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Adieux de Guignol de la rue Gasparin au public lyonnais

De
8 pages
imp. de A. Vingtrinier (Lyon). 1866. In-8°. Pièce.
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ADIEUX
DE
GUIGNOL
DE LA RUE GASPARIN
QAV <PWBLIC LYOV^p^QAIS
Mfiveij,èstt»z'ar^é, z'est pour notre théâtre
X. Ikï'-^'Jr- ■ ■<■■■*■■■'■■■•■■■■'■ :■ ■ '
De gag&ejMreTargent c'est le moment folâtre ;
Nous n'avons que ce temps pour épargner les sous
Que.nous font vivoter lorsque, vient le redoux.,
Eh ben ! le croirait-on, quelle mauvaise chance!
Nous ont depuis un mois si petite affluence,
Que nous ne gagnons pas seulement le loyer.
Faut-il, pauvre Guignol, que j'aille me noyer !
Je l'ai dit z'au bargeois* que n'est pas à la noce,
Et que de ce métier z'a pourtant ben la bosse.
Si l'on le connaissait, là, vrai, z'en vérité,
On l'encouragerait dttn s son adversité. '
Pour nous ben installer il a fait de dépense !
Et n'a pas de crédit a la Banque dé France.
Nous z'ont pour travailler seulement: quatre mois
Mais ce n'est pas assez, ça le met z'auxiabois.
Voyant ça, le bargeois s'a creusé la cervelle
Pour 'vaincre s'il le peut la fortune rebelle:.
2
Y veut nous emmener travailler à Paris
Dedans un grand café.; je suis de son avis..
Pour gagner quéqu'argent, l'humble marionnette
Doit jouer où l'on vend de bière et de piquette.
On entre quand on veut, on sort quand ça vous plaît ;
On parle, on boit, on fume, on est z'au grand complet ;
Et l'on rit deux fois plus quand y'a ben de monde.
Velà «comme ça va dans la machine ronde.
Le temps où nous vivons est le temps des tréteaux ;
On aime la parade et les brillants tableaux.
Théréza fait florès avec son répertoire,
Que sera pas, ben sûr, un grand titre de gloire,
Si la postérité, de son crayon moqueur,
Enregistre jamais la chanson du Sapeur.
Mais on a beau crier, voyez, dans chaque époque
On a toujours t'ayu du goût pour, le baroque.
Censeurs, taisez vos becs, y'en faut pour tous les goûts,
Et pis n'avez-vous pas, pour changer, les Sardous ?
Le puritain que veut s'amuser au théâtre
Et que n'a le moyen de dépenser de plâtre,
Peut ben se contenter : n'a t'y pas la Patti,
Achard, Sasse ou Gounod et le grand Rossini ?
Peut-y pas déguster tout Messieu Sainte-Beuve,
Non, non ; de vrais talents notre époque est pas veuve. .
Notre siècle, après tout, a trouvé la vapeur,
Que nous mène tout droit au chemin du bonheur.
Ça viendra, nom d'un rat! allez, c'est très-possible ;
Seulement faut du temps, vêla ce qu'est terrible ;
Pour çui-la que n'a rien pour vivre que ses bras,
Et n'est pour le moment dans un fier embarras.