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Adresse à l'Assemblée nationale à l'effet d'en obtenir la formation d'un comité dans son sein, pour appliquer, d'une manière spéciale, à la protection et & à la conservation de la classe non-propriétaire, les grands principes de justice décrétés dans la Déclaration des Droits de l'homme & dans la Constitution ([Reprod.]) / [par Jean-François Lambert]

De
47 pages
chez Royez (Paris). 1788. Droits de l'homme -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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NOUVELLE LETTRÉ
,»-UN PATRIOTE
A UN
les queflions agitées* à la
prochaine tenue des'
vant de fupplétnent au Livre
vol. in- 1 1.
Quai des Auguflins*
D R E S S E
A L'ASSEMBLÉE
N A T 1 p N A L K;
A Ûeffet d'en obtenir la formation d'utl
fefn^ pour appliquer,
<?une
la conftrvation de la, Qajjt rton-Èro*
priétaire les grands Principes de
dans la Déclaration des Droits
de l'Homme, la
Impnmhm txémtion (Cm dcs
Repréfintans de la Commune de Paris.
jSufcitans de terra Inopem, & de ftercoreverigens
Pauperem j
Uc collocet eum cumpdncipibus, cum principîjbu's
Populi fui,
Pf. CXll.f. 7&g.
&%
AVERTISSEMENT.
Certainement il n'êfl point de Citoyen
qui ne porte la Caufe des Pauvres 'dans Yorf
coeur cependant, a voir coûte
de pémeipouî
fixer 'l'attention Cùt elle; on ne peut pfu* dou-
ter que cette antique & vénérable maxime;-
SALUS POLUl 1 SUPREMA LE'x ESTO lVfeft
même de nos jours, guères moins étrangère
à fa pratique de la
toujours été familière à la Politique
Jative de tous les Peuples. •
C'ert: ce que vingt ans de
«ri- dernier lieu, deux
rÀflfemblée Nationale
néceflité d'affirmer ici, avec le fentirrietft
vif & profond que mon attàcheriicnt M*
viôlable pour d'auiîi grands intérêts,
mon cœbï».
"Il- n'en: point de Cahier ou les Pauvres
n'ayant été compris' pour quelque
Aucun lé reniarqVoit
très.bien M. du Fô'iftiiy de Villiers, en Avril
dernier, n'a prêfimè 'te Mandat
4
ment énoncé de donner pour bâjï inâmoviHt
du bonheur général des Loix conformes ail
but de la Soçihé la protection ET la
CONSERVATION DES FoiBLES DE LA,
niùre Classe feule .remarque de ce, genre
qui ait jamais été faite. Tel avoit néanmoins
été l'objet 4es infiuuations
de Vues générales en faveur de ceux ,qi^i
ri ont rien envoyé dans -tout le
avant la rédaction des Cahiers.
Mon attente a été déçue j de-l^ma
pulation légale à l'Aftcmblcc générale de
̃ S.-Etiennc-du-Mont le 17 Avril
puis le Cahier des Pauvres, & la Supplique'
au Roi & aux
mon affiduité à la fuite ôc jtifques dafis le
fein de l1 A fi emblée
touchants intérêts nc me permettoient pAS
de me regarder comme intrus,
déclaré dans ma quatrième
fous le titre tfAdreffe à
nale pour fauver le droit du Pauvre,
Vains efforts! Il ne me reftpit iyn\ efpoir.
qn'aiftant que me conformant aux infinua-
tions de plufieurs Membres de cette -augufte.
Afiemblée je pourrois faire' émettre mon
s
A 3
Voeu dans le fanâuaire de la Patrie par la
Commune de Paris.
Cette émilTîon a cu licu. Aurois- je dii
m'attendre que le fuccès pourroit en
pendre du Rapport que le Comité d'Agri-
culture (croit cha.rgé -d'en faire > C'éft pour-
tant fur cet expofé que le dernier ajoûrV
nement a été prononcé le 16 du courant.
Sans doute que l'Agriculture eft la nouV
ricière des hommes mais aufll il faut qu'elle
foit pour eux, & non pas eux pour elle.
'Les hommes, ils n'ont que trop long-tcms
été victimes d'auni cruelles mépri(c< Ce
n'eu: pas en s'cxpoAnt à continuer de fa-
crifiçr la fin ,aux moyens, qu'on pourroit
cfpércr de régénérer la France.
Sur quoi je fupplie chacun des Repré-
fentans de la Nation d'avoir la bonté d'ôb-^
ferver, qu'il a été décrété que'le foin des
Pauvres fera graduellement attribué aux
Corps Administratifs. Ici s'élèvent deux
Quêtons.
