de tranf-
port qu'exigent ces diverfes fantaifies,
fera autant de retranché fur ce qu'on
aurait pu confacrer à nourrir des,
hommes.
La terre cultivée eft ifujette à de
grandes variations dans la quantité
annuelle de font produit ,1 caufe de
l'influence des talions. Naturellement
les variations en trop peu enrichiront
les cultivateurs parce que la fuhfîf*
tance fera plus chèrement payée et
1er variations en trop les appauvriront,
parce qu'une partie de'leur récolte ne
trouverapas de confommateurs; donc
ils chercheront à éviter celles-ci., et
dès-Ion la population fera au-deffous
de celle que la terre aurait pu entre-»
tenir fans ceue ciicowihnce..
Pour que les variations en trop ne
Jfoient pas redoutées des cultivateurs,
il eft donc à defirer qu'ils aient en
tout tems la certitude de fe défaire de
r excédent de la fubiï (tance annuelle du
pays, quand une faifon plus favorable
qu9àfordinaire9donnera cet excédent.
Tout fyftême de lois fur la police des
grains 9 fera vicieux s'il s'écarte de ce
principe.
<*4)
Toutes chofes égales quant à l'éten-
due et à la fertilité du territoire et
quant à la culture, la population fera
en raifon de la nature particulier®
de la production qui fervira géné-
ralement à la nourriture du peuple.
Ainfî toutes chofes égales d'ailleurs,
un pays où le peuples fe nourrira de
riz ou de pommes de terre fera plus
peuplé qu'un pays où il fe nourrît de
bled parce que cette dernière pro-
duction fournit beaucoup moins de
nourriture, à proportion du terrein
qu'elle occupe.
Par la même rairont un peuple qui
fait fa boiflbn ordinaire de bière,
emploie une grande partie de fon t«rr»
moire pour obtenir une jouiflance
qu'un pays à vignes fournit dans un
efpace de terre beaucoup moindre
dès-lors il refte) daus le dernier de
ces
c
de terre pour pourvoir
ture et entretenir la population.
Article II I.
De la Renie du propriétaire t ou prix
Le plus fouvent le propriétaire de
la terre reproductive ou non reproduc-
tive vend à forfait à un entrepreneur
Ix faculté de cultiver ou d'exploiter
la terre pendant un nombre d'année.
déterminé 9 moyennant une rétribu-
tion annuelle qu'on nomme rente ou
prix de fermage.
Cette rétribution eft la repréfeiK
tation de la portion de fruits qui
année commune 9 ferait demeurée an
propnétake s après le prélèvement de
tous les frais et avances de la culture
.1 ou de l'exploitation.
(tf)
Elle fera ftipulée plus ou moinj
forte, feion que le produit de la
terre fera plus ou moins demandé,
et félon que les demandeurs de ce
produit auront plus ou moins d*équi-
talons à offrir en échange.
Elle pourra même être nulle »
c'eft-à-dire que le propriétaire ne
pourra trouver d'entrepreneur qui
eomfente à la lui payer, fi les de-
manda du produit ne font qu'au point
où il les faut pour défrayer le travail et
les avances qu'exige ce produit.
La terre reproductive n\Û jamais
-«Sans ce dernier cas car fon produit
étant un moyen de fub£tâaniee9 et la
population Ce mettant toujours au
niveau des moyens de fublilanice il
cA toujours aflèz en demande pour
fournir au- delà'de ce que peut coûter
lit travail qui l$a donné.
t*7)
C a.
Quand même la terre reproduc-
ùve ferait cultivée pour tout autres
genre de produit que la fubfiftance,
le cas ferait encore le même; car le
propriétaire ne confentira pas à aban-
donner fa terre à ce genre de produit-,
à moins d'être indemnise par une rente
égale à ce que lui eût rendu fa terre
fi elle eût été cultivée pour produire
de la fuhfiftance j et fi ce genre de
produit n'était pas au moins autant
demandé que la fubfi fiance il en
probable que la terre ne fe trouve-»
rait pas employée à le produire.
La rente du propriétaire diffère
cflfantielleinent des rétributions qu'on
paie à l'ouvrier pour fon travail ou à
l'entrepreneur pour le profit des avan-
ce* par lui faîtes en ce que ces deux
litipeirs genres de rétribution font
l'indemnité l'un d'une peine qu'on a
prîfe l'autre d'une privation m d'un
(
rifque auquel on lieu
que la rente eft reçue par te pro-
priétaire gratuitement et en vertu
{feulement d'une fiction de la loi qui
reconnaît et maintient en certains
individus le droit de propriété.
Donc, les retranchemens qu'on
ferait au propriétaire d'une portion
de fa rente pour payer quelque
fervice public n'entraîneraient par
eux-mêmes aucune diminution dans
la culture le propriétaire ayant
toujours intérêt de faire cultiver ft
terre le mieux poflîble quelques
faible que toit fa part dans le produit.
Plus la foctété augmente en popu*
ktion et en richeffe, plus les produits
de la terre font demandés et les éqm
vâem à offrir en échange vont nom-
breuxi plut par conféqtfent h mm$
du propriétaire augmente et es quan-
tité et en valeur.
