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Accusation contre les meurtriers de Napoléon

22 pages
L'Huillier (Paris). 1821. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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CONTRE
A PARIS
CHEZ L'HUILLIER, LIBRAIRE,
rue Saint-André-des-Arcs, n° 18.
Août 1821.
INTRODUCTION.
JE ne, fus pas l'ennemi de la personne de
Napoléon ; je ne fus que l' ennemi de son des-
potisme. Je ne connais d'usurpateur que les
tyrans.
David fut usurpateur, et nos prêtres en ont
fait un saint, La maison de, Brunswick a dé-
trôné les Stuarts, comme Catherine II son
mari, comme ..................
..........., et nous ne voyons,pas les apôtres de
la légitimité les déclarer illégitimes. Ainsi que
tous ces souverains, et à plus juste titre puis-
qu'il fut élu par le peuple, Napoléon fut donc
un monarque légitime. Napoléon fut oint des
mains du pape; il vit les rois à ses pieds; il
fît des rois qui ont conservé leur couronne; on
se disputa l'honneur de lui offrir une épouse,
du vivant de Joséphine.
Si Napoléon a été assassiné, le crime
commis sur sa personne est donc, un régicide;
or, si nous en croyons les légitimes, le plus
grand des crimes c'est le régicide. Il est donc
juste de signaler à l'exécration du monde le
(4)
régicide commis sur la personne de Napoléon.
Napoléon est mort empoisonné. Voilà le cri
public. On assure qu'aucune des personnes
de sa suite n'a voulu signer le procès-verbal
dé l'ouverture: de son corps. Où a refusé la
translation de l'estomac, en Europe ; on en a
induit qu'on ne voulait pas le Soumettre à
l'examen des médecins. Mais il m'importe peu
de discuter ces opinions du moment. Le
temps éclaircira tout. Il suffît d'établir une
alternative inévitable, pour constater le régi-
cide pour constater que Napoléon a été
immolé aux intérêts d'une atroce politique,
ou par le poison, ou par le climat.
Placer un prisonnier dans une fosse , sur lé
bord d'un marais empesté, pour qu'il y
meure lentement, et certainement, ce n'est
moins l'assassiner que si on lui plongeait un
poignard dans le sein; car ce n'est pas la ma-
nière de faire périr un homme, c'est sa mort
même qui constitue l'assassinat. Or, la corres-
pondance.authentique que je publie, 'prouve
que le cabinet de Saint-James à voulu que
Napoléon pérît à Sainte - Hélène. Personne
n'en pourra douter. Les quatre individus dont
on va lire les lettres sont tous vivans; ils ne
(3)
le renieront pas, et leur silence :ne laissera'
plus de doute sur leur authenticité.
D'ailleurs combien de gens n'ont-ils pas vu
dans les mains de,la respectable dame anglaise,
qui en est dépositaire, là copie de ces lettres
que la princesse Pauline Borghèse lui à trans-
mises? Il existe donc d'abondans moyens de
s'assurer de leur authenticité.
Maintenant on va voir le geôlier de Sainte-
Hélène, sir Hudson Lowe , on va voir lord
Liverpool et ses collègues, bien convaincus
que Napoléon ne peut échapper à la mort,
s'ils persistent à le retenir sur son rocher, on
va les voir comptant froidement le peu de
jours qu'ils lui laissent à vivre; et l'on fris-
sonnera d'horreur, surtout si l'on se rappelle
que Napoléon se livra volontairement au ca-
binet anglais.
Mais, pourrait-on dire, la politique du
cabinet atroce qui refusa quelques centaines
de mille francs pour saliver Louis XVI, et qui
a dépensé des milliards pour solder le mas-
sacre des nations, sa politique, dira-t-on, était
intéressée à conserver vivant Napoléon. Mais
le fait est là. Tous les calculs spéculatifs
viennent échouer, devant lui. Les ministres
(6)
anglais ne manquaient pas en Europe d'ems-
placemens convenables et sûrs pour servir de
prison à Napoléon. Ils savaient , avant de
l'envoyer à Sainte-Hélène, que le climat était
meurtrier. Ils ont connu dès 1817 la situation
alarmante de sa santé; ils ont résisté à toutes
les sollicitations qui leur ont été faites de le ra-
mener en Europe; ils ont voulu qu'il demeu-
rât à Sainte-Hélène. La conclusion se présente
donc d'elle-même. Le cabinet anglais a voulu
que Napoléon pérît; il prouverait qu'il a été
empoisonné sans la participation de son geô-
lier, que la combinaison du crime lui demeu-
rerait; le seul résultat que produiraient ses
preuves serait la découverte d'un autre crime.
Vous qui vous persuadez qu'il importait au
cabinet anglais que Napoléon vécût, avez-vous
descendu dans les profondeurs mystérieuses
et criminelles de sa politique ? Ne pouvez-vous
interroger son avarice qui se lassait de dépen-
ser annuellement onze millions pour la garde
d'un prisonnier? Avez-vous déjà oublié les
congrès?
PIÈCES OFFICIELLES.
A Son Excellence lord LIVERPOOL.
Longwood, a septembre 1820.
MYLORD,
J'ai eu l'honneur de vous écrire le 25 juin 1819,
pour vous faire connaître l'état de santé de l'em-
pereur Napoléon, attaqué d'une hépatie chroni-
que depuis le mois d'octobre 1817.
A la fin de Septembre dernier, est arrivé le doc-
teur Antommarchi, qui lui a donné des soins; il eu
a d'abord éprouvé quelques soulagemens, mais, de-
puis le docteur a déclaré, comme il résulte de
son journal et de ses bulletins, que le malade est
venu à un état tel que les remèdes ne peuvent plus
lutter contre la malignité du climat ; qu'il a besoin
(8)
des eaux minérales; que tout le temps qu'il de-
meurera dans ce séjour ne sera qu'une pénible
agonie ; qu'il ne peut éprouver de soulagement que
par son retour en Europe, ses forces étant épuisées
par cinq ans de sejour dans cet
privé de tout, en proie aux plus mauvais traite-
mens.
L'empereur Napoléon me charge donc de vous
demander d'être transféré dans un climat européen,
comme le seul moyen de diminuer les douleurs
auxquelles il est en proie.
J'ai l'honneur d'être,
Mylord,
De votre excellence,
Le très humble et obéissant
serviteur.
Signe: Comte BERTRAND.
P.S. J'avais eu l'honneur, d'envoyer cette lettre
à sir Hudson Lowe, sous un cachet volant; il me l'a
renvoyée avec la lettre ci-jointe : ce qui m'engage à
vous la faire passer directement. Je suppose qu'il en
(9 )
aura pris copie qu'il vous l'aura renvoyée avec
ses observation et qu'ainsi cette circonstance
n'aura occasionné aucun retard.
Longwood, 3 septembre 1820.
Signé : Comte BERTRAND.
Au comte BERTRAND.
Plantation-House, 2 septembre 1820.
SIR,
The governor's instructions not admitting him
to receive auy letter fram the persons residing
with Napoléon Buonapare where the title of
emperor is giren to him, I am directed in conse-
quence , to return you the inclosed.