Chacun de ces Corps n'aura -t-if-, ïl regard
des Pauvres, que les régies qu'il aura jugé
à. propos de le faire?' En d'autres teiÉes^

eft-cc l'arbitraire qui réglera les Pauvres
d'une extrémité du Royaume h l'autre?
Ou l)ien une falutairc uniformité de vues
Se de principes fixera-belle, à cet égard, les
incertitudes^ ôc préviendra -r- elle efficace-»
ment, autant du moins que les chofes hu*
maincs le comportent, les incertitudes &
des meprifes d'autant plus cruelles quelles
feroient plus multipliées, moins apperçues*.
&, par conféquent, impoflîbles à réparer ?
Dans le premier cas, le Comité dont Je
fais ici la demande formelle, ne fcroit bon.
a rien.
Mais, dans l'autre hypothèse, je Supplie
les Rcpréfen tans delà Nation d'écouter au
fond de le^ir. coeur le cri que l'Humanité
Se l'opportunité des circonstances y feront
certainement entendre ;& alors ils ne dou¢
teront sûrement pas qu'un Comité, c^idé des
CitoycnPvcrtueux que je cite dans 'cette
Âdrefle,qui fc feront, a cet égard, un de^'
voir fvcré de porter fur l'autel de la Patrie
Je tribut de leurs connoiffanc6 pratiques,
ne doive être très-utile dans le fein de l'Af-1'-
fcmbléc, pour préparer, dans ce\ genre,
travail digne de lui être fournis.
1
A4
Je fuis le Reprêfeniant d'un grand Peuple;
à\Co\ti un jour M. Rabaudde S.-Etienne'i
ma Smichauffée efl compofèe de cinquante
mille flabitans. Sans doute <jue les Députés
à l'Aflfemblée Nationale font les
tans de tous les Individus de la Nation. ici
je les fupplie poutant qu'ils daignent re-
marquer ce qu'H peut y avoir de différence
entre le fait & le droit.
Car il y a au(ïî environ cinquante faille
En fans -Trouvés dans le Royaume; ils -font
hommes; il fauc qu'ils puiflent devenir,
toyens; je fuppîie qu'on daigne remarquer
quel des Repréfentans de. la Nation
vent chargé de leurs Mandats.
Or il y a quatre Articles pour eux, VI;
VU) VIU & IX, dans mon Cahier des
Pauvres > Se la feule lîiptilation de ce genre
qui ait jamais eu lieu dans le Royaume,
c'eft celle que j'ai en même temps faite pour
tousles Pauvres. EiùTent.ils tous été aflemblés,
on ne pourroit pa's leur fuppofér aflez <l'ifl-
ftruôion pour avoir émis leurs voeux ni >
par conféquent, qu'ils être tentés
de défavouer ceux que (faute de mieux)
s
je cri impérieux de
d'émettre pour eux.. Voila des faits égaler
ment certains ̃& irrécufables.
Et cependant, en
guçurdu Droit ne m'a pltts permis d'émettre;
d'autre voeu que celui que la
dp Pavis a daigné appuyer de
auprès de l'Aftcmbiéc Nationale avectouto
la pureté d'un patriotiflue bien
Mais anfli examiner, difcutcrles intacts
des Pauvres, fous leurs divevfes faces, prp.
parer avec cirçonfpcdion ôc matmké, les
Règlements généraux & partiels dont il aura
s'occuper', offrent un travail fi important
le fort de tant de milliers d'Individus* Ja
sûreté publique s'y trouvent fi particulière-
ment intcrcOes que la Religion, la Patrie;
rHumanité ne permettent |)!us. de digère):
la formation de ce Comité d'autant moins
que les termes même du Décret auquel la
France en aura été. redevable, peuvent en
écartant toutes les cfpéranccs prématurées,
contribuer,au contraire, beaucoup à ramener
avec autant d'efiicacité que d'accélération,
le cahïic $c la publique,
10
PREUVE ET LA PUNITION D'UN MAUVAIS
Fortement pénétré cha fpeftacle déchirant que
nom offre à cet égard l'Hiftoire & notre pro-
pre expérience j'ai fcnti long-tems avant
qu'il y, eût le moindre cfprit public que Fin-
^buciance fur ce grand & férieux objet, pré-
paroit à la France une crife terrible & mes
jneflentimem à cet égard,, cognés dans les
M/moins de Çhâhns fur la
mendicité, itmé iduion page ne font à
prêtent que, trop bien jurti/îé*. 1
Pleinement iconyaincu qu'il île peut y avoir
.de fureté ni pour l'Etat ni pour les Particu-
Jiersdansun malheureux ordre de chorus, qui
4i'e(l à proprement parler qtt'une grande pé-
pinière de pauvres & de mendians dont on n'a
jamais fçu que fomenter la férocité, en les en-
^taflant inhumainement les uns fur les autres
dans les écoles de fcélératefle que notre Age a
vu «'élever fpus le norrr de Dipéts je n'ai ja-
,fn.ais voulu en être en quoi que ce foir. i'inf-
tigateur, le complice ou TinArument. Ceft la,
fource même des maux publics que j'ai puifé
les moyens d'y remédier point de tentations
point de démarches pofliblesque je n'aye faites
-dans cette vue les preuves fuccinfles en font»^
dans XAârtjje imprimée que je joins ici & que Z
je fuis prêt à diftfibuer à chacun de vous MM.»