< *5> )
Ci
CHAPITRE IT,
Du travail,
JL'iffet du travail, ou fa puif-
fance eft en raifon de fa quantité tt
de fa qualité»
h&qu&nzhé éx travail annuel d'un»
Ration c'ell le nombre de bras em-
ployés annuellement d'une maniere
uule, comparé au nombre total des
confommateurs.
La quaUii du travail f c'ell lintel-
Ugttice et la dextérité avec lefqueUes
on l'applique.
ARTICLB PRlKHt
Du Salaire du travail*
Le travail eft une peine | et pour
vaincre la répugnance naturelle de
l'homme pour cette peine il faut un
aiguillon. Cet aiguillon c'efl le fruit
ou réfultat du travail.
Si le travail eft une peine It
conformation eH une jouiffaiiee,
€?aÛ dans celle-ci qu'il faut toujours
chercher la récompenfe du travail.
'Aïoli fi le travailleur et le confora**
mateur ne font qu'une même peW
fonne elle fe paie elle même 9 en
confomulant le fruit de fon travail.
Si ce font deux perfonnes différente!» 9
il faut que le confornoiateuf paye au
travailleur un équivalent c9«i- a dire,,
qvt'û lui fourniliè un moyen de jouir..
fance capable de l'indemnifèr de là
peina. Ccfl cet équivalent qui fe
nomme {alaire,.
Plus il y aura de IkMres à M-
«ribuer plus il y aura de travail^
leun | .et dès Ion plue fera r
( 3i )
c 4
la malTe de travail en activité dan*
la nation.
Mais tout falaire fuppofe un cori-
fommateur qui le fournit donc, plus
fera grande la Tomme annuelle des
contaminations plus le fera auffi la
mafle du travail annuel.
Donc tout ce qui entrave ou dé-
courage lea confommations tend
Béceflàiremem à diminuer la quantité
du travail.
Le (alaire, en général fera plus
ou moin» fort felon que le travail
fera plus ou moins demande 3 parce
que, dans un cas les confommateurs
te difputeront le travail et enché-
riront les una fur les autres pour en
avoir le produit $ dans l'autre, let
travailleurs fe difputeront l'ouvrage 9
et a'offriront au rabais*
Le falaire d'un genre particulier
(3O
de travail fera plus ou moins fort
félon que le produit de ce genre de
travail fera plus ou moins demandé:
de- là le hàut falaire des artîftes dans
les pays àffez rielnea pour qu'il y ait.
beaucoup de de ce
genre d'induftrie.
Les hommes fe multipliant en rai-
fon des moyens de fubfiilance et le
nombre des ouvriers Ce multipliant à
melîsre des demandes qu'on fait dé
travail il en réfulte que le falaire
tend toujours à fe réduire au taux de
la {impie faMiUance de l'ouvrier.
Le falaire peut fe mefurer de deux
manières ou fur la durée du tra-
vail ou fur fcn produit. Dms le
premier cas il eft probable que le
travailleur ne vifera qu'à diminuer
fa peine car il n'a pas d'autre inté-
rêt | dans le fécond cas tous fes
isr)
efforts doivent tendre à augmenter le
produit du travail.
Le produit du même genre de
travail, dans un tecns donné s'aug-
mente par un accroiffement de
dextérité et de précifion dans les
"mouvemens de l'ouvrier i a9 par
l'invention d'outils et machines pro-
pres à Miter et abréger ce travail.
Ces deux genrea d'amélioration
dans la qualité du travail ou dans
fes facultés productives naiftent en
Mande partie de la divifion du travail
tfeft -à-dire de la iéparation dfun
même ouvrage en tâche.
différentes difhibuées à autant d'ou-
vriers différens.
Cet effort pour multiplier le pro-
duit du travail n'étant caufé que par
l'efpérance de recueillir un plus, fort
Cataire et la Source de tout falaire
étant dans 1& conîotaimtion il eft
borné néceflairement par la quantité
poHibîe des consommations ou 9 en
autres termes. par l'étendue du marche'
Donc tout ce qui tend à aggrandin*
la fphere des confommations tend
nécefliïrement à accroître l'activité
et findjjftrie du travail, c'eit- à-dire $
à en perfectionner la qualité,
Article II.
Des mtrepœmurs de travail
Il ell rare que le cohfommttmt
emploie directement l'ouvrier» II ell
également rare que celui-ci po0êd®
pair devers lui de quoi fe novath
pendant qu'il travaille et. de q\mi
fe fournir de matériaux et dinlïru-
mens.- Bailleurs cette avance 9 quelle
que foit la main qui la Me, dïun
fervice difiinct du travail et qui
veut une indemnité particulit re*-
<3J)
Celui qui rend ce fervice le ïou-
met à une privation puifqu'il fait
consommer à d'autres des chofes con-
fommables qu'il poffede. Il s'expofe
de plus aux hafards des événemens.
Donc ce fera Tuf l'étendue de cette
privation et de ces rifquts que Fin*
cbmnité fe mefurera ou 9 en autres
termes cette indemnité fera en rai*
ton de la femme des avances et delà
grandeur des rifques.
Les entrepreneurs d'ouvrages ce
font les fermiers y les manufacturiers,
lies maîtres artifana «Sec. 9 et tous
€m% qui font travailler fous eux det
ouvriers pour en retirer un profit.
avance qu'ils font fe nomme
mpitai; l'indemnité qu'ils en reti-
ient Ce nomme profit.
Si cette avance confiRe en chofes

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