Il
forftjue vous Uurei daigné me ménager Yocçft
fion rfe vous faire cette cfccoière diftributioïî
plus futilement que ne l'a £té celle du Cahier
du Pauvres & de la Supplique au Roi $
,aux' Etais Généraux qui vous a été faite de
ma part à Verfailles & qui eft à préfent oit*
biiée depuis plufieurs mois ce .qui .réuni à
l'inutilité de mes précédens efforts nVa çW
vaincu que ce n'etl plus qu'autant :que:¡ VOUf
donhérez une attention
intéreflfans objets par la formation d'un Oo*
mité à cet effet que je puis encore confetvef
l'éfpoir confolant qui feul a été
me foutenit dans la doulouireufe & pénible, carf
fiere que je fournis. Ceft au nom de la Rëlï*
gion de l'Humanité & de la Patrie
en faire ici la demande formelle eri faveur ,des
dernières claifes du Peuple; >
'Pour que les divers intérêts des ouvriers d@
tous les genres puisent y être examinés fct.u*
tés.& approfondis fous leurs différentes faces;
Pour qu'on pmffe avifer aux divers moyen,
d'encourager les travaux utiles, auxquels il eft
devenu û intéreffant de faire reprendre, fani
violence & (ans fecouie une prépondérant
fortement prononcée fur tous les Arts de luxe-;
Pour fixer aux travaux des champs ceux qui
ne les ont pas encore quittés* & y rappeilev
^.ceux des artifans des Villes, qui auront coïï*,
il
Serves aflezde vigueur & de principes pour pôut
voir les reprendre
Pour prévenir par tous tes moyens que
l'humanité &la faine politique ne réprouve-
ront pas d'ultérieures émigrations des habitans
des Campagnes dans les Villes; &, par conté-
quent le dernier dégré d'engorgement des
Villes des prifons des hôpitaux & des Dé-
pôts de Mendicité; .'̃̃
̃̃ Pour faire régner, dans tous les Ftablifle-
mens de Chanté, cette union de vues & de
principes fi néceflaires pour empêcher autant
que les chofes humaines les comportent, les
pernicieux effets de l'arbitraire qui font la
ftiite la plus ordinaire de leur ifolement j
Objets vaftes& profonds, dont aucun homme
ne peut embraner feul les détail & l'enfemble,
& qui réclament, même de la part du Comité,
dont je demande la formation, une attention
très-férienCe, une difcuHion éclairée, avec toute
la maturité Se le refpeft qui font dus à la di-f
gnité de la Nature Humaine maintien de
l'ordre Social après tout plufieurs fiécles d'in-
fouciance à cet égard, ne peuvent- pas fe ré-'
parer au premier afpecl d'où il eu: aifé de
conclure que ce ne fera que par fa patience
à endurer les' calamités inévitables du moment,
par fon amour pour l'ordre,que le peuple pourra*
.voir fortir4, dans quelques mois de plus ou do
il
moins, de ce Comité
qui deviendront à jamais--fa fureté & celle de
fes enfans; au lieu que fans.) cette .vertweuï©
& pàflagère réfignatioh ( dont on n'aura-rien/
tant à coeur que d'abréger le terme), ils ti'avH
roient plu$ de raifpnnable efpôjr de prolonger
ni leur propre exigence ni celle des
innocens qui leur doivent le jour objets'^iu
ont le. plus grand befôin du concours de$]l««»
mières de tous les bons Citoyens, tel. qtfç je
rai invoqué à pure perte par la publication
► de, mon Prias de vues gtniraUs en faveur de
ceux quittant rien envoyé dans tout le Royau*
me, tant par le Gouvernement, que par.moij
avant la redaûion des Cahiers.
Vous trouverez fous ces divers
MM, ,-dans les connoiffances pratiques dçM,
Thpuret Infpe^eur'généraî des Hôpitaux ci.
vils dans M. de Moutlinot Infpe^ciîr,; du
Dépôt de Soiflbns dont les titres font e%ppfê$
dans. cette Adrejfe imprimée de
"A plus forte raifon dans le Chef refpe^ablç
du Département de la Mendicité & d.essHÔ*
Et vous rendrez ces reffources
plétes qu'elles puiflent A préfent l'êire ,e|f
joignant ces excellens Citoyens
M. de Juflleux, Lieutenant,de
u
partement des Hôpitaux de Paris, que fa fainte
avidité, pour des connoiflanccs qui lui avoient
jufqu'alors été étrangères, rend fi digne du
précieux dépôt que la Patrie lui a remis entré
les mains, & lui en a déjà fait recueillir plus
de fruit que les circonilances ne paroiffoient le
Comporter.
M. Tillet, Administrateur de l'Hôpital génial
de paris l'ami des Pauvres, qui lui font rede-
vables aufli bien que toute la France d'avoir
du meilleuc paîn à moindre prix
M. Bêcher Directeur de l'Hôpital Royal des
Quinze Vingts, que la fagefle, la fermeté, la
rigueur de fon adminiftration vraiment éco-
nomique, le modefte & intéreflant Mémoire qu'il
vient de donner fur le Commerce, la touchante
edreffe avec laquelle il a fçu y comprendre le
Pauvre, rendent véritablement recommandabtej
Enfin M..Boncerf, fi célébre par les" cori»
noifïances féodales par 1e génie avec lequel il
a fçu développer les caufeiMe la fubmerfioh
des terres, l'art fi diverfifié de leur dertéche-
ment, pour le double avantage de la falubrité
de l'air & de la profpérité nationale, en6n le
bon emploi des terres vagues, & jusqu'alors
P députées ftétilcs ail plus haut dégré de pcr-
feftion qu'ils puiiïent atteindre;
-f M. Boncerf qui, dans fa Brochure fut la
les moyens d'occuper tous les gfos
M
Ouvriers que vous venez de faire réimprimer,'
préfénte, en effet > des moyens vaftes, féconds
& inépuifables de riche fies & de profpérité
pour l'Etat & pour les
Dans yoxtè'Adriffe .vos Cômmaiàns MM. v
vous avez parlé des Habit'ans des campagne*
avec attendriffement; vous' dites avoir ppiii la
joie & Ctfplranu dans Itùr «xiir vous les
appellez les Créanciers M cla Terre ET
DE ,LA Nature, & y itbiit'reï
fortement indignés xfo ce. qu'ils
M. Boncerf vous dira QuE les premier3;
CRÉANCIER? DE LA feRAS
QUI DEMANDENT D£ L'OUVRAGE ET L 4.
TERRE QUI ATTEND DES BRAS
que fes vues tiennent aux nôtres, & qu.é le
tion & au fucces des unei&des sutre^
De votre part & de ceîifc .detAf r Boncerf
ce font là^e ces vérité écerneU^ qm
marquent & à l'évidence ^defqudles il; n'eil
plus poffible de fe reCufer.t quand elles (ont
une fois produites des coït
féquences décavés & tranchantes quren dé-
coulent, &'qûe ie crois
D'après une
formelle de vôtre; part, )kM, J<lapris»iâ co«h
viction ïntfme qui réfulte du rapprocheme«u
i6
qu'il e(\ fi de faire de ce qui eft avec
te qui devroit être, un auffi étrange contrsfte
entre leurs droits inprcfcriptibles & facrés
& l'oppretfion réelle fous laquelle ils n'ont que
trop long.tcmps gémi après avoir confervé'
dans votre décret, fur les biens de l'Eglife
le dans toute fon in-
tégrité; il n'cil donc plus à craindre qu'ils
puiffent encore en être dépouillés.
M. Boncerf vous dira qu'un ahàs en engendre
mille;' & qu'une bonne opération entraîne mille
hturtufes conséquences .»' la profpéritè le loti'
heur, t l'abondance (^con\\n\Çï?L'U\\) fe tiennent par
des iitns indijfolubles. Ctfl dans les champs lut
fe développent leurs faintes femences que s'ajfod
la.Liberté, t & que germent les victoires ainjî
tons-y nos foins y nos avances. C'cjl-là que doit
s'élever le vajle monument de la puijfance de la
Nation y & non pas avec des madères Jfériles\-&
inanimées dans les filles où ton n'a déjà que trop
prodigué l'or & le fang des Peuples t pour ékvet
d'injipides monumens. •
Le beau feu qiit échauffe ce vertueux Ci.
toyen paffëra dans vos cœurs, MM.; & l'Agri-
culture, honorée par la fageflfe & l'énergieide$
encouragements que vous aurez votés pour
elle, nous apurera les infignes avantages que
t?
B
TEMt> lui a fait exprimer avec tant de no>"
.bletfe.
Je puis peu par moi même, MM. pour
cette caufe attendriflantejmais l'heureux aflem-
blage de Citoyens amis du bien, que je mè
fais un devoir de vous indiquer ici, & que
leur- patriotifme engagera à vous porter le
tribut de leurs connoiuances pratiques, en
raifon de ce que vous daignerez les encourager
à le faire avec l'honnête aflïirarice qui con-
vient à la dignité d'une auflî belle calife
fuppléra fans peine à mon infuftîfance pour
d'aufli vaftes objets & vous laiffera peu à
défirer du moins en attendant que vos travaux
fur cette importante matiè\e 'ayent excité
dans toute la Nation la fainte émulation que-
,la Patrie & l'Humanité réclament pour elle.
Les hommes en faveur defquels j'ai thon"
neur de vous prier de former un Comité,
compofent à peu près les de la Nation
l'habitude du travail l'inquiétude du befoin^
le défaut^Tinftruftion ne leur laifient guères,
(du moinsquant-à-préfent ) de facultés pour
remplir les fondions très compliquées de Ci-
toyens aâifs cependant ils ne font plus rerfs;
mais qu'y ont-ils gagné ? S'ils ne font plus at-
tachés à la glébe s'ils ne font plus meubles
d'un Maître qui quel qu'il fut avoit du
moins intérêt à leur confecvation en un mot
i$
s'ils font libres & par conféquent Citpycns;
de quel avantage ce beau titre cette. appa-
rente Liberté font' ils pour eux ?
Qu'cft-ce que la Liberté pour des hommes
qui n'auroient point d'alfûrance de fubfider par
le travail; dont les forces phyfiques continue-
roient de fe eonfumer, fans avoir aucune cet.
titude de participer à ces (ecours que la pru-
dence, l'humanité la juftice de nos pères a
voulu aflurer h jamais par une fubrtitimon
inextinguible aux indigens, aux vicillards, aux
malades en profcrivant par tant de Loix
Nationales renouvcllccs d'âge en âge l'alié-
nabilité des fon.ds donnés l'Eglife pour cet
objet fpécial ad egentiurn fubjlanùam ( i) &
dent on réufiiioit pourtant à vous faire violer
les faintes difpoiitions fi vous n'étiez pas aufii
.fermes dans la réfolution qui vous a été diâée
par le fouvenir des motifs épurés qui vous l'ont
fait prendre.
Que feroit en effet la Liberté pour les
hommes qui n'ont que leurs bras ? tans l'aflu-
rance. de trouver dans la droiture & le zélé
du Corps Légiflatif régulièrement formé ti
toujours fubfiftant une foule de Défcnfrsirs
aniavés par le Patriocifme le plus vrai par le
fentiment le plus vif des Droits de rHuman:té,
19
Bi
Notaires parla connoiffance des faits & des mo.
nurnens de l'Hiftoirc par de profondes réfle-
xions fur les caufcs prochaines & éloignées des
grandes Révolutions & guides par. ces vues
Religieyfes, qui parmi des hommes raifôrina-
bles & juftes favent toujours fe concilier le
refpeft & Nl'obéiffance du grand nombre ? Que,?;/
teroit (dis-je) la Liberté pour une auflî grande
multitude d'infortunés fi la vertu dés Rcprô-
fentans de la Nation fortifiée par tant & de
fi puilfans motifs, n'oppofoit pas une digue in-
furmontable aux entreprifes que la cupidité
peut fe permettre avec tant d'artifices & fous
tant de formes toutes plus fpécieufes les unes
.que les autres, pour envahir leur patrimoine..
Faute de ces fecours & dans l'oubli qu'un
Gouvernement entièrement miniftériel & arbi-
traire avoit fait d'eux les hommes fans pro-
priété n'avoient-ils pas été jufqu'ici à l'entièra
discrétion de ce qu'on appelle Capitalises
Négocians Entrepreneurs de culture Privi-
légiés de toutes les clafles ? Que font-ils de
plus que les machines vivantes de l'Agricul-
ture & du Commerce que les Riches n'em-
ployent, & ne payent que le moins qu'ils le pen-
vent ? Oit ces Créanciers de la terre & de la Natme
trouvent-ils de l'appui, & des reflburces dans
la débilité de l'enfance dans les faisons fit-'
chenfes dans les infirmités dans leurs

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